CHRONIQUE de MICHEL LE SYRIEN PARIS. — IMPRIMERIE CAMIS ET C", 172, QUAI DE JEMMAPES,. section orientale a. BURD1N, a angers Imprimeurs du Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. CHRONIQUE de MICHEL LE SYRIEN PATRIARCHE JACOBITE D'AINTIOCHE (1166-1199) Éditée pour la première fois et traduite eu français PAR J.-B. CHABOT Ouvrage publié avec Vencouragement et sous le patronage de ------- l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. TOME PREMIER PARIS ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 28, RUE BONAPARTE, 28 1899 • LJBRARY? AVANT-PROPOS Le premier volume de la Chronique de Michel le Syrien aurait dû paraître depuis plusieurs mois. Une série de difficultés matérielles tout à fait inattendues en a retardé l'apparition jusqu'à ce jour. — Les dispositions nécessaires ont été prises pour que ces difficultés ne se renouvellent pas, et nous avons confiance de pouvoir donner dans quelques mois le second fascicule déjà en majeure partie im- primé. Notre dessein était de mettre en tête de ce premier volume une Introduction développée; mais les nombreux renvois que cette introduction comporte aux différentes parties de l'ouvrage ne nous permettent pas de l'achever utilement avant la publication intégrale de la Chronique. Elle paraîtra donc avec le dernier fascicule et les Tables. On y trouvera les explications voules sur la méthode que nous avons suivie pour l'édition de Michel. Nous nous bornerons ici à quelques observations préliminaires. Nous citons toujours le Chronicon d'EusÈBE d'après l'édition de Schœne, Berlin, 4866-1875. Quand nous renvoyons aux dates des Canons chronologiques, H désigne la version latine de S. Jérôme; Arm., la version arménienne; lorsque les deux versions sont d'ac- cord pour la date nous mettons simplement E. La Chronique syriaque de Bar-Hébreus (BH. Chr. syr.) est citée d'après l'édition de Bedjan, Paris, 1890; et sa Chronique ecclésias- tique (BH. Chr. eccl.) d'après l'unique édition d'Abbeloos et Lamy, Louvain, 1872. La version arabe (carsouni) de la Chronique de Michel, renfermée h' Il CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN dans le ms. Orient. 4402, du British Muséum, est désignée par l'abréviation : Arab. ou Ar. ; la version arabe de la Bibliothèque Vaticane, qui commence seulement vers la fin du Livre V, sera citée sous cette rubrique : Ar. Vat. Les chiffres en caractères gras insérés dans la traduction répon- dent aux pages du texte syriaque. Nous avons conservé autant que faire se pouvait, dans les cinq premiers Livres, la distribution du texte marginal, par rapport au texte principal ; mais il était impossible de toujours reproduire exactement la disposition du manuscrit, sans laisser inutilement de grandes lacunes. Comme les Canons chronologiques ne sont pas disposés réguliè- rement au milieu du texte qui devait primitivement les encadrer, comme chez Eusèbe, il a paru préférable de faire simultanément la transcription de tous les tableaux. Cette transcription, qui est plutôt une restitution, eu égard au grand nombre de fautes de copiste qui se sont glissées dans les chiffres, sera imprimée à la fin du VI0 Li- vre, à l'endroit où s'arrêtent les canons d'Eusèbe, continués ensuite par ceux de Jacques d'Edesse. Au lieu de multiplier, dans les notes, les restitutions des noms propres tirés d'Eusèbe, qui ont été estropiés maladroitement par les copistes syriaques, dans cette première partie de la Chronique, il nous a semblé qu'il valait mieux donner simplement la forme grecque originale. La restitution du syriaque sera facile pour les Orienta- listes d'après la comparaison avec le grec ; elle aurait été sans inté- rêt pour ceux qui ne consulteront l'ouvrage qu'au point de vue his- torique. — Pour le même motif nous nous sommes abstenu de donner des notes purement philologiques. Les noms de lieu qui demandent à être identifiés se présentant fréquemment dans la suite de la Chronique, j'ai pris le parti, pour éviter les renvois et les répétitions, de réserver ces identifications, et en général toutes les notes géographiques, pour l'Index topogra- phique. Nous n'avons pas toujours signalé les erreurs légères de copiste qui ne portent que sur la confusion habituelle de quelques lettres AVANT-PROPOS ni en syriaque, et que les lecteurs les moins familiarisés avec cette langue redressent sans difficulté ; par exemple : o pour ? au commen- cement des mots; > pour >, ^ pour\ > pour j, et réciproquement. A partir de l'endroit où la Chronique cesse d'être une simple tra- duction pour devenir un document vraiment syrien, soit par son originalité, soit par ses sources, c'est-à-dire à partir du VIe Livre, nous employons une tout autre méthode tant dans la disposition des textes que dans le système d'annotations ; nous comparons soigneusement le texte de Michel avec ses sources et avec les autres historiens syriens ou étrangers. Mais ce travail de critique nous a paru superflu pour la partie qui répond à la Chronique d'Eusèbe. Toutes les questions, d'ailleurs assez compliquées, relatives à la chronologie, seront traitées simultanément dans un chapitre spé- cial de l'Introduction. — Un autre sera consacré à l'étude des sources de Michel et renfermera de brèves notices sur tous les auteurs qu'il cite. Nous ne pouvons livrer ce premier fascicule à la publicité sans exprimer ici nos remercîments les plus sincères à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres pour son g'énéreux et bienveillant encouragement, et particulièrement aux Membres de la Commis- sion des Travaux littéraires qui ont bien voulu proposer à l'Acadé- mie de prendre cette publication sous son patronage. Que toutes les personnes qui nous ont aidé et encourage à divers titres, spécialement M. Barbier de Meynard et M. le Mis de Vogué, reçoivent aussi l'expression de notre gratitude. Paris, le 15 décembre 1899. J.-B. CHABOT. CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN PRÉFACE DE L'AUTEUR1 Frères dévots et studieux, comme je considérais dans le grand nombre des Chroniques les faits qu'il en importait de connaître, je me suis abstenu d'entrer dans le détail de ceux qui peuvent être connus grâce au grand nombre des récits [existants], et j'ai compilé, en recueillant, des écrivains ecclésiastiques et profanes, ce qui était utile et convenable ; afin de réveiller par là la paresse mortelle de beaucoup, et d'éclaircir les ténèbres de l'ignorance, élevant le regard vers la récompense de ma peine. Je laisserai ce trésor à l'Eglise et aux Docteurs des enfants de la nouvelle Sion, afin de survivre à mon temps. En premier lieu, il nous faut placer le principe du genre humain, Adam, afin de commencer l'édifice par sa base. C'est l'utilité de ceux qui parlent et de ceux qui écoutent. — Mais il est nécessaire de donner tout d'abord les noms des historiens dont nous nous proposons de tirer les matériaux de notre édifice 2. 1. Comme nous l'avons exposé dans l'Introduction, nous suppléons le début de lu Chronique par la traduction de l'abrégé arménien. Le passage a été traduit pour nous par D. Parisot sur le texte imprimé de l'édition de Jérusalem de 1871. Les titres (Préface, Livre Ier) sont ajoutés par nous. — 2. Sur chacun des auteurs énumérés ici ou cités ultérieurement dans le cours de la Chronique, voir le chapitre de l'Introduction consacré aux Sources de Michel. . ' I. 1 2 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN [Jules] l'Africain, Jésu, Hégésippe, juifs, écrivirent jusqu'à la venue du Christ. Annianus, moine d'Alexandrie, écrivit d'Adam jusqu'à l'empereur Constantin. Eusèbe Pamphile composa son livre à l'aide de leurs écrits, et l'appela [His- toire] Ecclésiastique. Zosime, Socrate et Théodoret, l'hérétique, commencent leurs écrits à Con- stantin et [descendent] jusqu'à Théodose le Jeune. Jean d'Antioche et de Djebel, Théodore le Lecteur, de Constantinople, et Zacharie, évêque de Mélitène, écrivirent à partir de Théodose jusqu'à Justi- nien l'Ancien. ' Jean d'Asie écrivit d'Anastase à Maurice. Gouriaa écrit depuis Justinien jusqu'à Héraclius, et sur l'entrée des Arabes 1 dans le pays des Syriens, qui eut lieu au temps d'Héraclius. Saint Jacques d'Edesse fit d'eux tous un abrégé. Denys le patriarche écrivit depuis Maurice jusqu'à Théophile, l'empereur des Grecs, et Haroun, l'émir des Arabes. Ignace, évoque de Mélitène, Çaliba l'Ancien, de Mélitène, Jean de Kaisoum et Denys (d'Alexandrie), Bar-Çalibi, firent plusieurs chroniques d'Adam jus- qu'à leurs temps. Après avoir énuméré les chroniqueurs qui, en considération des disposi- tions studieuses des auditeurs de ce temps-là, ont écrit avec de riches couleurs, nous [qui vivons] au déclin des temps, voyant notre indolence [nous écrirons] en abrégé en passant rapidement sur chacun [de ces récits]. Mais il ne faut pas que les hommes studieux consument leurs forces à consi- dérer le plus ou le moins dans la supputation des temps, à cause de la vérité de cette parole du Seigneur2 : <- Le Père a placé en sa puissance la connaissance des moments et des temps. » Il paraît en effet beaucoup de divergence entre la version des Septante et celle que possèdent les Syriens, celle que le roi Abgar fit traduire, et que Jacques d'Edesse révisa en employant l'artifice d'une con- version simulée au judaïsme, afin que les Juifs ne lui cachassent pas la vérité. 1. Littéralement : des Turcs. — 2. Cf. Act. Ap., i, 7. Réminiscence de la Prélace de la Chro- nique d'Eusèbe (édit. Schœne, 1,2-3). LIVRE PREMIER DEPUIS ADAM JUSQU'AU DELUGE. CHAPITRE I. — Or, d'après les Septante, Adam, ayant atteint 230 ans, en- gendra Seth, et vécut encore 460 ans ; et sa vie entière fut de 930 ans, jusqu'à la 137° année de Malalael. Il mourut la 60e année d'Enoch'. Cette supputation est une faute dont les LXX ne se sont pas aperçus. Selon les Syriens, Adam ayant atteint 130 ans, engendra Seth et vécut encore 800 ans, ce qui fait en vé- rité 930 [1] ans2, jusqu'à la IXe génération. — Annianus le moine apporte le témoignage du Livre d'Enoch et dit3 : « Adam, après sa sortie du Paradis, étant âgé de 70 ans, connut Eve, et elle enfanta Caïn ; et après 7 ans elle enfanta Abel ; et après 53 ans Caïn tua Abel. Adam et Eve le pleurèrent pendant 100 ans, et ensuite ils engendrèrent Seth à sa ressemblance et à son image. » — Méthodius de Patara dit' : « Trente ans après être sortis du Paradis ils engendrèrent Caïn et Climia, sa sœur, et après 30 autres années, ils engendrèrent Abel et Labyda, sa sœur, avec lui; en l'an 130 de la vie d'Adam, Caïn tua Abel, et en l'année 230 d'Adam" Seth fut engendré. » — Ceci suffit pour montrer, quoique brièvement, l'accord du comput des chroniqueurs \ CHAPITRE IL — Le Livre sacerdotal de la prophétie donné par Moïse, l'homme de Dieu, enseigne que Dieu fit le ciel et la terre ; la terre, après avoir été créée par sa sagesse souveraine, était invisible et instable ; le souffle de Dieu reposait à la surface des eaux. Et Dieu dit : « Que la lumière soit » ; et Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière des ténèbres ; et Dieu appela la lumière : jour, et il appela les ténèbres : nuit; et il y eut un soir, et il y eut un matin : un jour7. » L'esprit prophétique parle ainsi successivement de chacun des jours. Et, arrivant dans sa narration au sixième jour dans lequel Dieu créa Adam, après toutes les créatures, il dit8 : « Et Dieu dit : Faisons 1. Ces chiffres ne concordent ni entre eux, ni avec les chiffres de nos éditions des LXX. Voir le chapitre de l'Introduction consacré à la Chronologie de Michel le Syrien. — 2. Ici commence le texte syriaque de notre manuscrit. Les chiffres en caractères gras répondent aux pages du texte. — 3, L'ouvrage d'Annianus est perdu. — 4. Passage cité dans Bar-Hébréus, Chronicon syriacum (éd. Bed.iais', p. 3). — 5. Lire au lieu de ^ v — 6. Nous transcrivons textuellement les chiffres et les dates donnés par notre ms , à moins qu'il ne s'agisse d'une erreur évidente de copiste-, et, dans ce cas, la correction est toujours signalée en note. Toutes les questions relatives aux dates, et les modifications à y apporter, sont examinées simultanément dans le chapitre de l'Introduction consacré à la Chronologie de Michel. — 7. Géra., i, 3-5. — 8. Ihid., 26-27. 4 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN l'homme à notre image et à notre ressemblance : et qu'il domine sur les pois- sons de la mer, et sur les oiseaux du ciel, et sur les bêtes de toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre ; et Dieu fît l'homme ; et il le fit à l'image de Dieu. » Ensuite, il continue et complète ce qui manque, en parlant de la formation d'Eve d'une côte et de tout ce qui se passa jusqu'à la chute et à l'expulsion du Paradis. Ces choses se trouvent [non] seulement dans le Livre sacerdotal, mais aussi dans toutes les Chroniques qui parlent sur ce sujet; nous en citons une plus bas, pour témoignage. Que celui qui lit comprenne; car si ces choses ne sont pas enseignées avec soin et comprises selon l'esprit des saints, les choses qui se passèrent ensuite demeurent inintelligibles J. CHAPITRE III. — Depuis le jour où fut créé Adam, jusqu'à Iared qui naquit à la VI0 génération, dans laquelle Adam mourut, il y eut en tout 930 ans. Or pendant ce temps il n'y eut point de roi et on n'entendit point parler de royauté; car Adam, le premier homme et le père du genre humain, créé à l'image de Dieu, gouvernait tous ceux qui étaient nés de lui et de ses enfants, en ces généra- tions, pendant tout le temps de sa vie. [2] Après la mort d'Adam, son fils Seth gouverna tous ceux de son peuple pendant 128 ans2. Seth vécut 205 ans selon la tradition des LXX, et il engendra ensuite des enfants ; (selon la Pesitta 105 ans3). Toutes les années de la vie de Seth furent, selon la tradition des Grecs, des Hébreux et des Syriens, de 970 ans. Il mourut à la VIIe génération ou, d'après le syriaque, à la IXe génération. Du temps de Seth, ses enfants se souvinrent de la vie bienheureuse du Paradis et ils songèrent à plaire à Dieu par la pureté ; ils montèrent sur le mont Hermôn, et ils y vécurent dans les oeuvres saintes, éloignés du mariage. C'est pourquoi ils étaient appelés Benê Elôhim et « anges »\ Énos engendra, à l'âge de 190 ans, d'après les chroniqueurs Annianus et Afri- canus, et de 90 ans, d'après le syriaque. Il songea à invoquer le nom du Sei- gneur, et s'appliqua aux œuvres saintes. D'après le grec et le syriaque, les années de la vie dÉnos furent de 905 ans ; et il mourut à la VIII0 génération, le syriaque dit à la Xe génération. Caïnan, d'après le grec, engendra à l'âge de 170 ans5, et d'après le syriaque à l'âge de 70 ans. La vie de Caïnan fut de 800 ans, et il mourut à la IXe généra- tion. Après lui vint Mahlalaël, qui engendra à l'âge de 165 ans, ou, d'après le 1. Littéralement : « sont fermées » ^pism». — 2. Ms. 138 : Le chiffre 128 est demandé par le cal- cul indiqué à la fin du chap. rv; cf. p. 8, n. 3. — 3. Ms. 150. — 4. Le passage est cité par Bar- Hébréus, Chron. syr., p. 4. — 5. Ms. : (130) pour (170). LIVRE 1. CHAP. IV 5 syriaque, à Page de 65 ans. Sa vie fut de 895 ans, et il mourut à la Xe géné- ration. Iared, d'après le grec et le syriaque, engendra à l'âge de 162 ans; d'après le ms. des Samaritains, il engendra à 62 ans. Sa vie fut de 962 ans, jusqu'à l'an 366 de Noé1. En l'an 40 de Iared finit le premier millénaire. En cette année-là, les Benê Elôhim, 'qui étaient au nombre de deux cents, des- cendirent du mont Hermôn. Voyant qu'ils ne retournaient pas au Paradis, ils furent pris de découragement et abandonnèrent la vie angélique. Ils s'aban- donnèrent aux voluptés charnelles8. Ils se constituèrent un roi nommé Sémiazôs3. Annianus raconte d'eux qu'ils descendirent du mont Hermôn vers leurs frères, les enfants de Seth et d'Enos, qui ne voulurent point leur donner de femmes, parce qu'ils manquaient à leur promesse. Ils allèrent alors trouver les enfants de Gain, prirent des femmes et engendrèrent des géants puissants qui furent des pillards, des assassins et des héros fameux, c'est-à-dire des coureurs auda- cieux. CHAPITRE IV. — Le premier roi fut Adam; Seth lui succéda. De leur temps laconcorde et la paix régnaient parmi les hommes [appliqués] aux bonnes œuvres dans la crainte et l'amour de Dieu. Ceux qui étaient appelés « anges » et « en- fants de Dieu » étant déchus, ils multiplièrent les troubles, les combats et les meurtres; ils se choisirent Sémiazôs pour roi. Les enfants de Seth qui habitaient au nord, dans le troisième climat, qu'on appelle la région inférieure, devinrent leurs émules et les imitèrent. Ils apprirent la malice des enfants de Caïn et la suivirent. Ils se constituèrent eux aussi un premier roi, Alôros, à l'imitation de Sémiazôs ; il régna dix sares. Il y eut [3] dès lors deux royaumes. [Extrait du livre de Josèphe*]. — (Les enfants de Seth menèrent une vie tran- quille) [3] « et à cause de leurs belles qualités, ils découvrirent l'astronomie". Pour que leurs découvertes ne périssent . . [3] le temps du monde, mais il a lait défautp. Celui-ci est aussi mentionné comme le premier [prêtre] par S. Mar Jacques \ 11 y a de nombreux témoigna- 1. Ms. : « de Iared ». — 2. La lacune doit être ainsi complétée d'après l'arabe ; L|oo>*a laajjo ow|»ûa^. — 3. SetuaÇà;. 4. Ant. Jud., I, ir. — 5. Litt. : « la science céleste ». 6. Le texte marginal débute par cette phrase mutilée que je ne saurais restituer. Ces passages sont d'ailleurs sans intérêt pour l'histoire. — 7. Jacques d'Edesse. 6 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Après Alôros le Chaldéen, neuf autres régnèrent successivement jusqu'au Déluge : tous Chaldéens, dont le nombre d'années se trouve dans le comput des Chaldéens, [exprimé] selon les noms de l'époque en sares, en nères et en sosses'. — Le premier fut Alôros2, Chaldéen de Babylone, qui régna 10 sares, c'est-à- dire 98 ans et 230 jours. Le second, Alapâros \ son fils, régna 3 sares, c'est-à- dire 29 ans et 215 jours. Le troisième fut Almêlôn % Chaldéen, de la ville de Pautibiblon5; il régna 13 sares, c'est-à-dire 128 ans et 80 jours. Le quatrième, pas avant de parvenir a la connaissance des hommes, Adam ayant prédit qu'une [double] destruction totale surviendrait : l'une par le feu, l'autre par le Déluge'', ils firent deux stèles : une de briques et l'autre de pierre ; et ils écrivirent sur chacune d'elles ce qu'ils avaient décou- vert; de sorte que si celle de briques était détruite par la pluie, celle de pierre demeurant permît aux hommes d'appren- dre ce qui y était écrit. Or la stèle de pierre existe jusqu'à présent. » De Josèphe 1 : « Pendant sept généra- tions ces [enfants de Seth] continuèrent à considérer Dieu comme le Seigneur ges que les vertus spirituelles et saintes ont été consacrées et qu'elles ont un sa- cerdoce; nous en citerons quelques-uns dans ce livre pour montrer la descen- dance angélique du souverain sacerdoce. Extrait" du livre de Denys ï Arèop agite sur la Hiérarchie céleste, chap. x. — Nous avons donc conclu que cette hié- rarchie angélique et première des es- prits à l'égard de Dieu découle de la splendeur originelle et mystérieuse, car, sans intermédiaire 9, [elle s'élève jusqu'à lui, purifiée, illuminée et perfectionnée par le don mystérieux et brillant de la principauté divine : (mystérieux, en tant 1. Le fragment provient de Bérose. Voir le passage dans Schœne, Euseb. Chron., I, col. 10. — Cf. Bar-Hébréus, Chr. syr., p. 4-5, pour les variantes orthographiques des noms en syriaque; et, ci-dessous, le tableau du chap. vin. —- 2. "AXwpo;. — 3. 'AXârcapo;. — 4. 'Ajj^Xwv. — 5. n» ov^**= ,*> o« — 7. Antiq. Jud., I, m, 1. 8. Nous restituons ce titre à cause de l'espace vide du ms. La citation du livre du Pseudo-Aréo- pagite est empruntée à la traduction de Sergius de Rés'aïn. J'ai collationné le passage et les sui- vants avec cette traduction renfermée dans le ms. syr. du British Muséum, add. 12151. — 9. Ce qui suit, jusqu'aux mots : « notre souverain sacerdoce », était renfermé dans la lacune qui doit être complétée ainsi (add. ms. 12151, fol. 30) : !cw»^o ILm^lJoiaj La=oov* «Loi. PSi.^ |Lû.\j*> H^» ^ov= l?oi ^» .1,*.|kao ILmov^^ y«| lî^Cs» o2^io . |t;.sa^ U&*o ûs«!so^i L^ovi-oo i\*l*5»o £oov»kto y>| . |&>**Aii LIVRE I. CHAP. IV 7 Amménon ', Chaldéen, aussi de Pautibiblon, régna 12 sares, c'est-à-dire 118 ans et 130 jours; le cinquième, Amégâlaros 2, également de Pautibiblon, régna 18 sares, c'est-à-dire 177 ans et 195 jours; le sixième, Daônos3, pasteur, aussi de Pautibiblon, régna 10 sares, c'est-à-dire 98 ans et 230 jours ; le septième, Eudorancos1, aussi de Pautibiblon, régna 18 sares, c'est-à-dire 177 ans et 195 jours; le huitième, Amempsinos de Laranchon", régna 10 sares, c'est-à- dire 98 ans et 230 jours 7 ; le neuvième, Otiartès 8, aussi delà ville de Laran- tout-puissant, et à s'appliquer en toute chose à la vertu. » Protus, le Romain B, dit à propos de Seth que ce fut lui qui apprit à écrire, en langue hébraïque. Du livre dHènocW0. « Il arriva que les hommes s'étant multipliés sur la terre en ces jours-là, il leur naquit des fdles très belles, que les anges eux-mêmes convoitèrent. Ils errèrent et se dirent les uns aux autres : « Choisissons-nous des femmes parmi les filles des hommes de la terre et engendrons-nous des en- fants. » Sémiazôs leur prince dit : « Je redoute que vous fassiez cette action ", etque je sois seul responsable de ce grand péché. » Ils lui répondirent : « Jurons tous et faisons sermen t que nous ne chan- gerons pas de volonté », et alors ils ju- rèrent et firent serment '". — Ceux qui descendirent sur la montagne du temps de Iared étaient au nombre de deux cents. qu'intellectuel, plus simple et plus uni- tif; brillant, parce qu'il est le premier donné, la première lumière et la plus parfaite), et elle est rattachée à lui prin- cipalement comme à son illuminateur. A celle-ci est rattachée la secondehiérar- chie, selon son rang; à la seconde la troisième, et à cette troisième] notre souverain sacerdoce, selon la loi régu- lière du suprême pontificat et par une divine harmonie d'après laquelle il se pro- page avec une parfaite régularité, dans sa mesure, dans son origine et dans sa fin. Les anges, en effet, sont les inter- prètes et les messagers de ceux qui sont avant eux, et les premiers le sont de Dieu qui les meut immédiatement, tan- dis que les autres sont mus par Dieu se- lon leur hiérarchie, car tout cela convient à cette harmonie surnaturelle et à cette sainte distribution [de tous les êtres raisonnables]. 1. A[i.jj(iv£>v. — 2. MeyâXapo;; Hier. : Amegalarus ; BH. : ^»o>U^l-* ; il faut vraisemblablement restituer dans notre ms. : ««oiU^W. — 3. Aâwvo?. BH. : iooojoI»; corriger ainsi notre ms. — 4. Etkôwpaxo;; Edoranclius. — 5. 'Ajxsfjujnvôç; corr. : taoaimflaol*»!.— 6. Aapây-zov. — 7. Ms. : 197 ans et 130 jours; Arm. : 197 ans et 230 jours. — H y a une erreur de chiffre. Le total des années des neuf autres rois donne 1084 ans et 340 jours. La somme totale indiquée étant 1183 ans et 205 j. ; il est manifeste qu'on doit restituer ici 98 ans et 230 j., ce qui concorde avec le nombre de 10 sares et avec le chiffre du tableau (chap. vin). — 8. 'Qtkxptyjç. 9. Les Syriens appellent « romains » les auteurs grecs. — 10. Ch. vi. Voir le texte grec cite dans Charles, Le Livre d'IJénoch, p. 62. — 11, jjpkOfio-, gr. : Ttpâyjjia. — 12. Litt. : « s'anathémalisèrcnt ». 8 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN chon, régna 8 sares l, c'est-à-dire 78 ans et 330 jours ; le dixième, Xisoutros son fils, régna 18 sares, c'est-à-dire 177 ans et 195 jours. Toutes les années réunies forment 1183 ans et 205 jours. Du temps de ce dernier eut lieu le Dé- luge, comme on l'expose dans le Livre des Chaldéens. Ces 1183 ans et 205 jours ajoutés aux 10583 années pendant lesquelles il n'y eut pas de roi, et pendant lesquelles Adam et Seth gouvernèrent, remplissent l'espace de temps qui va d'Adam jusqu'au Déluge qui eut lieu du temps de Noé, et forment un total de 2242 ans, d'après le Livre sacerdotal. CHAPITRE V. — Maintenant que nous avons exposé aussi soigneusement que possible le nombre des rois qui existèrent avant le Déluge, [4] leurs noms et le nombre de leurs années, revenons au récit de la généalogie de ceux dont parle le Livre prophétique. Ils eurent vingt4 princes; [4] Kokabel5, le IVe de ceux-ci, enseigna aux hommes l'astronomie, c'est-à-dire les révolu- tions du soleil, et les 360 signes zodia- caux c. Du livre de Josèphe1 : ((Après qu'Abel eut été tué et que Caïn eut pris la fuite, Adam s'appliquait à engendrer des en- fants et était pris d'un vif désir de pos- térité. Il eut donc beaucoup d'autres enfants, et en particulier Seth, alors qu'il accomplissait ses deux cent trente ans 8; il en vécut encore sept cents au- tres. Après lui, ces sept générations qui avaient loué et craint Dieu, se détournè- rent, par la suite des temps, des usages [4] Du même livre0, chap. xiv : Que signifie le nombre des anges? — Il est conforme, je crois, au sens et à la tradi- tion des Ecritures de dire que les anges sont des milliers de milliers et des my- riades de myriades10. [Extrait du même écrivain sur la Hié- rarchie ecclésiastique, chap. icr]. —No- tre hiérarchie11 est donc fixée dans la science divine, et consiste dans l'accom- plissement d'une divine fonction, ainsi qu'il nous faut le démontrer, par les Livres saints et supérieurs au monde '3, à ceux qui accomplissent les fonctions des saints mystères par l'initiation au su- prême sacerdoce. Ne profane point le 1. Ms. : 10 sares (- pour «-). — 2. EcWj6po;. — 3. Ms. 1052. Cette restitution 1058 (2242-1184) s'impose. Dès lors, Adam ayant vécu 930 ans, le premier roi, Alôros, aurait été établi en l'an (1058-930) 128 de Sera. Cf. p. 4, n. 2. 4. D'après le grec lire : — 5. Xor/jxëir{k (éd, : Xwgaêt^).). — 6. Lire : ^ool ; arab. : uit*U ulx\ \^i=> '^û* icaào*&. — 7. Ant. Jud., II, m, 4. — 8. Lire : ^j, au lieu de ^i. 9. Hierarch. cœlest., ch. xiv ; Migne, Pair, gr., t. III, col. 271. — 10. Il n'est pas certain que la citation se prolongeât au delà de ces mots. Elle pourrait être complétée à l'aide du ms. add. 12151, fol. 33.— 11. Ce passage a été collationné avec le ms. add. 12151 (fol. 38 r<>). — 12. Lire : LIVRE I. CHAP. V 9 Hénoch engendra à l'âge de 165 ans, selon les trois livres ; d'après le syriaque et aussi d'après l'hébreu, à l'âge de 65 ans. — On dit qu'Hénoch, avant tout autre montra l'art d'écrire et les lettres, et qu'il fut agréable à Dieu, pen- dant 300 ans. C'est pourquoi Dieu le fit passer où il lui plut, dans un lieu que Dieu seul connaît. On dit qu'il est à croire qu'il s'en alla au Paradis, et que Dieu le conduisit là où était Adam avant sa transgression. Mathusala engendra à l'âge de 187 ans, selon l'opinion des LXX, des Syriens et des Hébreux; de même selon Andronicus; Eusèbe et Annianus disent: [à l'âge de] 167 ans ; le samaritain : de 62 ans. Il vécut en tout 969 ans jusqu'à l'an 98 de Sem\ [2 ans] avant le Déluge. Le syriaque est ici d'accord avec le grec, c'est-à-dire la Pesitta avec les LXX, pour le temps de la vie de Mathusala. Lamech engendra à l'âge de 188 ans d'après les LXX, et à l'âge de 182 ans d'après la Pesitta; d'après le samaritain, à l'âge de 53 ans. Ses années furent de 753 ans3 d'après le grec, jusqu'à l'an 69 de Sem, fils de Noé; il mourut 29 ans paternels vers ce qui est mal: ils ne ren- daient point à Dieu les honneurs con- venables et ne pratiquaient point la jus- tice à l'égard des hommes; et à cause de cela ils attirèrent sur eux l'inimitié de Dieu. Beaucoup d'anges s'étant unis aux femmes engendrèrent des hommes in- solents et contempteurs de tout bien, à cause de leur confiance en eux-mê- mes. On dit qu'ils firent des choses semblables à celles que l'on rapporte des géants. — Tandis que Caïn habitait dans le lieu appelé Noud l, il eut des en- fants. Il était un professeur d'iniquité pour tous ceux qui le rencontraient. Le premier, il imagina de partager la terre et inventa les mesures et les poids ; il Saint des saints; mais révère-le5; honore les mystères de Dieu, par les notions intellectuelles et invisibles, en les lais- sant inaccessibles et inabordables pour ceux qui ne sont pas initiés, et ne faisant participer que les saints aux choses sain- tes, avec une sainte clarté, comme il convient; car, comme la théologie nous l'enseigne, à nous ses familiers fl : Jésus lui-même,intelligence divine et superes- sentielle, est le principe, l'essence et la vertu, la source divine de tout sacerdoce saint7..,... [0] et nous tendons aussi vers elle. Par une vie divine et uni- forme, par une certaine opération effec- tive, il nous donne la vertu qui convient aux saints et qui nous conduit à l'exer- 1. Ms. : 962. Le chiffre 969 des éditions est exigé ici par la concordance des années de Lamech. — 2. Ms. : de Seth. — 3. Ms. : 773 pour s^.). 4. Noviô. 5. Add. 12151 : .... ^» . -à»ûû «a0»û ^-»om U> w~ U|. — 6. Le passage se lit ainsi {add. 12151, fol. 38) : .;. hî»>o . t^olo ow Uoûs*! tàwso |£oo£x \-iow n3.ca» ooi — 7. Il y a ici une lacune. Il est difficile d'en préciser la longueur. Toutefois dans ce qui suit l'auteur paraît résumer les paroles du même chapitre i. La chose a d'ailleurs assez peu d'importance. 10 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN avant son père; d'après le syriaque, il vécut 777 ans, et mourut [5] ans avant son père. En Tan 1666'naquit le juste Noé, qui garda sa virginité pendant 500 ans, comme il est écrit. D'après le syriaque, il engendra à l'âge de 502 ans. En l'an 358 de sa vie finit le second millénaire; selon [l'hébreu2], en l'an 344'. CHAPITRE VI1. — Comme il fut agréable à Dieu par la pratique des œuvres vertueuses, il trouva grâce devant le Seigneur, ainsi que l'atteste le Livre pro- phétique. Voyant l'idolâtrie et l'impiété qui s'étaient multipliées parmi les hommes, il s'éloigna d'eux. Dieu l'avertit mystérieusement ; et il garda et accom- plit les choses qui lui furent dites; ainsi qu'il est écrit5 : « Dieu dit à Noé : Voici que je vais détruire la terre. » Il fit ce qui lui avait été prescrit, acheva l'arche, y fit entrer de chaque espèce terrestre : des bêtes, des animaux, etc. Lui-même, [S] sa femme, ses fils et les femmes de ses fils y entrèrent. — Les eaux et le Déluge survinrent en l'an 600 de Noé, qui est l'an 100 [de Sem]. Les hommes se multiplièrent sur la terre, et toute chair avait corrompu sa voie devant le Seigneur. Dieu permit qu'ils tombassent dans des combats cruels ; ils se tuèrent par milliers et par myriades, au point que la terre où ils livrèrent leurs combatsétaitputréfiée parleur sang. Leursossements formèrent de grandes collines, par leur multitude. — Après cela et à cause de cela, le Déluge survint dans le second mois, le vingt-septième jour de ce mois. Les sources du grand abîme furent ouvertes, les cataractes des cieux furent ouvertes, et il plut sur toute la terre pendant quarante jours et quarante nuits; les eaux s'accrurent; elles soulevèrent l'arche, elles couvrirent les plus hautes montagnes qui sont sous les cieux et les dépassèrent de quinze coudées ; toute chair qui rampait sur remplit sa maison de rapine ; il bâtit une ville qu'il appela Hénoch du nom de son fils aîné. — Lamech, le sixième descen- dant de Caïn, prit deux femmes et il eut soixante-dix-sept enfants. Parmiceux-ci, Jobcl construisit des tentes et aima la vie pastorale ; Jubal s'adonna à la musique et inventa le kinnor et la cithare. Tho- bel, né d'une autre femme, surpassait tout le monde par sa force, et était vive- cice des saintes fonctions du sacerdoce. C'est ainsi que les Livres saints nous ont exposé très soigneusement que le saint sacerdoce est un don venu d'auprès de Dieu, Seigneur de l'univers, qui est descendu et s'est propagé [d'abord] chez les secondes intelligences, c'est-à-dire dans la première création, constituée par les ordres sublimes des vertus angé- liques, et qui s'est ensuite étendu jusqu'à 1. Il faut lire 1642, d'après les LXX et d'après la date du second millénaire (358). — 2. Ar. : <*j|£^M>. — 3. Ceci doit s'entendre de l'an 344 après le Déluge, selon l'hébreu. — 4. Ms, : ch. v. — 5. Gen., vi, 7 et suiv. LIVRE I. CHAP. VII 11 la terre mourut. Ensuite, le Seigneur se souvint de Noé et de ceux qui étaient avec lui. Dieu amena le vent et fit disparaître les eaux. Noé sortit avec tous ceux qui étaient avec lui. Il bâtit un autel à Dieu, et offrit un sacrifice des animaux purs; et il fit respirer à Dieu un parfum agréable. CHAPITRE VIL — Depuis le commencement de la vie d'Adam, jusqu'au Dé- luge qui survint au temps de Noé, la somme des années est de 22421, pendant les- quelles ily eut dix patriarches, dont les noms sont écrits. Nous trouvons aussi les noms de dix rois qui ont régné l'un après l'autre. Nous trouvons également men- tion de trois villes. Ceux qui inventèrent les arts, l'astrologie, la fabrication des armes et des instruments de combat, la cithare et les instruments de musique, sont aussi mentionnés brièvement d'un mot. Il est facile, pour les sages, de com- prendre que des événements considérables et très importants, fréquents et nom- breux, ont dû se passer dans ce long espace de temps. Ils ne sont point mention- nés dans les Ecritures, sans doute parce que cela n'était pas utile pour les auditeurs. Pour cela, l'Esprit-Saint n'a pas voulu qu'ils fussent conservés. Il ment porté aux exercices de la guerre; le premier il inventa l'art de forger. » Nous n'avons rien trouvé dans le Li- vre 8 au sujet de Sémiazôs qui régna sur ceux qui descendirent sur la montagne et s'unirent aux filles de Caïn, ni au su- jet de la succession et de la durée des rois de ceux-ci; mais seulement qu'ils descendirent, et que, les premiers, ils constituèrent un royaume qui dura jus- qu'au Déluge \ notre race humaine par leur intermé- diaire. Voyons donc quels sont ceux qui ont été jugés dignes de la grâce d'exercer le sacerdoce dans le temps antérieur au Déluge. Adam lui-même fut honoré de l'or- dination, en même temps que de la royauté et du don de prophétie; et, aussi bien sous le premier rapport que sous le second, il est appelé « père » à juste titre; bien qu'il n'ait pas conservé son honneur, ainsi qu'il est rapporté à son sujet, pour n'avoir pas gardé la pa- role de la divine et sublime opération que le Verbe de Dieu lui-même a accomplie à la fin des temps. 1. Ms. : 2245; cf. chap. iv,i. ult. 2. La Bible; ou le Livre d'Hénoch d'après les citations d'Annianus ; car le texte du Livre d'Hé- noch donne le nom des vingt rois (éd. Charles, p. 63). — 3. L'auteur cite, confusément, les deux légendes : d'après l'une, les Benê Elohim étaient des descendants de Seth ; d'après l'autre, des anges. Cf. ch. m, rv et vnr. 12 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN suffit, comme témoignage de ces choses, de ce qui est dit par l'Esprit prophéti- que 1 : « Dieu se repentit d'avoir créé Iiiomme. » C'est pourquoi, marchant sur les traces de ceux qui ont écrit prophétiquement, nous nous en tiendrons à ce qu'ils ont écrit sous l'inspiration de l'Esprit-Saint. Nous en déduirons soigneu- sement la série des générations, l'une après l'autre ; et comme c'est là ce qu'on doit attendre de nous, nous omettrons les autres recherches. CHAPITRE VIII. — Qui montre dans un tableau les noms et les années ADAM (930 ans 2) engendra : Caïr Hénoch. I Irad. I . Maviaël. I Mathusala. ! Lamech. Seth (912 ans). et encore d'autres enfants et d'autres enfants qui s'unirent. D'eux naquirent ceux qui furent les émules des [enfants] de Caïn, et qui constituèrent le premier empire : Aloros, 98 ans '. Alaparos, 29 ans. Almelôn, 128 ans8. Amménon, 118 ans. Megalarios, 177 ans. Ici finit le premier millénaire'3. Daonos, 98 ans. Eudoranchos, 177 ans. Amempsinos, 98 ans. Otiartes10, 78 ans. Xisothros, 177 ans. Enos (905 ans) I Caïnan (800 ans3). I Mahlalaël (895 ans). i Iared (962 ans). I Hénoch (365 ans4, et il fut | transporté). Mathusala (969 ans »). I Lamech (753 ans fl). Noé (950 ans). 1. Gen., vr, 6. — 2. Ces chiffres indiquent la durée de la vie, d'après les LXX. — 3. Les éditions des LXX donnent 910. — 4. Ms. 360; mais ci-dessus, ch. v : 365. — 5. Ms. : 962. — 6. Ms. : 723; ci-dessus : 773. — 7. Durée des règnes, en chiffres ronds. — 8. Ms. : 118. — 9. Cette mention est en contradiction avec les chiffres et avec le chap. iv. Elle était probablement en face du nom de Iared, et aura été transportée ici par un copiste maladroit. — 10. Ms. : Otiantios. Comparez, dans le texte, les variantes orthographiques de cette liste avec celle du chap. iv. LIVRE I. CHAP VIII 13 Delà race de Seth étaient ceux qui montèrent sur la montagne et furent ap- pelés Benê Elohim. Ayant rompu leur promesse, ils descendirent et se mêlè- rent aux filles de Caïn; ils commirent l'impiété. Ils se constituèrent un empire dont le premier roi fut Sémiazôs ; cet empire dura jusqu'au Déluge, dans lequel ils périrent tous. Fin du premier Livre qui comprend 2256 ans1, depuis Adam jusqu'au Déluge qui eut lieu du temps du juste Noé. — Que celui qui le lit prie pour le pécheur qui la écrit. 1. L'addition donne 2242, comme il est dit au chap. iv. L'auteur semble avoir puisé à diverses chro- nologies qvi'il n'a pas su concilier. Y. l'Introduction. LIVRE II En invoquant le Seigneur Tout Puissant, régulateur des temps, nous com- mençons le Livre II qui va du temps qui suivit le Déluge, aux jours de Noé, jusqu'à l'époque d'Abraham : [l'espace de] 1081 ans. CHAPITRE I. — Après que la colère de Dieu fut apaisée, il se souvint de Noé qui sortit de l'arche, et ceux qui y étaient avec lui, le 17 du mois de yar, qui est le second mois. Ils abandonnèrent l'arche, comme dit Josèphe dans la ville d'Apamée qui est la métropole de la Pisidie : là sont ses planches. D'autres parlent de cela autrement. Il y a aussi de nombreuses divergences sur leur entrée dans l'arche, sur leur sortie, et sur le nombre des jours, des mois et [7] (Extrait des) doctrines chaldêennes"-: Abydenus et Alexandre s, philosophes profanes, disent à propos de Noé et de l'arche : Chronos ayant révélé à Xisos- tros que le 15 du mois de haziran (juin) surviendrait l'abondance des pluies et le débordement des eaux, celui-ci, en en- tendant cela, s'en alla, en naviguant vers l'Arménie sur une barque fabriquée avec des planches. Cette barque se trouve en- core là et procure des remèdes aux habi- tants du pays. Telle est l'opinion de ces gens. Le livre du Chaldéen Polyhistor4 ex- [7] Extrait du livre de Jean de Dara sur le sacerdoce 5. — La nature humaine ne peut imiter Dieu ni s'unira lui6, si ce n'est par les dons divins qu'elle reçoit de lui. De tous ces dons, le plus excel- lent est celui du sacerdoce, par lequel nous participons à la nature divine, qui vient et descend de Dieu, qui se propage chez nous à l'instar de la hiérarchie an- gélique, et en vertu duquel sont établis dans l'Eglise les princes des prêtres, les prêtres1 et les autres ordres sacrés. Nous allons maintentant parler de ce don et faire connaître tout d'abord ce que c'est 1. On ne trouve rien de semblable dans Josèphe. BH. Chron. syr., p. 7, donne la même leçon que notre ms. 2. Littéralement : « du chaldaïsme ». — 3. Alexandre Polyhistor. — Comp. les textes cités par Eusèbe : pour Abydenus (éd. Schœne), col. 31 et pour Alexandre, col. 19.— 4. Le nom de Polyhis- tor est généralement transcrit, mais ici est traduit : « multae historiae ». 5. L'ouvrage de Jean de Dara se trouve dans le ms. C de la Bibliothèque Vaticane. M. Guidi a eu l'obligeance de collationner les passages cités ici avec le texte de ce ms. (fol. 117 et suiv.). — La rédaction est un peu différente; nous donnons seulement les variantes nécessaires à l'intelli- gence de notre auteur. — 6. Cod. Vat. C. : ov^ — 7. Ms. C ajoute « les diacres ». LIVRE II. CHAP. I 15 des années. On affirme qu'ils entrèrent le 17 de yar, et qu'ils sortirent le 27 du même mois l'année suivante. Les fils de Noé qui sortirent avec lui de l'arche étaient trois : Sem, Cham et Japhet. Or, Sem était âgé de 98 ans quand eut lieu le Déluge, et quand ils sortirent de l'arche, il avait 100 ans. Ensuite, il en- gendra. Alors, Noé partagea la terre à ses enfants, et porta des malédictions contre celui qui transgresserait les limites de son frère. Le partage fut ainsi fait. Sem eut pour sa part la Perse, la Bactriane, jusqu'à l'Inde et jusqu'à Rino- coroura; Cham eut pour sa part depuis Rinocoroura jusqu'à Gadiron ; Japhet eut la région septentrionale, depuis la Médie jusqu'à Gadiron. Les tribus [descendant] de Japhet furent au nombre de quinze ; elles ont en partage le fleuve du Tigre qui sépare la Médie de la Perse. Les tribus de Sem furent au nombre de vingt-cinq ; elles habitent l'orient, et ont en partage le fleuve de l'Euphrate qui divise leur contrée. Les tribus des enfants de Cham sont au nombre de trente-deux ; ils ont en partage le Gihon, qui est le fleuve du Nil, qui arrose leur pays. Descendants de Japhet: Macédoniens, Arméniens, Mèdes, Grecs, Latins, Ro- mains, Ibériens. pose aussi qu'en sortant de l'arche, ils vinrent à pied à Babel et y bâtirent une ville1. — Je pense que l'accord de ces histoires du Déluge avec celle des Grecs est manifeste pour tout le monde. Si à la vérité les chroniqueurs chaldéens appel- lent Noé d'un autre nom que les Grecs, car ils le nomment Xisostros au lieu de Noachus, il ne faut pas s'en étonner. Ils ont aussi mis d'autres dieux à la place de Dieu, et un [autre] oiseau à la place de la colombe. Abydenus a écrit tout cela au sujet de l'histoire chaldéenne du dé- luge2. Il faut comprendre clairement que le péché s'était multiplié et que les hommes pratiquaient l'impiété de beaucoup de que le sacerdoce, puis, successivement, les choses qui se rattachent à cet ordre 3. Lesacerdoce estdonc une fonction sainte, qui, par sa science parfaite et par l'ac- complisse ment des choses qui sont en son pouvoir, imprègne4 ceux qui ont été dignes de l'exercer saintement, et les forme à sa ressemblance par son union avec eux et par la perfection de leur cohé- sion 5, comme le fer [esttransformé] dans le feu. Le Théologien, dans son Discours apolègètique*, définit le sacerdoce : « la sainte administration des âmes », et « l'intermédiaire de Dieu et des hom- mes », et le prêtre : « le procurateur des âmes et le médiateur de Dieu et des hommes ». A l'ordre sacerdotal convient 1. Cf. loc. cit., col. 23. - 2. Ibid., col. 33. 3. Ici commence le chap. i de l'ouvrage de Jean de Dara. — 4. Ms. C ; ôyo sçov^ k»!»3».... — 5. Ms. C, correctement ; ©k» (et non oi^>). — 6. S. Grégoire de Naziance, Orat. II, Apolog. Migne, Pair, gr., t. XXXV, col. 493. 16 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Descendants de Cham : Éthiopiens1, Meçroyê [ou] Égyptiens, Hétéens, Jébu- séens, Hévéens, Amorrhéens, Gergéséens, Aradiens. Descendants de Sem : Assyriens, Chaldéens, Lydiens, Araméens, c'est-à-dire Syriens, Hébreux, Persans2. Les enfants de Sem à l'orient; les enfants de Japhet, au nord; les enfants de Cham, au sud. Noé avait vu que ceux qui vivaient avant le Déluge, à propos des lieux d'ha- bitation [8] et des meilleurs endroits, s'étaient souillés de sang et avaient irrité Dieu, au point qu'il les fit tous périr et disparaître de la face de la terre; c'est pourquoi il divisa la terre, et statua, sous peine de malédiction, qu'ils ne se la disputeraient plus, pour irriter le Seigneur. CHAPITRE IL — Sem, âgé de 130 ans, engendra Arphaxad ; selon l'hébreu, à l'âge de 102 ans. — Arphaxad, à l'âge de 135 ans, engendra Caïnan. Eusèbe ne compte point ce Caïnan ni le nombre de ses années, dans la série des années; le texte hébreu et le nôtre, non plus. Ce Caïnan inventa la magie, les incan- tations, la divination par les étoiles; ses enfants l'adorèrent comme un dieu manières, et se tuaient les uns les autres dans des combats cruels, car cette ini- quité est l'œuvre des démons et le fruit de leur semence. Comme la terre était un cloaque3 de sang humain, elle devint improductive ; les ossements y étaient accumulés en monceaux hauts comme des montagnes considérables, à la joie des démons. C'est pourquoi sur l'ordre de Dieu survint le fameux Déluge. Comme le juste Noé connaissait très bien la cause de la destruction des hommes et d'où elle provenait, il écarta la raison d'être des combats en partageant la terre, et un ministère humble et non une domi- nation arrogante4. D'où est tiré son nom? Nous disons que « sacerdoce » vient de « prospérité >> et « abondance 5 » ; car le sacerdoce pos- sède l'abondance de tous les biens, il enrichit et comble de biens quiconque le reçoit ; nous appelons, en effet, « pros- père » celui qui jouit abondamment de tous les biens du monde. Ce nom est un nom d'action et non de nature6. Il dé- note l'autorité et l'abondance de tous les biens. Ce nom7 de sacerdoce signifie le mi- 1. Litt. : Indiens; mais c'est le terme propre pour désigner les Éthiopiens. — 2. Le même tableau est dans BH. Chron. syr., p. 7. 3. Litt. : « une infection ». 4. D'après les deux textes la phrase parait devoir se restituer ainsi : |Cm*i».L ILûjoO* ç*ûaû.g^ .|£s*u«.3.Cs>o U |Lau»j Uo v".,* |t^v»,v5. — 5. Etymologie basée sur les divers sens de la racine ara- méenne — 6. Sens : il désigne une qualité acquise et non connaturelle. — 7. Ici commence le chap. il de l'ouvrage de Jean de Dara. t LIVRE II. CHAP. II 17 et lui érigèrent une statue : de là commença l'adoration des idoles. Il bâtit une ville et l'appela Hara1 du nom de son fils Harôn. L'évangéliste Luc men- tionne le nom de Caïnan2. Arphaxad vécut, selon le grec, 465 ans, et, selon le syriaque, 438 ans. —Caïnan engendra [Salé], à l'âge de 139 ans, et selon le samari- tain, à l'âge de 39 ans. — Salé engendra Héber à l'âge de 130 ans d'après les trois livres, et vécut 460 ans ; d'après le syriaque, il engendra à 30 ans et mourut à 433 ans. — Héber engendra à l'âge de 134 ans. Annianus dit qu'il engendra Phaleg à l'âge de 133 ans, et ensuite Jectan; mais, d'après le syriaque, ce fut à l'âge de 34 ans. 11 vécut 343 ans. Dans le syriaque il est écrit qu'il vécut 464 ans; et il y en a qui disent que les Hébreux tirent de lui leur nom. En l'an 120 de Phaleg, la terre fut partagée pour la seconde fois par les enfants de Sem et les autres fils de Noé. —Aux enfants de Sem échut en partage toute la région qui forme le milieu de la terre habitable, depuis la frontière de l'Egypte, prononça une malédiction pour empêcher chacun de changer ses limites. Tel fut le motif du premier partage. — Ensuite, les hommes se multiplièrent et oubliè- rent les préceptes; ils franchirent les premières limites, par des combats, et ils firent un second partage du temps de Phaleg. [8] Mais, de même qu'ils n'a- vaient point respecté le premier partage en trois parties, ni la malédiction du juste Noé, ils n'observèrent pas non plus les limites fixées pour la seconde fois. [Extrait] du Ier Livre des Antiquités3 : Un homme orgueilleux, Naborod*, pe- tit-fils de Cham, fils de Noé, persuadait aux hommes de ne pas attribuer à Dieu la cause de leur félicité et de leur pros- périté. Une grande partie du peuple nistère entre les créatures et le Créa- teur, exercé par des créatures. L'homme ne se le donne point à lui-même ; mais celui-là seul le possède qui estappelé par Dieu, à la manière d'Aaron \ Si, en effet, [8]6 le panetier d'un roi terrestre ne peut de lui-même et sans la permission du roi entreprendre de ser- vir à sa table, à combien plus forte rai- son ne peut-on servir à la table de vie sans la vocation divine. Où commence et d'où vient le sacer- doce? De l'origine de la création; car en même temps que les puissances cé- lestes furent créées, elles furent inves- ties du sacerdoce. Chez nous autres hom- mes, il a eu son commencement avec le premier Adam; celui-ci, en effet, ayant 1. !;*», autre orthographe de sj*», Harran. — 2. Luc, tir, 36. 3. Ant. Jud., I, iv. — 4. NaëpwS^;. 5. Cf. Hebr., v, 4. — 6. Le texte continue ainsi dans le ms. du Vatican : |.i^^o» Ixjoïs»*' ^^j] <*> - £v_^a__./.| ta*] ^co ILa'oO Cs>;». |.a»| ^vo, |a^x>> • ^» isu .;. |k*©iV |k»;o ,£o o;û^m 1^ LU-» 18 CHRONIQUE^DE MICHEL LE SYRIEN Rinocoroura et la mer Rouge, et depuis la mer de Phénicie et la Syrie, jusqu'à l'extrémité orientale de la terre habitable. Entre autres lieux connus ils obtin- rent : la Palestine, l'Arabie, la Phénicie, la Syrie, toute la Mésopotamie et l'Hyr- canie, l'Assyrie, les contrées de Sennaar, de Babel et des Kurdes, toute la Perse et les pays qui l'entourent, ayec l'Inde septentrionale, la Bactriane et les autres régions orientales. Aux enfants de Cham [9], second fils de Noé, échut en partage toute la région méridionale qui peut être habitée, depuis l'orient jusqu'à l'occident : c'est-à- dire l'Inde centrale1 et méridionale, les pays de Kous, de Saba, d'Egypte, de Li- bye, de Thébaïde et d'Afrique, et tous les pays occidentaux et méridionaux jusqu'aux confins de la terre habitable et à la mer de l'Océan. Du côté du nord, ils ont la Cilicie, la Pamphylie, la Pisidie, la Mœsie,la Phrygie, la Lycie, la Ly- die, et, parmi les îles de la mer : Cypre, Chio, la Sicile et environ vingt autres. Aux enfants de Japhet, troisième fils de Noé, échut en héritage toute la contrée septentrionale, depuis l'extrémité orientale de la terre habitable jusqu'à l'extré- mité occidentale. Ils eurent les pays suivants : la contrée des Alains et des Turcs, et, à l'orient : la Médie, l'Arménie, la Cappadoce, la Galatie, l'Asie, la Mœsie, la adhéra facilement aux théories de Na- borod. Ils regardaient comme honteux o d'être soumis à Dieu ; et ils bâtissaient la Tour. Dieu les voyant dans une telle aberration ne jugea pas à propos de les détruire totalement; car ils n'étaient pas devenus meilleurs par l'exemple des an- ciens qui avaient péri. Il les jeta donc dans la perturbation, en leur donnant des langages différant par le grand nombre de paroles qu'ils ne comprenaient point. Le lieu dans lequel ils avaient bâti la Tour est maintenant appelé Babel, à cause de la confusion de l'intelligence claire qui résultait du langage primitif. [9] La SibylJIe s rapporte ce fait; elle dit : Tandis que tous les hommes avaient été façonné et constitué, reçut l'ordina- tion sacerdotale [9] en même temps que la royauté et la prophétie3, ainsi que David le chantait en disant : « Tu m'as formé et tu as posé ta main sur moi*. » Par cette expression : « Tu m'as formé », il veut dire : « tu m'as créé », et celle- ci : a tu as posé ta main sur moi » signi- fie « l'ordination du sacerdoce dont tu as enrichi le erenre humain5. » La main o du Père est son Fils, par lequel Adam a été consacré lorsqu'il fut créé, au com- mencement, et renouvelé après sa trans- gression ; et le don du suprême sacer- doce a été constitué en Dieu le Verbe qui s'est incarné et s'est fait homme. Adam, dès le commencement, a reçu 1. Litt. : « l'Inde intérieure ». 2. Restituer : Uaa^co. — Le passage cité par Josèphe est emprunté à Polyhistor (Eus., I, col. 23). 3. Ici finit la lacune, — 4. Ps. cxxxvni, 5. — 5. Ici finit la citation textuelle de Jean de Dara. LIVRE IL CHAP. III 19 Thrace, l'Hellade et les pays qui sont au nord et à l'ouest de ceux-ci : la contrée des Grecs, des Romains, des Sarmates, des Slaves, des Kourgahe; à l'occident : le pays des Gaulois, l'Espagne et tous les autres qui se trouvent sur les confins de l'occident jusqu'à Gadira. CHAPITRE III. — Au début de la vie de Ragau les hommes commencèrent à bâtir Babel et la Tour, dans la contrée de Sennaar'.« Bâtissons-nous une forteresse et une tour, dirent-ils, et faisons-nous un nom, avant de nous disperser et de nous en aller chacun dans son héritage2. » Le géant Nimrod, fils de Kous, nour- rissait de sa chasse les constructeurs. Le temps de la construction se prolongea quarante ans. Ils foulèrent aux pieds la loi, méprisèrent le commandement et n'observèrent pas le partage du juste Noé ; ils divisèrent la terre, et ils s'enten- dirent pour chercher le moyen d'échapper à la colère de Dieu après avoir trans- gressé ses préceptes. « C'est pourquoi, dit l'Ecriture3, Dieu descendit et divisa leur langage. » La langue unique fut partagée en soixante-douze langues, et la terre de Sennaarfut appelée Babel, parce que là fut la confusion. Héber, ce grand une même langue, ils se mirent à bâtir une tour très haute, de manière à pouvoir s'élever par elle jusqu'au ciel . Mais Dieu envoya un vent violent qui renversa la tour; et il donna à chacun une langue particulière : c'est pourquoi il advint que cette ville fut appelée Babel. Polyhistor écrit qu'après le Déluge Evékoios4 régna sur les Chaldéens pen- dant 40 nères, et eut pour successeur son fils, Komasbélos 5 pendant 4 nères. — Depuis le Déluge jusqu'à l'époque où les Mèdes s'emparèrent de Babylone, Polyhistor compte 86 rois, dont il in- dique les noms6. Nemrod ceignit la couronne royale, dix ans après le second partage. Il fut le premier roi après le Déluge. de la main même de Dieu l'ordination du sacerdoce saint. De lui, il s'est propagé dans toutes les générations, chez tout descendant de sa race qui adhérait par la foi à ce mystère ; c'est ainsi que l'hostie du sacrifice d'Abel fut acceptée, dans sa droiture, et fut agréable au Seigneur, comme il est écrit7. Quand le maudit Caïn eut commis un meurtre par jalousie alors même8 la miséricorde infinie de Dieu n'enleva pas ce don, parce que tous ses bienfaits sont entièrement irré- vocables. C'estpourquoi, dans toutes les générations et de tout temps, quiconque posséda la foi, ne fut pas privé de ce don. Le livre sacerdotal atteste cela quand il représente Enos et Hénoch [10] comme ayant été agréables à Dieu, et le juste 1. Ms. : pour ;-vu». — 2. Cf. Gen., xi, 4. — 3. Ibid., 7. 4. Eùifaoco; (Sync, 147, 17). — 5. Xofxa<7êr().oç. — 6. Eus., I, col. 25. 7. Gen., îv, 5. — 8. Lire : US! (?). 20 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN vieillard, n'était point d'accord avec eux pour le partage ; mais il leur disait d'ob- server le précepte de Noé [10] et de ne pas encourir la malédiction; il ne con- sentit pas non plus à bâtir la Tour avec eux. A cause de cela, la langue primitive et paternelle lui fut conservée. Il appela cette terre Babel. Dans notre langue araméenne le nom de Babel s'explique convenablement comme désignant la confusion. Saint Mar Ephrem, le grand Basile, et d'autres anciens docteurs don- nent ce sens. Jacques appelé d'Edesse et Jean de Litarba, qui citent d'anciens chroniqueurs, disent : « La langue hébraïque est la langue primitive, qui fut con- servée à Héber5 et c'est de là que les Hébreux tirent leur nom » ; mais d'autres disent : « Comme Abraham passa le fleuve de l'Euphrate pour entrer dans la terre de promission, qu'il passa en combattant parmi les armées, qu'il passa des usages païens de ses pères à la foi en Dieu, créateur de l'Univers : à cause de tout cela, disent-ils, il fut appelé 'ebraya (passager). «Pour nous, nous disons que toutes ces choses sont vraies : la langue primitive est la langue araméenne de laquelle provient 'ebraya\ En l'an 101 de Ragau, le premier roi des Egyptiens,Panouphis (?), commença à régner, pendant 68 ans. Ce fut la pre- mière dvnastie de Miçrin*, qui est ainsi appeléedu nom deMeçraim, leurancêtre. Nemrod bâtit trois villes : Arak, Or et Kala, c'est-à-dire ; Edesse,Nisibe et Sé- leucie 3. Quand les peuples s'éloignèrent de Babel, les Chananéens se donnèrent un chef qu'ils appelèrent Canaan, du nom de leur ancêtre Canaan. Les enfants de Canaan ayant vu que la contrée de la Palestine et du Liban était très bonne, s'y fixèrent et ne voulurent point s'en aller dans leur héritage, à l'occident de la mer d'Egypte. Ils encoururent la malé- diction de nouveau. En cet endroit s'ac- Noé comme honorant1 Dieu, lui qui, à cause de sa foi en Dieu, ne s'associa et n'adhéra point à l'iniquité des impies : c'est pourquoi, il fut choisi comme l'ins- trument du grand mystère de la rénova- tion ; en lui furent conservés le rejeton de la race humaine et les épaves delà des- truction par le Déluge. Après avoir ainsi échappé miraculeusement par la vertu divine, il fut digne de devenir prêtre. En effet, aussitôt après être sorti rde l'arche], il bâtit un autel au Seigneur et offrit un sacrifice des animaux purs, de sorte que le sacrement du sacerdoce saintlui fut donné, comme au juste Abel ; mais ce qu'écrit [de lui] l'esprit prophé- tique est encore plus surprenant, [à sa- voir : que] « le Seigneur respira comme 1. Voir le passage parallèle dans BH., Chron. syr., p. 9. — La Chronique de Bar-Hébréus étant extraite pour ainsi dire textuellement de Michel dans cette première partie, nous n'y renverrons que pour les passages qui offrent des variantes importantes. 2. Nom syriaque de l'Egypte. — 3. Cf. ci-dessous, p. 26, n. 1 (Ephremt Comin. in Gen. x, 10). 4. lov^l» LIVRE IL CHAP. III 21 Phaleg', à l'âge de 130 ans, engendra Ragau (d'après le syriaque, à l'âge de 30 ans) et vécut 343 ans (d'après le syriaque 239 ans). Depuis le Déluge jusqu'à la Division des langues, il y a en tout 660 anss; depuis Adamjusqu'à la Division :!, d'après les Septante, 2906 ans; d'après la Pe- sitta 2757 ans4. Ragau engendra Saroug à l'âge de 132 ans, d'après le syriaque à l'âge de 52 ans; il vécut 339 ans, et d'après le syriaque 239. En l'année 74 de Ragau finit le troisième millénaire, d'après les Septante. La Tour fut bâtie en Pan 70 de Ragau; elle fut achevée quarante ans après ; et les hommes furent dispersés sur la surface de la terre. Ils multiplièrent les combats et les luttes : ceux qui étaient vainqueurs élevaient des signes de victoire, et ensuite ils adoraient ces statues : ainsi se multiplia l'adoration des idoles. La Tour tomba en l'an 110 de Ragau. Nemrod, le premier qui régna à Babylone, fut créé prince en l'an 40 de Ragau. Quand Dieu envoya le vent qui renversa et fit tomber la Tour, Nemrod mourut dans la Tour. Le total des années du règne de Nemrod est de 69 ans d'après la conrplit sur eux la malédiction du juste Noé. Du temps de Saroug, les hommes fa- briquèrent des images qu'ils adorèrent, excités par les esprits mauvais et les démons impurs. A cette époque régnait en Egypte [10] le 2° roi, Eupipaphios; celui-ci le pre- mier construisit et lança un navire sur la mer. 11 régna 46 ans et mourut. A la même époque, un Egyptien nom- mé Sànôs, combattit avec les Kousites; il fut surnommé Ethiopos, c'est-à-dire Kousite ; il fut le 3° prince et régna 60 ans. Cet Ethiopos ou Kousite et les Libyens engagèrent la guerre avec Saba et le tuèrent; sa fille lui succéda ; elle est aussi appelée Saba du nom de son un parfum agréable, le parfum de lof- frande de Noé 5. » N'est-il pas facile, pour quiconque a la foi, de comprendre que le Seigneur ne se complaisait pas seule- ment dans ces sacrifices parce qu'ils figu- raient alors d'une manière obscure et voilée les sacrifices symboliques de la loi ancienne, mais aussi parce qu'ils étaient la figure6 des sacrifices nouveaux et ma- nifestes. Ainsi donc, de même que Noé avait été jugé digne d'être le rénovateur du monde, parce'qu'il avait plu à Dieu, il fut aussi orné du don du sacerdoce, et par là, il fut l'image figurative des divins mystères, de la future grande victime propitiatoire de l'Univers. [11] // convient de faire savoir pour- 1. Ms. : Héber. — 2. Ms. : 600. (o» pour — 3. Ms. : jusqu'au Déluge. — r\. Lire : 2916 et 1716. Comp. le ch. vu et voir les restitutions dans l'Introduction. 5. Gen , vin, 21. — 6. Lire : t^a^ao. 22 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN [11] chronique de Ménandros le mage. On dit la môme chose dans le second livre d'Asaph, et aussi que la couronne royale était tissée. Après la mort de Phaleg, les enfants de Jectan, frère de Phaleg, voyant qu'on ne leur avait pas donné d'héritage, prirent le parti de se constituer trois princes1 : Saba, Ophir et Havîla. Ceux-ci commencèrent à fabriquer des armes, et firent connaître aux hommes les instruments de combat; ils se mirent à manger le sang} et devinrent puissants parce qu'ils se servaient des armes de guerre ; comme les hommes n'avaient pas encore l'expérience des armes, ils s'enfuyaient devant eux. Ils bâtissaient des citadelles pour se protéger; le peuple ayant été vaincu dans le combat par les enfants d'Ophîr, on leur permit d'occuper et de prendre comme possession tout endroit qui leur plairait, pourvu toutefois qu'ils s'abs- tinssent de faire la guerre. C'est pourquoi toute la contrée des parfums devint l'héritage de Saba, Ophir hérita du pays de l'or, et Havila de la région du fleuve du Danube 3 où sont les pierres précieuses. père. Elle régna 40 ans. Aristocholos écrit de celle-ci qu'elle fit de nombreuses guerres et s'illustra beaucoup : à cause de cela les femmes régnent en ce lieu, et elles marchent entête au combat. Quant aux Amazones, nous trouvons qu'elles étaient filles d'Askénez et de Thocforma. A l'origine, Samirôs, roi de Babylone, fît la guerre avec elles et tua tous leurs [enfants] mâles. Dès lors, elles prirent comme règle de ne plus élever 3 d'enfants mâles, mais seulement des filles. Une fois par an, elles sortent de chezelles pour s'unirauxhommes etelles reviennent enceintes; elles tuent les en- fants mâles qui leur naissent et élèvent quoi le sacerdoce a été institué*: Premiè- rement : pour le salut des homm es; deuxièmement : pour la rémission des péchés; troisièmement : pour notre union5 avec Dieu; et quatrièmement: pour la participation de la nature divine. D'abord pour le salut ; car les hommes avaient mérité de mourir à cause de la transgression d'Adam; mais Dieu voulut les vivifier et les sauver par un don ve- nant de lui et il établit parmi eux le don du sacerdoce ; premièrement, sous la Loi antique, qui rachetait en quelque façon de la mort par les sacrifices d'animaux muets. Mais les prêtres de la Loi [pé- cheurs eux-mêmes], ne pouvaient mou- 1. Il faut lire ^ au lieu de Jv, d'après le contexte et la version arabe. — 2. Ms. : Anabados. S'il n'y a pas de lacune, je proposerais de corriger 'm^a.»)*», d'après le Lexique de Bar-Bahloul, éd. Du val, col. 1559-1560, où le Phison (fleuve de Havila, Gen., n, 11-12) est identifié avec le Danube. L'arabe a mal compris et traduit par : contrées de l'argent (wjS^), de l'or (o«^), et de l'airain 3, — 4. Chap, v de Jean de Dara. L'auteur résume un peu ce chapitre. — 5. ^La»»*., LIVRE IL CHAP. IV 23 CHAPITRE IV. — Saroug, à l'âge de 130 ans, engendra Nachor, d'après les trois chroniqueurs. — Le texte hébreu, d'où provient notre Pesitta, diminue 100 ans à chacun [des patriarches] à partir du Déluge. — Saroug vécut 330 ans. De son temps l'art de fabriquer les monnaies et de travailler l'or fut inventé par Ophir. Quarante-trois ans après qu'eut cessé l'empire de Nemrod, un roi appelé Qambîros régna à Babylone, du temps de Saroug; il bâtit la grande ville de Suse. Ensuite, en l'an 56 de Saroug, tous les peuples commencèrent à se fabriquer des instruments de combat, à faire des captifs, à vendre des esclaves et des servantes. A cette époqueQambiros et les Chaldéens firent la guerre aux Qalatou comme Pécrit Damaris. Zamardos dit : « En l'an 70 de Saroug le Chaldéen, il y eut une guerre [12] entre Qalatou et les Chaldéens, pour la possession de la terre, tandis ([lie régnait Qambîros. Les Chaldéens furent vainqueurs; ils firent partir les Qalatou d'auprès d'eux et les confinèrent dans les montagnes qui sont au mi- lieu de leur territoire. — Saroug enseigna à Nachor la religion chaldéenne, la magie, et l'astrologie, comme le rappelle Asaph, dans son livre, lorsqu'il expose les généalogies. — Après Qambîros, qui régna 85 ans, le troisième roi de Baby- lone fut Samîros, pendant 72 ans; il commença à régner en l'an 106 de Saroug. les filles, d'après l'histoire véridique qui leur est consacrée dans les livres anciens, et de nombreux témoignages. Dans les guerres contre la grande ville d'Ilion, qui fut détruite, on parle aussi longue- ment de ces femmes Amazones, qui habi- taient dans la région septentrionale. Mais, comme aujourd'hui on n'entend plus parler d'elles parmi les hommes, et que personne ne les a vues ou n'a entendu parler d'elles, ni dans la région septen- trionale, ni en d'autres lieux, il me sem- ble, à moi misérable, que toutes ces femmes ont dû périr dans la guerre contre la grande ville d'Ilion. On doit penser cela pour deux motifs : d'abord, parce que depuis ce moment on n'a plus rir pour les pécheurs, chaque pécheur devait mourir et porter le poids de sa propre faute. Et [12] de plus, les sacri- fices d'animaux, sous la Loi, n'étaient pas offerts pour les péchés mortels, de manière à délivrer de la mort ceux qui les faisaient, mais bien pour toute sorte de défauts [naturels ou volontaires2]. Ils ne purent jamais rendre parfaite la con- science de leurs auteurs ; s'ils avaient été parfaits, peut-être auraient-ils fait cesser leurs oblations, leur conscience ne les troublant plus par le remords des fautes, une fois effacées 3. Les hommes devant mourir, et les prêtres de la Loi ne pou- vant les racheter, ni les sacrifices d'ani- maux les délivrer, il était nécessaire que 1. Ms. o^ûo pour ; ar. : û£ao ; BH. donne la bonne leçon. 2. Ms. C : ^ol ol ^=>l M» <^©i. — 3. Cf. Rom., x, 1. 24 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 11 fit la guerre aux enfants de Yavan et aux Chananéens, et il s'empara de leur terre. Il bâtit des villes1 aux Parthes et aux Chaldéens. Le premier, il se mit à faire des mesures et des poids ; de son temps on commença à faire des étoffes pour le vêtement des idoles dans les parties honteuses (?)2 d'après ce qu'écrit le mage Zamardos. La soie fut aussi découverte de son temps et des teintures de tout genre. On raconte à son sujet beaucoup d'histoires fabuleuses ; par exemple : qu'il avait trois yeux et des cornes, et qu'il était plus fort que toute la tribu de Nemrod. CHAPITRE V. — Nachor engendra Tharé à l'âge de 79 ans, d'après les LXX; mais, d'après le syriaque, à 29 ans3. Il vécut 207 ans, d'après les LXX; et 148ans, d'après le syriaque. En ce temps-là, Kisârônos4 le Parthe engagea un combat avec Samîros, le tua et régna à sa place. 11 lui enleva ses cornes et les plaça sur la couronne de sa tête. D'après la chronique d'Aroud le Chananéen, la lutte de Job, le juste, eut lieu en l'an 25 de Nachor. Les paroles d'Aroud sont celles-ci : « Il y avait un homme riche de la tribu de Jectan qui s'appelait Job. Sept fois il combattit seul contre Satan et le vainquit. » Asaph dit que ce combat eut lieu six cents ans plus tard. Pour moi, je pense qu'Aroud le Chananéen a dit vrai. Job précéda Moyse de cinq cents ans. 11 y en a qui disent qu'il était de la race d'Ésaii, et qu'il est le même que Jôbab, fils de Zarah5. aucune mention d'elles; ensuite parce qu'il est écrit que pendant la guerre contre cette ville d'Ilion, onze [11] rois étaient réunis contre elle pour l'assiéger, et la guerre durait depuis onze ans quand la reine des Amazones vint pour secou- rir le roi d'Ilion. Or, comme ces onze rois détruisirent Ilion, tuèrent son roi et tous ceux qui étaient dans la ville, sans doute ces femmes furent aussi tuées en ce lieu. le Seigneur, personnellement, vînt se faire oblation pour tous, rendre parfaits ceux qui vont à son Père par son inter- médiaire6, mettre fin à la mortalité7 qui est la racine du péché, et procurer à tous le salut. « La loi de vie, en Notre-Sei- Cfneur Jésus Christ, m'a délivré de la loi du péché et de la mort8. » Autrefois le grand-prêtre offrait pour les péchés du peuple un sacrifice par lequel il était censé immoler et anéantir9, tous lespé- I. Lirejki*,» (plur.) d'après BH. —2. La phrase est omise par BH. qui cite le passage; l'arabe dit : ©v^t,*>o >aoi:s^\ wi'ol. Je lis : 1 (et non : I,-.»). — 3. Ms. : 79; lire : £o. — 4. Plus bas (chap. vu) : ima.hmS; BH., p. 9, donne : ^aicnU*" et isoaio'û^. — 5. Cf. Gen., xxxvi, 33. 6. Cf. Ilebr., vu, 25. — 7. |/.0ta.«^. — 8. Rom., via, 2. — 9. Ms. C : ^**>. LIVRE IL CHAP. VI 25 [13] En l'an 5 de Tharé, régna à Babylone le cinquième roi, Arphazad', pen- dant 18 ans. Et ici cessa la principauté des rois de Babylone, pendant 7 ans, jus- qu'à Bélos, premier roi des Assyriens; comme plusieurs des Chaldéens, des Mèdes, des Assyriens luttaient pour la royauté et se tuaient mutuellement dans les combats, un temps de sept années s'écoula sans principauté. Bélos l'Assyrien, s'étant délivré de la servitude des Chaldéens, lutta contre eux et contre les Mèdes; il les vainquit et régna sur les Assyriens, pendant 62 ans; il domina sur toute l'Asie, excepté l'Inde. Çaharon, frère de Tharé, tua un jour par ruse Kisârônos, roi de Babylone, qui était parthe, et voulut chasser les Parthes de leur propre pays. Dans une autre histoire, nous trouvons qu'il le tua à cause d'une statue d'or qu'il avait enlevée de la maison de Nachor, car Nachor était prêtre de l'idole Caïnan. Alors fut bâtie Damas, par Myropos l'Hétéen, vingt ans avant la naissance d'Abraham. Josèphe dit qu'elle fut bâtie par Ouç2, fils d'Aram. CHAPITRE VI. — Tharé, à Page de 70 ans, engendra Abraham; il vécut 275 ans, ou, selon le syriaque, 205 ans. Andronicus dit que, du Déluge à Abraham, il s'écoula 1081 ans, et d'Adam jusqu'à Abraham 3337 ans. A partir d'ici le Pentateuque des Grecs et celui des Syriens sont d'accord sur le nombre des années. Depuis le temps du partage de la terre jusqu'à Abraham il y eut 421 ans. Alors mourut Nachor, et Abraham naquit deMalkatoum. Vingt-deux ans plus tard, Sara, fille de Tharé, naquit de Zamrôt. Le 4e roi des Égyptiens fut Pharaon, fils de Sânôs, qui régna 35 ans. Du nom de ce premier Pharaon, pendant de longs siècles, les rois d'Egypte furent appelés Pharaons. Il appartient à la Ve dynastie. En l'an 48 de Nachor. le 5e roi d'E- gypte, Pharaon Kârîmôn, commença à régner, dans la VIe dynastie, pendant 4 ans. A cette époque le Chananéen Armô- nios eut deux fils : il appela l'un Sodome et l'autre Gomorrhe ; il bâtit deux villes chés, ainsi qu'il est dit3 : « Offrez des sacri- fices expiatoires », et« comment aurais-je pu manger la victime expiatoire aujour- d'hui? » et quand il entrait dans le sanc- tuaire il apportait le pardon au peuple ; de même aussi Jésus s'offrit lui-même pour le peuple et immola en sa personne [13] les péchés de beaucoup4. [Il y a eu de nombreux prêtres] parce qu'étant mortels ils ne pouvaient durer3; mais lui vit à jamais, offrant des prières pour eux. — Comme il devait retourner au 1. Plus bas (ch. vu) : Arphakid. BH. a la même leçon qu'ici. — 2. Ant. Jud., I, vi, 4. 3. Cf. Les'., x, 19. Ms. C : o^o . loi^ CSos, y,!. _ 4. Ilebr., ix, 28. — 5. Hebr., vit, 23. 26 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Dans le comput des années le texte de la Pesitta a 1384 ans de moins que les Septante. Abraham, étant âgé de 15 ans, commença de lui-môme à prier et adorer Dieu. Il chassait les corbeaux qui avaient été envoyés par Dieu sur la terre des Chal- déens, pour détruire et dévorer leurs semences. [14] A cette époque mourut Bélos, le premier roi des Assyriens. Son fils Ninus régna 52 ans. Ce Ninus, second roi des Assyriens, bâtit dans la contrée une ville qu'il appela Ninus, et que les Hébreux appellent Ninive. Il fit à son père, Bélos, une statue en or fondu et il écrivit dessus : « grano dieu » ; il le fit proclamer dans toute l'Assyrie, et beaucoup l'adorèrent. Après la construction de Ninive furent bâties Rahabôt, Râsân et Kâlnê1. Alors fut bâtie Jérusalem, par Melkizédek le Chananéen, qui l'appela Oreb. Abraham mit le feu au temple des idoles qui était à Our des Chaldéens. Son auxquelles il donna leurs noms; il bâtit aussi Çe'ir, qu'il appela du nom de Çeir, leur mère. [12] En l'an 52 8 de Nachor, le 6° roi d'Egypte, Pharaon Aphintos, commença à régner, à la VIP dynastie, pendant 32 ans. Il envoya [des messagers] vers Kisâ- rônos, roi des Chaldéens, et apprit leur doctrine ainsi que le nom de Caïnan, dieu de Babel, dont l'image fut adorée en Egypte, jusqu'à Sérapis, fils deNiobé. Il bâtit la ville d'Apântos sur le fleuve du Nil, et il l'appela Babylone, c'est-à- dire Babel. Asaph est d'accord sur ces choses, car il dit : « Du temps de [13] Tharé, les Égyptiens apprirent les doctrines chal- déennes et firent fondre une statue d'or à l'idole Ninos. » ciel, il laissa le sacerdoce à l'Église pour le remplacer, vis à-vis de ses enfants,dans le pardon des péchés et le souvenir de son incarnation productrice de la vie : « Vous ferez ceci en mémoire de moi3. » [Secondement] le sacerdoce a été ins- titué à cause des péchés. En effet, s'il n'y avait point eu de péché, nous n'au- rions pas eu besoin d'expiateur. « Ceux qui 6ont sains n'ont pas besoin du méde- cin. Jene suis pasvenu appeler les justes, mais bien inviter les pécheurs à la péni- tence '. » Donc le sacerdoce a été donné aux hommes pour le.pardon des péchés. Et ces témoignages des saints relatifs au sacerdoce suffisent amplement. 1. BH., Chr. syr., p. 11, ajoute : « c'est-à-dire : Arbèle, Res'aina et Séleucie», interprétation basée sur des assonances. Cf. ci-dessus p. 20, 1. 22. Voir aussi Assémaist, liibl. or., 1, 2G, n. 4. 2. Ms.»12 (oT pour ^j). 3. Luc, xxn, 19. — 4. Matth., ix, 12; Marc, ir, 17; Luc, v, 31-32. LIVRE II. CHAP. VI 27 frère Harôn entra pour l'éteindre et sauver les idoles, afin qu'elles ne brûlassent pas, et il y fut consumé. Abraham, âgé de 60 ans, emmena Tharé, son père, Nachor, son frère, et Lot, fils de Harôn, et ils vinrent habiter à Harran, pendant 14 ans ; puis il quitta son père à Ilarran, et vint dans la terre de Chanaan. En l'an 5 de Tharé, commença à régner en Egypte le 7° roi, Arsakos1, pendant 33 ans. Il bâtit une ville de son nom. Il eut pour successeur Pharaon Sâmô- nos, pendant 20 ans. En l'an 28 de Tharé, le 9° roi, Pharaon Armios2, commença à régner,en Egypte, à la X° dynastie, pendant 27 ans. En l'an 14 de cet Hermios, l'an 36 de l'Assyrien Bélos, naquit Abraham d'a- près la chronologie d'Andronicus. En l'an 15 d'Abraham Armios l'Egyp- tien, en vint aux mains avec Bélos l'As- syrien : Armios fut vaincu et fut mis à mort. Il eut pour successeur, h la XIe dynas- tie, le 10° roi : Pharaon Phàrnados (?), Thébain, pendant 43 ans. Vient ensuite le 11° roi, h la XIIe dy- nastie, Pharaon Phânôs ; c'est celui qui ravit à Abraham sa femme Sara, et qui lui rendit ensuite, avec sa femme, de l'or, de l'argent, des troupeaux, et le renvoya d'Egypte. En l'an 98 d'Abraham, le 12e roi, Pharaon Iïysqos3 commença h régner en Egypte, à la XIIIe dynastie, pendant 21 ans. 1. BH., p. 10 : io»aa»o4ol. Comp. les variantes orthographiques du lableau synoptique (p. 14 du texte). — 2. BH. ne donne le nom qu'une fois, et écrit — 3 gjj . noacam.^ 28 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN CHAPITRE VIL — Où l'on montre, comme dans un tableau, l'accord elle dé- saccord des Chroniques, quant au nombre des années, jusqu'à Abraham. Eusèbe a commencé à Abraham à établir les canons chronologiques. C'est pourquoi nous devons placer ici ceux qui vont d'Adam à Abraham. Depuis Adam jusqu'au Déluge : 2256 ans. Du Déluge à la Division : 660 ans (ms. : 600) : 2916. Phaleg engendra Ragau, 10 ans après la Division : 2926. Ragau engendra Saroug à l'âge de 132 ans : 3058 (ms. : 3018). Saroug [engendra] Nachor à l'âge de 130 ans : 3188 (ms. : 3102). Nachor engendra Tharé à l'âge de 79 ans : 3267. Tharé engendra Abraham à Page de 70 ans : 3337 (ms. : 3357). Rois de Babylone : En Pan 40 (ms. : 10) de Ragau Nem- rod commença à régner : 69 ans. Ensuite il n'y eut pas de roi pendant 43 ans (112). Qombaros : 85 ans (197). Samîros : 72 ans (269;. Kisrânos : 43 ans (312). Arpâkîd : 18 ans (330) (ms. : 340). Interrègne de 7 ans (337) (ms. : 347). Ensuite vint Bélos, chef de la royauté des Assyriens. 245) En l'an 36de celui-ci naquit Abraham. [Extrait] du Ie" livre d'Asaph. L'an 135 de Malalaël mourut Adam. L'an 20 de Hénoch mourut Seth. L'an 13 de Mathusala mourut Enos. L'an 61 de Lamech mourut Caïnan. L'an 33 de Lamech Hénoch fut enlevé. L'an 34 de Noé mourut Mahlalaël. L'an 166 de Noé mourut Iared. L'an 600 [de Noé] mourut Mathusala. Asaph enseigne que Mathusala périt dans les eaux du Déluge avec les enfants de Caïnan. L'an 74 de Salah mourut Noé. L'an 156 de Salah mourut Sem. L'an 34 de Héber mourut Arphaxad. Rois d'Egypte: En l'an 100 de Ragau, Pânouphis 68 ans. Eupropis : 46 ans (114). Sânos : 60 ans (174). Pharaon fils de Sânos : 35 ans (209). Pharaon Kârîmon : 4 ans (213). Phararaon Aphantos : 32 ans (ms. : 246). Pharaon Orkos : 33 ans (278). Pharaon Samos : 20 ans (298). Pharaon Hirkos : 25 ans (323) (ms. 325). En l'an 17 de celui-ci naquit Abraham. [1*>] [Extrait] de la Chronique d'Ezra, selon le comput des Hébreux et des Sy- riens. (A partir d'Abraham, la Pesitta est d'accord avec les Septante.) L'an 56 de Lamech mourut Adam. L'an 168 de Lamech mourut Seth. L'an 84 de Noé mourut Enos. L'an 179 de Noé mourut Caïnan. L'an 234 de Noé mourut Mahlalaël. L'an 266 de Noé mourut Iared. L'an 178 de Noé {sic) Hénoch fut en- levé. L'an 595 de Noé mourut Lamech. L'an 600 de Noé mourut Mathusala. Fin. LIVRE IL CHAP. VII 29 Chronologie des Septante et d'Asaph : Adam engendra Seth h l'âge de 230ans. Seth engendra Enos à Page de205ans. Enos eng. Caïnan à l'âge de 190 ans. Caïnan engendra Mahlalaël à l'âge de 170 ans (ms. : 130). Mahlalaël eng. Iared a l'âge de 165ans. En l'an 40 de Iared finit le premier millénaire. Iared eng. Hénoch «à l'âge de 162 ans. Hénoch engendra Mathusala à l'âge de 160 ans (lire : 165?). Fin. [16] En l'an 100 de Sem eut lieu le Dé- luge. D'Adam au Déluge il y eut 2256 ans. Sem eng. Arphaxad h l'âge de 102 ans. Arphaxad engendra Caïnan à 135 ans. Caïnan engendra Salah à l'âge de 139 ans (ms. : 130). Salah engendra Héber à Page de 130 an s. Héber engendra Phaleg à l'âge de 134 ans. Phaleg eng. Ragau à l'âge de 130 ans. En l'an 74 de Ragau finit le troisième millénaire. Ragau eng. Saroug à Page de 132 ans. Saroug eng. Nachor à l'âge de 130ans. Nachor engendra Tharé à l'âge de 79 ans. Tharé eng. Abraham à l'âge de 70 ans. DuDélugeà Abraham ily eut 1081 ans. D'après l Hébreu et la Pesitta des Syriens : Adam engendra Seth à l'âge de 130 ans. Seth engendra Enos h l'âge de 105 ans (ms. : P35). Enos engendraCaïnanàl'âge de90ans. Caïnan engendra Mahlalaël h l'âge de 70 ans. Mahlalaël eng. Iared à l'âge de 65 ans. Iared eng. Hénoch à l'âge de 162 ans. Hénoch engendra Mathusala à l'âge de 65 ans. Mathusala eng. Lamech à 187 ans. En Van 126 de Lamech finit le pre- mier millénaire. — Fin. En l'an 100 (ms. : 50) de Sem eut lieu le Déluge. D'Adam au Déluge il y eut 1656 ans. Sem eng. Arphaxad à l'âge de 102 ans. Arphaxad engendra Caïnan à 35 ans. Caïnan engendra Salah à l'âge de 39 ans (ms. : 29). Salah engendra Héber à l'âge de30ans. Héber engendra Phaleg à l'âge de 34 ans (ms. : 56). En l'an 20 de Phaleg la terre fut par- tagée. — Du Déluge jusqu'au partage de la terre il y eut 160 ans. Phaleg eng. Ragau à l'âge de 30 ans. Ragau eng. Saroug à l'âge de 32 ans. Saroug eng. Nachor àl'âge de [30] ans. Nachor engendra Tharé à l'âge de 29 ans (ms. : 79). Tharé eng. Abraham h l'âge de 70 ans. En Van 13 d'Abraham finit le second millénaire. Du Déluge à Abraham il y eut 331 ans. 30 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN [Selon les LXX; suite]. Abraham engendra Isaac à l'âge de 100 ans. Isaac engendra Jacob à 1 âge de 60 ans. Jacob engendra Lévi à l'âge de 89 ans. Lévi engendra Caath à l'âge de 46 ans. Caath engendra Amram à l'âge de 60 ans (ms. : 70). Amram engendra Moïse à l'âge de 70 ans. D'Adam jusqu'à PExode, il y eut 3842 ans. [Selon L'hébreu; suite). Abraham engendra Isaac à l'âge de 100 ans. Isaac engendra Jacob à l'âge de 60 ans. Jacob engendra Lévi à l'âge de 89 ans. Lévi engendra Caath à l'âge de 46 ans. o o Caath engendra Amram à l'âge de 60 ans, Amram engendra Moïse à l'âge de 70 ans. D'Abraham jusqu'à l'an 80 de Moïse, il y eut 505 ans. Du Déluge jusqu'à l'Exode, il y eut 836 ans. Et d'Adam jusqu'à l'Exode, il y eut 2492 ans. Il est écrit1 de Caïnan que, le premier, il inventa la magie, les augures et les sortilèges; et qu'il fut adoré comme Dieu. Caïnan mourut pendant qu'on bâ- tissait la Tour, au bout de cent quarante ans. Comment peut-il être vrai que la vie de Caïnan se prolongea jusqu'à l'an 36 d'Isaac? En l'an 45 de Jacob mourut Salah. En l'an 45 de Jacob mourut Héber. En l'an 59 d'Abraham mourut Phaleg. Comment peut-on admettre que la vie de Phaleg se prolongea jusqu'à l'an 48 d'A- braham*, puisqu'Abraham naquit 302 ans 3 après le renversement de la Tour? Ce nombre d'années est inepte. Compte des années 4. En l'an 66 de Ragau mourut Salah. o En Pan 68 de Saroug mourut Héber. o En l'an 69 de Ragau mourut Phaleg, à Babel % avec Nemrod, d'après ce que rap- portent le mage Zamar[d]os et l'Assyrien Qômâbaros. En l'an 100 de Saroug mourut Ragau. En l'an 21 de Tharé mourut Saroug. 1. Ce texte paraît être la continuation de la chronologie d'Asaph (ci-dessus, p. 28). — 2. Chiffre donné par l'hébreu. — 3. D'après les LXX. —¦ \. 11 est établi d'après la chronologie des Septante. — 5. Lire : Vos, LIVRE IL CF1AP. VIII 31 [17] CHAPITRE VIII. — Qui montre la descendance des peuples, comme dans un tableau \ Arphaxad engendra : Caïnan. Salé / Haron — Loth le Moabite. \ ( Isaac ; leur descendance est expli- \ Abraham } quée dans les Livres saints. ( ( Ismaël: delui 12 tribus puissantes. Loud : de lui Laronios ; de lui — Aram — Amraphal — Taré' aël. Iectan [engendra] les Indiens, (de lui : Aram ; de lui Hamôr. — Arouk. ( Géther : de lui ïata, de lui Ouç; (Lâzonasê1). [Étant] ; de lui : les Elamites ; les Mœséniens, les Catanéens, les Gasàsou, les Garouméens, les Caspiens3. de lui : les Chaldéens ; parmi eux Nabuchodonosor, son fils Mar- douk, et ceux qui sont écrits. 1 les Kousites a Saba j Hévila * Saba ta 5 Regma Sabatacha6 Chanaan : les Hétéens, les Jébuséens, les Sidoniens, les Amorrhéens et les Gergéséens 7 ; Lyda8; Laadim; de lui :.....9. Nephtouïm; Pelrousim ; Chaslouim. Phouth ; de lui : les Troglodites. ( Askenez; de lui : les Sarmates. Riphath;de lui : les Cappadociens. Thogorma ; de lui : les Arméniens, les Celtes, les Gaulois, les Turcs et les Alains. Darius qui jeta le prophète Daniel dans la fosse; Darius Astyages; Darius, les Hellènes et les Ioniens. Thobal; de lui : les Thessaliens lJ. Thiras1*; de lui : les Thraces et les Lydiens. [Assour_ Chus ; de lui De ceux-ci : Tharahq, la reine de Saba, et celle de Candace. Mesraïm Gomer ; de lui De ceux-ci : les rois dont les noms sont dans ce livre 10. Magog Madaï de lui de lui les Mèdes. Les rois Javan; de lui 1. Ce tableau est incomplet et confus. Il est à comparer avec le chap. x de la Genèse. Le rap- procher aussi du tableau donné dans VExordium d'Eusèbe (éd. Sghœne, t. I, App., p. 47) et des Excerpta Barbari, fol. 4-10 (ibid., p. 180-187) — 2. Sans doute les : Alazonii du Barbarus (f. 9 a) qui les donne parmi les descendants de Loud. — 3. Ces noms sont distribués de telle sorte qu'il est difficile d'assigner leur place exacte. — 4. Je crois trouver ce nom sous l'orthographe fau- tive Ha*j (pour Wa*») à la ligne supérieure. — 5. Ms. : Saphta. — 6. Ms. : Saphtacha. — 7. Le nom est à la ligne inférieure. — 8. Ms. : Lyra. — 9. Le ms. donne Mamré; ce qui semble une faute; je ne vois pas comment restituer le nom, qui est probablement déplacé. — 10. Le mot « de l'arbre » (que l'arabe a lu ainsi), me parait se rapporter à l'autre ligne et devoir être corrigé eu M^o « les Alains ». -— 11. Ms. : ThessalonicieDS. — 12. Lire : »ao^i. 32 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Méthodius dit1, à propos de*Iônîtan% qu'il fut engendré par Noé après le Déluge, que son père lui fit un présent et l'envoya en Orient; et qu'il alla habiter là où le soleil se lève; il trouva le nombre des étoiles. — Fin. Noms des peuples qui ont Vécriture parmi les descendants de Sem : Chaldéens, Assyriens, c'est à-dire Syriens; Hébreux, Perses, Mèdes, Arabes. — Nontpas l'écriture3 : Ladonisoyê4, Aétoyês, Lydiens6, Gasphinoyô7, Mâsinoyê8, Éthio- piens9, Qoutanoyê10, Gamîloyê u, Arînoyê'*, Bârrousoyê13, Scythes14, Hyriqoyè15, Armouyê16, Garoumoyê17, Parthes18, Qaksaphoyê19, Melâgdaroyêî0. Noms des descendants de Cham qui connaissent l'écriture : Egyptiens, Pam- phyliens, Phrygiens81. — Ne connaissent pas l'écriture: Kousites", Troglo- dites'% Aegynoye*1, Esbâinou", Youlinoyê86, Libyens87, Mâriotê88, Phyltoyê29, Mâsou30,Mouqatinou31, Mâqenous38, Bithyniens33, Nômâdê34, Mânoyou35, Pôpha- loyô36. Masîdînou37, Pisidiens38, Otâloyou39, Sârtoyê40, Magratoyê41, Numides42. Noms des peuples descendant de Japhet qui connaissent l'écriture : Mèdes, Grecs, Romains, Arméniens. — Ne connaissent pas l'écriture : Cappadociens43, Celtes44, Gaulois'5, Hélinisoyê, Tâsôliqoyê, Illyriens16, Thraces47, Sarmates4s et d'autres inconnus. — Fin de ce [chapitre]. Fin du second Livre qui commence au Déluge et va jusqu'au temps d'Abraham. Il comprend 1081 ans, et se compose de huit chapitres. 1. Cette observation se rapporte au tableau précédent dans lequel le nom de Iônîtan est rattaché à celui de Noé. —2. 'Iwvîto? ; cf. Fabrigius, Codex pseudo-epigr. V. T., p. 27C. 3. La discussion des noms contenus dans ce tableau nous entraînerait hors des limites qui nous sont imposées dans les notes de ce travail. Nous nous bornerons à donner les noms correspondants des Excerpta Barbari, qui contiennent les listes se rapprochant le plus des nôtres. Une étude plus détaillée sera donnée dans un commentaire spécial sur divers passages de Michel qui présentent un intérêt particulier ou nouveau. — 4. Alazonii (Uoiof^l 1). — 5. Yantii. — 6. Lydii. — 7. Gas- fini. — 8. Mossini. — 9. Indii. — 10. Bactriani (Li.T&aa). — H« Milii. — 12. Arriani. — 13. Ce- drysii (Uoo©»»l.a). — 14. Scythii. — 15. Yrcanii (Uiû^ow). — 16. Adamosynii*! — 17. Armeni (9 b, 1. 5), Germani (1. 16)? — 18. Parthi. — 19. Nudi sapientes (?). — 20. Magardi. 21. Les listes analogues ajoutent les Phéniciens. — 22. Ethiopi. — 23. Troglodyti. — 24. Aggei. — 25. Isabini. — 26. Ellanii. — 27. Libyi. — 28. Marmaridiil — 29. Psylliti (L^a*a9?). _ 30. Myssi. — 31. Mososini (1. 9)? — 32. Maconii. — 33. Bithynii. — 34. Nomadii. — 35. MariandiniÇ!). — 36. Pamphyli. — 37. Mososini (1. 11). — 38. Pissidii. — 39. Autalei. — 40. Criti[1) — 41. Ma- gartei. — 42. Numidii. 43. Cappadocii. — 44. Lire : k^M» ? — 45. Galli. — 46. Illyrici (?). — 47. Thraci. — 48. Sar- mati. I LIVRE III [18] avec l'aide de l'Unique connu en trois personnes saintes, nous commen- çons le troisième Livre. Dans ce livre commence le canon du comput des royaumes et des rois, disposé par Eusèbe, qui montre très clairement quand commença chacun des empires, quand il a pris fin, combien il a eu de rois, et combien d'années chacun d'eux a régné. CHAPITRE I. — Qui commence au temps d'Abraham, c est-à-dire à l'an 3336 depuis le premier homme1. Abraham alla en Egypte à l'âge de 81 ans. Il engendra lsmaël de Hagar. Ismaël vécut 130 ans, jusqu'à Pan 62 de Jacob. — A cette époque* Samîram3 commença à régner sur les Assyriens, pendant 46 ans; et elle bâtit des tells contre le Déluge. Dans un autre endroit*, nous avons trouvé, à propos de ces tells, qu'après le Déluge, les hommes s'étant multipliés sur la terre, se laissèrent aller à adorer les démons qui rendaient des oracles dans les idoles, les astres du firmament, les oiseaux, les animaux et même les fontaines. Ils faisaient des statues aux morts, les plaçaient sur leurs tombeaux et les adoraient. Envoyant une telle [18] En l'an 45 d'Abraham 5 se ter- mine le 40e Jubilé, d'après les Hébreux. — C'était l'an 3290. En ce temps 6 commença à régner le premier [roi des Sicyôniens] qui fut Ae- gialeus 7, pendant 13 ans8. Le second qui régna sur les Sicyôniens fut Europos9, pendant 45 ans. En Egypte commença à régner le 13e roi, dans la XIVe dynastie, Sysynos, pendant 44 ans. — Après lui régnait en [18] Il est temps maintenant de voir comment,ainsique l'atteste le Livre saint, Dieu était honoré par le mystère du sa- cerdoce légal, et comment celui-ci se perpétuait, en offrant des oblations et des sacrifices qui étaient acceptés en odeur de suavité par le Seigneur. Ce symbole du sacrifice cessa dans la génération suivante, parce que l'erreur se multiplia de nouveau parmi les hommes : ils n'adoraient plus le Seigneur, mais les 1. Pour les raisons exposées dans l'Introduction, les tableaux chronologiques, placés au bas des pages du texte, seront transcrits et réunis ensemble à la fin du Livre VI. — 2. Les mots |Lûj©*3» L=i» qui suivent formaient la fin du titre de la colonne de droite, sans doute intitulée : Chronique sa- cerdotale. — 3. E. a. 11. — 3. SeuipatAtç. — 4. Litt. : « dans un autre temps ». 5. Cf. H. a. 50. — 6. H. a. 1. — 7. AîytaXeiiç. — 8. E : 52 ans. — 9. Eù'po^/ç. i. 5 34 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN impiété, Dieu commanda une grande tempête qui réunit toutes les images des cultes démoniaques et pervers, et les ensevelit sous la poussière. Il y avait de nombreux tells, et beaucoup de villages ainsi que leurs habitants furent ense- velis sous ces tells avec les démons qu'ils adoraient; ils y sont maintenant en- fermés, et parfois ils apparaissent sur ces tells, à ceux qui, dans leur aberration, ont recours à eux. Cependant, Samîram devint la femme de Ninus, roi des Assyriens ; elle érigea des tells, de manière à fournir aux hommes des refuges contre les eaux du Dé- luge. Abraham, âgé de 99 ans, circoncit la chair de son prépuce ; et en l'an 100 d'Abraham [19] naquit Isaac, selon la promesse qui lui en avait été faite par Dieu. — Les 430 années de la Servitude en Egypte, ainsi que l'écrit Paul1, se comptent à partir de l'an 75 d'Abraham, année en laquelle il quitta la maison de son père, comme il en avait reçu Pordre de Dieu. En l'an 115 d'Abraham, il fit monter Isaac, son fils, sur l'autel ; les uns disent qu'Isaac avait 17 ans, d'autres qu'il en avait 30; la plupart des chroniqueurs Egypte le 14e roi, dans la XVe dynastie: Taracos, pendant 44 ans. En l'an 71 d'Abraham eutlieula guerre du roi Kodorlaghomor avec les rois du pays de Sodome, qu'il asservit pendant 14 ans8, jusqu'à ce qu'Abraham se fixât dans le pays de Chanaan, la 10° année [de la Promesse]. — A cette époque, Hé- bron fut fondée3 par les Chananéens. Parmi les enfants de Nachor, frère d'Abraham, naquit Aram, aussi appelé KamouëP, duquel descendent les Ara- méens de Mésopotamie, d'après ce que dit Jacques [19] d'Edesse. Il dit du pre- mier Aram, qui était un des fils de Sem : « Il habita en Orient et de lui descendent les Elamites et les Assyriens. » Par là il veut démontrer que la langue [ara- démons impurs. — Il semble que la suc- cession sainte du sacerdoce, donné par Dieu, fut cependant conservée dans le juste Job, qui brillait parmi les descen- dants de Jectan. [L'Ecriture] atteste qu'il n'y avait personne de juste comme lui dans sa génération5. En butte à l'en- vie, il fut éprouvé et remporta la victoire. Il fut digne d'offrir des sacrifices à Dieu; il offrit, en effet, des oblations avant son combat et après son triomphe. Le Livre saint parle de Melchisédek. Quand Abraham revint de combattre les rois, ramenant avec lui ses serviteurs et le juste Loth, « il sortit à sa rencontre et le bénit », dit l'Écriture6; [19] car ce roi de Salem était prêtre du Dieu très-haut, et il le bénit en disant : « Béni soit Abra- ¦1. Gai., m, 17. 2. Gen., xrv : 12 ans. —3. Lire ; Û^L|. — 4. Restituer : ^.*|a»a3 oj»; Gen., xxn, 21. 5. Job, i, 8. — 6. Gen., xrv, 18 et suiv. LIVRE III. CHAP. II 35 s'accordent sur le nombre de 15 ; et cela est exact. — Abraham vécut 175 ans, jusqu'à Tan 15 de Jacob. CHAPITRE IL — En l'an 19dTsaac, Abraham eut une vision ; et des enfants naquirent à son frère Nachor. En Pan 134 d'Abraham, 34 dTsaac, mourut Sara, à l'âge de 127 ans. Abraham prit [pour femme] Céthura, étant âgé de 142 ans. Isaac, à l'âge de 38 ans, pritRebecca. En l'an 60 dTsaac, Rebecca alla trouver Meîchisédec pour interroger le Seigneur sur son sein. Il lui dit : « Il y a deux peuples dans tes entrailles ; un peuple sera plus grand que l'autre peuple. » Annianus dit quTsaac, à l'âge de 60 ans (d'autres disent 100 ans), engendra Esaù, qui est Edom, de qui descendent les Edomites, et Jacob, de qui viennent les Israélites. Abraham mourut en l'an 76 d'Isaac, 15 de Jacob. — Isaac vécut 180 ans, jusqu'à l'an 31 de Lévi. Abimélec fut l'ami de la famille dTsaac. C'est le même qui, en l'an 100 d'Abraham, s'était rencontré avec lui. L'Ecriture l'appelle roi de Gadar1, du méenne] est antérieure à celle des Hé- breux. Or.....[lacune]..... Zameios2 régnait sur les Assyriens du temps d'Abraham3. Le premier roi commença à régner sur les Cretois : Crès4, indigène, qui est Crétos5fiIs d'Aphra, duquel la Crète tire son nom. Il était un des Curetés6 qui, d'après ce qu'ils disent, avaient caché et nourri [Zeus] qui était sur le point d'être tué par son père Chronos 7. En la première année de la Promesse eut lieu la grande famine. Abraham des- cendit en Egypte8; et Ismaël naquit de Hagar0. —Isaac, Tentant delaPromesse, naquit lorsque Abraham était âgé de 100 ans, en l'an 25 de la Promesse10. Auparavant Dieu le Verbe était ap- ham par le Dieu qui possède le ciel et la terre. » Et comme le Livre saint dit seu- lement ces paroles à propos de lui, sans faire connaître ses pères, ni de quelle race il était, on comprend qu'il n'était pas de la famille d'Abraham, dont l'Écri- ture prend soin de faire connaître la généalogie. C'est pourquoi on n'indique ni sa naissance, ni la fin de sa vie. On sait seulement qu'il habitait le pays de Sichem, où étaient les Amorrhéens, fils de Chanaan; et de là, on pense qu'il était un d'entre eux, car il était roi de sa ville. A cause de sa justice et parce qu'il était rempli de crainte de Dieu et de foi, il avait été fait prêtre par le Dieu très- haut; il servait le Seigneur et le pro- clamait créateur et maître du ciel et de 1. Vulg. Gerara; Gen., xx. 2. ZâjjLtç. — 3. H. a. 53. — 4. Kpyj;. — 5. KpY)t6ç; lire : «a>a£;o. — 6. de, twv Koupïjxwv. — 7. H. a. 58; cf. a. 130. Lire : ;*oûjo,*o. — 8. E. a. 75. — 9. E. a. 88. — 10. Ms. : l'an 35. 36 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN nom de sa ville, et ici roi des Palestiniens1, à cause du peuple nombreux sur lequel il régnait. Lorsque Jacob était [20] * [âgé de 82 ans, il engendra Lévi. Il vécut en tout 147 ans. Il était âgé de 77 ans quand Isaac le bénit et l'envoya à Harran. Il re- vint vers son père Isaac, en l'an 10 de Lévi. En l'an 3 de Lévi naquit Joseph. En l'an 20 de Lévi, Joseph, âgé de 17 ans, fut vendu; il fut esclave pendant dix ans et prisonnier pendant trois ans, il devint ministre de Pharaon [à l'âge de3] trente ans; il gouverna l'Egypte pendant 80 ans et mourut à l'âge de 110 ans. Après la mort dTsaac les enfants d'Esaiï prirent à leur solde Moab, Ammon et Aram et ils vinrent attaquer Jacob et ses enfants à Hébron. Jacob prévalut. Il frappa Esaû d'un trait et le tua. Les enfants d'Esaù succombèrent en pré- sence des enfants de Jacob, et leurs auxiliaires s'enfuirent. — Jacob descendit en Egypte à l'âge de 130 ans, la seconde année de la famine. paru à Abraham. Il lui était apparu sous une forme humaine comme il devait se montrer plus tard aux hommes par l'In- carnation. Abraham, par sa prophétie, manifestait d'avance la vocation des Gen- tils. Cela avait lieu en l'an 30 de la Pro- messe*. L'an 40 de la Promesse était l'année 3300 depuis Adam s. [20] [lacune]6..... [21] En effet7, la fille d'Inachus qui, le premier, régna sur les Thébains et les Argiens, était Io, dont les Egyptiens changèrent le nom, et qu'ils appelèrent Isis. Le Bosphore tire son nom de Io. De son temps8, Apis, que quelques-uns appellent Sérapis, fut le premier invo- qué comme dieu en Egypte. la terre. C'est pourquoi, bien que ceux de sa tribu,au milieu desquels il habitait, fussent, comme tous les autres peuples, dans l'erreur de l'idolâtrie, Melchisédek cependant [servait le vrai Dieu] . [20]. . . [lacune]..... [21] Après Jacob, surnommé Israël, qui fut ainsi appelé dans sa consécration même, nous trouvons que toutes les géné- rations des enfants d'Israël qui étaient en Egypte dans la servitude, furent pri- vées de sacrifices et d'oblations; car il n'est pas écrit9 que l'un d'eux offrit un sacrifice h Dieu. Il me semble qu'ils furent privés de la figure des saints mystères parce qu'ils étaient établis en Egypte, ce qui signifie « péché », qu'ils étaient éloignés de la terre promise 1. Gen., xxvi. — 2. La lacune de la page 20 peut être en partie suppléée par le texte de Bar- Hébréus que nous traduisons ici. Elle existe également dans la version arabe. — 3. Le texte édité par Bedjan doit être corrigé ainsi d'après le contexte. 4. Cf. H. a. 101. Le chiffre 30 est inadmissible. — 5. Chiffre erroné. — 6. La lacune, qui s'étend sur toute la page 20, devait comprendre quelques notices, parmi lesquelles figuraient sans doute celles que Bar-Hébréus a conservées (v. p. 37, 1. 3-6), et aussi les canons chronologiques des années 115-238. — 7. H. a. 161. — 8. H. a. 180. 9. Corriger ; U. • LIVRE III. CHAP. II 37 Lévi, âgé de 47 ans, engendra Caath. Il vécut en tout 137 ans. — De son temps survint le déluge qui eut lieu aux jours d'Ogygès *. — Tandis que Balaios 2 ré- gnait sur l'Assyrie, la ville de Memphis fut bâtie en Egypte3.......... Le 4e roi pasteur, Apophos, commença à régner en Egypte pendant 14 ans. C'est lui qui eut des songes, et conféra l'autorité à Joseph. Caath, âgé de 60 ans, engendra Amram. Il vécut en tout 133 ans. Amram engendra4 Moïse à l'âge de 77 ans, en Pan 350 de la Promesse]5. [22] Amram mourut en Pan 676 de Moïse, 13 ans avant la sortie d'Egypte. A cette époque 7 régnait la XVIIe dy- nastie 8, dans laquelle régnèrent les rois appelés Pasteurs, pendant 103 ans. On pense qu'ils furent appelés rois Pasteurs à cause de Joseph et de ses frères, parce que les premiers sont placés à l'époque où les frères de Joseph descendirent en Egypte; dans d'autres manuscrits nous avons trouvé que les Pasteurs qui ré_ gnaient étaient des Phéniciens. Josèphe en parle ainsi9 d'après les histoires de Zamaris et de Manéthon. Io, fdle d'Inachus,, étant venue à Pharos, île da^e¥^^à-'Alexa«dfréj, fut appelée Isis Pharia. En ce temps-là furent fondées les grandes villes d'Argos et deSicyôn10, dans le Péloponèse. Année 174 de la Promesse11. — La vierge Athéna était célèbre, près du lac Triton ; les Grecs l'appellent Minerve Année 180 de la Promesse 13. — Le roi Ragâgos 14 florissait dans l'Attique. Année 190 de la Promesse 18. — Jo- seph fut vendu par ses frères 16. Joseph qui figure le Paradis, et qu'ils étaient soumis à la servitude qui était l'image de la servitude volontaire des enfants de Dieu à l'égard des démons. C'est à bon droit que cette figure cessa chez eux pendant tout le temps où ils travaillaient la boue et les briques. Et par là on voit que les enfants de la Promesse eux-mêmes ne pouvaient point toucher les saints mystères tant qu'ils servaient Pharaon, image du diable, et qu'ils étaient privés par lui et par ses soldats, symboles des démons, des mystères du sacerdoce qui symbolise la vie éternelle, nou- velle, immuable, divine, pleine de la sainte béatitude. Ainsi toute la nature humaine avait reçu du créateur de l'univers la promesse d'une vie" bien- heureuse; l'homme déchut volontaire- ment de cette promesse pleine de vie, et, dès lors, il ne posséda plus la liberté d'offrir [22] des sacrifices ni de manier la béatitude du sacerdoce. Si quelqu'un réfléchit, il comprendra, en examinant consciencieusement, que puisque l'A- 1. Cf. H. ad a. 260. — 2. BaXaiô;, H. a. 264. — 3. H. a. 285. — 4. E. a. 425. — 5. Ici finit la citation empruntée à Bar-Hébréus, Chr on. syr., p. 12-13. — 6. Ms. : 60. 7. H. a. 191. — 8. Ms.: xive (H pour u). — 9. Cf. Contra Ap., I, v. — 10. Lire : .latw». — 11. E. a. 249. — 12. H. a. 236. — 13. E. a. 255. — 14. "Ûyuyoç; H. a. 236. — 15. E. a. 265. — 16. H. a. 268. 17. Lire : 38 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Amram vécut 137 ans. — Joseph vécut 110 ans. En l'an 6 cTAmram, 286 de la Promesse 4, mourut Joseph. Après sa mort les Hébreux furent asservis de la manière extrême qui est écrite*. — En Pan 57 d'Amram, il engendra Mariam; en l'an 68, il engendra Aaron. A cette époque commença à régner Aménophtès3, pendant 43 ans. Celui-ci commença à faire noyer les enfants des Hébreux dans le Nil. Moïse naquit en l'an 70 d'Amram, 350 de la Promesse. Moïse vécut 120 ans. reçut l'autorité en la première année de la famine. Jacob mourut en l'an 232 de la Pro- messe4. Année 110 de Joseph en laquelle il mourut5. Année 290 de la Promesse6. Du temps [d'Aménophis] vivait le sage Prométhée qui faisait passer les hommes de la stupidité à la science. On disait qu'il les formait7. En l'an 12 d'Amram, Maphros 8 com- mença à régner en Egypte pendant 12 ans; et après lui Mipharmunis 9 pen- dant 24 ans. [22] En Pan 50 d'Amram commença à régner en Egypte Tyniochamou10 pen- dant 18 ans. En l'an 4 de la Servitude, commença à régner en Egypte Mispharmuthosis, pendant 23 ans 11. — En l'an 17 18 com- mença à régner [sur les Assyriens] Man- chaleus, pendant 30 ans. A cette époque13 florissait dansl'astro- logie 14 Atlas,frère de Prométhée ; à cause de sa connaissance des astres on disait qu'il portait le ciel. gneau devait être figuré par les agneaux et puisque le temps de l'image était ar- rivé, il était convenable que l'Egypte fournît la première figure ; car le Christ, le véritable Agneau, descendit figurati- vement en Egypte, c'est-à-dire dans le séôl, où régnait, comme on le sait, toute la puissance de Pharaon, son ennemi. Il convenait donc que chez les enfants de l'ancien Israël établis en Egypte les sa- crifices cessassent jusqu'au moment de leur sortie. C'est pourquoi, pendant tout le temps qu'ils habitèrent l'Egypte, pla- cés sous la tyrannie de Pharaon, dans une servitude cruelle, il ne fut permis à aucun d'entre eux d'offrir des sacrifices à Dieu. A cette époque, le dérèglement et l'impiété se multiplièrent parmi les hommes, parce qu'ils étaient privés du sacerdoce par lequel se fait [23] la com- munication sainte de Dieu avec les hommes. Comme les autres nations, les Hébreux eux-mêmes, qui avaient été ap- pelés un peuple saint dans la promesse de Dieu à Abraham, furent privés du minis- tère sacerdotal. Les nations sacrifiaient 1. Ms. : 86. — 2. Lire : ....o^^a, L^.| pp. — 3. Ms. : Aménophnâtis, 4. Ms. : 120. — 5. E. a. 361. — 6. E. a. 365. — 7. H. a. 332. — 8. Mccpprj;. — 9. MttjcppayiAoïJÔwffi;. 10. Corruption de Tov8u.o> d'après BH. Comp. aussi la version arménienne, ici amplifiée (Langlois, p. 44). 3. E. a. 400. — 4. 23po;. — 5. H. a. 404 ; Arm. a. 405. — 6. MdtjuAoc; E. a. 429. — 7. H. a. 431 ; Arm. 432. — 8. "ûpo;. — 9. L'arabe ajoute : « pendant 40 ans ». 10. Cf. Eus. ad ann. 460. 40 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN CHAPITRE V DU LIVRE III. — En Pan 37 de Moïse, naquit Josué, fils de Noun. Moïse devint fort et bâtit Hermopolis. Il engagea la guerre avec les Ethio- piens et les vainquit pendant dix ans. Kanphara, le mari de cette Mârîs qui Pavait élevé, commença à lui tendre des embûches. [23] Il voulait1 tuer Moïse, parce qu'il était jaloux de sa victoire. Mais il craignait sa femme, Mârîs, et tant qu'elle vécut, il n'exécuta pas son dessein ; mais quand elle fut morte, il chercha à le tuer. Moïse, s'en étant aperçu, tua Kânoutis qui avait été envoyé par Kan- phara pour le mettre à mort. C'est pourquoi Moïse s'enfuit de l'Egypte et s'en alla en Arabie, vers Raguël le Madianite. D'Abraham et de Céthura naquit Jecsan, de Jecsan naquit Dadan, de Dadan naquit Raguël, de Raguël naquirent Jétrôn et Jôbab, de Jétrôn naquit Çéphora, que Moïse prit pour femme, étant âgé de 40 ans. En ce temps-là2 eut lieu le troisième déluge, du temps de Deucalion, en Thessa- lie3 ; il y eut aussi un incendie, du temps de Phaéton4, dans le pays de Kous. briques, qui résista à Moïse et à Aaron, et qui fut suffoqué [23] dans la mer. Il est en effet écrit '° : « En l'an 41 deMoïse commença à régner Phosinos6. » Quelques-uns disent que du temps de l'éducation de Moïse, vivait ce Promé- thée7, qui, riche en sagesse, instruisait les hommes et les faisait passer de la stupidité à la sagesse. On disait même de lui, par manière de plaisanterie, qu'il formait des hommes. A cette époque, Isidorus peignit des lettres pour servir à la science ; Euno- mios inventa les signes 8 ; Ménandre in- venta aussi la comédie ; Chiron et Escu- lape, la médecine. — Quelques-uns disent que ce Cécropus qui régna le premier dans l'Attique vivait du temps de ceux- ci; d'autres qu'il est plus ancien de GO ans. de former de nouveau une créature nou- velle, beaucoup plus élevée et plus ad- mirable que la première, et il en déter- mina soigneusement d'avance une ligure9 parfaite et admirable. Quand le temps fut venu de dévoiler la figure de la promesse véridique et divine donnée auparavant aux hommes par l'in- termédiaire du père fameux, Abraham, Moïse naquit et grandit dans l'Egypte [24] qui est surnommée « péché ». La grâce fut avec lui depuis le moment de sa nais- sance, et, comme il est dit, d'une ma- nière insondable, qui le préparait par l'opération divine supérieure à toute chose, au mystère symbolique. C'est pourquoi, après les justes qui, jusqu'au temps d'Abraham, avaient été dignes de participer aux mystères des oblations et des sacrifices, Moïse reçut 1. Lire : (au lieu de U=). — 2. H. a. 495; Arm. 477. — 3. Lire : P*»|ûo. — 4. Ms. : Pha- raton. 5. Chez Andronicus. — 6. Corrigez : moaiaoûS. — 7. Répétition; cf. H. a. 332 et 431. — 8. Sic : U-»\a> — ar)[Xïîa ; peut-être faut-il corriger Lixjj^o, les couleurs, pigmenta? 9. Lire : W^^i. LIVRE III. CHAP. VI 41 Moïse était âgé de 45 ans quand lui naquirent deux fils : Gerson et Eliézer. — A cette époque naquit Kaleb, fils de Jephoné. Quatre ans après la fuite de Moïse de l'Egypte, Chenchérès i commença à régner sur l'Egypte pendant 12 ans. A cette époque eut lieu le grand et fameux combat des Chaldéens avec les Phéniciens ». CHAPITRE VI. — Moïse était parvenu à Page de 78 ans quand Dieu lui parla dans le mont Sinaï3. A cette époque Phosinos ' régnait sur l'Egypte. Il lui naquit un fils qu'il ap- pela Ramsès. C'est de lui que tire son nom la ville de Ramsès qui fut bâtie A cette époque5, Xanthis bâtit Triope de Lesbos6, et Trochilos 7 attela le pre- mier char. Quand Cécropus commença à régner dans l'Attique, Moïse était âgé de 35 anss. — Du temps de ce Cécropus auraient eu lieu les choses prodigieuses que ra- content les Grecs. Eusèbe dit cela9. Mais Andronicus dit que Cécropus commença h régner la lrc année d'Othoniel, Zeus fut proclamé [dieu] par Cécropus, et le pays fut appelé de son nom Cécropia 10. De son temps apparut l'olivier dans la Cécropia. Il bâtit Athènes qu'il appela, du nom de sa femme, Athéna. Il fut sur- nommé dypluies u, c'est-à-dire double germe, à cause de sa grande force et parce qu'il savait deux langues, celle des Egyptiens et celle des Grecs. de Dieu [l'honneur] d'être le ministre du commencement du mystère et du sym- bole divin. — En l'an 3841, il offrit un sacrifice symbolique au milieu même de l'Egypte, dont le nom signifie péché et qui est la figure du sèôl vorace. Par là, il montra à ceux qui pouvaient com- prendre, que l'Agneau véritable et divin devait être immolé au milieu des pé- cheurs, sous l'oppression du péché, des- cendre au sèôl vorace et, par sa mort, procurer le salut à tous ceux qui croient. De même que le commencement du sacrifice de PAgheau symbolique qui eut lieu au milieu de l'Egypte, continua chez eux, dans le [2o] désert et qu'ils en jouis- saient dans la terre promise ; de même aussi, tous les peuples rachetés par le sang de l'Agneau vivant, le ChristDieu, 1. 'A-/£v-/£p<77]<; (a. 469) ou Xe^/épr); (a- 490)? Les noms propres et l'ordre de succession des rois égyptiens sont tellement confus dans ce Livre III qu'il semble téméraire de chercher à les restituer. Ils sont en désaccord avec les canons chronologiques, qui suivent Eusèbe. Nous nous bornons à transcrire aussi littéralement que possible. — Ici notre ms. donne la lecture Kanbaris, pour Kenkres. — 2. H. a. 478; Arm. a. 481. — 3. Ex. : nr; E. a 505. — 4. Ms. : psnvs, et plus bas, p. 42, 1. 2 : apsnvs; 1. 9 : pvsinvs ; BH., iooûjû.cû9, V7o-~|t. — 4. Cf. H. a. 439 , Arm. a. 436. — 5. A Délos; H. a. 509; Arm. 500. — 6. H. a. 509; Arm. 506. — 7. H. a. 503; Arm. a. 495. — 8. 'Eçypa. — 9. Atcavôàç. — 10. H. a. 509. — 11. Rest. -.eoa^oaixo. — 12. H. a. 510 ; Arm. 508. LIVRE III. CHAP. VI 43 avaient entre les mains au moment de la catastrophe, et l'adorèrent comme si c'était elle qui les avait empêchés de périr avec Pharaon, Les années delà Servitude se comptent depuis le temps où Dieu dit à Abraham1 : « Sache bien que tes descendants habiteront et demeureront dans une terre qui nest pas la leur » ; car c'est lui et sa race qui furent transportés. Paul atteste cela en disant2 : « Le Testament a été antérieurement confirmé dans le Christ; et la Loi qui fut donnée après quatre cent trente ans, n'a pas annulé la Pro- messe. » Cette promesse fut faite à Abraham lorsqu'il quitta Harran et que le Sei- gneur lui dit3 : « Les nations seront bénies en ta race ». — D'autres disent que les quatre cent trente ans commencent au moment où Abraham offrit un taureau, une chèvre, un bélier et une tourterelle4 [2o], c'est-à-dire en l'an 85 d'Abraham ; après quoi naquit Ismaël. Ceux qui disent cela ne comptent point les années de Lévi, ni de ses enfants, parce qu'elles ne sont pas mentionnées dans l'Ecriture. A cette époque, des plaies fondaient sur les Egyptiens J. Au bout de sept mois le tabernacle fut fabriqué dans le désert6. En Egypte, après celui qui fut noyé, régna Acherres7. o En la 6e année après l'Exode, Cranaus8 commença à régner sur les Athéniens, pendant 9 ans. Du nom de sa fille Atthis9 le pays fut appelé Attique. — En ce temps-là 10, Aptéras 11 commença à régner sur la Crète, et bâtit une ville. En l'an 15 de l'Exode12, Amphictyon, fils de Deucalion13, commença à régner sur les Athéniens. A cette époque 14, Dio- nysios, fils de Deucalion, vint en Attique, fut l'hôte de Sémachus 1 ° et fit cadeau à sa fille d'une peau de biche. Ceci d'après Eusèbe. Andronicus place ces choses du temps de Ahod. niciens les ont empruntées; de chez les Phéniciens, Cadmus apporta ces lettres aux Grecs, c'est-à-dire à la ville de Yavan. Aaron fut donc établi dans les fonc- tions de grand-prêtre du peuple, et il offrit des sacrifices et des oblations pen- dant 38 ans sous la préfecture [26], c'est-à-dire sous la direction de Moïse, qui se compte à partir de la sortie du peuple de l'Egypte. Jusqu'ici le Pentateuque de Moïse ra- conte les événements qui se sont passés pendant l'espace de 3000 ans, selon les Septante. Ici finit la Chronique de Moïse, le pro- phète élu. Or,EIéazar, [troisième] fils du grand- prêtre Aaron, reçut le souverain pontifi- cat du peuple par un décret d'en-haut et par les jugements secrets et inaccessi- 1. Gen., xv, 13. — 2. GaL, ïrr, 17. — 3. Gen,, xn, 3. — 4. Gen., xv, 9. 5. Cf. H. ad a. 498. — 6. Arm. a. 506. — 7. 'AXspprlÇ; E. a. 506. — 8. Kpavaôç; E. a. 511. — 9. 'At9c;. — 10. H. a. 518; Arm. 513. — 11. 'ArcTÉpaç. — 12. E.a. 520. — 13. 'Au., comme BH. (p. 14). 3. H. a. 546. — 4. H. a. 541. — 5. H. a. 550; Arm. 551. — 6. Boûcnpt; HocteiSwvoç xoù Atê'jrjc tyjç 'Eiraçou •naï;. H. a. 558; Arm. 561. — 7. Lire : » |ow ('^. — 8. H. a. 529; MÇp.oç, Q&aoz, nàcpoç, 'A)>xta6ï] (Hier. Callista). — 9. H. a. 586. — 10. H. a. 593. — 11. H. a. 583 : Attosa (Arm. Batossà) Belochi filia. — 12. H. a. 593. A:vo; xai 'Ajicpîwv xai Zffio;, — 13. H. a. 599. 'ISaïoi AobcnAot. — 14. H. a. 611. — 15. H. a. 608. — 16. H. a. 605. — 17.xaxà A^[ji.y]Tpav.... itep\ Aavâvjv... ônepcrsuç. Lire : 46 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN raël dans la Terre promise, et détruisit les sept peuples chananéens ; il divisa et partagea1 leur pays. Il conduisit le peuple pendant 27 ans, d'après Andro- nicus et Eusèbe; Annianus dit : 25 ans. Il mourut âgé de 110 ans*. D'après le grec, il y eut jusqu'à Josué, fils de Noun, vingt-sept générations ; et vingt-six générations d'après le syriaque. A partir d'ici, on ne compte plus les années d'après les générations, mais d'après les Juges, dont Josué fut le pre- mier. — En sa lre année, année en laquelle mourut Moïse, se termine le Le Jubilé. — En sa 10e année, il partagea l'héritage au peuple. — L'Ecriture ne fait pas connaître le nombre des années des Anciens qui dirigèrent le peuple après la mort de Josué; Africanus seul dit qu'ils gouvernèrent pendant 30 ans. CHAPITRE IX. — Othoniel jugea le peuple 40 ans. — Aussitôt après la mort de Josué le peuple fut soumis à l'impie Kousan, pendant 8 années, qui sont incluses dans celles d'Othoniel, selon la tradition des Juifs. Selon les LXX, Otho- niel, après avoir tué Pimpie Kousan, gouverna 50 ans; 40 selon le syriaque. Toutes les années d'Othoniel, avec celles de la servitude, sont donc [de 48 ans]. Du temps d'Othoniel, on bâtit plusieurs villes en Bithynie : Mélos, Paphos, Thasos, Callista et Maryanda5. Eusèbe ne suppute point les années de la Servitude des enfants d'Israël, si ce n'est avec celles des Juges; mais Andronicus et Annianus les comptent spécialement. Les villes d'Adamia4 et de Sidé furent bâties en ce temps-làen Cilicie. Après Othoniel, les Philistins asservirent les Hébreux pendant 18 ans; ces années sont comptées avec celles de [Ahod]6. A cette époque, Céleus7 régna à Eleusine,tandis que vivait Triptolémus. Philochorus dit que celui-ci s'approchait des villes sur un long navire et distribuait du froment; et qu'on croyait que son navire était un serpent ailé, parce qu'il en avait la forme. Philochorus raconte ceci du rapt de Proserpine par Aidoneus 8, roi des Molossiens : Celui-ci avait un chien vigoureux, Cerbère, qui dévora Péridos9 venant avec Thésée, pour enlever sa femme. Lorsque Thésée était sur le point de périr, Hercule le délivra; c'est pourquoi on pense qu'il était remonté des Enfers. Pandion mourut et les mvstères commencèrent10. 1. Litt. : « donna en héritage ». — 2. Ms. : 107. (M3 pour uc). — 3. Mr^oç, ©aao;, Ilâço;, 'AX>u~ol^.U>; H. a. 615. — 8. H. a. 623. Le syr. s'explique par le grec : Kopyj; àoitayTi IlspaEcpwvYn; btih AiSwvlw;.... — 9. Tov IlspïOouv. — 10. Cf. H. a, 620. LIVRE III. CHAP. IX 47 Ahôd l, de la tribu d'Ephraïm, jugea les Hébreux 80 ans. — Après la mort d'Othoniel, le peuple fut soumis à Églon, le Moabite, pendant 18 années qui sont comptées avec celles d'Ahôd qui, après [27] avoir tué Eglon, gouverna le peuple avec autorité. Du temps d'Ahôd fut institué le tribunal de l'Aréopage, à Athènes8. — Lacé- démone fut bâtie par Lacédémos3. En l'an 8 d'Ahôd, commença à régner sur les Athéniens le 6e prince : Eri- cteus, pendant 50 ans4. En l'an 26 d'Ahôd, commença à régner le 21e roi des Assyriens, Lampridos, pendant 32 ans5; Alep fut bâtie par Bélokos, roi d'Assyrie 8. Le quatrième millénaire finit du temps d'Ahôd On croyait qu'alors Phrixus volait par les airs, à cheval sur un bélier dont la toison était d'or, fuyant, avec sa sœur Hellé, la femme de son père, qui lui tendait des embûches 8 ; [27] il trouva un navire qui avait un bélier pour insigne. Paléphatus dit que le précepteur9 qui le sauva s'appelait Krios, c'est-à-dire Bélier. Il y eut des guerres du temps d'Eumolpos, de qui viennent les Eumolpides qui habitèrent Athènes l0. Alors arrivèrent les choses concernant Procné et Philomèle11. Mélampos le magicien florissait alors12. Pélops13 régna chez les Argyens pendant 19ans 14. Le Péloponèse tire de lui son nom. — [Tros] régna sur la Dardanie'15; [les Troiens tirent de lui leur nom]. ...[lacune]... les dieux des païens avant Cécropos. Le Déluge qui eut lieu en Thessalie16 dutempsde Deucalion se place à cette époque l7. Les Grecs racontent que tout se passa pour Deucalion, avant le déluge, comme pour Noé. L'incendie qui eut lieu en Ethiopie sous Phaéton se place ici, comme le raconte Platon18. 1. Nous conservons les noms usuels des Juges : Ahôd, Jephté, etc., que notre ms. donne selon la leçon de la Bible syriaque : Ahor, Naphtah, etc. — 2. H. a. 509; Arm. 506. — 3. H. a. 530. — 4. 'EpE-/8eu;. H. a. 620. Notre copie est ici très fautive, elle porte : le 5e prince, Arâbitos, 10 ans! — 5. AajATipcSïi;. E. a. 638. — 6. B^Xo^oç. E. a. 583. — 7. En l'an 26 d'Ahôd, selon la Caverne des Trésors (éd. Bezold, p. 174). 8. H. a. 634; *pc?o;... au.oc "EXXyj... — 9. nutritor. — 10. H. a. 647; Arm. 642. Les mots syriaques maltraités dans la reproduction se lisent distinctement : 1o©i; et : lA^-^ool.—11.H. a. 645. Tà Ttoaà IIpôxvY)v <ï>\ax -.Xo[Ar,Xav. — 12. H. a. 650. MeX(X(jluouç. — 13. H. a. 619. — 14. Eus. : 53 ans; var. : 61. — 15. H. a. 651 ; Tp&ç. — 16. Lire : \±*>\L. — 17. Cf. ci-dessus, p. 40, J. 13. — 18. H. a. 495. Les noms propres sont à restituer d'après le grec; cf. ci-dessus, p. 40, 1. 14. 48 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN CHAPITRE X\ — Ce IIIe Livre commence à la première année d'Abraham, qui est l'an 3340 d'Adam, selon les Septante. Il renferme le souvenir des prin- cipaux événements survenus pendant 680 ans, jusqu'à la fin du quatrième millénaire 2. Fin du Livre III, en dix chapitres. 1. Les titres des chapitres ont été déplacés dans le Livre III, depuis le ch. 111 qui se trouvait dans la lacune ; les chap. v-ix, devaient être numérotés vi-x ; et ce que notre ms. donne comme formant le chap. x, était la clausule finale du Livre. — 2. Les chiffres donnés ici sont en désac- cord avec le titre de ce Livre. LIVRE IV Avec l'aide de Dieu nous nous mettons a écrire le quatrième Livre qui com- mence a la première année du cinquième millenaire, qui est l'an 680 depuis Abraham, et qui comprend 835 ans. CHAPITRE L — Depuis Adam jusqu'à Moïse, on compte vingt-sept généra- tions. Après Moïse on ne compte plus les années par générations, mais bien d'après le nom des Juges. Le premier des Juges fut Josué, fils de Noun, pendant 27 ans. — Kousan, le roi impie des Gentils, domina sur le peuple pendant 8 ans. — Othoniel régna 32 ans après avoir tué Kousan, et on lui en compte 40. Après la mort d'Othoniel, Eglon le Moabite domina [28] pendant 18 ans1. Ahôd, ayant tué Eglon le Moabite, jugea le peuple 62 années auxquelles on ajoute celles d'Eglon, selon la tradition du texte hébreu, ce qui fait 80 ans. A cette époque, Io descendit en Egypte*. Corînthe fut bâtie3. —Hercule et Dionysius florissaient alors. On raconte dans les histoires que Phé- monœ', la première, rendant des oracles à Pythium, prédisait l'avenir en vers hexamètres Tantalus régna sur les Phrygiens6. Bithynia fut bâtie par Phénix7. Pégase, le cheval rapide, était la pos- session d'une femme -, d'après Palépha- tus, Pégase était le navire de Belléro- phon 8. Didymos parle dans Y Histoire étran- gère, et cite iwi chroniqueur, au'sujet de Persée9 qui entra chez les Perses et alla Tout d'abord le souverain sacerdoce du peuple de Dieu fut exercé par Moïse et Aaron, prêtres temporaires 10. Aaron reçut d'en-haut un nom hono- rable; il brilla par l'ornement de la sain- teté et fut appelé prêtre de Dieu. Il tint le bâton pastoral pendant 38 ans. Son fds Eléazar lui succéda dans sa charge pastorale, pendant 56 ans. Ensuite le fds d'Eléazar, Phinéès, exerça le suprême sacerdoce pendant 80 ans. Lorsqu'il eut servi pendant tout cet espace de 80 ans, il mourut. Il eut pour successeur comme chef [28] des prêtres et des lévites, Abisou' de la tribu de Lévi, de la famille d'Aaron. 1. Ms. : 8 ans. 2. H. a. 505; Arm. 498. — 3. H. a. 503; Arm. 495. — 4. «Ê/^ovor). — 5. H. a. 654. — 6. E. a. 657. — 7. H. a. 593. — 8. H. a. 682 ; Arm. 669. — 9. E. a. 670; lire : .-aaop. 10. Litt. : « annuels ». i. 1 50 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN CHAPITRE IL — Après Ahôd, le peuple hébreu fut soumis à Jabin, roi de Ha- çôr, pendant 20 ans. Avant que Jabin ne dominât, Samgar s'illustra : il tua six cents Philistins avec une houlette1. — Le général de Jabin était Sisara qui avait neuf cents chars de fer. Débora et Barac combattirent contre Sisara qui fut vaincu. Débora* ayant enfoncé un clou dans la tête de Sisara, il périt, et elle ré- gna 20 ans*. On compte 40 ans pour Débora et Barac, parce qu'on y comprend les années de Sisara, d'après l'hébreu. En Pan 5 de Débora, Rampsès4 commença à régner en Egypte, pendant 60 ans. — A cette époque5 Midas régnait sur les Phrygiens. — Perséetua invo- lontairement Acrisios0, roi d'Argos; c'est pourquoi, il s'en alla d'Argos régner sur Mycènes7. — En l'an 28 de Débora, Panyas 8 commença à régner sur les Assyriens, pendant 45 ans. Débora et Barac chantèrent un cantique de délivrance9. couper la tête de la courtisane Gorgone qui, par sa beauté, frappait de stupeur ceux qui la voyaient, au point [qu'ils semblaient changés en pierres]. ...[lacune]... [30]............qui était très rusée 10. La guerre des Centaures eut lieu à cette époque11. Les Centaures étaient des cavaliers de la Thessalie. Palé- phatus en parle dans son premier livre 12. A cette époque florissait la sorcière Médée13 ; elle quitta Egée du temps de Mithra, roi des Assyriens, comme dit Képhalion. — Androgée fut tué par ruse à Athènes14. Thésée enleva Hélène15 ; mais les frères de celle-ci la délivrèrent et firent — D'après ce que dit Jacques d'Edesse, il exerça le souverain pontificat pendant 55 ans. Il fut le 4e dans la série des prê- tres du peuple. Il fut honoré par Dieu mystérieusement. Il faut savoir que Abbas Mar Jac- ques, le célèbre Edessénien, attribue 38 ans [de charge] à Aaron1"; 56 à Eléa- zar, 80 à Phinéès, et 55 à Abisou\ — Andronicus établit ces années autre- ment; il dit : « Aaron vécut dans le souverain pontificat 32 ans; Eléazar 30 ans, Phinéès 60 ans ; Abisou', qui fut le 4e, 52 ans. — Nous avons trouvé parmi les chroniqueurs, ces deux auteurs qui énumèrent les grands-prêtres des Hébreux. Ils s'accordent de temps en temps pour la série des personnages qui 1. Cf. Jud., m, 31. — 2. Sic ms. ; Sisara fut tué par Jahel (Jud., iv, 21). — 3. Ms. : 24 ans. — 4. cPa|i.» tîj vrjfTw. — 8. AyjfAoçtov. — 9. Sic ms. ; évidemment à restituer Creuse, ou peut-être Créon. 10. Les différentes séries des grands-prêtres mentionnés ici sont basées sur la généalogie de la famille de Lévi : I Chr., vr. LIVRE IV. CHAP. VI 55 trouvons qu'après Hesbon vint Élon qui jugea le peuple 7 ans. » Celui-ci ne se trouve point dans la version des LXX1. En l'an 4 de Hesbon, Thuoris commença à régner sur l'Egypte pendant 7 ans3. En l'an 4 de Labdon, Démophon, fils de Thésée 3, commença à régner sur les Athéniens, pendant 33 ans. — En Egypte régnèrent, dans la XXe dynastie1, les rois appelés diospolytes, pendant 178 ans. Leurs noms ne sont point inscrits dans la série des rois. En Pan 7 de Labdon, commencèrent à régner les rois des Latins qui furent Remarque chronologique"0. — On compte, selon les Assyriens, depuis l'an 43 du règne de Ninus jusqu'à l'an 25 de Tautanès : 835 ans; Selon les Hébreux, depuis la naissance d'Abraham jusqu'à l'an 3 de Labdon6: 835 ans; Selon les Sicvoniens, depuis l'an 22 d'Europos jusqu'à l'an 29 de Polyphi- lès : également 835 ans; Selon les Egyptiens, depuis l'an 1 de la XVIe dynastie (dans laquelle les Thé- bains régnèrent sur l'Egypte, pendant 190 ans) jusqu'à l'an 7 de Thuoris, 5e roi de la XIXe dynastie, qui fut la dernière année de cette dynastie : 835 ans; Selon les Athéniens, depuis la pre- mière année attique jusqu'à la destruc- tion d'Ilion, c'est-à-dire de Troie, en la 23e année de Ménestheus, dont parle Homère : 375 ans; et de même, depuis l'an 36 de Moïse jusqu'à l'année pré- sente : aussi 375 ans. Depuis la destruction d'Ilion jusqu'à la lre olympiade, il y eut 405 ans \ Nous réunissons ici les noms des Juges à la suite Vun de Vautre, [indiquant] le temps de chacun* et de quelle tribu il était. Moïse, de la tribu de Lévi; Josué, fils de Noun, de la tribu de Juda ; Othoniel, de la tribu de Juda; Débora et Barac, de la tribu deNeph- tali; Ahôd, de la tribu de Benjamin; Gédéon, de la tribu de Manassé ; Thola', de la tribu d'Issachar; Abimélek, de la tribu de Manassé; Jaïr, de la tribu de Manassé; Jephté, de la tribu de Manassé; Hesbon, de la tribu de Ruben; Abiçan, de la tribu de Juda; Elon, dè la tribu de Zabulon; Samson, de la tribu de Dan; Samgar, de la tribu de Juda; Héli, de la tribu de Lévi. La somme des années des Juges, de puis le prophète Moïse jusqu'au pro- phète Samuel, est de 450 ans. 1. H. a. 833. — 2. ©ouwpîç; E. a. 829. — 3. Aï](xocpwv Orjtxlwç, E. a. 836. — 4. Lire : y3 (et non o). 5. E. a. 835. — 6. Ms. : Abiçan. — 7. Ms. 450 ans; mais Hier. : 406 ans; Arm. 405; ce qui est la bonne leçon (835-1240). 8. Cette mention a été omise. 56 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN appelés ensuite Romains; le premier roi fut Énée, pendant 3 ans, et d'après d'autres, pendant8 ans1. Après Labdon, les Philistins asservirent les Hébreux pendant 40 années, qu'Eusèbe ne compte point dans sa Chronologie8. Annianus3 les y place, et aussi Andronicus, qui n'en compte pourtant que 28. Ils en attribuent 10 à Élon. CHAPITRE VIL — Or, Samson, le naziréen, de la tribu de Dan,jugea le peuple 20 ans. — En sa 3 année, il commença à combattre les Philistins. — En sa 5° année, se passa l'histoire de Ruth la Moabite. Les rois de Sicyône cessèrent après avoir duré V espace de 961 ans*. Après eux, il n'y eut plus de rois, mais des prêtres. Castoïi, le chr onographe, parle ainsi des Sicyôniens : « Nous avons ainsi successivement ènumêrè ceux qui régnèrent sur Sicyône, depuis JEgialeus qui régna le premier, jusqu'à Zeuxippus*. Les rois durèrent 961 ans. Ensuite six prêtres de Carnios* exercèrent le sacerdoce pendant 33 ans; vint ensuite le prêtre Charidemus 7 qui, ne pouvant supporter la dépense, prit la fuite8. « La domination des Erechtides prit fin et la principauté des rois attiques passa à une autre famille. Xantus, le Béotien, ayant provoqué au combat Thymutès9, celui-ci ne répondit pas; mais Mélanthus10, le Pylien, fils d'Andropompus, engagea un combat sin- gulier avec lui, et ayant vaincu, il régna. Depuis lors, la fêle des apatouriôn11, c'est-à- dire de la fraude, fut célébrée à Athènes, parce qu'il y avait eu fraude13. » Castor parle ainsi des Athéniens : « Nous placerons aussi successivement les rois des Athéniens en commençant avec Cécropos, surnommé diphyes, c est-à-dire de double race, et en finissant avec Thymutès. Tout le temps de ceux-ci, qui sont appelés Erech- tides, est de 430 ans. Après eux Mèlantus, le Pylien, fils d'Andropompus, reçut la royauté, et après lui son fils, Codrus, pendant 58 ansii. [33] A cette époque commença le royaume des Latins, qui furent ensuite appelés Romains, et qui sont le peuple Franc l\ A cette époque, sept généraux firent la guerre des Centaures. Les uns disent qu'elle précéda la destruction d'Ilion. — D'autres disent que du temps où régnait Priame, [fils de] Laomédon, ses fils : Polyxène, Alexandre, qui est ce Paris, qui ravit Hélène, et leurs seize frères firent la guerre. Androgée fut tué, et Ilion détruite15. 1. E. a. 839. — 2. Cf. H. a. 836. — 3. Ms. : Annialos. 4. Ms. : 261, plus bas : 962 ans. — 5. ZsuÇutttoç. — 6. îepsïs toO Kapvîou 1%. Le syriaque a omis un o; lire : ûjoPo o "*w|;o>. — 7. Xapc8rçu.oç. — 8. H. a. 889; Arm. 888. Comp. Eus., I, coll. 174-178. — 9. ®u(j.o(ty];. — 10. MÉXavOo; AvSp07tôu.7rou IIvXio;. — 11. r\ twv 'AttxrovpJwv bp-cif). — 12. Cf. H. a. 889; Eus., I, coll. 183-186. — 13. Ibidem; cf. I, coll. 185-186. — 14. Cette mention dépend sans doute, comme les précédentes, des tableaux chronologiques ; cf. H. a. 838. — 15. Le texte de ce passage paraît altéré. LIVRE IV. CHAP. VII 57 En la 2« année de Samson, [34] commença à régner sur les Assyriens le 28° roi, Teutœus1, pendant 40 ans. — En Pan 19 de Samson, mourut Zôs 2 qui fut enseveli en Crète. Il vécut 780 ans. A cause de sa longévité on le surnomma Zôs; il s'appelait Dios. Après Samson, les enfants d'Israël furent sans juge pendant 12 ans. Jean dit que Samgar succéda à Samson, pendant 40 ans, comme il est aussi écrit dans l'hébreu ; les LXX disent 20 ans, et Andronicus 10 ans seulement. Africanus dit que les Anciens gouvernèrent pendant 40 ans, parce qu'on était en temps de paix et de tranquillité; et ils restèrent sans prince pendant 30 ans. [A cette époque] le temple d'Artémisia fut bâti, et Samson s'illustra au point qu'on compara même ses actions h celles d'Hercule3. — Ascanius, [fds d'Enée, fonda la ville d'Albe4]. Histoire de la destruction de la grande ville d'Ilion. — En Fan 8 de Samson5, Alexandre Paris, roi d'Ilion, alla présenter des offrandes à Apollon, dieu des païens, dans la contrée de l'iïellade, alors qu'il était âgé de 33 ans, sur le conseil de son père dans le but d'obtenir un fds. S'étant rendu chez Ménélas, roi de Sparte, il vit sa femme Hélène qui était belle: il l'enleva et revint à Troie, dans le pays de Phrygie, près de son père, sans avoir présenté des offrandes. Ménélas, en voyant ce qui était arrivé, appela à son secours vingt rois, avec leurs navires, au nombre de douze cent cinquante, et commença la guerre qui dura dix ans, jusqu'à l'an 18 de Samson6. Ensuite Ulvsse tua Alexandre et prit Hélène qui avait déjà eu trois enfants. Ces choses ont été écrites par le sage Damastès7 qui assista à cette guerre. Ilion fut détruite. A cette époque arrivèrent les choses concernant Ulysse qui échappa à Scylla, qui était un navire [des Tvrrhéniens] ayant coutume de dépouiller les navigateurs8. Palé- phatus raconte, [34] dans son premier livre des Incroyables, que les Syrènes étaient d'autres barques9 qui tendaient des pièges à ceux qui naviguaient. Ici se place la prise de Ilaziri, fils de Calydonius, par Méléagre10. Ici Ulysse échappa au navire des Tvrrhéniens11; et Pyrrhus fut tué par Oreste à Delphes13, dans le temple d'Apollon, avant été trahi par le prêtre Machareus13. Quel- ques-uns disent que de son temps vivait Homère14. 1. T£'jtc<Ïo;; H. a. 843. — 2. Zeus. J'ai conservé la forme pour montrer le jeu de mots. 3. E. a. 841. —4. H. a. 845; Arm. 84 i; suppl. d'après le grec. — 5. E. a. 848. — 6. Ms. : 8 pour —- 7. Lire usu^m*}^ Aajj.aoa3}|.£>Aio|F 'Apî(7ïap/o;. — 7. Lire : — 8. II. a. 916. — 9. Ces mentions se rapportent pro- bablement aux tableaux chronologiques. LIVRE IV. CHAP. IX 59 David. — En Pan 23 de Saiil, David fut oint par Samuel, âgé de G8 ans; David avait 12 ans, ou 13 selon d'autres. — En l'an 28 (ou selon d'autres, en Pan 30) de Saiil, David tua Goliath. — En l'an 31 eut lieu la fête de Naioth1 de Ramata; et Saiil prophétisa avec les prophètes. —En l'an 35 de Saiil, mourut Samuel. — En Pan 30 de la naissance de David, 17 ans après son onction, et 5 ans après la mort de Samuel, Saiil et ses fils furent tués à la guerre. CHAPITRE IX. —Après que les Hébreux eurent eu des Juges, depuis Moïse jusqu'au prophète Samuel, surgit Saiïl qui fut proclamé roi; après avoir régné 40 ans, il fut tué. Alors, les enfants de Juda firent régner David qui avait reçu Ponction. Il régna à Hébron pendant 7 ans. Il fut ensuite oint de nouveau. C'est lui qui bâtit Sion, et il régna dans Jérusalem pendant 33 ans. En l'an 10 de son règne, David fit monter l'Arche du Seigneur, devant laquelle il chanta. Nathan, le prophète de David, de Gabaon8, lui enseignait la Loi du Seigneur. Quand il vit que David était enflammé [d'amour] pour Bethsabée, il s'efforça de En l'an 2 d'Eurystheus 3, premier roi des Lacédémoniens, Alétès4 fut institué comme premier roi des Corinthiens, et ses enfants [lui succédèrent] jusqu'à la révolte de Kypsélos5. A Lacédémone, il y avait deux royau- tés simultanément, [divisées] entre deux familles descendant l'une et l'autre d'Hercule 6. En l'an 9 de Samuel7, le 4e roi des Latins, ./Eneas [Sylvius^, commença à régner pendant 31 ans. — En l'an 12 du même, Dercylus8 commença à régner sur les Assyriens, pendant 40 ans. — En l'an 27 de Samuel9 commença à ré- gner sur les Athéniens leur 17e prince Codrus10i pendant 50 ans. Lorsque Ahimélek et ses huit fils eu- rent été tués par Saiil à cause de David, le grand-prêtre Abiatar celui, dont le saint [3o] livredel'Evangile fait mention, exerça ses fonctions. Il fut le 15e dans la série. Jacques d'Edesse ne le compte pas parmi les grands-prêtres, mais après Ahitob, il mentionne Sadoc, et après Sadoc, le 12°, Ahimélek, [ensuite] Aza- rias [le 13ft] pendant 22 ans, et après lui, le 14e, Amarias, pendant 60 ans, puis Ahimélek, le 15e, qui exerça 29 ans, jus- qu'à ce qu'il fût tué par Saul. Après lui, il ne mentionne pas Abiatar, mais Joïada. Nous arrivons [ainsi] jusqu'à David, qui fut prophète et roi, et qui est aussi 1. Ms. : Yonat, comme la Pesitta. Cf. I Sam., xix, 18 sq. — 2. Ms. : Geda'on. — Ce passage est tire de la Vie des Prophètes du pseudo-Epiphane, cf. Migne, Patr. gr.t t. XLIII, col. 318-428. 3. Eùpuo-Qîûç ; E. a. 916. — 4. 'A).r,Tr];. — 5. y-typi ttjç Ku^éXXou xuppaviooç. Eus., Chr., I, col. 220. — 6 Cf. Chr., I, col. 222-225. — 7. E. a. 909. — 8. AêpxyXoç. — 9. E. a. 927. — 10. KôSpoç. 60 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN venir l'en détourner; mais Satan l'arrêta en route. Il trouva un mort assassiné, dépouillé et abandonné; il s'attarda1 [36] pour l'ensevelir; cette nuit même, il connut que le péché avait été consommé, et s'en retourna en pleurant. Après que David eut fait tuer Urie, Dieu envoya Nathan pour réprimander David. Da- vid craignit le Seigneur; il fut réprimandé par Nathan pour son dérèglement; il ajouta foi à tout ce que lui dit le prophète au sujet delà mort de l'enfant. En l'an 39 de David, il répartit les familles des Lévites ; il en établit 288 comme chantres, qu'il divisa en vingt-quatre classes, qui devaient chanter douze par douze. David combattit contre les nations environnantes et les vainquit toutes. — Il vécut 70 ans et en régna 40. CHAPITRE X. — Salomon commença à régner à l'âge de 12 ans et régna 40 ans. Il chassa le prêtre Abiatar, et tua Adonias et Joab. — La 4e année de A cette époque le Péloponèse fit la guerre h Athènes2 ; [à cette époquej eut lieu la descente des Amazones et des Cimmériens en Asie 3. A cette époque 4, prophétisaient Gad, Natan et Asaph. Natan dit 3 : « Pourquoi n'as-tu pas fait savoir h ton serviteur qui siégerait sur le trône de mon seigneur?»—Gad dit '' : « Laisse-moi et je verrai ce que je répondrai à celui qui m'a envoyé; caria paroledu Seigneur est sur Israël. » — Gad le prophète dit à David7 : « Bâtis un autel au Seigneur dans l'aire d'Or- nan le Jébuséen » ; et Nathan lui dit8 : « Tu ne bâtiras point la maison du Sei- gneur )>, et il le réprimanda à cause de la femme d'Urie. — Asaph était un des chantres devant l'arche. compté parmi les prêtres. Il mangea le pain des prêtres, il revêtit l'éphod, il établit Asaph et lui confia [le soin de diriger] les chantres9 . C'est à cette époque que commença la coutume de chanter l'office à la troisième, à la sixième et à la neuvième heure. [36] Il classa aussi les familles sacerdotales, et les rangea l'une après l'autre; elles furent au nombre de 2410. Après que Salomon eut chassé Abia- tar du souverain pontificat, vint Sadoc, comme grand-prêtre pour lepeuple, pen- dant 19 ans. Ceci d'après Andronicus et un autre11. — Jacques d'Edesse dit qu'à Joiada succéda le 17e grand-prêtre, Aza- rias, qui exerça pendant un temps indé- terminé, car il ne l'indique point, non plus que les années de Joiada. C'est 1. Lire : 2. H. a. 931 et 947; Arm. 936. — 3. H. a. 940; Arm. 939. — 4. H. a. 948. — 5. II Sam., r, 27. — 6. II Sam., xxiv, 13. — 7. I Chr., xxi, 18. — 8. II Sam., vu, 2; I Chr., xvn. 9. Cf. I Chr., xvr, 17. — 10. I Chr., xxiv. — 11. Sans doute Jean, plus haut mentionné. LIVRE IV. CHAP. X 61 son règne, il commença la construction du Temple et l'acheva en sept ans, sur le mont Moriah1, qui est Jérusalem. On compte depuis la sortie d'Egypte jusqu'à la construction du Temple 637 ans (dans certains manuscrits 610). Dans le livre des Rois il est écrit que le Temple fut bâti 480 ans après la sortie du peuple, parce qu'on omet de compter les années pendant lesquelles les ennemis dominèrent sur Israël. Paul compte de môme; expliquant le livre de Jérémie2, il dit3 : « Pendant 450 ans il leur donna des Juges [37] jusqu'à Samuel. »—Depuis Abraham jusqu'ici [on compte] 985 ans, et, selon Andronicus : 1115 ans; selon Annianus : 1092 ans; et depuis ici jusqu'à la captivité de Babylone et à la destruction du Temple, d'après les trois [autorités] : 441 ans, sans compter les 10 ans qu'Annianus diminue à Amon. — D'Adam à la construction du Temple [il y a] 4168 ans. En Pan 11 [de son règne, Salomon fit la dédicace du Temple bâti] sur l'aire d'Oman le Jébuséen. [Il avait] 60 coudées de longueur, 20 de largeur et 30 de hauteur4. En l'an 28 de David 5 furent bâties Ephèse et Samos0. La ville de Gumes fut bâtie en Italie 1. — Carthage fut bâtie par le Tyrien Carehédon 8. D'au- tres disent que la nommée Didon la bâtit ; qu'elle fut bâtie 143 ans après la ruine de Troie; et qu'elle s'appelait au- paravant Origo9. En l'an 16 de David mourut Nahas, roi d'Ammon 10. En l'an 18 de David, Ilannon prit à sa solde les rois d'Aram et de Harran : Joab et Abisaï s'avancèrent contre eux, les défirent, et assiégèrent [36] la ville de Rabbath; c'est à cette époque que David fit tuer Une11. — En l'an 30 de David, il tua les quatre géants de Geth12; jusqu'à la fin de son règne, il y eut des géants fameux parmi les nations ; il anéantit la race des géants. pourquoi nous avons noté ce qu'ils di- sent tous les deux, dans ce mémorial qui fait connaître la succession sacerdotale; et voilà pourquoi notre discours s'est ainsi prolongé. —Après Azarias, il en place six l'un après l'autre; il n'indique pas le nombre d'années de chacun d'eux, mais seulement leurs noms ; il dit ceci : « Après Azarias, le 18" grand-prêtre fut Selloum, le 19° Amazias, le 20e Ilelcias, le 21e Saraias; le 22° Azarias, et le 23° Sadoc. » 1. Ms. : « sur le mont des Amorrhéens », conformément à la vers, syr., II Chr,, m, 1. — 2. Ou : « après la lecture du livre de Jérémie »? — 3. Act. Apost., xrn, 20. — 4. Cf. II Chr., m, 1-3. 5. H. a. 908. — 6. H. a. 972. — 7. Arm. a. 981. — 8. H. a. 968. — 9. II. a. 974; Arm, 978; cf. a 1003. — 10. Il Sam., x, 1; I Chr., xix, 1. — 11. II Sam., x, xr. — 12. II Sam., xxi, 22. 62 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN En Fan 34 de Salomon, il abandonna le Dieu d'Israël, et il bâtit un autel sur la montagne qui est en face de Jérusalem àKamos, [dieu] de Moab et à Malkôm, [dieu] des Ammonites, dans le lieu où avait été édifié l'autel d'Aphrodite, déesse des Grecs1. Le Temple avait été bâti en sept ans [et le palais royal fut bâti] en treize ans8. Sa longueur était de 100 coudées, sa largeur de 50, et sa hauteur de 30. Il fit pour le Temple des boucliers d'or, une mer d'airain et des bœufs. Il détruisit Antioche ; il bâtit Palmyre, qui est Tadmor, et Mello, et Ilazôr et Mageddo, et Gézer, et Beth-Horon inférieure, et Balaath : [en tout] sept villes 3. L'année d'avant l'avènement de Salomon 4 naquit son filsRoboam, de Na'ama, l'Ammonite. A Damas régnait Hadad, qui fut l'ennemi d'Israël pendant toute la vie de Sa- lomon. — Salomon mourut à l'âge de 52 ans. En l'an 32 de David, Eupalès' commença à régner sur les Assyriens, pendant 38 ans6. Faisons savoir comment le royaume des Athéniens prit fin. Jean dit que quand les Péloponésiens attaquèrent les Athéniens, Codrus, roi des Athéniens, s'étant livré lui-même, selon une prédiction qui lui avait été faite, et étant mort, aucun roi ne s'éleva plus parmi les Athéniens ; mais ils établirent des juges qu'ils appelaient « juges à perpétuité », c'est-à-dire pour tout le temps de la vie de chacun d'eux. Le premier de ces juges fut Médon7 pendant 20 ans8, et le second Acastus9, qui commença à régner en Fan 28 de David, pendant 36 ans. Au début du règne de Salomon, commença à régner sur les Tyriens Iroumos, [c'est- à-dire] Hiram, qui envoya à Salomon, pour l'aider à construire le Temple, 80.000 ou- vriers 10. A cette époque, Vaphrès commença à régner sur l'Egypte et l'Ethiopie (P)11. Lui aussi, envova à Salomon 80.000 hommes de secours pour la construction [du Temple], ainsi que le raconte Eupolémos. En l'an 10 de Salomon12, Laosthénès13 commença à régner sur les Assyriens pen- dant 15 ans, et Alba sur les Latins pendant 39 ans. Quelques-uns disent qu'Homère et Hésiode vécurent à cette époque,14 et que Car- thage fut fondée par Didon13. 1. Cf. I Reg., xi, 7. — 2. Cf. ibid., vu, 1, 2. — 3. Cf. I Reg., îx, 15 sqq. — 4. D'après 1 Reg., xiv, 21, où il y a une erreur évidente. 5. EÙTrâxfMK. —6. E. a. 952 = 12 de David. — 7. Méôo>v ; H. a. 947; Arm. 948. — 8. Ms. 24 ans. — 9. "Ay.a-o (Add. ms. 17193, fol, 31). — 11. Cette phrase n'est pas dans le grec, ni dans le ms; add. 17193. 64 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Le prophète Séméia est celui qui disait à ceux de Juda, quand ils voulaient monter combattre contre Israël pour restituer le royaume à Roboam1 : « Ne montez point combattre contre vos frères : car cette sentence a été portée par le Seigneur contre la maison de David. C'est lui qui a pris le vêtement, qui l'a déchiré en douze parts et a donné ces dix à Jéroboam. » En l'an 3 de Roboam, le 4e juge des Athéniens, Tersippus 8, gouverna pen- dant 44 ans. — En l'an 15 de Roboam, Pertiadès3 commença à régner sur les Assyriens, pendant 30 ans. En l'an 5 de Roboam, le roi d'E- gypte4, Sésac, monta contre Jérusalem excité par Jéroboam ; il prit les boucliers d'or qu'avait faits Salomon; Roboam les remplaça par d'autres de bronze5. A cette époque Smyrne fut bâtie 6. ' En l'an 6 de Roboam7, fut institué le 4° juge des Athéniens, Thersippus, pendant 41 ans. En l'an 9 de Roboam, le 7e roi des Latins, Epentuss, commença à régner pendant 26 ans. Tandis que Jéroboam régnait en Sa- marie, il se dit en lui-même : « Si le peuple monte, selon la coutume, prier à Jérusalem, leur cœur se tournera vers Roboam, leur maître. » C'est pourquoi il fit des veaux d'or, [et il leur dit] : « Ces- sez d'aller [38] à Jérusalem. Voici tes dieux, ô Israël, qui t'ont fait sortir d'E- gypte. » Ce fut un péché pour tout le jieuple !'. Tandis que Jéroboam sacrifiait, Sé- méia, Joiada et un vieillard 10 qui de- meurait à Bethel prophétisaient. — [37] Ici nous indiquons combien de mots il y a dans chacun des Livres de l'An- cien Testament jusqu'à Salomon. Dans le livre de Moïse : 14100 mots; Dans celui de Josué fils de Noun : 1953 ; Dans celui de Ruth : 246; Dans celui des Jup-es : 2084; Dans ceux de Samuel : 3431 ; Dans celui de David : 4830; Dans les Proverbes de Salomon : 1762 ; Dans celui de la Grande Sagesse : 551 ; Dans celui de l'Ecclésiaste : 427; Dans le Cantique des cantiques : 496. Eusèbe dit que du temps de Jéroboam fils de Nabat, florissait le grand-prêtre Abimélek. Jean dit qu'après Sadoc vint Ahimélek. Jacques d'Edesse dit : « Après Sadoc vint Josédek, pendant 20 ans. Il est célèbre parmi les grands-prêtres. » Mais Andronicus place Sadoc le 16e et dit qu'il exerça le souverain pontificat 8 ans; il eut pour successeur, dit-il, le grand-prêtre Azarias, pendant 33 ans. 1. I Reg., xrr, 24; cf. xi, ,'50. — 2. SipaiTzno;. — 3. Tlzpxiâoqi. 4. Susachim, Soysa/lfi ; cf. Arm. a. 1025 (= 5 de Roboam); H. a. 1030. — 5. I Reg., xiv, 26; II Chr., xir. — 6. II. a. 1031. - 7. H. a. 1023 (= an 3). — 8. H. : Aegyptus; Arm. : Epistus; Sync. : 'Aiyvimo;. — 'J. I Reg., xir, 27-30. — 10. Lire : ia-œo nx,*o. ('.'). LIVRE IV. CHAP. XII 65 CHAPITRE XII. — [39] Après Roboam, son fils Abia régna sur Juda, pendant 3 ans. — Jéroboam rassembla contre lui huit cent mille hommes. Les habitants de Juda s'assemblèrent au nombre de quatre cent mille, et Jéroboam fut vaincu ; ceux d'Israël furent dispersés et il en périt cinq cent mille Abia prit quatorze femmes; il eut vingt-quatre fils et seize filles 2. Quand Abia mourut, son fils, Asa, régna comme roi de Juda, pendant 41 ans ; il vécut 60 ans. Asa creusa une grande fosse à Mispha, en face du roi d'Israël. Joiada blâma Jéroboam et dit3 : « Autel ! autel ! écoute la sentence du Seigneur : Voici qu'un fils est né à la famille de David ; Josias est son nom ; il sacrifiera sur toi les prêtres et fera brûler sur toi les ossements des hommes. Et voici le signe que le Seigneur m'a envoyé : L'autel va se briser, et la cendre qui est dessusse répandre. » — Et il en fut ainsi4. Pour cela, Jéroboam étendit la main pour le tuer ; mais sa main se dessécha. Ayant ensuite supplié le prophète, ce- lui-ci pria pour lui et sa main guérit. Mais [le prophète] ayant mangé le pain et enfreint le commandement du [Sei- gneur], fut mis en pièces par un lion. Epiphane 5 dit ceci à propos du pro- phète qui blâma Jéroboam ; « Joiada 6 le prophète était du pays de Samarie : c'est celui qui fut tué par un lion après avoir réprimandé Jéroboam à cause des veaux à l'aide desquels il fit errer tout le peuple d'Israël. II fut enseveli h Reth- el, à côté d'Abiatan7, le vieux prophète, qui l'avait trompé. » Ces grands prêtres dont le nom et le nombre des années sont indiqués dans ces chroniques, furent des hommes célèbres. Mais nous les avons tous pla- cés dans cette série, parce que cela est nécessaire pour les sages qui veulent [38] connaître la succession du sacer- doce. On trouve une grande sollicitude [à exposer] la succession de la série de ces grands-prêtres dont les noms sont écrits différemment. Mais les chroni- queurs ne pouvaient affirmer le nombre exact des années de chacun d'eux; non plus que le nombre des années de tous les rois; chacun d'eux les a disposées et arrangées comme il a pu et comme il lui a paru convenable. C'est pourquoi Andronicus après avoir placé [Azarias] comme le 17e grand- prêtre, auquel il attribue 33 ans, dit : <( Après lui vint Ahima'aç8, qui fut le 18e et qui exerça pendant 12 ans. » A celui-ci succéda, dit-il, Ahimélek, le 19e, à qui il attribue 32 ans, selon l'ordre de succession qu'il propose dans son 1. Cf. II Chr., xtrr. — 2. Cf. Jhid., 21. 3. I Reg., xm, 2. — 4. II Reg., xxm, 16. — 5. Cf. Patr. gr., XLIII, 425. — 6. Gr. : 'IcodtS [var. : 'Iwâp.J. — 7. Le nom du faux prophète n'est pas dans le grec. 8. Lire : j»cuJ, d'après la table. Cf. BH., Chr. eccl., I, 11. 66 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN En l'an 15 d'Asa, il fit brûler les idoles et chassa les efféminés de la région1. Il 'éloigna même du royaume sa mère qui célébrait des fêtes en l'honneur d'As- tarté, et il brûla son idole. En l'an 29 d'Asa, Ela commença à régner sur Israël, pendant 2 ans. En- suite Zamri, ayant tué Ela, fils de Baasa, son maître, régna sept jours. Puis le peuple d'Israël se divisa : une partie suivit Tebni, une autre Amri; le parti En l'an 2 d'Abia, les guerriers de Juda se réunirent au nombre de quatre2 cent mille, et ceux d'Israël au nombre de huit cent mille ; ceux de Juda tuèrent cinq cent mille d'entre ceux d'Israël. A cette époque prophétisaient : celui qui était près de l'autel de Samarie, Jéhu, Joël, Azarias, Ananias, Jopas, qui est rAddo 3. A cette époque, le roi Kousite Zârah, ayant pris avec lui les Libyens4, vint faire la guerre [39] contre Juda 5. Asa s'avança, fut vainqueur et le battit à Gé- rar6. Ce fut en l'an 10 d'Asa. Les Ethiopiens et les Libyens étaient onze cent mille. — Le prophète Azarias en- couragea le roi Asa7. [A cette époque] les Thraees traver- sèrent le Strymon et occupèrent la Bé- brycie qui est appelée Bithynie 8. Baasa, roi d'Israël, bâtissait la ville de Ramatha9 lorsqu'il engagea la lutte avec le roi Asa. A cette époque prophétisait le pro- phète Joël, qui est le même qu'Azarias, fils de cAddo10. livre sur les grands-prêtres du peuple d'Israël, qui exerçaient le ministère symbolique qui tire son origine de Moïse et d'Aaron le premier prêtre. Jean dit que du temps où se trouvaient en Juda : Josaphat, Joram et ceux qui gouvernèrent après eux, et du temps des rois d'Israël : Joram, Ochozias, Athalie, Joas et de ceux qui vinrent après, flo- rissait, comme grand-prêtre du peuple, pendant 23 ans H, Joiada, qui seul, après Moïse, vécut plus que lui ; Eusèbe atteste aussi cela en faisant connaître le temps de la vie [39] de ce Joiada12. — Jacques d'Edesse place plus tard cet illustre vieil- lard et dit qu'il fut le 28e. De même, le chroniqueur Andronicus place ce Joiada le 22d dans la série et dit qu'il fut grand» prêtre 42 ans. Quant aux« deux » qu'il ajoute h ceux dont il a parlé, il y a une variante dans la chronique. C'est pour- quoi, quelques-uns ont pensé qu'il s'a- gissait peut-être d'un autre Joiada. Mais Jacques d'Edesse dit que le 24e fut Jo- sédek, pendant 34 ans; que le 25e fut Jésus; qu'à celui-ci succéda un autreJo- 1. Lire : Ml Cf. I Reg., xv, 12, 13. 2. Lire : } (et non ') ; cf. II Chr., xm, 3. — 3. H. a. 1044; lire : ^> o», Cf. le texte grec qui diffère sensiblement. — 4. *ao|ai$^ : le traducteur a conservé l'accusatif : AtSJo;. -— 5. II Chr,, xiv. — 6. Septante : TISwp. — 7. Lacune dans le ms.: sens traduit d'après II Chr., xv. — 8. H. a. 1045. — 9. II Chr., xvi. — 10. Cf. ci-dessus, 1. 14, et H. a. 1044. 11. 23 ou 53; le chiffre est incertain. — 12. H. a. 1223; Arm. a. 1225. Cf. II. Chr., xxiv, 15. LIVRE IV. CHAP. XII 67 cl'Amri prévalut; Tebni mourut, et Amri régna 6 ans. Zamri, en voyant que le peuple acceptait Amri, incendia le palais royal et s'y brûla. Amri, après avoir régné à Thersa pendant 6 ans, acheta la montagne de Samarie de Samèr, son propriétaire, et il y bâtit une ville qu'il appela Samarie. Samarie est la même qui fut ensuite appelée Sebastia, qui est Naplouse. — Amri régna 12 ans. Le royaume [40] d'Israël avait eu son siège à Thersa pendant 56 ans \ Le roi Asa, ayant été attaqué par Baasa, prit à sa solde Bar-Hadad, roi de Syrie, et lui envoya de l'argent et de l'or, tirés de son trésor et du tré- sor du Seigneur 2. En l'an 15 d'Asa, Câmpysos3, le 8e roi des Latins, commença h régner pendant 28 ans. En l'an 24 d'Asa, fut institué le 5e juge des Athéniens, Phorbas4, pendant 31 ans. En l'an 25 d'Asa, Ophrata?us5 com- mença h régner sur les Assyriens, pen- dant 20 ans c. En l'an 29 d'Asa, Éla, fds de Baasa, 4e roi d'Israël, commença à régner pen- dant 2 ans. En l'an 30 d'Asa fut bâtie Ephèse. A cette époque prophétisait Jéhu 7. Epiphane 8 [dit] : « Celui-ci dit à Baasa, roi d'Israël : Ainsi a dit le Sei- gneur : Je t'ai élevé de la terre, et tu as marché dans la voie de Jéroboam, fils de Nabat; c'est pourquoi j'accumulerai les maux sur Baasa et sur sa maison. Celui qui mourra de faim dans sa maison sera dévoré par les chiens, et celui qui sédek, pendant 20 ans ; puis Elisée pen- dant 50 ans, et il place ensuite ce Joiada auquel il attribue seulement 40 ans. Andronicus, après Ahimélek, qui fut le 19e, place Sadoc, le 20e, pendant 20 ans, et après lui, Selloum qui est le 21e de la série et qui vécut 90 ans. Il dit qu'après ce Selloum vint Joiada auquel il attribue 42 ans, comme nous l'avons exposé plus haut, en parlant de l'époque des rois sous lesquels, d'après quelques-uns, vi- vait ce Joiada. Après Joiada, Andronicus place Za- charias pendant 8 ans. On applique à ce Zacharias ce qui est écrit plus haut, « qu'il était fils [de Barachias »], c'est pourquoi Epiphane dit [40] qu'il fut tué par le roi de Juda. — Jacques d'Edesse dit qu'après Joiada vint le 29° [Manias 9] auquel il attribue [31] ans. Il10 dit que Zacharias fut le 23e. — Andronicus place après Zacharias, Ourias pendant 6 ans, et après lui Amasias pendant 21 ans; Ourias est le 24° et Amasias le 25e. Après celui-ci, il place Azarias, le 26e, pendant 40 ans, et après lui Hananias pendant 13 ans ; il est le 27e de la série. 1. Cf. I Reg., xvr. 2. II Chr., xvi. — 3. Kâmto? SiXo-jVoç. - 4. <ï>6pgaç. — 5. 'Oçpatato;. - 6. Ms. : 27 ans. — 7. Cf. H. a. 1086. — 8. Ce passage n'est pas dans le pseudo-Epiphane ; cf. I Reg., xvi, 2. 9. D'après la table. — 10. La ponctuation du ms. semble faire de Jacques d'Edesse le sujet de la phrase; mais le contexte montre qu'il s'agit d'Andronicus. Cf. ci-dessous (p. 43 et 44). 68 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN En Fan 41 d'Asa, commença à régner en Egypte Népherchérès, pendant 4 ans 1 ; après lui vint Aménophantès, pendant 9 ans*. CHAPITRE XIII. — Après Asa, Josaphat régna sur Juda, pendant 25 ans. En Pan 2 de son règne, Achab, fils d'Amri, commença à régner sur Israël, pen- dant 23 ans. Il prit pour femme Jézabel, fille de Ethbaal, roi de Tyr et de Sidon. [En ce temps-là Hiël] bâtit Jéricho, l'objet de la malédiction de Josué, fils de Noun ; il la termina sur Abiram son fils [aîné] et il en posa les portes sur Sakoub, son plus jeune fils, comme avait dit le Seigneur par la bouche de Josué s. En l'an 2 de Josaphat, Carpentus commença à régner sur les Latins, pendant mourra dans les champs sera mangé par les oiseaux. — Et cela se réalisa. » Epiphane dit du prophète Elie4 : « Il était de Thesbé 5, dans le pays des Ara- bes, de la famille d'Aaron, et il habitait dans le pays de Galaad ; car Thesbé était la résidence 6 des prêtres. Au mo- ment de sa naissance, son père Sôbak7 vit des hommes vêtus de blanc [40] qui le saluaient, l'entouraient de langes de feuetluidonnaientà manger une flamme. Ayant fait connaître cela à Jérusa- lem, il lui fut dit dans une révélation : « Ne crains point ; il sera une demeure de lumière et sa parole une incision 8 ; il jugera Israël avec le glaive et le feu. » A cette époque commencèrent à pro- phétiser : Elias, Abdias, Abiu, 'Ouziel, Après celui-ci vient Siméon, pendant 23 ans, qui est le 28°. Ensuite Mardai11 le 29° [pendant 39] ans. — Jean le Chro- niqueur se basant sur le premier livre d'Eusèbe dit ceci : « Du temps d'Ozias, roi de Juda, florissait cet Azarias. » Il dit que cet Azarias fut le 26e dans la série des grands-prêtres et qu'il exerça 40ans. — Jacques d'Edesse l'appelle Josédek et lui attribue 34 ans. On sait [41] qu'il existait en ce tempsdà, par le nombre des années des rois; en les comparant avec celles des prêtres on trouve une date approchant d'Osias, roi de Juda. — C'est pourquoi, bien qu'il ait déjà été fait mention de cet Azarias dans la suite de ce discours, il a paru nécessaire de le placer de nouveau dans ce catalogue qui] expose la succession des prêtres. et Michée, fds de Yamsai. — De faux prophètes s'élevèrent aussi en Israël : Sédécias, Eliézer et d'autres9. Il y en a encore qui disent qu'Homère florissait à cette époque. Sédécias, le faux prophète, fit des cornes de fer qu'il plaça sur sa tête. Il disait à Achab : « Avec celles-ci tu frapperas les Araméens et tu les achèveras 10. » I. Necpep/s^ç. — 2. 'A[xîvw?0i;. — 3. Cf. I Reg., xvi, 34; Jos., vi, 2(5. 4. Patr. gr., XLIII, 426. — 5. ©Éo-St;.— 6. od>y.a.— 7. 2o6a/. — 8. àmjçaai;. — 9. Cf. H. a. 1086. — 10. II Chron.y xviir, 10. II. D'après la table ; et aussi plus bas (p. 42 du texte). LIVRE IV. CHAP. XIII 69 13 ans. — En l'an 4 de Josaphat, Ophratinès commença à régner sur les Assy- riens, pendant 50 ans. — En l'an 13 de Josaphat, Isochoris1 commença à régner en Egypte, pendant 6 ans. — En Pan 142 de Josaphat, Amégaclos3 fut établi juge sur les Athéniens, pendant 30 ans. — En l'an 194 de ce roi, Psinachès5 com- mença à régner en Egypte, pendant 9 ans. — En l'an 23 de Josaphat, Agrippa commença à régner sur les Latins, pendant 41 ans. — En Pan 29 de Josaphat, Ochozias6 commença à régner sur Israël, pendant un an; et après lui, son frère Joram, pendant 12 ans L Epiphane dit à propos d'Abdias8 : « Il était de Sichem, du territoire de Beit-Aca- rim9; il fut le disciple d'Elie. Après avoir beaucoup souffert de la part d'Achab, il fut sauvé à cause d'Elie. Il était ce troisième capitaine de cinquante hommes 10 dont Elie eut pitié. A la suite de cela, il abandonna sa charge, devint prophète et prophé- tisa. Il [mourut] et fut enseveli en paix avec ses pères. La femme d'Abdias 11 est celle qui alla trouver le prophète Elisée, lequel libéra ses enfants de leur dette, grâce à l'eau qu'il changea en huile. Il soignait et nourrissait cinquante prophètes dans chacune des deux grottes12. » Les Rhodiens occupèrent la mer, en quatrième lieu13. En l'an 15 de Josaphat, Tibérius 14 commença à régner sur les Latins pendant 8 ans : c'est de lui que le fleuve du Tibre prit son nom; il s'appelait auparavant Albus15. Epiphane16 dit à propos deMichée, fds de Yamsai : « Il était de la tribu d'Ephraïm. Il reprit Achab et Joram, son fils, à cause de leur impiété. Et pour cela, Joram le fit tuer en le faisant précipiter du [haut d'un rocher]. Il fut enseveli a 'Achini17. » Joram tomba dans une horrible maladie, au point que ses entrailles et ses intes- tins sortirent. Il envoya quelques hommes consulter Baalzéboub pour savoir s'il gué- rirait de son mal. Elie fut enlevé en l'an 4 de Joram18. — A cette époque prophétisaient Elisée et Amos. Epiphane [41] dit au sujet d'Elisée19 : « Il était de Beit-Mahoula20, dans la tribu de Ruben. A cause de lui survint un prodige : Le veau d'or mugit tellement fort qu'on l'entendit à Jérusalem21 ; c'était le signe qu'il devait renverser les faux dieux. Il mou- rut et fut enseveli à Samarie. Quand le veau mugit, le grand-prêtre annonça qu'un prophète était né en Israël, qui devait renverser les idoles. » 1. 'CW/wp. — 2. Ms. : l'an 4. — 3. MeYaxXrj;. Rest. : ^oà^ok^l ; aj. : le 6e juge (ms. I = 7"). — 4. Ms. : 9.'— 5. Wtyâxna. — 6. Lire : M. — 7. Cf. II Reg., t. 8. Patr. gr., t. XLIII, col. 416. — 9. Br]0apyocà[JL ; var. : Bï)6axa!J.ap. — 10. uEVTrixovTap/oç; cf. II Reg,, i, 13. — 11. Cette phrase n'est pas dans le grec. — 12. I Reg., xvnr, 4. — 13. H. a. 1101. — 14. TiêÉpto;. — 15. H. a. 1094; Alhula. - 16. Patr. gr. , XLIII, 415. — 17. 'Ev^sr/et'n ; var. : 'Eviia-/-^. — 18. E. a. 1113. — 19. Patr. gr., XLIII, 426. — 20. 'Ag^aouV, var. : 'Au^ou^. — 21. Ms. : « en Israël». Le contexte demande cette correction conforme au grec. 70 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Un autre Joram régna sur Juda, après Josaphat, pendant 8 ans ; et après lui, Ochozias pendant 2 ans \ — [41] Joram, roi de Juda, fils de Josaphat, prit pour femme Athalie, sœur d'Achab2. Il tua tous ses frères, les enfants de Josaphat; c'est pourquoi il fut frappé du glaive de la justice et tomba dans une cruelle maladie : ses intestins descendirent, et il mourut3. CHAPITRE XIV. —Après la mort de Joram, Ochozias régna un an. — En cette année, le prophète Elisée envoya oindre Jéhu, fils de Namsi, qui tua Joram, fils d'Achab, ainsi qu'Ochozias, roi de Juda, et Jézabel*. A la mort d'Ochozias, Athalie, sa mère, fit périr toute la descendance royale. Bar-Hadad, roi de Damas, monta contre Samarie, avec une armée nombreuse, et l'assiégea5. Achab le combattit avec des troupes moins nombreuses ; Bar-Hadad fut vaincu et prit la fuite. L'année suivante, il réunit son armée et monta de nouveau en disant : « Le dieu d'Israël est seulement le dieu des montagnes. » A cause de cette parole, Dieu le livra [aux mains] des enfants d'Israël. Achab lui tua cent vingt mille hommes; il s'empara [du roi], et le renvoya après avoir fait un traité d'alliance. Dieu s'irrita contre Achab. [Celui-ci s'avança] contre les Iduméens, à Ramoth- Galaad. Il y fut frappé d'un trait et mourut, selon la parole du prophète Michée6. Jézabel, la Sidonienne, régna sur Israël pendant 35 ans; elle vécut encore 15 ans après son mari. Le grand-prêtre Joiada rassembla le peuple de Juda, fit mettre à mort Athalie, et fit régner Joas, âgé de 7 ans, qui gouverna 40 ans. Joiada envoya les Juifs au temple de Ba'al, et il fit brûler le prêtre Mathan7. A cette époque florissait le philosophe Lycurgue, le législateur des Lacédémoniens8. A cette époque vivait le prophète Zacharie. Epipliane dit9 : « Zacharie était de Jérusalem, fils de Joiada le prêtre. Joas, roi de Juda, le fit tuer, et son sang fut répandu dans le sanctuaire10, entre la balustrade et l'autel. Les prêtres l'enlevèrent et l'ensevelirent avec ses pères. Depuis cette époque, il y eut des signes et des apparitions dans le temple; les prêtres ne pouvaient plus voir les anges de Dieu, ni donner de réponse, ni interroger à l'aide de l'éphod, ni séduire le peuple par des signes, comme auparavant. » 1. I Reg., xxtr, 51; II Reg., vnr, 24. — 2. Lire : fille d'Achab. — 3. Cf. II Chr., xxr. — 4. II Reg., ix-x. 5. I Reg., xx. — 6. I Reg., xxn. — 7. II Reg., xvin; lire : (et non de lUo); peut-être faut- il corriger ^ol en pol? — 8. H. a. 1134; cf. ad a. 1198. — 9. Patr. gr., XLIII, 426. — 10. Je pense qu'il faut lire : '^=>y (et non »»o» ûua», qui est cependant la leçon de tous les mss.). LIVRE IV. CHAP. XIV 71 Seul Joas, fils d'Ochozias, échappa, ayant été caché par Josabeth, sœur d'O- chozias. — Athalie régna 7 ans \ Jéhu régna sur Israël pendant 28 ans. Il tua les soixante-dix fils d'Achab; il détruisit les prêtres et le temple de Ba'al. Joiada le grand-prêtre fit régner Joas, fils d'Ochozias, sur Juda, après Athalie ; il était âgé de sept ans, et il régna 40 ans. En Pan 3 de Joas, Diogénèss, le 7e juge des Athéniens, commença à gouverner, pendant 28 ans. — En l'an 13 de Joas, Acrazapinès3 commença à régner sur les Assyriens, pendant 42 ans. — En l'an 22 de Joas, commença à régner sur les Egyptiens [le premier roi] de la XXIIe dynastie, Ischanosos, pendant 21 ans4. — En l'an 23 de Joas, commença à régner sur les Latins Arémulus, pendant 19 ans. — En Pan 25 de Joas, commença à régner sur Israël Joachaz, fils de Jéhu, pendant 17 ans. — En l'an 31 de Joas, Phéréclès c, 8e juge des Athéniens, com- mença à gouverner, pendant 19 ans. — Le prophète Elisée mourut en Pan 36 de Joas, Pan 11 de Joachaz. [42] Ensuite Joas fut tué par ses serviteurs; son fils Amasias régna alors [43] pendant 29 ans. Pendant son règne, il réunit une armée contre Edom et Sé'ir et les vainquit [44]. Il amena leurs dieux à Jérusa- lem et les adora. Il vécut 54 ans 6. [42] Note de Jacques d'Edesse au sujet de l'erreur qui se trouve dans le nombre d'années qu'Eusèbe dispose pour le temps de ces rois de Juda et d'Israël. •— Il faut savoir qu'Eusèbe, en ce qui concerne les rois de Juda et d'Israël, s'écarte de l'exactitude. En effet, l'Ecriture établit que Jéhu tua en même temps, dans [la ville de] Jezraël, les deux rois : Joram, fils d'Achab, roi d'Israël, et Ochozias, fils de Joram, roi de Juda, qui était descendu visiter Joram pendant sa maladie7 ; or, Eusèbe place la mort de Joram, roi d'Israël, 3 ans après la mort d'Ochozias, roi de Juda, ainsi qu'il est écrit dans ses canons chronologiques. Et la cause8 de Perreur est manifeste. Les années attribuées dans l'Ecriture aux rois d'Israël n'étaient point complètes, car on comptait la même à deux rois : à celui qui était mort et à son successeur, parce que chacun d'eux avait régné un certain temps en cette année, cinq ou six mois peut-être; mais lui les compte comme complètes, sans distinction. Que ces années n'étaient point complètes, tu peux l'apprendre des indications consignées dans l'Ecriture, sur le commence- ment du règne de chacun des rois de Juda et des rois d'Israël. On indique le dé- but du règne de chacun des rois de Juda, en notant en quelle année d'un roi d'Israël [il a commencé] ; et de même, on indique en quelle année d'un roi de Juda a commencé à régner chaque roi d'Israël ; de sorte que par là tu peux re- connaître facilement que le total du temps de règne attribué à chacun par l'Ecri- ture n'est pas formé d'années complètes. Eusèbe a donc fait cela sans attention. Les années sont indiquées ainsi : 1. II Reg., xr.— 2. Aiôyvrrroç. — 3. ou Acrâpinès; gr. : 'Ay.payavrç;. — G. II Reg., xti; xiv. 7. II Reg., ix. — 8. Lire : l^o. 5» 4>epsxXî)î» 72 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Quand le royaume fut partagé après la mort de Salomon, Roboam régna sur Juda 17 ans; et Jéroboam sur Israël 22 ans1. En Fan 18 de Jéroboam, Abia com- mença à régner pendant 3 ans 2. En l'an 20 de Jéroboam, Asa commença à régner pendant 41 ans3. — En Fan 2 d'Asa, Nadab commença à régner sur Israël pendant 2 ans ; en l'an 3 d'Asa, Baasa pendant 10 ans* ; en l'an 26 d'Asa, Ela, fils de Baasa, pendant 2 ans3; en l'an 27 d'Asa, Zamri, pendant 7 jours6; en Fan 27 d'Asa, [Amri pendant [12] ans 1 ; en l'an 38 d'Asa, Achab, pendant 22 ans8. — En Fan 4 d'Achab, Josaphat commença à régner sur Juda, pendant 25 ans3. En l'an 17 de Josaphat [43], Ochozias, fils d'Achab, commença à régner sur Israël, pendant 2 ans10 ; en Fan 18 de Josaphat, Joram, fils d'Achab, pendant 12 ans H. — En l'an 5 de Joram, fils d'Achab, Joram, fils de Josaphat, pendant 8 ans12; en Fan 11 de Joram, fils d'Achab, Ochozias, fils de Joram et d'Athalie, commença à régner sur Juda, pendant 1 an13 ; et les deux rois furent tués en môme temps par Jéhu. Le Livre saint enseigne cela, et aussi que les deux rois qui leur succédèrent commencèrent àrégner en même temps : Jéhu, qui avait tué les rois, commença à régner sur Israël, et Athalie régna sur Juda après celui qui avait été tué. Cela est manifeste par le fait que l'Ecriture n'indique point le commencement du règne de l'un d'eux par les années de l'autre, comme elle l'a fait pour les rois précédents. De plus, en ce qui concerne les années attribuées à Joas, qui régna après Athalie, on note ceci : En Fan 7 de Jéhu, roi d'Israël, Joas commença à régner sur Juda pendant 40 ans u. On sait qu'on attribue 7 ans à Athalie i5. Si donc Athalie a régné 7 ans et si Joas a commencé à régner après elle, en l'an 7 de Jéhu, il est manifeste que les deux règnes d'Athalie et de Jéhu ont commencé en même temps, et, par suite, que leurs prédécesseurs ont fini aussi en même temps : c'est-à-dire Joram, fils d'Achab, roi d'Israël, et Ochozias, fils d'Atha- lie et de Joram, fils de Josaphat, roi de Juda, que Jéhu tua tous les deux à Jez- raël. — Le temps de leur règne est ainsi noté dans l'Ecriture, en même temps que le commencement de chacun. Athalie régna sur Juda pendant 7 ans, Jéhu régna sur Israël pendant 28 ans. En l'an 7 de Jéhu, Joas commença à régner sur Juda pendant 40 ans. En l'an 23 de Joas, Joachaz commença à régner sur Israël pendant 17 ans16; en l'an 38 de Joas, Joas commença à régner sur Israël pendant 16 ans17. [44] En l'an 2 de Joas, Amasias commença à régner sur Juda pendant 29 ans18. — On note en outre ceci : Amasias vécut encore 15 ans après la mort de Joas19. — En l'an 15 d'Amasias Jéroboam commença à régner sur Israël pendant 41 ans20; en Fan 27 de Jéro- boam, Azarias, sur Juda, pendant 52 ans21. —En l'an 38 d'Azarias, Zacharias, fils de Jéroboam, [commença à régner] sur Israël, pendant 6 mois22; en l'an 39 d'A- zarias, Ôelloum, fils de Jabès,pendant un mois23; en l'an 39 d'Azarias, Manahem, sur Israël, pendant 10 ans24; en l'an 50 d'Azarias, Phacéas, fils de Manahem, 1. I Reg., xiv, 20, 21. — 2. Ibid., xv, 1. — 3. Ibid., 9-10. — 4. Ibid., 25, 28. — 5. Ibid , xvi, 8. — 6. Ibid., 10, 15. — 1 .Ibid., 23. — 8. Ibid., 29;ms. : 12 ans. — 9. I Reg., xxu, 41. — 10. Ibid., 52. — 11. II Reg., in, 1 ; ms. : 2 ans. — 12. Ibid., vm, 16. — 13. Ibid., vin, 25, 26; édit. : l'an 12. 14. II Reg., xn, 1. — 15. II Reg., xi, 4. —16. II Reg., xin, 1. — 17. Ibid., 10. — 18. Ibid., xiv, 1. — 19. Ibid., 17. — 20. Ibid., 23. — 21. II Reg., xv, 1. — 22. Ibid., 8. — 23. Ibid., 13. — 24. Ibid., 17. LIVRE IV. CHAP. XIV 73 pendant 2 ans'; en Pan 52 d'Azarias, Phacée, fils de Roumélia, sur Israël, pen- dant, pendant 20 ans2. — En l'an 2 de Phacée, Joatham commença à régner sur Juda, pendant 16 ans3; en l'an 17 de Phacée, Achaz, sur Juda, pendant 16 ans4. — En Pan 12 d'Achaz. Osée commença à régner sur Israël, pendant 9 ans 5; et en l'an 3 d'Osée, Ezéchias sur Juda, pendant 29 ans6. — On note, dans le livre des Royautés, ceci : « En l'an 4 d'Ezéchias qui est l'an 7 d'Osée », et : « En l'an 6 d'Ezéchias, Salmana- sar monta et s'empara de Samarie et de tous ses environs7. » Il faut donc recon- naître qu'il y a une faute dans le nombre des années attribués dans le Livre saint à Phacée, fils de Roumélia, et à Joatham de Juda. Ou celles de Phacée, roi d'Is- raël, sont 30 au lieu de 20, ou celles de Joatham sont [6] au lieu de 16. — L'Ecri- ture note ceci : « En Pan 20 de Joatham, Osée se révolta contre Phacée 8. » Or il est manifeste que c'est une erreur d'après ce qui a été établi précédemment a propos d'Ezéchias, d'Osée et de la Captivité. — Dans quelques exemplaires grecs, on n'attribue pas seulement8 ans de règne à Joram, fils de Josaphat, mais 10 ans. Il est, en effet, noté ainsi : « Joram, fils de Josaphat, roi de Juda, commença à régner à Page de 32 ans. et il régna 10 ans à Jérusalem9. » — Fin. [45] En l'an 2 d'Amasias10, Joas commença à régner sur Israël pendant 16 ans. Arémulus fut brûlé, et Aventinus régna sur les Latins pendant 37 ans11. — En l'an 3d'Amasias, Osorthon12 régna sur les Egyptiens pendant 15 ans. —En Pan 10 d'Amasias, le 9e juge des Athéniens, Ariphon 13, commença à exercer pendant 20 ans. — En l'an 15 d'Amasias, régna sur les Assyriens Thonus Concolérus14, A cette époque, Hazaël, roi de Syrie, dévasta le royaume d'Israël; il voulut ensuite monter contre Jérusalem. Joas ayant eu connaissance de cela, enleva tous les vases d'or de la maison du Sei- gneur et les envoya à Hazaël qui les prit et s'éloigna13. En sixième lieu, les Cypriotes occu- pèrent la mer pendant [42] 24 ans lô. Arémulus, qui était très impie dans ses actions, fut frappé de la foudre et mourut17; sa maison fut renversée par une inondation. Continuons maintenant à examiner ceux qui sont placés l'un après l'autre dans les chroniques de ces anciens au- teurs. — Le 29egrand-prêtre, selon An- dronicus, fut donc Mardai [42] qui exer- ça pendant 39 ans, comme l'expose le chroniqueur. Il dit qu'après celui-ci vint le prêtre Ourias. qui fut le 30° dans la série. Il lui attribue 16 ans de ministère dans l'office du sacerdoce légal institué par Dieu parmi le peuple. Par ailleurs [il est écrit que du temps d']Ozias, roi de Juda, qui fut atteint de 1. II Reg., xv,23. — 2. Ibid., 27. — 3. Ibid., 32. — 4. II Reg., xvi, 1. — 5. II Reg., xvrr, 1. —6. II Reg., xvin, 1. — 7. II Reg., xvm, 9, 10. - 8. II Reg., xv, 30. — 9. Cf. II Reg., vnr, 16-17. — 10. Ms. : l'an 10. Erreur; cf. II Reg., xiv, 1. — 11. H. a. 1142. — 12. 'OawpÔciv; H. a. 1164. — 13. 'Apiçpwv. — 14. ©wvo; Kovxo^epoç. 15. II Reg., xir, 18. — 16. H. a. 1152. — 17. H. a. 1142. 1. 10 74 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN qui est appelé par les Grecs Sardanapale, pendant 20 ans. — En l'an 18 d'Ama- sias, Jéroboam [II] commença à régner sur Israël, pendant 40 ans1. — A cette époque régna, en Egypte, Tacélothis*, pendant 13 ans. Amasias, roi de Juda, fit la guerre contre Joas, roi d'Israël3. Les enfants d'Israël montèrent en Judée, et ils firent périr* trois cents hommes ; Ama- sias fut percé d'une lance et mourut. Ils vinrent à Jérusalem, percèrent quatre cents coudées du mur, prirent tout ce qu'ils trouvèrent d'or, d'argent, de vases dans le temple du Seigneur et dans le palais royal, et s'en retournèrent à Samarie. Hazaël, roi de Syrie, rassembla de nouveau une armée et marcha contre Israël; il pilla ce royaume, et fit tuer les notables des Juifs 5. Le prophète Elisée mourut en l'an 37 de Joas'; il vécut 50 ans après Elie, et 67 ans depuis qu'il avait été oint. Les serviteurs de Joas le mirent à moit7. Quelques-uns disent que la ville de Carthage fut fondée à cette époque8; d'autres disent qu'elle le fut auparavant. A cette époque mourut Hazaël, roi de Syrie, etBar-Hadad commença à régner9. Il faut savoir que dans le comput des années fait par Eusèbe, il y a aussi une erreur au sujet de Joas, roi d'Israël; car l'Ecrilure10 raconte la mort d'Elisée en l'an 37 du roi [43] de Juda ; et dit qu'en cette année, Joas, fds de Joachaz, com- mença à régner sur Israël ; il alla trouver le prophète Elisée, qui était mortelle- ment malade ; il pleura en sa présence et lui dit : « O mon père ! mon père ! le la lèpre, florissait le grand-prêtre Za- charias, fils de Barachias, dont il est parlé en ces termes11 : « En ce temps [43] les Juifs [lapidèrent] le prêtre Za- charias et il mourut. » — Andronicus place le 23e ce Zacharias, qui aurait exercé pendant 10 ans12, après Joiada; et après lui, Ourias, comme nous l'avons exposé plus haut. Après Zacharias et Ourias qui exer- çaient du temps des rois de Juda Ozias et Joatham [44], nous avons recueilli [les noms des] autres de plusieurs livres 13 et nous les disposons ainsi : Après Ourias, selon Andronicus, le 31u fut Hananias, pendant 45 ans. —¦ Jacques place Jean le 30e; après lui An- dromachus'Me 31e [4o], pendant 24ans, et ensuite, le 32°, le célèbre Onias, fils Joiada, pendant 11 ans. — Andronicus dit que le 32e, après Hananias, fut Hel- cias, pendant 30 ans; après Helcias, Pashour fut grand-prêtre pendant 4 ans. — Jacques_, au lieu de ce Pashour, dit I. Cf. II Reg., xiv, 23. — 2. TaxéXwÔcç. — 3. Cf. II Reg., xrv; II Chr., xxv. — 4. Lire : 5. II Reg., xiii. —6. II Reg., xm, 10, 14; H. a. 1155. — 7. H Reg., xn, 20. — 8. H. a. 1164. — 9. II Reg., xm. 24. — 10. II Reg., xm, 10, 14. II. Notre texte est altéré dans ce passage. Cf. II Chr., xxvr, 5; comp. xxiv, 20, 21. — 12. Ci- dessus (p. 39 du texte) : 8 ans. — 13. On peut aussi traduire : « Nous avons recueilli des Livres Tsaints les noms de] plusieurs que nous disposons ainsi ». — 14. Ms. : le 408, par erreur évidente. LIVRE IV. CHAP. XIV 75 Quelques-uns disent qu'Amasias ne fut pas tué dans le combat, mais qu'il s'en- fuit à Lachis, et que ses serviteurs le transpercèrent, le tuèrent et amenèrent son cadavre à Jérusalem ; il fut enseveli avec ses pères, et son fils commença à régner. char d'Israël et son cocher! » Le pro- phète lui dit : « Prends un arc et une flèche et frappe la terre. Ainsi tu vain- cras la Syrie 1 ». [Eusèbe] dispose les rois de Juda et d'Israël confusément; il place [le com- mencement] du règne de Joas, roi d'Is- raël, en l'an 2 d'Amasias, [roi de Juda], Quatre8 ans après la mort d'Elisée, Joas, roi d'Israël, sortit combattre Bar- Hadad. roi de Syrie et lui reprit les villes dont il s'était emparé. (Je pense quil s'agit de la Judée)3. Epiphanek : « Amos était de Thécua ; il reprenait sans cesse Amasias; enfin, le fils de ce dernier le tua en le frappant h la tempe d'un coup de bâton. Amos respirait encore, et fut transporté dans son pays; il y mourut et y fut enseveli. » « [Nahoum] 3 était de Elqai6, au delà de Beit Havarim 7, [44] de la tribu de Siméon. Après Jonas, il donna comme signe aux Ninivites, que la ville de Ni- nive périrait par l'eau douce 8 et par le feu de sous terre : ce qui arriva; car, dans un tremblement de terre, elle fut [46] que le 33e fut Siméon, fils d'Onias, qui exerça 32 ans. Tous ont écrit sur ce Siméon : c'était un homme juste, sage, qui est fort célèbre chez les Hébreux. Bien que quelques chroniqueurs disent que ce Siméon vécut plus tard, tous ce- pendant sont'[d'accord pour dire.....[la- cune]9..... non pas avec tout le soin désirable, sur l'époque de ces anciens prêtres [ministres du sacerdoce que la miséricorde] 10 [48] infinie du Dieu tout- puissant pour l'humanité, a donné h la racedes [hommes] terrestres11. Il s'étend et se propage en tous lieux et toujours : et c'est à la vérité un grand bienfait. Il y eut à cette époque un prêtre nommé Azarias12 [dont l'institution 13] eut lieu ainsi : quand l'Assyrien Salmanasar com- mença à régner [49] sur la Samarie et emmena les dix tribus en captivité en Assyrie, il envoya d'Assyrie des gardiens en Samarie; Dieu suscita contre eux des lions et d'autres bêtes féroces. Pour ce motif, le roi d'A ssyrie envoya le prêtre Azarias leur enseigner la loi de. Moïse". [50] Ce prêtre fit écrire le livre de la 1. II Reg., xm, 14 sqq. — 2. Ms. : 40 ans. — 3. Cette note marginale, qui se trouve à la page 42 du texte, a sa place marquée ici par un signe de renvoi. — 4. Patr. gr., t. XLIII, col. 415. — 5. Ibid., col. 417 ; restituer le nom *>a«> dans le texte. — 6. ànzh 'E),xe-3j/.|. — 11. Le texte syriaque doit se lire ainsi : • |ov^ »jJD ,*> >ûo;m» **ûAbo (add. ms. 14536, fol. 30). 12. Je pense qu'il y a une interversion, et je lis : *o» * ©ijfco lowi oag*~|. LIVRE IV. CHAP. XV 77 Zacharias régna sur Israël, pendant 6 mois1. —Ici finit la quatrième génération de Jéhu. Après Zacharias, Selloum régna un mois, et après lui Manahem pen- dant 10 ans [46] En l'an 24 de son règne, Ozias eut l'audace d'entrer dans le temple de Dieu et d'offrir de l'encens. Azarias3 le prêtre le lui défendit, mais il ne voulut point suite retourner dans son pays [45]; sa mère mourut en route et il l'ensevelit à côté du chêne de Débora. Il habita dans la région de Sarar4. Il mourut et fut enseveli dans Phypogée de Kénézaou 5, un juge qui avait gouverné sa tribu du temps de l'anarchie. — Il avait donné un signe au sujet de Jérusalem et de tout le pays : « Quand on verra la pierre qui poussera des mugissements', la fin approchera: quand tous les peuples se- ront réunis à Jérusalem, la ville sera détruite jusqu'au niveau du sol. » Tandis que Thespieus7, fils d'Ari- phron, régnait sur les Athéniens, l'em- pire des Assyriens prit fin. Sardanapale, ayant engagé le combat, fut vaincu8. Le total des années de la dynastie des Assyriens, depuis la première année de Bélos, père de Ninus, est de 1300 ans9. Quand Arbacès le Mède mit fin à l'empire des Assyriens, il fit passer le pouvoir aux mains des Mèdes, et cette dynastie dura jusqu'à Déjocès, roi des Mèdes. Dans l'intervalle, les Chaldéens10 une série de rois chez eux. Les autres rois florissait Kâlqai, qui est, certes, Helcias le grand-prêtre,père du prophète Jérémie, celui quitrouva le livre de la Loi, [après quoi] le roi Josias accomplit tout ce qui avait été prophétisé par le pro- phète venu de Judée 114 ans aupara- vant 13. De son temps, en l'an 18 de Josias, alors que celui-ci célébra la Pâ- que, finit le 70° Jubilé, selon les Hébreux. Cet Helcias, qui fut selon quelques-uns le père du prophète Jérémie, vécut du temps d'Amon, de Josias et de Joachim, rois de Juda, comme nous l'avons dit plus haut; il exerça pendant 30 ans. Nous avons à son sujet de nombreux té- moiffnasfes dans les Livres saints, ainsi que [o4] nous le montrent les chroni- queurs quinous enseignent l'histoire des temps, car ils parlent longuement de ce grand-prêtre Helcias, juste et célèbre. Ceci d'après les paroles d'Andronicus, d'Africanus et de Jean, qui [suit] Eusèbe. urent un gouvernement particulier11 : on cite euples avaient aussi des rois particuliers18. 1. Cf. II Reg., xv, 8. — 2. Ibid., 12, 13, 17. — 3. Ms. : Ozias; cf. II Chr., xxvr. 4. Gr. : Saâp ; mss. syr. : ï^eo. — 5. Gr. : KouvsÇtoû [var. col. 409 : KsveÇéou]; lire oowiû (?). — 6. Lire : Lx^. — 7. ©scnnedî. — 8. Cf. H. a. 1192; 1172 et 1189. — 9. H. a. 1197. — 10. Lire : (et non L^). — 11. Lire : M^». — 12. H. a. 1198. 13. II Reg., xxm, 5; comp. I Reg., xrrr, 1 sq. Le ms. porte 374, chiffre évidemment inexact. 78 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN retourner : il devint subitement tout couvert de lèpre. Dès lors, Joatham1, son fils, gouverna le peuple de Juda. — Le prophète Isaïe prophétisa jusqu'ici, pendant vingt-quatre ans. Mais, ayant vu le roi agir avec audace, et ne l'ayant point repris, le don de prophétie lui fut enlevé pendant vingt-huit ans, jusqu'à la mort d'Ozias ; alors il recommença à prophétiser pendant 61 ans. — Les paroles de son livre sont au nombre de 3196. Après la mort de Sardanapale et la destruction de l'empire des Assyriens de Ninive, un second empire s'éleva à Ninive : celui de la race des Chaldéens, auquel appartiennent Phoul, Tiglatphalaser, Salmanasar, Sennachérib et ceux de ses suc- cesseurs dont les divines Ecritures font mention ; et un autre gouverna les Assvriens de Babylonie; il était aussi d'origine chaldéenne; il commença avec Nabounasar et se continua jusqu'à Naboupalasar et Nabouchodonosor. On compte depuis Nabounasar jusqu'à la mort d'Alexandre le Macédonien 424 ans. De ces gens, étaient les ambassadeurs qui vinrent trouver Ézéchias, roi de Juda, et auxquels celui-ci montra tous les trésors de son palais 2. [40] Sardanapale peupla Tarse 3. Alors prophétisaient Osée, Amos et Isaïe4. Epiphane5 : « Osée était de Balemôth6 de la tribu d'Issachar. Il fut enseveli en paix dans son pays. Il donna comme signe que le Seigneur viendrait sur la terre, que le térébinthe7 de Silo se diviserait de lui-même en douze et formerait douze téré- binthes : ce qui arriva. » A cette époque, Azarias, roi de Juda, bâtit la ville d'Elat et restaura le mur de Jéru- salem que Josias, roi d'Israël, avait percé8. Manahem, roi d'Israël, maltraita les habitants de Thapsa0 parce qu'ils ne lui avaient pas ouvert les portes : il dévasta la ville, et éventra les femmes enceintes. En huitième lieu, les Egyptiens occupèrent la mer pendant 50 ans 10. Phoul, roi des Assyriens et des Chaldéens, monta contre Samarie sous le règne de Manahem, roi d'Israël, et reçut de celui-ci 1000 [talents] d'argent11. Les rois des Assyriens commencèrent à emmener les Israélites de leur pays, en captivité, dans l'Assyrie et les autres contrées. L'empire des Lydiens commença alors en l'an 8 de Ccenusia, 2e roi des Macédoniens. Le premier qui régna sur les Lydiens fut Ardysus, fds d'Alyattès1', pendant 36 ans. 1. Cf. II Reg., xv, 5. 2. II Reg., xx, 12 sqq. — 3. Tapaov Zv/.^t ; lire : ; cf. H. a. 1198.— 4. H. a. 1212. — 5. Patr. gr., t. XLIII, col. 415. — 6. BaXe^O [var. BeXs|xw9J. _ 7. 1^6°. — 8. II Chr., xxvr, 2, 9. — 9. II Reg., xv, 16 sqq. — 10. Cf. H. a. 1233. — 11. Arm. a. 1232. — 12. Ko-vo;. — 13. "ApS-jaoç 'AX-jocttou ; H. a. 1239 ; Arm. 1238. LIVRE IV. CHAP. XV 79 En Pan 33 d'Ozias, Amulius régna sur les Latins, pendant 43 ans. — En Pan 34 d'Ozias, commença à régner sur les Mèdes leur 2e roi, Sosarmos, pendant 30ans. — A cette époque, Phoul1, roi de Babylone, envahit la Samarie; il reçut de Manahem, roi d'Israël, mille talents d'argent, et s'en retourna. — En l'an 36 d'Ozias, Psammus 8 commença à régner sur les Egyptiens, pendant 10 ans. — En l'an 41 d'Ozias, le 2e roi, Qônôs3, commença à régner sur les Macédoniens, pendant 12 ans, et Téglatphalasar commença à régner sur les Assyriens, pendant Les rois des Lacédémoniens durèrent jusqu'ici4; ils régnèrent 325 ans; et ces- sèrent alors. Ici, de même, cessèrent les rois des Corinthiens, après avoir duré 373 ans 5. [47] On compte en tout jusquà la première olympiade : depuis Adam 4752 ans; depuis le Déluge 2756 ans ; depuis Saiil, premier roi [des Hébreux], 3W ans. A cette époque6 commence la première olympiade, du temps d'Eschyle, prince des Athéniens; en la 2° année de son gouvernement fut organisée la première olym- piade dans laquelle l'Elien Corœbus remporta la victoire dans le stade. Les Eliens organisent cette lutte chaque cinquième année, e'est-à dire qu'il s'écoule, entre chaque jeu, quatre années, pendant lesquelles des princes nommés pour un an gou- vernent. La première olympiade fut organisée par Iphitus, [fds de Praxonide] 7. Africanus place la première olympiade du temps de Joatham, roi de Juda. La présente supputation concorde avec cette même époque. Africanus écrit ceci: « Es- chyle, fils d'Agamestor, fut prince des Athéniens jusqu'à la fin de sa vie, pendant 23 ans 8, du temps où Joatham, roi de Juda régnait à Jérusalem3. » De la destruction de Troie, jusqu'à cette première olympiade, il y a 405 ans. — Ceci d'après Eusèbe10. Andronicus dit que depuis le commencement du règne de Cécrops, premier roi des Athéniens, jusqu'à la première olympiade, il y a 802 ans; depuis Moïse et l'Exode : 863 ans. A cette époque11, Arctinus de Milet florissait comme versificateur18, c'est-à-dire faiseur de vers. Les villes de Pandosia et de Métapontus furent bâties en Italie I3. A cette époque 14 Remus et Romulus naquirent de Mars et dTlia. 1. Lire : ^a9. Arm. a. 1232. — 2. ^a^oùç. — 3. Kotvoç. 4. Cf. H. a. 1240. — 5. Cf. Arm. a. 1240. — 6. H. a. 1241. — 7. Cf. E. a. 1240. L'espace blanc de quelques lignes contenait sans doute la traduction de cette phrase du Chronicon: xk tï|ç 'EXXyJvwv -/povoypxçc'aç àxptêùO; àvaypai% TSTôuxevou Scoxsï • ta upô ocijtwv, wç ÈxaaTw cpi'Xov r,v àTrîç^CTavxo (Eus., I, 192). — 8. xy'; ms. : 13 ans. — 9. E. a. 1240. — 10. Ibid. — 11. E. a. 1241. — 12. 'ApxTÏvo; MiXr.aio; Ètïotcoiô;. — 13. riavSocrîa xoù Metaitôvxiov; Arm. a. 1243. — 14. H. a. 1244; Arm. 1248i 80 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 35 ans. — En Fan 46 d'Ozias, Bocchorosi, 1er roi de la XXIVe dynastie, commença à régner sur l'Egypte, pendant 44 ans. — En l'an 48 d'Ozias, commença à régner [Ardysus], le 1er roi des Lydiens 2. Téglatphalasar, roi des Assyriens, monta et s'empara de Juda et d'Israël; il emmena une grande partie du peuple; ce fut le commencement des captivités, alors que furent emmenées Aion, Abel, Beth-Malka, Yanoch, Qana, Haçor, Galaad, Gad, toute la Galilée et la région de Nephtali3. — Ozias mourut. La gloire de Dieu fut révélée à Isaïe et le don de prophétie lui fut rendu. [48] Cymon dit, dans leur histoire1', qu'Ilia6 était fille de Némétor, frère d'Amulus. Amulus. ayant tué Némétor, régna à sa place; il s'empara par la violence d'ilia et des deux fils jumeaux qu'elle avait eus de Mars; il les donna à un de ses pasteurs pour les faire périr; mais celui-ci eut pitié d'eux; il les plaça dans une barque qu'il abandonna sur le fleuve du Tibre. La barque abandonnée à elle-même revint sur la rive du fleuve, et déposa les enfants sur le limon. Un bouvier nommé Faustulus les trouva et les éleva. Ayant causé avec le berger qui les avait abandonnés sur le fleuve, il apprit de lui de qui ils étaient fils. Il les élevait avec le lait d'une louve. Quand ils eurent grandi, Faustulus leur fit connaître de qui ils étaient fds, et ce qui leur était arrivé. Ils devinrent forts, et allèrent tuer Amu- lus; ils s'emparèrent du royaume et firent sortir Ilia de prison. Ils bâtirent Rome dans le champ de Faustulus, où ils avaient été élevés, près du fleuve du Tibre. C'est d'eux que tout le peuple des Latins prit le nom de Romains. D'autres parlent d'eux en d'autres termes : Arémulus était leur grand-père. Pensant qu'ils étaient nés d'un adultère, il ordonna de les jeter dans le fleuve. Leur mère iElia était prêtresse de Mars; elle avait commis l'adultère et prétendait avoir conçu de Mars. Ils furent jetés dans le fleuve 6... Ayant commencé à régner, ils en vinrent aux mains, Romus [fut tué] par son frère, et Romulus régna [seul] sur eux. Depuis lors la ville ne cessa7 d'être agitée par des tremblements de terre, jusqu'à ce qu'il apprît par une vision que : tant que son frère, qui avait fondé la ville avec lui, ne siégerait pas avec lui sur le trône, 1. B6-/xwP'Ç. — 2. Cf. p. 78, n. 13. — 3. Cf. II Reg., xv, 29. Les noms propres sont assez mal- traités. Voici le verset de la Pesitta : • • <»»»' No • û^o ^v*> No fla»«ao ^oUo —î—a»o • iotU vaj| >^v^o • u_^.k_^ ;j J.v»| ôv^>o • H^^o • ,^-X^o • joj^o 4. Lire : soov^»; Ar. : >0©i&,»|o «»3 ^asoaû "^.ûû*. — 5. Ms. : Iliôn. — 6. Le passage suivant est mutilé ; l'arabe en omet la traduction. Des quelques mots qui restent on peut conjecturer qu'il traduisait cette phrase : Verum parvulos prope ripam Tiberis expositos Faustulus regii pastor armenti ad Accam Larentiam uxorem suam detulit, quae propter pulchritudinem et rapacitatem corporis quaestuosi, lupa a viciais appellabatur. Inde ad nostram usque memoriam meretricum cellulae lupanaria dicuntur. H. a. 1221. — 7. Lire : ûwi*.. LIVRE IV. CHAP. XVI 81 CHAPITRE XVI. — Après Ozias, son fils Joatham régna pendant 16 ans : il gouvernait déjà le royaume depuis que son père était atteint de la lèpre. Il fit beaucoup d'ouvrages dans le mur de Jérusalem. Il combattit avec les Ammo- nites, les vainquit et les soumit à un tribut1. . En l'an 3 de Joatham, le 3e roi, Tyrimmas2, commença à régner sur les Macé- doniens, pendant 38 ans. — En l'an 12 de Joatham, Mamycos3 commença à ré- gner sur les Mèdes, pendant 40 ans. les tremblements de terre ne cesseraient point. Alors Romulus fit faire une statue d'or à l'image de son frère et la plaça à côté de lui sur le trône, et quand il parlait, il le faisait au nom d'eux deux; il disait : « Nous commandons, nous faisons, nous vou- lons », et ainsi de suite. Cette coutume a persévéré chez les rois des Romains jusqu'au- jourd'hui. Le Lacédémonien Cinethon qui composa la Tèlègonie florissait à cette époque. Le poète Eumelus qui écrivit Bugonia et Europia était alors célèbre A cette époque prophétisaient Joël, Jonas, Michée, Isaïe et Osée 5. A cette époque fut fondée l'île cFAradus6 qui est Rouad ; elle subsista pendant 1460 ans, jusqu'à ce qu'elle fut détruite par les Arabes. A cette époque fut fondée, en Sicile, la ville de Salinus et Scalê (?); dans le Pont : Trapezus1; en Bythinie : Cyzicus8; en Italie : Callicum et Lyconia9. A Lacédémone fut établi le premier éphore 1#. [49] Jusqu'ici avaient régné, l'espace de 360 ans, les rois appelés « Latins » qui furent au nombre de quinze. — En l'an 7 d'Achaz, roi des Juifs, Romulus commença à régner et bâtit la grande et fameuse Rome, et tous ses successeurs y habitèrent. Jus- qu'aujourd'hui, les Francs sont appelés Romains, du nom de ce roi et du nom qu'il avait donné à la ville. — Les rois avaient commencé à exister en Italie en la 3e année après la ruine de Troie, qui fut détruite du temps de Labdon, juge d'Israël. Le premier fut Enée, qui vint de Troie, lorsque les Achéens armés 11 contre elle la dévastèrent, avec ceux de la maison d'Agamemnon et de Ménélas. Ces rois d'Italie furent alors appelés latins, jusqu'à Romulus qui bâtit Rome, et y fit de grandes constructions, du temps d'A- chaz, roi de Juda; tout lepeuple fut alors appelé romain. Cette ville italiote s'étendit et se développa du temps de Romulus et des rois ses successeurs. Il y a dedans 24 grandes églises catholiques; 2 grandes basiliques où se tient l'em- 1. Cf. II Chr., xxvir. — 2. Tupu.a?. — 3. H. : Medidus. Sans doute le Mandaueas de Ctésias. 4. H. a. 1254. — 5. Cf. H. a. 1249. — 6. H. a. 1259 ; Arm. 1255. — 7. TpcrnsÇoO;; Arm. a. 1260. — 8. Kû^xo;; H. a. 1261. — 9. Arm. a. 1260. — 10. Lacune dans le ms. ; restitution d'après H. a. 1260; Arm. 1259. — 11. Lire : oa.,iK 82 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Après Joatham, son fils Achaz régna pendant 16 ans. Il servit les dieux des Gentils, et lit ce qui était mal. — Phacée, roi d'Israël, fît venir Razin, roi de Syrie ; il monta contre Juda et détruisit cent vingt mille hommes. — Achaz appela Té- glatphalasar, roi d'Assyrie, qui vint, tua Razin, roi de Syrie, et attaqua Damas; il emmena captifs les Iduméens, prit d'Achaz beaucoup d'argent et retourna dans son pays '. pereur, et où tout le peuple s'assemble autour de lui; 324 grandes rues spacieuses; 2 grands capitules; 80 statues d'or; 64 statues d'ivoire; 46.603 grandes maisons; 797 maisons princières; 1.352 canaux qui procurent les eaux; 274 boulangers qui travaillent à donner la nourriture aux habitants de la ville, sans compter ceux qui travaillent pour vendre8. [Il y a] 31 palais impériaux; 5.000 sépulcres; 31 bases de marbre; 3.800 statues d'hommes en bronze; 270 statues des rois en bronze; 29 statues de la famille d'Abraham, dTsaac, de Jacob, de Sara, d'Agar, et des autres rois hé- breux, que Yespasien amena de Jérusalem, avec les portes de Jérusalem et beau- coup d'autres choses; 2 colonnes en spirale; 14 stades des Romains; 3 théâtres; 2 ludi\ 11 nymphéa; 22 chevaux de bronze; 12 bains publics et 2 autres ; 14 [v.oop)o'.y.:- Xwv wvt'.vojv £-/.zouë'.Tépia; 2 castra equitum singulariorum; 45 mastrulia ; 2.300 dépôts publics d'huile ; 254 latrines publiques3 ; les éparques qui gardent la ville [sont au nombre de] 673, et ceux qui ont l'autorité générale [au nombre de] 7'\ — Le pourtour de la ville en dehors du mur est de 40 milles, et à l'intérieur, depuis le levant jusqu'au couchant, [elle mesure] 12 milles, et du nord au midi, aussi 12 milles. Quand on fit la recension du peuple de Rome, à la LXe olympiade on trouva 120.000 citoyens ; à la CXC : 165.0005 ; à la CXXP : 270.000; à la CLXXIIP : 460.000 ; à la CLXXXVIIP, 4.165.000; [50] en la CCVP olympiade, sous le règne de Claudius et d'Agrippa, 6.944.000. — Sous les règnes d'Auguste etd'Archélaiis, fils d'IIérode, il y eut une grande famine, au point qu'on achetait un modius de froment pour 27 dinars et demi. — Sous le règne de Titus, il y eut une grande peste, au point qu'il mourait chaque jour des myriades d'hommes. [Romulus], après avoir bâti le mur de Rome, fit une grande fête, et il appela Mars, 1. Cf. II Reg., xvi ; II Chr., xxviti. 2. Une description de Rome presque identique à celle-ci se trouve insérée de nouveau dans la Chronique, dans le récit du règne de Justinien (p. 309 du texte). La comparaison des deux recensions devant en faciliter l'intelligence, nous réservons les notes et les rectifications du texte pour ce second passage, et nous nous bornons, ici, à traduire littéralement. Voir Ign. Guidi, // testo siriaco délia Descrizione di Roma (Bullettino délia Comm. arch. di Roma, 1885, p. 218 sqq. • et 1891, 61 sqq.). — 3. Lire : — i. Ms. : 707. — 5. Lire : ^ ; cf. Arm. a. 1676. LIVRE IV, CHAP. XVI 83 En Pan 2 d'Achaz, Osée se révolta [47] contre Phacée, le tua, et régna sur Is- raël pendant 9 ans1. — En Pan 8 d'Achaz, Salmanasar commença à régner sur les Assyriens, pendant 14 ans; il monta contre Israël et soumit Osée, qui lui donna un tribut ; mais ensuite Osée se révolta contre Salmanasar et fit appeler à son secours Adramélek, le Kousite, qui habitait en Egypte. — En Pan 7 d'Osée/ roi d'Israël, Pan 8 d'Achaz, la première année de Salmanasar, celui-ci monta de nouveau contre Samarie et l'assiégea trois ans. — En l'an 9 d'Osée, 11 d'Achaz, 3 de ce qui signifie Ares*, le mois3 qui s'appelait auparavant Primus*. Chaque année, les Romains célèbrent cette fête. Il fit aussi un grand pallium*; i! célébra les noces (?)6, distribua des largesses [au peuple] et donna un grand festin aux notables. Dès lors l'usage s'est introduit chez le peuple romain de faire des pallium (?). — Dès qu'ils voulaient le tuer, il leur donnait des fêtes et des festins, et les détournait7. Il bâtit aussi un cirque. Romulus voulant jeter la division parmi le peuple qui cher- chait à le tuer parce qu'il avait fait périr son frère, institua à Rome, en l'honneur du Soleil et des quatre éléments, des jeux [consistant] dans une course de quadriges. Ce furent les premiers jeux. Il attribua des noms aux quatre éléments. Il appela la terre Prasinus, parce qu'elle ressemble à l'herbe; la mer, Venetus, parce qu'elle ressemble aux eaux bleues ; le feu, Rufus, parce qu'il brille, et l'air, Alla, parce qu'il est blanc. Et dès lors il y eut des factions à Rome 8. — Il donna le nom de Prasinus, qui signifie en grec « permanent » (prœsentiam veut dire «permanence ») parce qu'en tout temps la terre subsiste et fait germer l'herbe; et celui de Venetus, parce qu'il y a une pro- vince dans l'empire romain qui s'appelle Venetia, dont la métropole est Aquileïa ; et de là provient la teinture bleue 9. Il les accoupla ainsi : avec prasinus, alba, qui est l'air; et avec venetus, ru/us, qui est le feu, parce que le feu répond à l'eau. Les habi. 1. Comp. II Reg., xv, 30 et xvir, 1. 2. "Ap?)î. — 3. Lire : L*;. (et non U;~). — 4. Cf. Macrob. , Saturn., II, 12. — 5. [xavôû?.; paraît bien être le mot que l'auteur a en vue. — 6. Littéralement : erexit thalamum. — 7. Litt. : « il les ajour- nait. ». — 8. Lire : I»)*» oocn = uip/]. — 9. Nos restitutions sont appuyées sur ce passage du Chronicon paschale (Mtgne, Patr. gr., t. XCII, col. 296) : KaxeïOsv Èn£vor,8r) xéaaapa uipv) Iv 'Piiu-Yj. 'ExâXeds ôè xb Ilpâfftvov uipoç ITp at'aevxov, S êaxiv cPwu,aïx7J XÉ|:ç, vyri; spu.£Véu£xat, 'Eu.7tapau.ovov Trpa'.a-£vx£'j£'.v yàp Xlysxat xb irapauivE'.v, Sioxt r\ ^XotuSs; yrj Sià 7tavxq; t'uxaxat Ilpacn'vw (X£p£i, b Èffxiv xïj yrn xb Xe-jxbv, cprjat xbv àlpa, xaôoxc PpÉxst *a\ ûitoupyEÏ xai apu.6xx£i xîj yr,. TwBevÉto uipEt, o sem xoï; ySao-i, TipoaîxôXXrjaî (j'jjxtxi^a; xb 'Po-j. Kai XotTtbv oc xyjv 'Pwjiyiv oîxoOvxe; ôt£(X£p;<70-/i<7av xà pi.épY], xa\ oùxlxt wij.ovoY]fAo;. CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Salmanasar, il s'empara de Samarie et emmena en captivité les habitants des dix tribus d'Israël, à Babylone ; ce fut la première captivité. — [48] Ce royaume avait eu pour capitale Thersa pendant 56 ans, et Samarie pendant 194 ans ; [49] depuis le schisme, les rois d'Israël durèrent en tout 250 ans. Depuis Adam [80] jusqu'à l'an 11 d'Achaz, il y a 4730 ans. Achaz fit descendre la mer d'airain de sur les bœufs d'airain que [81] Salomon avait fait faire1. — D'autres disent que Salmanasar monta [53] et emmena Israël en captivité en l'an 4 d'Ezéchias. — Ici finit ce royaume d'Israël. tants de Rome se divisèrent, embrassant chacun le parti qui lui plaisait, et dès lors il n'y eut plus de concorde entre eux. Œnomaûs, roi de Pise % faisait de ces jeux hippiques une fête en l'honneur du Soleil. On jetait les sorts, et quand CEnomaus3 et ceux qui venaient pour lutter avec lui engageaient la lutte, celui qui tenait le rôle de Prasinus se revêtait d'un vêtement couleur d'herbe. Celui qui était vainqueur tuait le vaincu. Parmi la foule des assistants, ceux qui habitaient le rivage de la mer faisaient des vœux pour que celui qui était habillé de bleu remportât la victoire, car ils pensaient que s'il était vaincu leurs ressources diminueraient; les citadins et les villageois qui habitaient à l'inté- rieur des terres faisaient des vœux pour la victoire de celui qui était habillé couleur d'herbe, car ils pensaient que s'il était vaincu, leurs ressources diminueraient. Au moment de l'hiver, les Romains s'insurgèrent de nouveau contre Romulus et cherchèrent à le tuer, et on dit qu'il institua [alors les fêtes] appelées brumalia. Il sta- tua que chaque roi devrait chaque année, au moment de l'hiver, convoquer ses sé- nateurs et leur donner un festin, à l'époque où cessent les combats1. Ils y allaient chacun à son tour, selon la lettre [51] par laquelle commençait son nom, depuis A jus- qu'à T:i. Il prescrivit au sénat d'imiter son exemple. Les sénateurs devaient s'inviter les uns les autres, avec les nobles 6 qu'ils voulaient. Des musiciens chargés d'inviter chacun, allaient le soir devant la maison de ceux qui étaient invités au festin, et jouaient pour avertir ceux qui étaient invités le lendemain au festin. Dès lors et jusqu'à ce jour, l'usage des brumalia s'est établi chez les Romains 8. Romulus garda 1. II Reg., xvr, 17. 2. Ms. : « roi des Perses » ; lire J-l-an»S (Pise, en Elide) — 3. Lire ihooI-sojow, d'après le grec : 'O Se xri; iLa-aitov '/a>PaÇ PaaiXeu; Olvôu-aoç..... xat z&àXkzto x>vipo<; u.Exà xoO aùxo-j Olvou-âou (BafftXlwç -xa\ xoO èp-/ouivou.... (Chron. pasch., Patr. gr., t. XCII, col. 292). — 4. D'après les textes grecs il faut lire : combats (et non k>P, fulgura). Voyez p. 85, n. 3. — 5. Première et dernière lettres de l'alphabet syriaque. — 6. ûo^lv^mil = à?to)[j.aTtxo!. — 7. Lire : lî-soi. — 8. Comp. ce passage avec les textes grecs du Chron. pasch. (loc. cit., col. 299) et de Geoeg. Hamart. (Patr. gr., t. CX, col. 66). LIVRE IV. CHAP. XVII 85 CHAPITRE XVII. — Quand Salmanasar eut envahi et emmené en captivité le royaume d'Israël, et quand ce royaume eut pris fin, il n'y eut plus qu'un seul roi pour les Hébreux : Ezéchias, qui régnait sur Juda. Il régna à Jérusalem, après Achaz, pendant 29 ans; il vécut 54 ans. — Le pays de Samarie et toute la contrée qui était habitée par Israël était aux mains des Assyriens. En Pan 8 d'Ezéchias, l'Assyrien Salmanasar1 envoya garder la terre de Judée : ceux qu'il envoya furent appelés Samaritains, c'est-à-dire gardiens2. Or, comme le pouvoir. Comme ses ennemis parlaient mal de lui et disaient qu'il n'était pas digne du royaume parce qu'il avait été élevé par des étrangers, pour ces motifs, Romulus appela ces fêtes brumalia, ce qui se traduit par « qui mange de ce qui est aux autres »; brumilos en effet, signifie, en grec, « manger de ce qui est aux autres » s. Du prophèteMichée. —On pense que leMichée quiprophétisait à cette époque n'était pas le même que celui du temps d'Achab. En effet, Joatham, fils d'Achab, fit préci- piter celui-ci du haut d'un rocher et le fit périr4. Celui-là est celui dont il est écrit3 : « La parole du Seigneur fut sur Michée de Morasthi du temps de Joatham, d'Achaz et d'Ezéchias, rois de Juda. » Ezéchias rebâtit le mur de Jérusalem qui avait des brèches; il détourna la source de Siloé à l'intérieur du mur0. , A cette époque la Sibylle d'Erythrée était célèbre7. Les Milésiens occupèrent la mer, en neuvième lieu, pendant 18 ans; iLs fondèrent une ville en Egypte : Naucratès 8. Midas commença à régner sur les Phrygiens9 ; ce n'est pas celui de Troie. La ville de Naxos fut fondée en Sicile10. L'Ethiopien Sabacon 11 emmena en captivité Bocchâris 12 et le fit brûler vivant. Romulus, le premier, choisit des soldats parmi le peuple et cent vieillards de noble origine dont il fit son sénat, et il fit les six plus honorables d'entre eux patrices 13. 1. Cf. II Reg., xvtr, 25 sqq.; E. a. 1270 ; H. dit : Sennachérib, ce qui concorde avec la date de l'an 8; l'Arabe et l'Arm. portent comme le Syr. Salmanasar. — 2. Etymologie basée sur l'hébreu. 3. Notre auteur paraît bien avoir en vue les mots gpwu.a et aÀ).o. Il faut entendre la chose autre- ment : « Fuerunt autem Brumalia Dionysii seu Bacchi qui etiam Bromus seu Brumus diclus est... Veteres romanos probosum censuisse alienis vesci cibis; quare attulisse singulos quod essent aut biberint quo dicerentur aÀXoTptoçayot. Hinc tollendae ignominiae causa Romulum, quod cum fratre ab Laurentia educatum fuerat, Brumalia instituisse, quibus convivio excipere solitus sit Senatum, cum necessarium diceret a Rege suo ali Senatum hieme « nullis obstrepentibus bellis ». Rosini. Antiq. Rom., p. 293. — 4. Cf. p. 69, 1. 20. — 5. Mich., I, 1. — 6. II Chr., xxxrr, 5, 30. — 7. H. a. 1274; Arm. 1275. Lire : Ua=^>; StêuMcc -r\ 'EpuOpaîa. — 8. H. a. 1268. — 9. Mioaç; H. a. 1275. — 10. Nâ^oç ; H. a. 1276. Lire : »*>ûm3|j. — 11. H. a. 1292. Saêâxwv. — 12. Bôxywptç. Lire : >i»o*Mtf>*s(?). — 13. H. a. 1289. 86 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN le Seigneur suscita des lions qui les dévoraient, le roi leur envoya un des prêtres emmenés en captivité, nommé Esdras, qui leur enseigna la loi de Moïse, parce que Salmanasar leur avait prescrit de garder le culte du dieu du pays. Ce prêtre écrivit la Loi1 d'après les Syriens; c'est pourquoi les Samaritains reçoivent seu- lement la Loi. — En l'an 6 d'Ezéchias, Sennachérib commença à régner sur les Assyriens; [o3] il monta contre Jérusalem, et fut vaincu par les prières d'Ezé- chias*. Quinze années de vie furent ajoutées à Ezéchias 3. — Sennachérib, après avoir régné 9 ans, fut tué par ses enfants. — Asarhaddon, son fils, commença à régner en l'an 15 d'Ezéchias; il régna 3 ans. — En Egypte, régna l'Éthiopien Syracuse fut bâtie en Sicile*.—Les Lncédémoniens [firent la guerre aux Messéniens5.] Méffara et Marathonia furent bâties aussi en Sicile 6. o Sennachérib bâtit Tarse en Cilicie. Chersonésos fut aussi bâtie en Sicile 7. Du temps d'Ezéchias, le juste Tobie, un des captifs israélites, habitait Ninive. Il fut visité par l'ange Raphaël, et l'aveuglement de ses yeux fut guéri par le fiel du poisson que l'ange lui donna. Ezéchias montra aux envoyés du roi de Babylone tout ce qu'il avait. Le Seigneur en fut irrité, et il lui dit8, a Tout ce qu'ils ont vu dans ta maison [sera pillé], et tes en- fants deviendront les eunuques de la maison du roi de Babylone. » Et Ezéchias répon- dit : « Bonne est la parole du Seigneur ! Puisse la paix régner de mon temps! » Ezéchias fit une piscine, et il fit aussi un aqueduc pour la ville de Jérusalem et y fit entrer l'eau par des canaux9. En dixième lieu, les Cariens, obtinrent [l'empire de la mer] pendant 69 ans 10. A cette époque eut lieu la bataille 11 de Thyrée entre les Lacédémonietis et les Argiens18. Midas, roi des Phrygiens, fils de Lydios, fit connaître les dinars d'or. Chez les Romains, le roi Numa ajouta deux mois h l'année : Janvier et [52] Février, c'est-à-dire Kanoun II et Sebat; auparavant on ne connaissait que dix mois chez les Romains 13. Le roi Manassé s abandonna Dieu, pour servir les idoles. Il irrita le Seigneur plus que tous les autres rois d'Israël et de Juda. Il fit une idole à quatre faces qu'il plaça dans le temple du Seigneur ; il entraîna tout Juda dans le péché '*. Les villes de Croton, de [Parion et de Syb]aris furent alors bâties15. Numa Pompilius bâtit le Capitole 16. La ville de Nicomédie, qui s'appelait auparavant Astacus, fut alors bâtie 17. 1. Le Pentateuque. — 2. Cf. II Reg., xvm-xix ; Arm. a. 1289. — 3. II Reg., xx. 4. H. a. 1278. — 5. H. a. 1273. — (5. Sic ms. — 7. H. a. 1300. Lire : ^sL\ (et non à*a3L|). — 8. II Reg., xx, 13-19. — 9. Ibid., 20. — 10. H. a. 1296. — 11. Lire : — 12. IL a. 1298. ^- 13. H. a. 1303. — 14. Cf. II Reg., xxr; II Chr., xxxrrr. — 15. E. a. 1308. Arm. : Pathron; Ar. : >*a«;^o sûioîo. _ 16. H. a. 1303. — 17. II. a. 1306. LIVRE IV. CHAP. XVIII 87 Sabakon », pendant 12 ans, et sur les Macédoniens, Perdiccas8, pendant 11 ans. En Pan 18 d'Ezéchias, Baladan 3 commença à régner sur les Assyriens; il envoya des offrandes à Jérusalem après avoir entendu dire et constaté que le soleil était retourné en arrière. Notre-Seigneur fut proclamé Dieu à Babylone, et on lui fit une statue dans laquelle il faisait retourner le soleil. — En l'an 20 d'Ezéchias, Qorqos4 commença à régner sur les Mèdes, pendant 13 ans. — En Pan 29 d'Ezéchias, Taracus5 l'Ethiopien commença à régner en Egypte, pendant 20 ans. CHAPITRE XVIII. — Manassé régna 55 ans et vécut 67 ans0. — En la 13e année de son règne, il tua le prophète Isaïe; il répandit beaucoup de sang innocent, fut abandonné par le Seigneur et tomba au pouvoir des armées assyriennes qui l'emmenèrent en captivité où il fit pénitence dans sa prison, et composa [54] une célèbre prière7; il fut agréable à Dieu; il fut délivré, et revint en son pays en Pan 37 de son règne. Déjocès, le Mêde, bâtit Ecbatane 8. Les Parthéniens [fondèrent Tarente, et les Corinthiens : Corcyre]9. Midas, roi des Phrygiens, après avoir bu [le sang d'un taureau, mourut10. Du prophète Isaïe11. —« Isaïe était de Jérusalem. Il fut mis à mort par Manassès, qui le fit scier en deux avec une scie de bois, et fut enseveli sous le térébinthe de Rogel qui est à côté de l'aqueduc que détruisit Ezéchiel lorsqu'il enfouit les eaux. Dieu fit le mi- racle de Siloah en faveur du prophète. Avant de mourir, son âme défaillit, et il de- manda de l'eau à boire. Aussitôt il lui en fut envoyé de cette source]12, et pour cela elle fut appelée Siloé, ce qui signifie « envoyé ». — Du temps d'Ezéchias, tandis que le peuple était tenu enfermé par les Philistins 13, avant que ce roi n'eût fait creuser les puits elles citernes, par la prière d'Isaïe, il sortit un peu d'eau de cette source. Les ennemis se demandèrent : « D'où boivent-ils l'eau? » Quand ils surent que c'était de Siloé, ils vinrent se placer autour. Là eut lieu un prodige. Quand les Juifs venaient, la fontaine de Siloé coulait pour eux ; quand les Philistins venaient, la source cessait [53] de couler. Et jusqu'à ce jour, ses eaux sortent [subitement]14. Comme cela 1. Sa6àxwv. — 2. IlâpSîx/.aç. — 3. II Reg., xx, 12. — 4. H. : Cardyceas ; ('Aprjxa;; Eus. Chr., I, App., col. 89). — 5. Tapaxôç- — 6. II Reg., xxi; II Chr., xxxtir. — 7. Oratio Manassé, parmi les apocryphes de l'Ane. Test. 8. H. a. 1309. — 9. H. a. 1312. — 10. H. a. 1321. —11. Cf. Patr. gr., t. XLIII, col. 420. — 12. Le début se trouve dans la lacune que nous suppléons d'après le ms. add, 12178, dont voici le texte : b*a*L >Q.uiûL\o • ^.';}ca:L] ,3 ; L*-l_*3 i»t'_.| * -XS^aJoI ^x> looi Cst\ LiJ.| L.a\ ^» |L| • ^ojI ,n Lxn~ pol* : |.1-*vj* |j—û_â_>3 ai^^\ ©wk»1» (sic) "^pv l^^o • oiw oî^ I »»*^o • l-llxs u\jo • ov*âj L;_v| La-vu y >o^a ^oi ^g.*} • |ov^ L^ w&k£*> .\ \5i±o • *tûLl Uw ^>.£Sxsa. — 13. Gr. : àXXosuXwv. — 14. Ajouter : P^a (mss.). 88 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN En l'an 4 de Manassé, Déjocès1 commença à régner sur les Mèdes, pendant 54 ans. — En l'an 21 de Manassé, Merrès* commença à régner en Egypte pendant 12 ans, à la XXVI0 dynastie. — En l'an 29 de Manassé, Argaeus 3 com- mença à régner sur les Macédoniens, pendant [38] ans. — En l'an 33 de Manassé, Stéphinatès4 commença à régner en Egypte, pendant 14 ans. — En l'an 36 de Manassé, Sennachérib le jeune commença à régner sur les Assyriens, pendant 31 ans. — En l'an 40 de Manassé, Tullus commença à régner sur les Romains pendant 33 ans. C'est celui-ci, surnommé Hostilius, qui le premier usa de vêtements de pourpre et d'un sceptre royal0. — En l'an 46 de Manassé, Nékao6 commença à régner en Egypte pendant 8 ans. — En l'an 54 de Manassé, com- mença à régner sur l'Egypte Psamméticus7, pendant 44 ans. A celte époque Byzance fut premièrement fondée par Byzos8. Après 970 ans, elle fut restaurée et agrandie [6o] par Constantin qui la nomma Constantinople. eut lieu par l'intermédiaire du prophète Isaïe, on l'ensevelit avec honneur à côté de la fontaine ; car il avait été l'objet d'une révélation divine. Le tombeau du prophète était à côté des tombeaux des rois, derrière les tombeaux des prêtres [au midi 9] ; ils avaient été dessinés par David, et Salomon les fit faire dans la partie orientale, avec l'entrée à Gabaon, dans un endroit10 très difficile, pour qu'elle ne soit pas connue ; et elle est cachée pour tout le peuple. Les rois avaient là 11 de l'or, venu de Saba, et des aromates. Ezéchias 12 révéla au peuple le mystère de David et de Salomon et profana les ossements de ses pères; c'est pourquoi, il fut décrété contre lui que sa descen- dance serait dans la servitude. » Tandis que Manassé était en captivité à Ninive, il était enchaîné avec une forte chaîne de fer et retenu par des entraves (?)13 d'airain. Les calamités se multiplièrent sur lui; il se tourna vers le Dieu de ses pères et pleura amèrement les maux qu'il avait faits. Il invoqua le Seigneur de tout son cœur ; et là, Dieu l'exauça. Il fut délivré, sortit de prison, et revint à Jérusalem, où il fut rétabli dans son royaume. Depuis lors, [il servit] 14 fidèlement Dieu jusqu'à sa mort. 11 fit tirer du temple et broyer la statue à quatre faces qu'il avait faite. 11 renversa les idoles, bâtit le mur du sud de Jérusalem, et fortifia Juda 13. A cette époque, à Lacédéaione, eut lieu pour la première fois la gymnopédie ,5. 1. Ayiiôxyi;; ms. : Dioclémas. — 2. 'Au.uip:ç; H. Merres. — 3. 'Apyaîoç. — 4. SxeçivâOiç. — 5. H. a. 1339. — 6. Nexaco. — 7. Fau^uxoç. — 8. H. a. 1359. 9. Ajouter : Lx-*ut (mss.). — 10. Lire : l^op — H. Ajouter : <*>t (mss.). — 12. Lire : Lo*~. — 13. Le mot syriaque signifie : tours; l'arabe traduit littéralement : u>e\*+i \<^î=> "S. La phrase me paraît répondre au sens de la Vulgate (II Chr., xxxirr, 11): « catenis atque compedibus ». — 14. Ajouter : '^.9. — 15. Cf. II Chr., xxxnr, 14. — 16. ry[xvy| nxiddix. H. a. 1348. LIVRE IV. CHAP. XIX 89 CHAPITRE XIX. — Amon régna sur Juda pendant 12 ans, selon les Septante ; selon l'hébreu, pendant 2 ans; et Annianus est d'accord avec l'hébreu'. En l'an 3 d'Amon, commença à régner sur les Mèdes Aphraotinos*, pendant 24 ans. — En Pan 2 d'Amon, commença à régner sur les Assyriens Naboupalous- sour, le mage, pendant 33 ans; et sur les Macédoniens, Philippe pendant 38 ans. —En l'an 3 d'Amon, naquit Josias. — Amon servit les faux dieux des nations et sacrifia aux idoles. Il fut frappé par ses serviteurs et périt par l'épée. Il vécut 24 ans. A cette époque3 florissaient les musiciens 4 Archilochus 3, Simonidès et Aris- toxenus; le législateur Zaleucus 7 ; et Leschès de Lesbos 8, qui fit une composition sur Troie, [54] qu'on appelle la Petite Iliade 9. Epiphane10 : « Sophonie était de la tribu de Siméon, du village de Baratha 11. Il pro- phétisa sur la ville, sur la fin du monde, et sur la confusion 12 des impies et sur le ju- gement dernier. Quand il mourut, il fut enseveli dans son village avec ses pères. » Les Scythes prirent la Palestine 13. A cette époque florissait le musicien Terpander u, et aussi Thaïes de Milet, fds d'Examius le premier physicien ou naturaliste; sa vie se prolongea jusqu'à la LVIe olympiade ,6. A cette époque florissait Dracon 17. Epiphane™ : « Jérémie était d'Anatoth. Il fut lapidé à Taphnis en Egypte,par le peuple. Il mourut et fut enseveli dans le tombeau20 de Pharaon, parce que les Egyp- tiens l'honoraient, car il leur était venu en aide : il avait prié et ils avaient été déli- vrés des vipères, et les eaux21 des animaux que les Egyptiens appellent naphôt, les Grecs : crocodiles, et les Syriens : hordanê. Et jusqu'à ce jour, ils ont confiance qu'en priant en ce lieu et en prenant la poussière, ils obtiennent la guérison des blessures des vipères, et chassent de l'eau la multitude des crocodiles. « Nous avons appris des enfants d'Alexandre et de Ptolémée22 que quand Alexandre le Macédonien [55] vint à l'endroit où reposait le prophète, et apprit ces merveilles, il fit transporter ses os à Alexandrie, et la race des vipères fut chassée de la contrée dans laquelle il fut déposé, ainsi que les crocodiles. Il envoya de même les bêtes ap- 1. II Chr., xxxtrt, 21 sqq. Cf. H. a. 1360. — 2. 'Açpaâp-rrjÇ. 3. H. a. 1352. — 4. Lire : Uû^ûoûxj (et non |;cuooaso).— 5. 'Ap^tAtr/oç.— 6. Stp.wviSïK. — 7. ZocXeuxo;. Lire : a»aaà\|. — 8. Alfr/rj; Aéaêioç. H. a. 1360. — 9. -r\ (iixpà 'IXtâ;. — 10. Patr. gr., t. XLIII, col. 418. _ 11. SxêapOa [var. : BaaaOâ]. — 12. Lire : — alff^vï];. — 13. SxuQai ; H. a. 1382. — 14. TepTtavSpoç. H. a. 1376. — 15. H. a. 1376. 0aXvK 'E|au.ûou Mi)rç xa\ INV/e^w. 5. Lire : *K (mss.). — 6. Ms. add. 12178 et add, 14536 : L*_Jl«so u«, Gr. : àpyoAaîoi xocaoûvtou xo'j-éaxtv "Apyou; àpiuTepoï • Xaiàv yâp Xéyouvuu.ov. — 7. Lire : |o*^> 1^»= ©v:oj3. Gr. : xù Sax- t'jam auxov 10 ovou.a xoO ©soO. — 8. H. a. 1384. Mvpxato;. LIVRE IV. CHAP. XIX 91 Josias servait le Seigneur de tout son cœur. — En Pan 18 de son règne, il apporta tout son soin au temple de Dieu et ordonna à Helcias le grand-prêtre de donner aux ouvriers de l'argent du trésor de la maison du Seigneur. En le cherchant on trouva le livre de la Loi. Josias le lut et apprit ce que Dieu avait ordonné, et aussi ce qu'avaient fait les rois de Juda et d'Israël; il fut rempli de zèle, déchira ses vêtements et s'appliqua dès lors à observer toutes les paroles écrites dans la Loi du Seigneur. Il fit mettre dehors les idoles d'Amon, son père, purifia le temple et toute la Judée. Il brisa les statues, et arracha les autels. Alors furent accomplies les paroles du prophète venu de Juda vers Jéroboam1. Il renversa le sanctuaire des idoles qui sont dans le bois, et il fit brûler dessus des ossements humains et il les profana. Il tua tous les prêtres des idoles et fit brûler leurs ossements8. En l'an 31 de Josias, Néchao commença à régner en Egypte ; celui-ci descendit vers le fleuve de l'Euphrate, jusqu'à Maboug, pour combattre le roi des Assy- riens. Josias marcha contre lui, Josias fut tué là par Xéchao, qui est le Pharaon boiteux3. En revenant du combat avec les Assyriens4, les serviteurs de Josias l'emportèrent et l'ensevelirent à Jérusalem. —On lui donna pour successeur son fils Joachaz. Trois mois après, le Pharaon boiteux revint [o7] et emmena Joachaz en captivité. Il établit à sa place Joachim, son frère, et lui imposa de payer chaque année cent talents d'or. Celui-ci régna 12 ans5. En l'an 18 de Josias, la prophétesse Iloulda prophétisait chez les Hébreux6. Battus fonda la ville de Cyrène '. — A cette époque fut bâtie Sinope8; Lipara8 et Prusias 10 furent bâties ; Epidamne fut bâtie, elle fut appelée Dyrrachium11. A cette époque1* la parole de Dieu se fit entendre à Jérémie; il lui dit : « Que vois- tu? Jérémie. Celui-ci répondit : « Je vois une verge menaçante ». Le Seigneur re- prit : « Tu as bien vu, car je veillerai pour accomplir mes paroles. » — Il me dit en- core : Que vois-tu? et je répondis : « Je vois une marmite enflammée, l'orifice tourné du côté du nord. » Et il reprit : « Du nord viendront les maux sur tous les habitants de la terre; car voici que je vais exciter tous les empires des rois du nord de la terre, dit le Seigneur; et ils viendront, et chacun d'eux posera son trône devant la porte de Jérusalem et sur tous les murs qui l'entourent, et dans toutes les villes de Juda. Je leur parlerai par mon jugement, à cause de toute leur malice. » 1. Ci-dessus p. 65,1. 8 sqq. — 2. Cf. II Reg., xxir-xxin; II Chr., xxxiv-xxxv. — 3. Fausse interpré- tation du nom de Néchao, confondu avec l'hébreu ,133- — 4. Telle est la ponctuation du ms. Cette phrase se rapporte peut-être à Néchao. Cf. H. a. 1403; Arm. 1402. — 5. Cf. Arm. a. 1402. 6. H. a. 1387. — 7. H. a. 1386. Bârto;. — 8. H. a. 1387. Zivwro). — 9. H. a. 1388. Amapa. — 10. H. a. 1390. Ilpo'jcria. — 11. H. a. 1391. 'EirtôxiAvo; f, vûv Auppâ/tov ; ms. : Épidauros. — 12. H. a. 1383. Jér.,I, 11-16. 92 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN CHAPITRE XX. — En Pan 3 de Joachim, surnommé Éliacim, Tarquinus Superbus commença à régner sur les Romains pendant 38 ans. — En cette année, commença à régner sur les Assyriens Nabouchodonosor, le Chaldéen, fils de Naboupalasour, pendant 40 ans. Il monta contre Jérusalem, en emmena des captifs et les vases du temple ; il imposa un tribut à Joachim et s'en Periander, fds de Kypsélos, exerça la tyrannie à Corinthe 1. Cyaxare [57] marcha avec une armée contre les Assyriens ; il assiégea Ninive et l'enleva au roi des Chaldéens2. On dit que Dracon établissait alors les lois 3. Les fils de Jonadab 4 étaient alors célèbres chez les Hébreux, comme ascètes5 et comme chefs. Leur père leur avait prescrit de ne pas boire de vin, de ne point habiter dans des maisons; c'est pourquoi ils habitaient dans le désert sous des tentes B, et, ob- servant le précepte de leur père, ils ne buvaient point de vin. Alors prophétisaient Ourias, fils de Séméi1, Jérémie et Ezéchiel. Josias engendra Joachaz, Joachim et Jechonias. Jechonias engendra Daniel le pro- phète ; Joachim engendra Ananias, Azarias et Misaël. Tarquinius, roi des Romains, établit le Capitole8. A Sidon régnait Amilcothos; et sur les Tyriens : Balazoros9. Quand Néchao, le pharaon boiteux, monta, il tua ceux-ci; et le pharaon fut tué lui-même par Nabou- chodonosor, près de l'Euphrate. Le poète Stesichorus florissait alors 10, et aussi Alcman 11, selon quelques-uns. Pittacus de Mitylène12, un des sept sages, lutta seul avec Phrynon PAtl énien, qui avait remporté la victoire olympique, et le tua. Jérémie et Baruch prophétisaient en Judée 13__Daniel, Ananias, Azarias [et Misaëlu étaient] à Babylone15. Les villes de Camarina 16, Périnthe 17 et Ma[rseille]18 furent bâties. A cette époque 19, Epiménides [58] détruisit Athènes. Sapho et le poète Alcée florissaient alors so. 1. H. a. 1389; IlspîavSpo; â Ku^IXoy. — 2. E. a. 1397. — 3. H. a. 1395. - 4. Cf. Jék., xxxv ; la légende des Réchabites attribuée à Jacques d'Edesse a été publiée avec une traduction française par M. Nau, dans la Rev. sémitique, ann. 1898-1899. — 5. Lire : l^*p. — 6. Litt. : « des mai- sons de poil ». — 7. Jér., xxvi, 20. — 8. H. a. 1399. — 9. Le premier nom est douteux; je lis .ooo£i£i!..xa!, transcription, par l'intermédiaire du grec, du phénicien : n^Snn ; le second nom est certai- nement ioooioim=, transcription de Tt5?Sî7:i, par l'intermédiaire du grec : BaAÉÇwpo; (Eus., I, 120) _ 10. H. a. 1405. — 11. ÀXxjxâv; H. a. 1406; ms. : Laqumenon. — 12. E. a. 1410. Lire : «aoaSl^.?. _ 13. H. a. 1416. — 14. H. et Arm. ajoutent ce nom. — 15. H. a. 1412; Arm. 1417. _16. Ka^apiva • H. a. 1416. — 17. IlépivÔo;; H. a. 1415. — 18. H. a. 1420; Arm. 1423. — 19. E. a. 1423. — 2o! H. a. 1418. LIVRE IV. CHAP. XX 93 alla1. Daniel et ses compagnons descendirent à Babylone parmi ces captifs. Ce fut la première captivité à Babylone. Le Pharaon boiteux, après avoir dévasté Maboug (qui fut rebâtie et appelée Hiérapolis), revint une seconde fois et fut tué par Nabouchodonosor près de PEuphrate, en Pan 5 de Joachim, et Psam- muthès* commença à régner sur l'Egypte pendant 17 ans. — En l'an 8 de Joachim, Du prophète Ezèchiel. — Ezéehie commença h prophétiser en fan 4 de Sédécias. La parole de Dieu se fit en- tendre au prêtre Ezèchiel, fds de Bouzi, dans le pays des Chaldéens, sur le fleuve Chobar. Il dit3 : « Et là, la main du Sei- gneur fut sur moi, et je vis : Et voici qu'un vent violent venait du nord, avec un grand nuage, une lueur autour de lui, et un feu étincelant. Au centre il y avait une image d'or au milieu du feu et un rayon dans cette image; et au milieu [était l'image de quatre animaux qui avaient] l'aspect d'un homme, chacun avec quatre figures et quatre ailes ; leurs pieds étaient étendus ; leurs pieds étaient ailés et leurs ailes étincelaient comme l'airain en fusion, Une main d'homme se trouvait sous chacune de leurs ailes des quatre côtés ; leurs visages et leurs ailes, de tous les quatre, [étaient] des quatre côtés; [leurs ailes] se touchaient mutuellement ; ils ne revenaient point lorsqu'ils marchaient ; chacun d'eux marchait devant lui. La ressemblance de leur visage était un visage d'homme et un visage de lion du côté droit de chacun d'eux quatre, et un visage de [Reprenons la suite de] 1 ce discours sur les anciens princes des prêtres. — 11 est écrit5 que du temps du dit roi Joachim, le grand-prêtre était Ourias, qui fut mis à mort par Joachim lui-même. Après lui, le grand-prêtre fut Saraia6, [55] et après celui-ci, Josédek, celui-là même qui fut emmené en captivité à Ba- bylone. Ils sont ainsi mentionnés sans indication du nombre de leurs années. Les autres chroniqueurs placent ceux-ci à une époque antérieure. Ils disent qu'après Helcias vint Ourias, comme dit aussi Andronicus, et ensuite Saraia, puis Azarias, et après lui Sadoc à qui il attribue 25 ans 7. Un examen attentif montre que, du temps des rois Joachaz, Joachim. Jechonias et Sédécias, floris- saient les [56] grands-prêtres dont nous avons parlé plus haut. D'après les témoignages, Josédek fut emmené en captivité, et cette captivité eut lieu du temps de Sédécias, comme cela est très manifeste [57] pour tous ceux qui connaissent les Livres saints. Il y a aussi une autre preuve qui montre clairement ces choses. Tous les chroni- queurs et les Livres [58] saints eux- 1. H. a. 1405; Arm. a. 1412; Il Chr., xxxvi, 6,7. — 2. Wâ^-M^. 3. Cf. Ezéch., r, 3 sqq. ». Lacune de trois ou quatre mots. — 5. JerÉm., xxvr, 20 sq. — 6. I Chr., vi, 14. — 7. Il y a quelque confusion dans cet exposé. 94 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN et 5 de Nabouchodonosor, celui-ci monta de nouveau contre Jérusalem ; il imposa un tribut à Joachim et s'en retourna'. — En l'an 8 de Nabouchodonosor, Joachim mourut et Joachin son fils lui succéda. Ce Jechonias, surnommé Joachin, régna trois mois. Il détourna son cœur du Seigneur, et Nabouchodonosor monta contre lui ; il le fit captif, avec sa mère et les notables, et il les emmena à Baby- bœuf et un visage d'aigle du côté gau- che de chacun d'eux quatre. » Epiphane 8 : « Ezèchiel était du pays de Sarira3, de race sacerdotale ; il mou- rut dans le pays des Chaldéens. Il fit de nombreuses prédictions à ceux de la Judée. Celui qui avait été établi chef du peuple d'Israël en cet endroit le fit tuer, parce qu'il le blâmait d'honorer les ido- les. On l'ensevelit en ce lieu, dans le champ de Mâour 4, dans le sépulcre de Sem et d'Arphaxad, les ancêtres d'A- braham. Ce sépulcre consistait en une double caverne. C'est pourquoi, à Hé- bron, Abraham avait fait le tombeau de Sara de la même manière. On dit qu'il était double parce qu'il y avait une [grotte] inférieure cachée sous terre, tandis que la chambre supérieure était au niveau du sol, creusée dans le roc surérninent. « Ce prophète donna un signe au peu- ple : Ils devaient observer le fleuve Cho- bar5 ; quand il manquerait d'eau : la faux approcherait des confins de la terre ; quand viendrait l'inondation : le retour à Jérusalem des enfants d'Israël arrive- rait. « Ce saint [prophète] demeurait là, et beaucoup de gens s'y rendaient près de mêmes attestent que le grand-prêtre Jo- sédek fut emmené à Babylone dans une captivité ; mais il n'est dit nulle part par quelqu'un des chroniqueurs en quelle captivité il fut emmené. C'est pourquoi quiconque est soigneux doit manifeste- ment [59] observer et considérer que Nabouchodonosor monta quatre fois pour emmener le peuple en captivité; la der- nière fois, il incendia le temple et fit crever les yeux de Sédécias : le royaume de Juda prit [alors] fin à Jérusalem. Mais le sacerdoce ne cessa point. [60] A Jéru- salem même il resta des prêtres, et il s'en trouva aussi en captivité, de même que des prophètes. En effet, Daniel était captif à Baby- lone, et aussi Ezèchiel, et ceux de la famille d'Ananias, [61] qui furent em- menés en captivité en l'année où Je- chonias fut pris; et là, l'esprit prophé- tique était avec eux. En la 2e année de Nabouchodonosor, Daniel eut un songe, et le leur fit connaître. Ezèchiel, en la 5e année [62] de la captivité de Joachim, eut sa grande vision, sur le fleuve Kobar. — Au moment de la captivité de Sédécias, lors de l'incendie du temple, Nabouzar- dan emmena Sédécias, le conduisit à Riblat6 ; et, [63] en ce lieu, il fit tuer 1. II Reg., xxvi. 2. Patr. gr., t. XLIII, col. 423. — 3. Sapipâ. — 4. Maoup. — 6. Ms. : Diblat, selon l'usage de la Bible syriaque. 5. Xoêap. LIVRE IV. CHAP. XX 95 lone. Il y fut enfermé pendant 37 ans1. — Il faut savoir que quand Naboucho- donosor monta [58] en Pan 3 de Joachim, il avait été envoyé par son père, Naboupalasour ; quand il revint, son père était mort et il lui succéda. Gela est connu par le livre des Rois qui dit2 : « En l'an 8 de Nabouchodonosor, celui-ci lui. Comme il y avait parfois des foules nombreuses autour de lui, les Chaldéens craignirent qu'ils ne se révoltassent. Ils vinrent pour les tuer. Le saint fit en sorte que les eaux du fleuve s'arrêtas- sent, de manière que les Juifs purent fuir par le gué et s'échapper. Tout le peuple passa et fut sauvé ; mais ceux de leurs ennemis qui osèrent les poursuivre furent submergés. Par sa prière, ce prophète leur procura une abondante provision [de poissons]3 [59] et obtint de Dieu que ceux qui tombaient en dé- faillance revinssent à la vie. — Tandis que le peuple était opprimé par ses en- nemis, il alla trouver les chefs, [et les ayant effrayés par ses prodiges, il les obligea de cesser] *. Il disait au peu- ple ° : « Notre espérance a péri, parce que nous avons hésité», et par le pro- dige des ossements morts, il leur per- suada que l'espoir d'Israël viendrait. Tout en étant en captivité, il leur fai- sait connaître ce qui se passait à Jéru- salem. Il fut transporté à Jérusalem [pour confondre] les incrédules. Comme Moïse, il vit la figure du Temple. Il con- damna à Babylone les tribus de Dan et de Gad qui commettaient l'impiété ; il fit venir des serpents qui dévoraient leurs enfants. Les notables de ces deux tribus lui étaient opposés, et celui qui le tua eu faisait partie. » les notables et massacrer le prêtre So- phonias, Hozias le grand-prêtre, ainsi que les enfants de Sédécias. D'après cela, il est notoireque tous ces prêtres et princes des prêtres étaient alors en Judée et siégeaient à Jérusalem. [64] Les chroniqueurs n'ont point omis de mentionner ceux qui furent emmenés en captivité ; comme on peut le voir par le texte de l'Ecriture. Il est écrit de Josédek qu il descendit en captivité6. [6o] 11 fut emmené après avoir exercé 20 ans; il fut là pendant 15 ans; le total des années de son pon- tificat est donc de 35 ans. Il eut pour successeur, en Judée, son fils Josué; il était excellent et fut lui- même [66] emmené plus tard. Il resta là jusqu'au temps où régnait Cyrus, ou Ky- ros, le Perse, qui permit au peuple de remonter et de rebâtir le temple : Josué remontalui-même avec les captifs1, et ils commencèrent à rebâtir le temple en l'an 2 de Cyrus, roi de Perse. Ce Josué [67] était encore grand-prêtre à cette époque. 1. II Reg., xxvr; II Chr., xxxvr. — 2. II Reg., xxiv, 8 sqq. 3. Lire : \>'3» îûo j^aaj tiioo U;=u*o • le ms. add. 14178 (f. 237) porte : t^-a ? : oi^aa[so low ^9» »»> (mss.). I. 13 98 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN La guerre pendant laquelle Nabouchodonosor poursuivait Jérusalem dura vingt ans : depuis la 4e année de Joachim, [61] qui était la lrc de Naboucho- donosor, jusqu'à la IIe année de Sédécias, dans le 5e mois de laquelle Jéru- salem fut détruite, le Temple incendié, et la royauté abolie. — Ils furent en cap- tivité à Babylone pendant soixante-dix ans. Depuis la destruction d'Ilion jusqu'à l'an 11 d'Achaz, qui correspond à la Ire olympiade chez les Grecs, il y a un total de 438 ans, selon le comput des Grecs ; et de l'an 11 d'Achaz jusqu'à l'année en laquelle fut détruite Jérusalem, il y a 216 ans. leur dit : « Je pars pour une contrée lointaine et je reviendrai promptement ; si je tarde, portez à manger aux moissonneurs. » Il se trouva [transporté] à Babylone, donna à dîner à Daniel, et revint auprès des moissonneurs tandis qu'ils mangeaient. Il ne dit à personne ce qui s'était passé. Il comprit que le peuple reviendrait bientôt de Babylone; il mourut deux ans avant le retour, et fut enseveli seul dans son champ. Il avait donné un signe en Judée : Ils verraient1 la lumière dans le Temple, et ainsi, ils verraient la gloire 2 du Temple. 11 fit connaître la ruine du temple et dit qu'elle serait causée par un peuple occidental ; [61] qu'ensuite le voile du dabir3 se déchirerait peu à peu, que les chapiteaux des deux colonnes seraient enlevés, et que personne ne saurait ce qu'ils étaient devenus. — Ils furent emportés par les anges dans le désert, à l'endroit où le tabernacle de l'alliance avait été primitivement fixé; à la fin, le Sei- gneur sera connu, grâce à eux, car ils brilleront comme autrefois pour ceux que le serpent poursuivra dans les ténèbres *. » A cette époque le faux prophète Ananias séduisait le peuple de Judée [en assurant que la ville ne serait pas livrée et qu'ils n'iraient point en captivité5. A cette même époque6, Solon donnait des lois et abolissait celles de Dracon, excepté celles sur le meurtre. A cette époque 7, on donnait à ceux qui avaient remporté la victoire dans la lutte un tragos, c'est-à-dire un bouc ; de là, ils furent appelés tragédiens. Il y eut une éclipse 8 de soleil que le sage Thaïes de Milet avait prédite 9. Quand le roi Sédécias eut été conduit en captivité à Babylone avec tout le peuple de Juda, les Chaldéens établirent comme chef de ceux qui étaient restés en Judée Godolia, fils de Ahicham; surgit ensuite Ismaël, fils de Natania, qui tua Godolia et enleva tout le peuple qui était resté, depuis le plus grand jusqu'au plus petit, et il s enfuit en Egypte10. Jérémie fut emmené en Egypte avec ceux-ci. Clément d'Alexan- drie est d'accord sur ces choses, car il dit11 : « En la XLVIIe olympiade18 eut lieu la 1. Lire : (mss.). — 2. Lire : o»ûwaaj.L (mss.). — 3. a7t),wfjia toO Aaêrjp. — 4. Lire : U>û*~3. — 5. Cf. Jérém., xxvin. — 6. H. a. 1425. — 7. H. a. 1426; Arm. 1428. — 8. Lire : *i^aài>1. — 9. H. a. 1432. — 10. Cf. Jérém., xl-xli. — 11. Strom., 1, 21. — 12. Lire : m*, d'après H. et Arm. LIVRE IV. CHAP. XXI 99 CHAPITRE XXI. — Quand Jérusalem eut été dévastée, Nabouchodonosor monta faire la guerre contre Tyr. Il ordonna à ses troupes de jeter des pierres dans la mer et de faire un passage jusqu'à cette ville. En voyant cela, les habi- tants de Tyr jetèrent [62] à la mer tout ce qu'ils avaient et s'enfuirent dans des barques. Ils entourèrent le roi Hiram et le tuèrent; il avait vécu 50 ans, tou- jours du temps des rois de Juda. captivité du peuple juif à Babylone, alors que Vaphrès régnait sur les Egyptiens, et que Philippe était prince des Athéniens. Ceux qui étaient restés en Judée eurent recours au roi d'Egypte, Vaphrès1. » A cette époque florissaient, parmi les Grecs, les sept Sages*. Voici leurs noms et leurs maximes3 : Solon, Athénien : «rien de trop » ; Bias de Priène: « beaucoup de maux »; [Thaïes; Chilon; Pittacus ; Périandre]4; Cléobule : «une mesure excellente. » Nabouchodonosor bâtit Babylone et fit le jardin kremastos, c'est-à-dire suspendu; et il le fit de telle sorte qu'il était une des sept merveilles [du monde]. En l'an 13 de la Captivité , qui était l'an 34 de Nabouchodonosor, il fit une statue d'or, haute de 60 coudées, à l'occasion de laquelle ceux de la maison d'Ananias s'illustrèrent". Nabouchodonosor fut changé en bête, selon la prophétie de Daniel, et il paissait l'herbe avec les bêtes dans les champs. A cette époque, il y avait de faux prophètes à Babylone : Achab, Sédécias, Séméï6. Il y a dans le livre de Jérémie 4252 mots; dans le livre des Rois : [60j437 ; dans celui des Chroniques : 3053; dans celui d'Ezéchiel : 4376. A cette époque 8 les jeux gymniques, c'est-à-dire des nus, furent organisés pour la première fois par les Athéniens. Pisistrate 9 qui exerçait la tyrannie sur les Athéniens [62] passa en Italie. A la mort de Nabouchodonosor, son fils Evilmérodak prit l'empire des Chaldéens 10, et après celui-ci, Balthasar, son frère, sous le règne duquel Daniel interpréta l'écri- ture qui était apparue sur le mur et qui signifiait que l'empire des Chaldéens devait passer aux Mèdes et aux Perses 11. Ce Balthasar, fils de Nabouchodonosor, fit, en la 2° année de son règne, un festin pour ses grands. Il buvait le vin en présence d'un millier d'hommes; mais non pas comme eux12, car il but dans les vases sacrés, et aussitôt une main sortit et écrivit sa condamnation. La nuit même Darius, mède et persan, venait et le tuait13. 1. Cf. E. a. 1426. — 2. Cf. H. a. 1438; Arm. 1439. — 3. Cf. Septem sapientum dicta; Paris, 1553. — 4. Lacune de deux lignes; nous rétablissons les noms. — 5. Cf. Dan., irr. — 6. Cf. Jérém., xxix, 22-24. — 7. Ainsi a lu l'Arabe (f. 38 v) : ^Wl oik**». La leçon du ms. devait être : i^oo. — 8. H. a. 1451 : ô twv riava6ï]voc:o)v yv[mxb; àywv. — 9. IIstff;o?wvoç. — 14. Xssawv; H. a. 1464.— 15. H. a. 1469 [230 ans]; Arm. 1470 [232 ans]. LIVRE IV. CHAP. XXI 101 [63] Aussitôt que Darius eut tué Balthasar, l'empire des Chaldéens prit fin. Du temps de Darius le Mède, Daniel fut jeté dans la fosse aux lions pour la pre- mière fois. Darius éleva Daniel au-dessus de tous ses grands : à cause de cela il fut jalousé ; mais tandis qu'il fut délivré, les autres périrent par les lions1. Quand Darius fut tué par Cyrus, les empires des Chaldéens, des Mèdes et des Assyriensfurentdétruits, et Pempire desPerses subsista seuljusqu'à Alexandre. Cyrus tua Darius et régna seul; ces empires furent anéantis par la mort de Darius surnommé Nabounados8. — Cyrus ou Kouros fixa sa résidence à Baby- lone. II établit, lui aussi, le fidèle Daniel sur les affaires de l'empire. Daniel fit pa- raître son zèle et il brisa les idoles de Bel, dieu des Babyloniens, qui avait été le premier roi des Assyriens, le père de Ninus qui bâtit Ninive3. Daniel tua le Dragon. 11 fut détesté des Babyloniens; les princes le jalousèrent et il fut jeté dans une fosse où se trouvaient sept lions : c'était la seconde fois. Alors, le pro- phète Habacuc fut envoyé de Judée et lui apporta à manger. Daniel fut de nou- veau délivré, et ses ennemis périrent par les lions1. En cette année-là, le prophète Habacuc mourut. Cyrus commença à régner seul et s'empara delà ville de Sardes K. Epiphane6 : sur le prophète Agée. — « Agée revint de Babylone étant encore enfant. Il prophétisa ouvertement le retour du peuple et vit en partie la reconstruction du Temple. Quand il mourut, il fut enseveli honorablement à côté des prêtres. » Sur Zacharie1. — « Celui-ci revint du pays des Chaldéens étant jeune homme. Il pro- phétisa là beaucoup de choses. Il donna un signe et dit à Josédek qu'il engendrerait un fils et qu'il exercerait le sacerdoce à Jérusalem; il bénit Salatiel dans son fils et lui imposa le nom le Zorobabel; il donna un signe de la victoire de Cyrus ; il fit des pré- dictions sur les cérémonies qu'il devait accomplir à Jérusalem; la majeure partie de sa prophétie concerne la vocation des Gentils; il écrivit sur la fin [du monde], le temple, la cessation des prophètes et le jugement8. Il mourut dans une vieillesse avancée et fut enseveli à côté d'Agée. » Epiphane 9 : sur Malachie. — « Celui-ci naquit après le retour, à Sopha10. Etant en- core très jeune, [64] il avait une belle conduite, et, pour cela, était honoré de tout le peuple, comme un homme vénérable et humble. Ils le surnommèrent Malachie, ce qui signifie : « ange »J1; son visage était resplendissant. Toutes les fois qu'il faisait une prophétie, un ange deDieu apparaissait le jour même"; ainsi qu'il arrivait autre- 1. Dan., vr. — 2. Sic!— 3. Cf. ci-dessus, p. 26, 1. 10. — 4. Dan., xtv. 5. H. a. 1471; Arm. 1467. — 6. Patr. gr., t. XLIII, col. 418. — 7. Ibid., col. 419. —8. Les mss. de Londres présentent une construction différente. — 9. Patr. gr., t. XLIII, col. 419. — 10. Fwcpâ [var. : Sw^dt], — 11. En réalité le nom de Malachia, d'origine hébraïque, signifie : Jahs'ê règne. — 12. Ms. add. 12178 : ^o» \Lax>^ ois U*lX ^ok looi bto M» looi 102 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Daniel, voyant le changement de royauté et comptant les années [écoulées] depuis que Joachim avait été emmené en captivité ainsi que lui-même et les gens de la maison d'Ananias, crut que les soixante-dix années décernées au nom de Dieu par Jérémie contre le peuple étaient accomplies, [64] et il se mit à prier pour le retour du peuple juif dans son pays. — Le 24 du mois, il vit près du Tigre une vision terrifiante : Un homme revêtu de lin lui dit : « Voici vingt et un jours que je lutte contre le prince des Perses pour le renvoi du peuple1. » Cyrus, en cette première année de son règne, renvoya le peuple. Dans la série des rois chaldéens nous comptons la 32e année* comme étant la première de Cyrus puisqu'en cette année il tua Nabounados, leur roi, et mit fin aux empires des Chaldéens, des Assyriens, des Mèdes et des Lydiens, et que l'empire des Perses occupa seul toute la contrée orientale, jusqu'à la des- cente d'Alexandre le Macédonien. En cette année cinquante mille captifs remontèrent et commencèrent à bâtir. Ils ne remontèrent pas encore tous ; car la parole de Jérémie qui parlait de soixante-dix ans n'était pas encore entièrement accomplie. Cyrus était un métis, de deux races. Son père était perse et s'appelait Cam- byse; sa mère était mède, fille du roi Astyagès. En Pan 60 de la captivité, la reine des Massagètes tua Cyrus, roi des Perses. Cambyse, fils de celui-ci, commença un règne de 8 ans. Les Hébreux disent fois du temps où il n'y avait point de chef, comme il est écrit dans le livre des Juges'5 Il mourut encore jeune et fut enseveli dans son village près de ses pères. » Après lui, il ne se leva plus aucun prophète chez les Hébreux ..... Cyrus régna 31 ans. — Au début de son règne, les Juifs captifs montèrent rebâtir [le Temple], selon la prophétie d'Isaïe5. La reconstruction fut empêchée par les nations environnantes, jusqu'à l'an 6 de Darius, fils d'Hystaspe, pendant l'espace de 46 ans, comme il est écrit par Pévangéliste Jean 6. — Les captifs remontèrent sous la con- duite de Zorobabel et de Jésus, fils de Josédek En l'an 2 de Darius, Daniel fut jeté dans la fosse. En Pan 3 de Cyrus il jeûna vingt et un jours8.— La même année, Daniel mourut et fut enseveli dans le village9 de Suse. Il était de la tribu de Judas10 et fils d'Ananias, fils du roi Josias. Après les 70 ans de la Captivité, Darius régna encore pendant 34 ans. En l'an 10 de Darius, fut établi le premier consul u. 1. Dan., x; cf. cap. ix. — 2. Ms. : 52 ans. Mais il s'agit vraisemblablement de l'an 32 (di. au lieu de aj) de la Captivité; cf. Arm. a. 1457. 3. Allusion à Jud., u, 1-5 ('?). — 4. Lacune de trois lignes. — 5. Cf. E. a. 1496. — 6. Jon., n, 20. — 7. Cf. H. a. 1490. — 8. Dan., x. — 9. Lire : |û-;c. — 10. Cf. ci-dessus, p. 92, 1. 15-16. — 11. E. a. 1504. LIVRE IV. CHAP. XXI 103 qu'il fut appelé Nabouchodonosor — De son temps naquit Judith qui tua Olo- phernès qui était du peuple de Magog, c'est-à-dire des Turcs. — Le livre de Judith comprend 1268 paroles. En l'an 6 de Cambyse, [6o] en la LXIIP olympiade, il renversa totalement Tyr. Après la mort de Cambyse régnèrent deux frères Mages, pendant sept mois; et ensuite [Darius, fils d'Hystaspe], pendant 36 ans. En l'an 22 de celui-ci furent accomplies les soixante-dix années, en comptant depuis l'incendie du Temple. — Cela est attesté par Aggée et par Zacharie qui dit3 : « Seigneur, jusqu'à quand n'auras-tu pas pitié de Jérusalem et des villes de Juda, contre lesquelles tu as été irrité? voilà les soixante-dix ans! » — Quelques-uns disent que les soixante-dix ans finissent au commencement du règne de Cyrus; ils les font commencer à l'an 13 de Josias, quand Jérémie commença à prophétiser. D'autres En Pan 17 de Darius, Alexandre commença à régner [65] sur les Macédoniens, pendant 43 ans.4. A cette époque florissaient : Polycarpe5, Solon6, Démocrite7, philosophes et poètes; le chroniqueur Hellanicus 8, Heraclite Skoteinos9, le physicien10 Anaxagoras, le [poète] tragique Eschyle11, ainsi que le poète Panyasis 12. Harmodius et Aristogiton 13 tuèrent le tyran Hipparchus ; la prostituée Leama14, pressée de livrer le nom des conjurés, se coupa la langue. En quatorzième lieu, les Lacédémoniens occupèrent la mer pendant 2 ans ,5; en quinzième lieu, les habitants de Naxos, pendant [10 ans]16 ; en seizième lieu, les Eré- triens l7, pendant 17 ans 18„ Le total des années depuis l'incendie du Temple jusqu'à sa reconstruction est 70 ans, et depuis la première année de Cyrus, qui renvoya les captifs, de 44 ans. — Si quelqu'un demande pourquoi les Hébreux disaient qu'il fut bâti en 46 ans 19, cette différence de 2 ans vient de ce que les uns comptent depuis te commencement de la prophétie de Jérémie, d'autres depuis la 3e année de Joachim, d'autres depuis l'incendie du Temple. —Africanus compte depuis le commencement du règne de Sé- décias; Daniel, depuis Jérémie; Clément, depuis le moment de l'incendie du Temple. 1. H. a. 1485, 1487; Arm. a. 1486. — 2. Ms. : 3. -3. Zach., r, 12 ; cf. H. a. 1496 [s]; Arm. 1497. 4. E. a. 1514 (= an 19). — 5. Le nom est distinctement écrit; mais il est probable qu'il tran- scrit un autre nom; aucun Polycarpe n'étant mentionné dans les Carions d'Eusèbe, vers cette date. — G. Cf. H. a. 1425. — 7. H. a. 1517; Arm. 1514. — 8. 'EUcôhxo?. H. a. 1517. — 9. 'Hpâxtenro; o ffxoTEivoç; H. a. 1517. — 10. H. a. 1517. Ms. : « musicien ». — 11. H. a. 1523; 1540. — 12. H. a. 1528. IlavTjaatç. — 13. H. a. 1497. 'Apu-oS'-oç y.sù 'ApKTToyettwv. — 14. Aéouva. — 15. Arm. a. 1503; cf. Eus., I, 225. — 16. Eus., I, 225. Mention omise dans les Canons par H. et Arm. — 17. 'EpsT-pcsT; (Syno., 247 b). — 18. Eus., i, 225 et Arm. a. 1514 : 15 ans; Sync. : 7 ans. — 19, Joh., h, 20. 104 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN disent qu'elles finissent en l'an 19 de Cyrus, et ils les font commencer à l'an 3 de Joachim1. Eusèbe et Andronicus, comme nous l'avons dit ci-dessus, [les font finir] en l'an 2 de Darius. En l'an 6 de Darius, le Temple fut achevé % au mois de yar ; sa hauteur était de 60 coudées, sa largeur de 20. La somme des années, depuis Salomon jusqu'à la 6e année de Darius en la- quelle le Temple fut terminé au bout de quarante-six ans, est de 515 ans3. En l'année 19 de Darius finit le cinquième millénaire, selon cette déduction, en la LXIXe olympiade. [Ici] finit avec Vaide du Seigneur ce quatrième Livre, qui comprend XXI cha- pitres et 835 ans. jusqu'à la fin du cinquième millénaire1'. — Priez pour le pé- cheur qui Va écrit et pour ses pères. 1. H. a. 1468; Arm. a. 1457. — 2. H. a. 1501. — 3. Le chiffre manque dans le ms. J*e le déduis du calcul indiqué plus haut (p. 97. 1. 7). — 4. Il y a erreur et contradiction évidente entre les chif- fres indiqués dans le titre et le colophon de ce Livre. LIVRE Y [06] En élevant mon esprit vers la force qui peut tout, qui sait tout, qui di- rige tout, et en lui demandant de me diriger et de me fortifier par sa grace, je commence le cinquième llvre qui dérute avec le commencement du sixième millenaire, l'an 20 de darius le perse, la première annee d'alexandre le Macédonien, au dérut des consuls des Romains, et au retour de la captivité des Herreux. CHAPITRE I. — En Pannée 16 de Darius commence le sixième millénaire selon beaucoup de chroniques; d'autres disent que le cinquième millénaire finit en Pan 3 de Xerxès '. Xerxès, fils de Darius, c'est-à-dire Assuérus 2, régna 21 ans. — En la 2e année de son règne, il s'empara de l'Egypte; en sa 11e année, il s'empara d'Athènes, et la détruisit par le feu. Il s'empara aussi de nombreuses villes. De son temps vivaient Esther et Mardochée. Quand Aman, qui était de la race d'Amalec, voulut détruire la race de Juda qui était demeurée en captivité, Esther et Mardochée [00] En ce temps* mourut Pythagoras le philosophe, après avoir vécu 105 ans*. Alors 5 florissaient Hellanicus le philo- sophe ; Héraclitès ; Anaxagoras, stoïcien et physicien6; Pindarus et Simonidès7, poètes lyriques ; Diogène8 le philosophe. Alors aussi était célèbre le peintre Xeuxis". A cette époque [florissaient] Apollo- thémis (?), et Empédocle de Sicile. Les philosophes pythagoriens floris- saient alors 10. Après Josué, fils de Josédek, qui avait exercé pendant 20 ans, le souverain pon- tificat des Juifs fut occupé par Joachim. De son temps finit le 5e millénaire et périrent [68] ceux qui empêchaient les Hébreux [de rebâtir le temple] . A Joachim, qui exerça le souverain pontificat pendant 46 ans, succéda son fils Elisée11,pendant 32 ans; (selon Jac- ques et d'autres, pendant 40 ans). [69] On dit que du temps de cet Elisée, flo- rissait le scribe Esdras, docteur de la I. Aksynorakios. — 2. AkSiros. 3. H. a. 1521; Arm. 1517. — 4. Lire : ovû. — 5. H. a. 1517; Arm. 1514; — 6. Ms. : et Stoicus et Physicus (!). — 7. H. a. 1530; Arm. 1529; cf. a. 1544. — 8. H. a. 1621; Arm. 1623 (?). — 9. H. a. 1550; lire : .™.™*>oi. — 10. Arm. a. 1562. II. Êliasib dans l'hébreu et la Vulgate; Néiiém., xrr, 10; xm, 28. i. 14 106 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN se couvrirent de sacs, et le Seigneur fit retourner la malice d'Aman sur sa propre tête. Jean écrit : « Quelques-uns disent qu'Esther ne vivait pas du temps d'Assuérus, et ils allèguent comme preuve que si elle eût vécu de son temps, ils n'auraient pas été passés sous silence par Esdras qui a écrit sur tous les événements de cette époque, et même sur le retour [de la captivité]. Mais tous les chroniqueurs disent qu'ils vivaient en ce temps-là1. » Après celui-ci, régna Artabanos pendant sept mois. [67] On lui attribue une année [de règne]. Empédocle se jeta dans le feus, en Si- cile, et [ses chaussures] revinrentdehors ; il fut démasqué [et on connut] qu'il n'était pas dieu. Theretetus3, qu'on lit chez les en- fants (?) ; Démocrite et Hippocrate, mé- decins, florissaient alors 4. A cette époque3, les Romains envoyè- rent à Athènes et en rapportèrent la loi des XII Livres, d'autres disent des XII Tables. A cette époque6 florissaient Cratinus et Plato, auteurs de comédies; ainsi que Espymiusou selon d'autres Empédoclès1 et Héraclitès8, et Abaris (?), philosophes. A cette époque prophétisait une femme [nommée] Eu... — Mélissus, le natura- liste, florissait alors9. Hérodote était célèbre 10. [67] Protago- ras11 et Isocrates12, les sophistes, desquels la sophistique tire son origine ; et Phi- dias13 par qui commença la sculpture; Démocrite Abdéritès, Gorgias, Em- Ioi chez les Hébreux et grammairien cé- lèbre; il avait reçu d'en-haut le don [de la science] n. Après Elisée le souverain pontificat fut occupé par son fils Joiada ; de son temps fut achevée la construction du Temple. A Joiada succéda Jean [70] son fils. Après le retour du peuple et la recons- truction de Jérusalem par les princes des prêtres, on connaît mieux la succes- sion des souverains pontifes, pendant tout le temps des Macchabées. Jean le grand-prêtre exerçait du temps d'Artaxerxès, roi des Perses; comme toute la Judée était alors placée sous la main des rois de Perse, on doit compter d'après les années de ces rois celles des grands [71] prêtres qui furent en Judée en ce temps-là. C'est pourquoi les chro- niqueurs exposent [que] les jours du souverain pontificat de Jean [se prolon- gèrent]15 jusqu'au temps des rois qui succédèrent au susdit Artaxerxès. 1. Cf. E. a. 1553. 2. Ces deux noms sont altérés ; mais le contexte qui fait allusion à la fable d'Empédocle se jetant dans l'Etna montre que le second doit être restitué : moà^oo,3l ; cf. H. a. 1561. — 3. ThesetetUs mathematicus, H. a. 1579; Arm. 1577. — 4 E. a. 1581. — 5. H. a. 1566. — 6. H. a. 1564. — 7. H. a. 1561. — 8. H. a. 1562. — 9. H. a. 1573. Ms. : Mélissus et Physicus étaient alors célèbres! — 10. H. a. 1572. — 11. H. a. 1574. — 12. H. a. 1616, 1641. — 13. H. a. 1578. . 14. Compléter : |LoJ.a^x>> |ûoo,a*5. BH. Chr. eccl.-, I, 17. — 15. Lacune de deux mdts. LIVRE V. CHAP. I 107 Ensuite régna Artaxerxès Longuemain, surnommé Arovik1, pendant 41 ans. — Dans la LXXIXe olympiade, et en la 7e année de son règne, Arta- xerxès ordonna au scribe Esdras de remonter bâtir Jérusalem. Esdras eut une vision divine; il écrivit les Prophètes de mémoire, car leurs écrits avaient été brûlés et avaient péri pendant la Captivité. — En Pannée 20 d'Artaxerxès, INéhémie, Péchanson du roi, fut de nouveau envoyé pour rebâtir Jérusalem, se- pédocle, Zenon, Parménidès, étaient cé- lèbres à cette époque s. Thucydide parut alors3. Périclès mourut '*. Aristophanes et Eupolis, poètes co- miques, florissaient6. Eschyle, auteur de chants, florissait alors6; tandis qu'il était assis, un aigle le frappa violemment à la tête, et il mourut. A Rome, une vierge nommée Pompi- lia, ayant été convaincue de fornication, fut enterrée vivante7. Les Eginètes occupèrent la mer, en dix-septième lieu, pendant 10 ans, jus- qu'au passage de Xerxès 8. A cette époque, les Athéniens forti- fièrent le Pirée9. — Xerxès vint en Egypte ,0, et la dévasta ; il incendia Athènes11. A cette époque eut lieu la bataille des Thermopyles et le combat naval de Sala- mine18; ainsi que la bataille de Platea et celle de Mycale13. Hiéron exerça la tyrannie h Syracuse, après Gélon14. [72] Il eut pour successeur Joiada sur- nommé Jaddus. Celui-ci dirigea le peu- ple 40 ans. De son temps vivait un homme nommé Andromachus15,qui était prêtre et qui secourait les Hébreux de toute façon. [73] Ensuite vint le grand-prêtre Ma- nassé; il était frère de Jaddus. Ce Ma- nassé avait bâti un temple sur le mont Garizimdu temps de son frère Jaddus16; celui-ci après sa mort [74] eut pour suc- cesseur ce Manassé qui avait bâti le temple; ce dernier fut grand-prêtre pendant 3 ans. Après Manassé, Andromachus fut éta- bli grand-prêtre17. Il exerçait du temps d'Alexandre, roi de la terre, fils de [75] Philippe le Macédonien : c'est lui qui reçut le roi avec honneur. Cet Andro- machus, le grand-prêtre, ayant été tué par les Samaritains, Alexandre massacra tout le peuple [76] de Samarie et y fit habiter des Macédoniens 18. Après Manassé, on connaît comme prince des prêtres chez les [Hébreux]19 Onias, fils de Joiada, appelé Jaddus. 1. BH., p. 31 : yaol qui paraît préférable ; comp. 'Aptto^ (Dan., ir, 14) et Elpico-/ (Judith, i, 6). 2. H. a. 1581. — 3. H. a. 1588. — 4. H. a. 1588. — 5. H. a. 1589. — 6. H. a. 1523. — 7. H. a. 1531. — 8. H. a. 1508 (20 ans); Arm. 1531 (Egyptii). — 9. H. a. 1538. — 10. H. a. 1533. — 11. H. a. 1536. — 12. H. a. 1537. — 13. H. a. 1541. — 14. H. a. 1542. 15. BH. : u»a3oboo^l, Chr. eccl., I, 17. — 16. H. a. 1681. — 17. Des Samaritains? — 18. Cf. H. a. 1685. — 19. Lacune d'un mot; cf. H. a. 1695. 108 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Ion la parole du prophète Daniel : « Sache que de l'issue de ce discours au retour et à la reconstruction de Jérusalem avec ses murs et ses édifices'..... » C'est de cette époque d'Artaxerxès qu'Af'ricanus commence à compter les se- maines indiquées par Daniel. Néhémie était l'eunuque du roi; il resta douze ans à Jérusalem, et en l'an 32 d'Artaxerxès, Jérusalem fut achevée, sous le souverain pontificat de Joiada, fils d'Elisée, comme l'atteste Esdras 2. Si quelqu'un veut compter les soixante-dix semaines de Daniel, qui font quatre cent quatre-vingt-dix ans, il trouvera qu'elles finissent en l'an 366 des Grecs, et en l'an 2" de Néron, sous lequel Jérusalem fut détruite. Le total des années depuis 1 incendie et la destruction du Temple jusqu'ici est de 131 ans, et depuis qu'il fut rebâti, en l'an 6 de Darius, nous trouvons 73 ans jusqu'ici, [68] d'après les Livres des Prophètes et d'Esdras. A cette époque naquit Platon4. Le sophiste Socrate florissait à Athènes; comme il pervertissait les jeunes gens, on lui fit boire de la ciguë et il mou- rut5. — Platon suscita alors l'hérésie(?)6. Platon etXénophon florissaient alors7. .....sans principauté pendant 15 ans8. A cette époque florissait le philosophe Aristote 9. A cette même époque le feu [68] se détacha du mont Etna, et beau- coup de lieux furent incendiés. Cadmus et Agénor vinrent de Sidon à Athènes 10 et apportèrent ces seize let- tres : ABrAEIKAMNOTTPITY- Palamède, [fds de] Nauplius d'Argos, en inventa quatre autres, qui sont celles- ci : Z0CJ5X. Et enfin Simonidès trouva les quatre dernières, savoir : IV H Cl. Celui-ci exerça 32 ans d'après le livre d'Andronicus ; [77] Jacques lui attribue seulement 11 ans. Après lui vint Siméon, son fils, sur- nommé le Juste, qui fut grand-prêtre pendant 32 • ns 11 ; Andronicus dit qu'il exerça seulement 9 ans [78]. On voit par là qu'ils ont exercé ensemble 41 ans. Ils florissaient du temps des quatre rois grecs qui ont succédé à Alexandre, c'est- à-dire du temps de Ptolémée [79] et du temps de Séleucus Nicanor. A Siméon le Juste succéda le grand- prêtre Eléazar, son frère. Siméon avait un fils appelé Onias; mais il était encore enfant, et pour cela Eléazar fut établi pendant 10 ans 18. I. Cf. Dan., ix, 25. — 2. Cf. Néhém., xnr, 28; H. a. 1569 ; Arm. 1572. — 3. Lire o (et non ; H. a. 1584; Arm. 1586. 4. H. a. 1592. — 5. H. a. 1618; Arm. 1621. — 6. Cf. H. a. 1628; Arm. 1629.— 7. E. a. 1643. — 8. J'ignore à quoi se rapporte cette mention. — 9. H. Cf. a. 1651. — 10. E. a. 1617. II. H. a. 1717. — 12. H. a. 1729. LIVRE V. CHAP. II 109 CHAPITRE IL — Des choses qui arrivèrent du temps de Néhémie. A partir d'ici, nous pouvons trouver la série des années et les événements qui s'y passèrent dans les livres des Macchabées, clans ceux de Josèphe et du chroniqueur Africanus Nous parlerons donc de Néhémie. Il était l'eunuque et Péchanson du roi Artaxerxès, et hébreu d'origine. Il obtint du roi la permission de remonter [à Jérusalem]. Les Juifs de Jérusalem n'avaient point alors le feu sacré, car on l'avait jeté dans un puits en partant pour la captivité. Néhémie ordonna d'ap- porter de la boue de ce puits, qu'ils jetèrent sur les bois de l'holocauste, et le feu brûla [de nouveau] après soixante-quatorze ans. A cette époque, un autre Artaxerxès8 régna sur les Perses 2 mois, et après lui Sogdianos, pendant 7 mois; après ceux-ci Darius Nothos, pendant 19 ans. En la 15e année de celui-ci, l'Egypte se révolta contre les Perses; ils se cons- tituèrent un roi après [en avoir été privés pendant] 124 ans. Dionysios3 excita la révolte et commença à régner. Après Alexandre, Perdiccas régna sur les Macédoniens pendant 28 ans. L'an 19 de Darius, Orestès commença à régner sur les Macédoniens, pen- dant 3 ans. Commencement du LXXI0 Jubilé chez les Hébreux*. En ce temps-là il y eut une éclipse dans les cieuxs, et il y eut un grand tremble- ment de terre6. Anaxagoras mourut'. La Sicile tomba sous la démocratie 8. A cette époque florissaient les Pythagoriciens 9. Le temple de Hiéra 10 à Argos fut brûlé. Une femme, Evodia (?), prophétisait du temps de Néhémie11. Thélésilla, Praxilla et Cléobulina étaient des femmes alors célèbres 12. Aristarchus, le poète lyrique, florissait alors 13. Le magicien Abaris Hyperboranus,c'est-à-dire « Superbe », était célèbre14. Les Athéniens et les Lacédémoniens firent une alliance de 30 ans15. A cette époque le physicien, c'est-à-dire naturaliste, Mélissus, était célèbre16. Hérodote, ayant lu ses livres [d'histoire! à Athènes, fut traité avec honneur17. Le mathématicien Theœtetus [69] florissait alors18. On dit que les Egyptiens inventèrent les premiers l'alphabet et que les Phéniciens ont appris d'eux à écrire. 1. H. a. 1571; Arm. 1572. — 2. E. a. 1593. — 3. Dans le grec : 'Au-up^o; Sscrrïjç. H. a. 1604. 4. H. a. 1548. — 5. H. a. 1556; Arm. 1554. — 6. Lire : —7. H. a. 1557. — 8.' H. a. 1555. — 9. Arm. 1562. — 10. Junon; H. a. 1567. — 11. Cf. p. 106, 1. 25. — 12. H. a. 1566. — 13. IL a. 1564. — 14. H. a. 1568. — 15. H. a. 1572. Lire : uo>L ou |ta-*u.*, cf. texte, p. 70, 1. 12. — 16. H. a. 1573. — 17. H. a. 1572. — 18. H. a. 1579. 110 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN A Rome, les jeux séculaires furent célébrés pour la première fois1 [69]. Après ceux-ci, les Gaulois et les Celtes* attaquèrent Rome et s'en emparèrent, à l'exception du Capitole seul3. A cette époque, il y eut un très violent tremblement de terre ; des villes très fortes furent renversées dans le Péloponèse : Elikê et Rourah *. A cette époque5, les démarques furent choisis à Rome, avec des agoranomes, c'est-à-dire des chefs du peuple et des proviseurs des marchés; et il n'y eut plus de consuls. Néhémie, l'eunuque et l'échanson du roi, après avoir achevé tout le mur de Jérusalem, revint à Babylone en l'an 32 d'Artaxerxès. — C'est de là que com- mencent les semaines de Daniel. CHAPITRE III. — Commencement des quatre cent quatre-vingt-dix ans, de- puis la restauration de Jérusalem jusqu'à sa destruction totale. Après Darius, sous lequel l'Egypte s'était révoltée contre le joug des Perses, Artaxerxès régna sur les Perses, comme gouverneur pendant 40 ans. Les Hébreux l'appellent Assuérus ; c'est pourquoi Jean dit qu'il croit que l'histoire d'Esther doit être placée du temps de celui-ci, puisque Assuérus est appelé Artaxerxès dans la version des LXX. A cette époque [vivait] le sage Protagoras. Les Athéniens décrétèrent de brûler ses livres6. Socrate était devenu célèbre 7. — Phidias fit une Minerve d'ivoire8. En Italie le peuple des Campani fut alors constitué 9. A cette époque florissait Sophocle 10, poète lyrique, et les philosophes Démocrite Abdéritès, Empédocle, Hippias, Prodicus, Zenon et Parménidèsu. Platon avança une hérésie du temps du onzième roi de Perse; c'est celle-ci : Il dit que Dieu existait et avec lui la matière, les formes et le monde visible, créé et périssable; Pâme n'a point été créée, elle est immortelle et ne périra jamais, car elle est divine. Elle a trois facultés : la raison, c'est-à-dire la pensée, Pirascibilité et la sensibilité. Les âmes changent de corps, [et vont] jusque dans les reptiles et les insectes. — Il dit qu'il y a beaucoup de dieux qui proviennent d'un seul. Cet immonde [philosophe] prescrivait que les femmes fussent à la communauté, et que personne n'eût de compagne particulière. — Epicure et d'autres adhérèrent à sa honteuse doctrine et furent appelés, à cause de cela, « platoniciens ». 1. H. a. 1564; Arm. 1565. — 2. Lire : — 3. E. a. 1626. — 4. E. a. 1637; 'EXixr) xal Boûpa. — 5. 8ïî(xapxoi; H. a. 1568; Arm. 1564. 6. H. a. 1574. — 7. H. a. 1583. — 8. H. a. 1578. — 9. H. a. 1581. — 10. H. a. 1580. — 11. H. a. 1581. LIVRE V. CHAP. III 111 En Pan 15 d'Artaxerxès, Africanus, dictateur des Romains, détruisit les Car^ thaginois, et il appela le pays de son nom : Afrique. Néphéritès1 régna sur les Égyptiens 6 ans ; et sur [70] les Macédoniens : Ar- chélaùs, 4 ans; Amyntas*, 1 an ; Pausanias, 1 an, et de nouveau Amyntas pen- dant 6 ans. En Pan 16 d'Artaxerxès, le gouverneur Argaeus3 commença à régner sur les Macédoniens, pendant 8 ans. En Pan 20 d'Artaxerxès commença à régner sur les Égyptiens : Psamouthis * pendant 1 an ; après lui, Néphéritès pendant 1 an ; et après, Nectanébus 5 régna pendant 18 ans. En Pan 35 d'Artaxerxès régna sur les Macédoniens Alexandre pendant 1 an; puis Ptolémée : 3 ans ; et après lui Perdiccas 6 ans. En l'an 40 d'Artaxerxès Téôs6 commença à régner sur les Egyptiens pendant 2 ans, et après lui Nectanébos7 pendant 12 ans. En ce temps-là commença la guerre du Péloponèse8 qui se prolongea, très vio- lente, pendant l'espace [70] de 21 ans. A cette époque florissait Bacchylidès, auteur de chants9. La peste opprima et affligea fortement les Athéniens t0. Périclès mwïrut11. Les Lacédémoniens détruisent complètement Héraclée12. Défaite des Athéniens en Sicile13. A cette époque, il y eut un tremblement de terre ; le feu sortit de nouveau du mont Etna u, et consuma de nombreux pays. La ville d'Atlante, près de Locres, devint une île, à la suite d'un tremblement de terre15. A cette époque, les Lacédémoniens et les Athéniens firent une alliance sincère, pour un temps très long16. A cette époque, Euripide termina sa vie près d'Archélaûs 17. Il se trouvait la nuit dans un endroit désert et écrivait. Le roi Archélaùs étant sorti pour la chasse, ses chiens tombèrent sur lui, le mirent en pièces, et il mourut. — De même, Posi- dippe (?), allant la nuit trouver une femme, fut mis en pièces par les chiens et mourut. A Athènes, Sophocle étant parvenu à l'âge de 90 ans, des granulations se formèrent dans sa gorge, empêchèrent sa respiration, et il mourut18. : 1. NsçepsTr,;. — 2. 'AjxyvTa;. — 3. 'Apyaîo;. — 4. Wâ\t.\iov^iz. — 5. Nexxavéë^ç (H. a. 1630). — 6. TsoSî. — 7. NexTavsêô; (H. a. 1650), lire : <*>&*i&*>, 8. H. a. 1585. — 9. H. a. 1586 ; cf. 1549. — 10. E. a. 1587. — 11. H. a. 1588. Lire : a»a^û*U9. — 12. E. a. 1595. — 13. H. a. 1597. — 14. H. a. 1591. — 15. H. a. 1592. — 16. H. a. 1593. — 17. H. a. 1609. — 18. H. a. 1609. 112 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Ensuite régna sur les Perses Ochos, qui est Artaxerxès II, pendant 27 ans; celui-ci fut puissant et régna sur les Égyptiens. — Ici cessèrent de nouveau les rois des Égyptiens, qui furent encore soumis aux Perses. Tandis que le roi d'Egypte, qui s'appelait [Nejctanébosou selon d'autres, Nécotanèbonis, s'enfuyait en Ethiopie, un augure lui fit voir les armées nom- breuses qui venaient sur lui. On dit qu'il était le père d'Alexandre2. L'empire d'Egypte cessa pendant 42 ans, jusqu'à Domitius, qu'on appelle Pto- lémée, et qui était un des serviteurs d'Alexandre. [71] Le roi de Perse, Ochos, opprima les Juifs et les fit tributaires; il les fit habiter à côté du lac Caspien, dans la ville d'Hyrcanie 3. A cette époque commença à régner en Macédoine Philippe, père d'Alexandre, pendant 27 ans; le nom de sa femme est Olympias. En Pan 13 du persan Ochos, naquit Alexandre, la 8e année [du règne] de son père, Philippe. Après Ochos, Arsès4, le persan, fils d'Ochos, régna sur les Perses pendant 4 ans; ensuite Darius, fils d'Arsam5, surnommé Arsace, pendant 6 ans. Démocritès, ayant été mordu par un serpent, mourut6. — Expédition de Cyrus, racontée par Xénophon 7. — Les Athéniens commencèrent à se servir des vingt-quatre lettres, tandis qu'ils n'en employaient autrefois que seize 8. Le tyran Dionysios régnait à Syracuse 9. Démosthènes, le rhéteur, florissait alorst0, ainsi que la poétesseHerinna u. [71] Aristote, à l'âge de 17 ans, écoutait les enseignements de Platon M. A cette époque 13 eut lieu la description, c'est-à-dire le recensement du peuple, à Rome. On trouva 175.000 [citoyens]. A cette époque mourut Platon, à l'âge de 82 ans. Speusippus lui succéda u. A cette époque, Manassé, frère de Jaddus, grand-prêtre des Juifs, bâtit un grand temple, sur le mont Garizim, à l'imitation de celui de Jérusalem 15. Dionysios, le tyran, tomba du pouvoir, en Sicile16, et Hipparinus, fils de Dionysios^ devint tyran de Syracuse 17. A cette époque florissait le philosophe Aristote ; le roi Alexandre fut le disciple d'Aristote. Le philosophe Epicure et le peintre Apellès florissaient à cette époque. 1. Lire : u»aai£ûj; cf. H. a. 1666; Arm. 1668. — 2. Tradition orientale, consignée dans le Roman d'Alexandre, et ailleurs. V. Langlois, Chron. de Michel le Grand, p. 76, n. 4. — 3. H. a. 1658; Arm. 1657. — 4. 'Apcr^ç "O/ou. — 5. Aapsïoç 'Ap[xouaa[z.oy. 6. H. a. 1616; Arm. 1613. — 7. H. a. 1616. — 8. E. a. 1617; ms. : 19; cf. p. 108. — 9. H. a. 1623? 1649?— 10. H. a. 1657.— 11. H. a. 1665. —12.H. a. 1651. —13. H. a. 1677(160.000); Arm. a. 1676 (165.000). — 14. H. a. 1672. — 15. H. a. 1681. — 16. H. a. 1660. — 17. E. a. J664. LIVRE V. CHAP. III 113 L'année où ce Darius commença a régner sur les Perses, Alexandre, fils de Philippe, commença à régner sur les Macédoniens, à Page de vingt ans ; il régna d'abord dans PHellade. Il était d'une grande stature et haut de trois aunes ; il s'éleva fort au-dessus de tous les rois ses prédécesseurs ; il s'empara de beau- coup de pays et fit périr trente-cinq rois ; son camp se composait de cent vingt mille hommes. En l'an 6 d'Alexandre, qui était aussi la 6e année de Darius, ils engagèrent le combat à Issus, ville de Cilicie ; Alexandre vainquit et Darius fut tué ; avec lui prit fin l'empire des Perses. Alexandre, après avoir mis fin à l'empire des Babyloniens et des Perses, oc- cupa Babylone; il soumit PEpirel'Hyrcanie, la Médie; il s'empara de toute l'Asie supérieure, passa même le fleuve Indus et soumit l'Inde [72] et èaba. Il prit pour femme Roxane, fille de Darius, et emmena la sœur de celle-ci en cap- tivité avec elle. Il bâtit douze villes2 ; il fît la Porte de fer pour empêcher les Huns de sortir : elle était haute de 12 aunes et large de 8. — Il soumit les Juifs, qui le reçurent bien; il offrit un sacrifice à Dieu et honora le prêtre Andromachus. Les Samaritains ayant tué ce prêtre, Alexandre revint d'Egypte, détruisit les Samaritains, et fit habiter des Macédoniens en Samarie3. Il monta au temple d'Ammon et bâtit Pœretonium \ Étant venu à Babylone, après avoir régné 12 ans et 7 mois, un de ses grands lui fit boire du poison", et il mourut. Speusippus mourut etXénocrates prit sa place 6. Manlius, consul des Romains, fit tuer son fils pour avoir engagé le combat et rem- porté la victoire sans sa permission7. — Les Romains vainquirent les Saunites; ils envoyèrent des colonies. Les Saunites sont des Arabes de PArabie appelée Eudaîmôn, c'est-à-dire florissante8. Alexandrie la Grande fut bâtie en Egypte, en l'an 7 d'Alexandre, Celui-ci régna 12 ans et bâtit douze villes qui portent chacune le nom d'Alexandrie 9 [72]. Ces villes furent tracées par d'illustres géomètres athéniens : Aristote, Timéonos (?) etPériclès. On trouva à Antioche, au milieu du démosion, sur une colonne d'Apollon10, sur une stèle d'airain, une inscription ainsi conçue : Bartella est plus grande qu'Ephèse de 3011 pieds ; Ephèse surpasse Nicomédie de 1700 pieds ; Nicomédie surpasse Antioche de 1820 pieds ; et Alexandrie est plus grande que ces quatre villes; car elle mesure 14987 pieds. 1. Traduction probable; cf. p. 116, n. 4. BH. a la même orthographe que notre ms. pour ces trois noms propres. — 2. V. les noms des douze Alexandrie, dans les Excerpta Barbari, f. 34 b (Eus., I, App., p. 210). — 3. H. a. 1865; Arm. 1680. — 4. H. a. 1688. — 5. Lire : L^oo avec BH. 6. H. a. 1680. — 7. H. a. 1684. — 8. H. a. 1692; Arm. 1687; cf. p. 115, n. 21. — 9. Cf. n. 2. — 10. Sic ms. Je croirais volontiers que apolos est un nom de matière défiguré, d'origine grecque. I. 15 114 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Le livre des Macchabées fait commencer avec cet Alexandre l'empire des Grecs et le comput des années1. En lui fut accomplie la prophétie de Daniel dans laquelle le bouc vient tuer le bélier* au bout de deux mille trois cents jours3. D'après Andronicus, on compte depuis Adam jusqu'au Déluge 2256 ans; du Déluge à Abraham : 1081 ans; d'Abraham au commandement de Moïse et à l'Exode : 505 ans; de l'Exode jusqu'à l'an 4 de Salomon, année dans laquelle le Temple fut bâti : 610 ans: de la construction [du Temple] à la Captivité : 441 ans; la Captivité [dura 70 ans] jusqu'à l'an 2 de Darius; de l'an 2 de Darius jusqu'à Alexandre : 217 ans ; et en tout depuis Adam jusqu'à Alexandre : 5180 ans. A Alexandrie on trouve4, dans le quartier alpha : 308 temples5, 1655 cours, 5058 maisons ; 108 bains ; 237 tavernes 6 ; 112 portiques 7 ; — dans le quartier bêta : 110 tem- ples, 1002 cours, 5990 maisons, 145 bains; 107 tavernes; —dans le quartier gamma : 855 temples, 955 cours, 2140 maisons, ...bains, 205 tavernes; 78 portiques; — dans le quartier delta : 800 temples, 1120 cours, 5515 maisons; 118.bains; 178 ta- vernes ; 98 [portiques] ; — dans le quartier hê : 405 temples, 1420 cours, 5593 mai- sons, ... bains, 118 tavernes; 56 portiques. Ainsi tous les temples ensemble 8 sont au nombre de 2393 ; les cours : 8102, les maisons : 47790; les bains : 1561 ; les tavernes : 935, les portiques : 456. Cela sans parler des quartiers d'Adrianos, qui est immense ; ni de Lochias 9, qui est 1. H. a. 1704; Arm. 1702. — 2. Cf. Dan., vnr. — 3. Ms. ; 240 ans. 4. Je n'ai pu retrouver la source grecque à laquelle l'auteur a puisé cette description. — 5. Ou : « palais, édifices ». —6. Suptoata. —7. Je pense que liûest une corruption de **o|ûfr*o| = atôaç. — 8. Il y a des erreurs de chiffres dans ce calcul; car l'addition n'est pas exacte. Voici le total des chiffres, avec les variantes de la version arabe : temples cours maisons bains tavernes tombeaux quartiers Syr. Ar. Syr. Ar. Syr. Ar. Syr. Ar. Syr. Ar. Syr. Ar. 308 308 1655 1655 5058 5058 108 110 237 237 112 112 P............. HO 108 1002 1002 5090 5990 145 145 107 » » » 855 845 935 1955 2140 2140 » 205 205 » 78 78 800 800 1120 1120 5515 5515 118 108 178 178 98 98 405 405 1420 1420 5593 5593 » 241 118 118 56 56 Total réel. ... 2478 2466 6152 7152 24296 24296 809 845 „ » )) Total indiqué. 2393 2393 8102 8152 47790 47789 1561 1561 935 935 l 456 456 9. Ao/J.cui. LIVRE V. CHAP. IV 115 CHAPITRE IV.— De V époque où l'empire fut partagé eu quatre et ensuite en dix. Ptolémée, un des officiers d'Alexandre qui régna après lui, Pamena à Alexan- drie [73] et il y fut enseveli. La grande corne se divisa et quatre autres cornes poussèrent d'au dessous d'elle : ce sont les officiers d'Alexandre qui régnèrent après lui. Ensuite ils se divisèrent de nouveau, au point qu'il y eut dix rois en différents pays1. Ptolémée, fils de Lagos, c'est-à-dire fils du Lièvre, qui succéda à Alexandre à Alexandrie, régna 40 ans. La première année de son règne il s'empara de Jéru- salem par ruse et en emmena une troupe de captifs qu'il fit habiter en Egypte, du temps de Jechonias le grand-prêtre*. De ce Ptolémée tirèrent ensuite leur nom les rois Ptolémées. Philippe Aridée régna sur la Macédoine, pendant 7 ans. — En Syrie, en Cili- cie, en Asie, en Carie3, dans l'Hellespont, en Thrace, en Paphlagonie, en Epire4, régnèrent huit autres rois, ce qui fait dix en tout. Et la prophétie de Da- niel dans laquelle la bête avait dix cornes fut accomplie. en dehors du Pharos, [ni d']Antir-[73]rhodos5, ni de Phospice (?)« du Sérapéon7, ni de l'île de......s, ni de Zéphyrion9, ni de Canope10, ni du canal Nouveau, ni de Nico- polis, ni d'Eleusis, ni du Camp de Manutius (?), ni du Bendideion Alexandrie est plus grande que toutes les villes qui sont dans toute la terre habitée. A cette époque, les chefs des Macédoniens excitèrent la guerre et la sédition12. Théophraste le philosophe florissait alors 13. —Démétrius de Phalère était célèbre li. Ménandre le premier composa un drame : La Colère, et remporta le prix15. La guerre Lamiaque eut lieu alors16. — Perdiccas alla faire la guerre à l'Egypte17. Agathoclès devint le tyran de Syracuse 18. Les philosophes Ménédémus19 et Speusippus florissaient alors 20. Les Romains soumirent alors complètement les Saunites,c'est-à-dire les Arabes*1. Les Romains s'annexèrent les Marsiens, les Ombriens, et les Pélignens'*. A cette époque, les Romains envoyèrent une colonie !3. Théodore l'athée était alors célèbre24. 1. Dan., vhi. — 2. H. a.1695; Arm. 1693. — 3. BH : Uv&o — 4. BH : wa-iob U'*-\ U~f oî-Sob. 5. 'Avn'ppoôoç. —6. (?). — 7. Sapdmiov. — 8. Les deux noms propres me sont inconnus. Ils se transcrivent, à la lettre : ANVTINVS " PANDVTVS ; le T répond à un 0 dans le premier, et à un t dans le second. — 9. Zetpupiov. — 10. Kâvwêoç.—11. Temple de la déesse thrace Bendis. — 12. E. a. 1693. — 13. H. a. 1696. — 14. H. a. 1697. — 15. H. a. 1696. — 16. H. a. 1694. — 17. E. a. 1694. — 18. H. a. 1694. — 19. Ms. : Menandros; gr. : MevéSy)|io;. — 20. E. a. 1701. — 21. E. a. 1697; Arm. 1698. Sauvtxwv 'Apâêwv lxpdaY]aav. — 22. H. a. 1705. Màpcjouç xoù "Iu.opo'j; xoù HaUivoùç 7iap£*o!U. Suit une lacune de quelques mots. - 6. H. a. 1704 ; cf. p. 114, 1. 1. — 7. H. a. 1706. — 8. Lire : (et non o\). — 9. Cette mention se rapporte à la disposition des tableaux dans le texte syriaque. LIVRE V. CHAP. IV 117 Séleucus attaqua Démétrius en Sicile, et s'empara sans crainte de la Syrie et de l'Asie. Démétrius fut enfermé en Sicile1. — Après Démétrius régna Pyr- rhus, pendant 7 mois; et après lui Lysimachus, pendant 5 ans. Ptolémée Philadelphe commença à régner sur l'Egypte en l'an 29 des Grecs. En la première année de celui-ci, Ptolémée Ceraunus commença à régner sur la Macédoine pendant 1 an; après lui vint Méléagre pendant 2 mois, et ensuite Antipater Sosthènes pendant 2 ans. En l'an 6 de Ptolémée Philadelphe, Antiochus Soter commença à régner sur la Syrie et l'Asie, après Séleucus, pendant 19 ans. En Pan 7* de ce môme Philadelphe, Antigone commença à régner sur les Ma- cédoniens, pendant 36 ans. Et, en cette même année, les Livres [saints] furent traduits dans l'île de Cypre3. En Pan 34 des Grecs, l'an 24 de Philadelphe, Antiochus, qui fut appelé dieu', commença à régner sur la Syrie, pendant 15 ans. — Fin du chapitre quatrième. Sache5 que depuis la Pc olympiade jusqu'à la lre année de ce Séleucus, il y a 469 ans, soit en tout 117 olympiades et un an ; et depuis l'incendie du Temple bâti par Salo- mon : 280 ans. Si quelqu'un veut savoir à quelle année de l'indiction solaire répond exactement cette première année de Séleucus à laquelle commence le comput actuel, ou à quelle année de la lune, ou de la période de 19 ans, ou de la période de 4 ans, il doit retran- cher du nombre des années depuis Adam les périodes de 28 ans qui sont au nombre de 185, [et il reste 17 ans; qu'il retranche les périodes de 19 ans], qui sont au nombre de 273, et il reste 10 ans ; qu'il retranche les périodes de 15 ans, qui forment 346 in- dictions8, et il reste 7 ans ; qu'il retranche les périodes de 4 ans, qui forment 1299 olvmpiades depuis Adam, et il reste 1 an. Cette olympiade, formée de quatre années successives, concorde toujours avec l'année bissextile, et il yen a qui l'appellent inter- calaire. — On doit ajouter les années qui restent aux années d'Alexandre quand on veut connaître le commencement de l'année, ou de la lune des Romains, ou l'indiction, ou Tannée bissextile. Mais si l'on commence à Adam, il n'est besoin de rien ajouter, ni retrancher. — Or, l'année à laquelle commence ce comput des Grecs est l'an 51987, la 2e année de la CXVIP olympiade. Cette année commence un lundi. [75] Elle était la seconde dans la période lunaire des Romains8, et la 8e de l'indiction. A Rome eut lieu le recensement du peuple 9 ; on trouva 270.000 [citoyens]. Ménandre, auteur de comédies, mourut à cette époque10. 1. H. a. 1730. —¦ 2. Ms. : l'an 4. — 3. Restituer : Faros; cf. p. 123, 1. 24. — 4. Théos. 5. Lire : — 6. Ms. : 341. — 7. Lire : i-.oov — 8. Il semble qu'il y a ici une faute et une la- cune. On s'attendrait à lire : « Elle était la 18e de la période de 28 ans, et la 11e de la période lunaire de 19 ans. » — 9. E. a. 1723. — 10. H. a. 1725 ; MèvavSpoç. 118 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN CHAPITRE V. — [76] Discoars de Jacques d'Edesse qui montre comment, à cette époque, les peuples qui étaient sous l'empire des Grecs se révoltèrent et se constituèrent des rois particuliers, à chaque peuple le sien. L'empire des Perses ayant pris fin alors que Darius, roi des Perses, régnait seul sur tous les royaumes des peuples des pays de l'Asie, quand Darius fut tué par Alexandre, toute cette contrée d'Orient passa sous l'empire des Grecs [tenu] par les Macédoniens. — Ensuite, ces peuples, dont les royautés avaient cessé, son- gèrent que l'empire des Perses, qui était proche d'eux par la race et par le pays, et les avait assujettis pendant longtemps, avait pris fin et avait cessé, tandis que celui des Grecs qui venait de s'implanter nouvellement était éloigné d'eux par la Séleucus transporta des Juifs dans les villes qu'il avait bâties, et les fit jouir des mêmes privilèges que les Grecs'. Les Romains vainquirent les Celtes et les Tvrrhéniens ; et ils s'emparèrent du ter- ritoire des Sabins*. A cette époque Sérapis vint à Alexandrie 3. Démétrius se livra lui-même à Séleucus, d'après ce que disent quelques auteurs4. A cette époque une tour fut bâtie à Alexandrie, à Pharos, île de Protée5, par Sostratus Cnidius, fils de Dexiphanès6. Milo livra Tarente aux Romains7. Les Romains soumirent la Calabre et Messine8. Antigonus Gonatas occupait [Lacédémone]9. Soixante-douze savants hébreux montèrent à Alexandrie et traduisirent les Livres [saints]. Ptolémée, en voyant les livres apportés de Jérusalem, qui étaient écrits en lettres d'or, fut saisi d'une grande admiration 10. En Sicile beaucoup de villes se soumirent aux Romains ; les Romains fondèrent des colonies u. Le philosophe Polémon mourut à cette époque ; après lui florissaient Acrétas et Acratès la. A cette époque mourut [Zenon le] stoïcien ; après lui florissait Cléantès 13. 1. H. a. 1727. Lire : — 2. H. a. 1726. — 3. 'O Sipaïuç ?j é 26poncic 6 Sdpamc — 4. H. a. 1731 ; arm. 1738. — 5. Une légende consignée dans le Pseudo-Callisthènes fait de l'île de Pharos le séjour de Protée; de là elle est appelée Ttpwxsta. Corriger en ce sens notre traduction ci-dessus, p. 37, 1. 22 (au lieu de : du port). — 6. H. a. 1733; Arm. 1734; SwcnrpTcxoç Aeltçâvto; Kvt'Stoç. — 7. H. a. 1742 ; Arm. 1737. — 8. H. a. 1744; Arm. 1749. — 9. H. a. 1735. — 10. E. a. 1736. — 11. H. a. 1752; Arm. 1746, 1750. — 12. La restitution des deux derniers noms'est à faire d'après les versions. Sync. : lloXéu-wv... u.e6' ov 'AXxIxaç *a\ KpâxYj;; Hier., a. 1749 : Polemo... post quem Archesilas et Crates; Arm., a. 1743 : ... Arcelaus qui et Caton. — 13. H. a. 1753. KXsavOYj;. Ms. Cleansios. Lire : usa^A'û. LIVRE V. CHAP. V 119 race et par le pays; ils virent aussi qu'il était partagé entre plusieurs et troublé en lui-même faute de concorde. En effet, les uns régnaient en Macédoine, les autres en Épire, ceux-ci en Thessalie, ceux-là en Thrace, d'autres en Asie, d'autres en Egypte, d'autres en Syrie. Ceux qui étaient en Syrie et qui paraissaient voisins étaient surtout occupés à la guerre contre les autres rois des Grecs. Quand les peuples qui avaient été jadis soumis à l'empire des Perses comprirent ces choses, la plupart s'éloignèrent des Grecs, se donnèrent la liberté, et chacun d'eux se constitua une royauté indépendante. D'abord, ceux qui étaient dans la région des Parthes, dont les Mèdes s'étaient emparés, après avoir été soumis aux Grecs pendant 74 ans, se constituèrent un roi nommé Arsace, en l'année 62 du comput des Grecs. Comme celui-ci fortifia beaucoup leur empire, tous les rois ses successeurs sont surnommés Arsacides ; de leur nombre fut Barzapharnès1 qui envahit la Syrie et la Pales- tine du temps d'Auguste le Romain et d'Hyrcan le Juif. Pareillement, le peuple des Hyrcaniens qui sont près des Parthes, plus au nord, en voyant l'autonomie des Parthes, se constituèrent aussi en royaume indépendant. Tantôt ils s'unissaient contre les Grecs avec les Parthes, et tantôt ils s'élevaient contre ceux-ci. Les Arméniens, stimulés par ceux-ci, se constituèrent aussi un empire dans la Grande-Arménie, jusqu'à la mer [77] Caspienne, dans les montagnes appelées Caucase et certaines parties de l'Ibérie, c'est-à-dire de la Géorgie2. Neuf rois d'une même race régnèrent parmi eux : Khosrau, Tartad, Khosrau, Tîran, Asaq, Pâph, Orostat, Asaq, Balânasaq. — Ensuite quand le second empire des Perses eut de nouveau prévalu, de peur que les Arméniens ne se convertissent et ne s'unissent à l'empire des Romains par le christianisme, ils les opprimèrent par la guerre et les soumirent, au point d'anéantir complètement leur puissance. Ils ne laissèrent pas même un seul des soldats qu'ils virent, mais ils les prirent tous pour eux comme esclaves. C'est ainsi qu'en Arménie commença l'empire des Arméniens, et ainsi qu'il finit. Dans le pays de Mésopotamie, appelé Osrhoène, en l'an 180 selon le comput des Grecs, avant que la royauté des Grecs de Syrie, qui dura 40 ans, ne fût dé- truite, alors que régnait à Alexandrie Ptolémée Évergète, le VIIe des Lagides, sur la Syrie : Antiochus Sidétès, et sur les Juifs : Simon, frère de Jonathas, dé- faillit la race de ceux qui étaient à Édesse et qu'on appelait Syro-Macédoniens ; ils étaient descendus d'Edesse de Macédoine avec Alexandre le Grand et avaient re- bâti Orhoë, qu'ils nommèrent Édesse du nom de leur propre ville. Comme il ne se trouvait là personne de race grecque pour soutenir et garder la dignité de Pem- 1. BapÇacfàpvr,:. Cf. Jos., Ant., XIV, xm ; Bell. Jud , I, xm. — 2. Ms : Gourzân. 120 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN pire des Grecs de Syrie, le peuple qui s'y était implanté autrefois, et qui était de racearaméenne, prévalut: s'étant aussi affranchis delà suzeraineté des Parthes, ils établirent à Edesse pour roi un d'entre eux nommé Abgar. Il était courageux, fort et expérimenté à la guerre. Lui, et ses enfants après lui, dominèrent jusqu'à la frontière' de Babylone pendant 380 ans, depuis l'année 180 des Grecs jusqu'à l'année 560 du même comput. Ces rois d'Edesse régnèrent aussi sur le pays des Arméniens jusqu'à* ce que ceux-ci se fussent eux-mêmes constitué un roi. Plu- sieurs s'appelèrent de ce nom d'Abgar, parce qu'ils étaient pris d'affection pour ce grand Abgar Ier. Les Edesséniens et leurs rois tombèrent sous le joug des Romains en l'an 477 du comput des Grecs, la 7e année de Lucius, empereur des Romains, alors que ce Lucius fit la guerre avec les Parthes, les vainquit et les soumit. Ils furent sans roi et leur royauté cessa totalement [78] en la 59 année de Philippe, empereur des Romains, en l'année 560 du comput des Grecs. La royauté leur fut enlevée du temps d'Abgar Soros ; en effet, les Romains chas- sèrent celui-ci, parce qu'il avait voulu se révolter contre eux ; ils établirent Aurelianus, fils de Habesai, comme gouverneur, au lieu de roi, et leur impo- sèrent [un tribut] de servitude. — Ainsi finit la royauté des Edesséniens après avoir subsisté, comme je l'ai dit, 380 ans, en Pannée 560 des Grecs, la 5e de Phi- lippe, mille ans après la fondation de Rome. Eusèbe ne fait point mention de ces choses, mais il dit en abrégé ceci : « A Edesse régna Abgar, homme probe, comme dit Africanus3. » 22 ans avant que le royaume d'Edesse ne prît fin, en Pannée 538 des Grecs, la première année d'Alexandre, fils de Mamma, alors que d'autres empires commençaient à pa- raître dans les pays d'Orient, le dernier empire des Perses s'éleva subitement, se fortifia, domina jusqu'aux limites de Plnde, et mit fin à tous les royaumes de ces contrées. Cet empire s'éleva donc en l'année 538 des Grecs, et soumit tous les royaumes, je veux dire : les Parthes, les Hyrcaniens, les Caramaniens*, les Mèdes, ceux qui sont dans la Margiane, ceux de Hérat, les Houzayê, les Chal- déens, les Assyriens. Alors ces rois puissants commencèrent à envahir les con- trées de la Syrie et de la Mésopotamie, qui étaient sous le joug des Romains, pour les piller et les dévaster. Eusèbe fait aussi mention de cela en passant, quand il écrit que le roi Sapor II envahit la Syrie, la Cilicie et la Cappadoce 6. Tous ces empires s'étaient élevés en ces temps-là dans les contrées de la Grande-Asie, sans parler de ceux des contrées de l'Inde, ni de ceux du nord, dans les contrées de la Sérique qu'on appelle Turkestan6. — Fin de ce chapitre. 1. Lire : t*s. — 3. H. a. 2234; Arm. 2235.— 4. Ms. : Qadmanoyê. —5. H. a. 2275, — (]. Tssnstn, que je suppose une corruption pour Turkestan (ou Sinistan). LIVRE V. CHAP. VI 121 CHAPITRE VI. — [79] En Pannée 34 de Ptolémée, les Parthes se révoltèrent contre les Macédoniens et se constituèrent un roi nommé Arsace. De là ils sont appelés Arsacides. Et dès cette époque les Perses se révoltèrent contre les Grecs. Ces peuples, en effet, avaient été universellement soumis à l'empire des Grecs depuis le temps d'Alexandre jusqu'à présent. Comme les Perses n'avaient pas encore de royauté complète, mais seulement partielle, nous ne la faisons pas entrer dans l'ordre chronologique. Ce royaume partiel des Perses, appelés Arsacides, commença à la CXXX1IP olympiade ». En Pannée 67 des Grecs [Ptolémée Evergète] régna en Egypte ; et, en cette même année, Séleucus Callinicus, en Syrie. En Pannée 702 des Grecs régna en Macédoine Démétrius Philippe. — A cette époque Onias, fils de Siméon le Juste, était grand-prêtre des Hébreux. Cet Onias ne voulut pas donner au roi d'Egypte le tribut habituel ; à cause de cela, Ptolémée Evergète entra en colère ; et comme il s'apprêtait à détruire les Hébreux, Joseph, homme sage et courageux d'entre les Juifs qui l'envoyèrent près de lui, obtint son amitié et apaisa sa colère ; il obtint même de lui l'autorité et dès lors il parut comme général en Judée sur toutes les villes 3. En Pannée 87 des Grecs, régna en Syrie un autre Séleucus, surnommé Cérau- [78] Antigonus rendit la liberté aux Athéniens 4 et les ... stratèges3... A cette époque les Carthaginois enlevèrent aux Romains 90 navires en Sicile, et obligèrent le consul Métellus à fuir 6. A cette époque florissait le médecin Erasistratus, très honoré auprès des rois7. A cette époque mourut Epicure. A cette époque il y eut un recensement à Rome ; on trouva que le peuple com- prenait 260.000 [citoyens] 8. A cette époque, Séleucus, roi de Syrie, surnommé Callinicus, bâtit des villes sur le fleuve de l'Euphrate; il appela l'une d'elles, de son nom, Callinice, et une autre Carchis9. A cette époque ,0, le grand temple dédié à la déesse Vesta, à Rome, brûla. Son incendie fut prodigieux. Le feu y prit subitement [79] et on ne sut jamais qui l'y avait mis. Il consuma les pierres et la poussière du sol, de sorte qu'il n'en resta absolument rien. Beaucoup de gens, et pour ainsi dire toute la ville, y étaient assem- blés; une petite partie même ne put échapper à la colère de justice. 1. H. a. 1769; Arm. 1766. — 2. Lire : ^ (et non ^J. — 3. H. a. 1771; Arm. 1770; cf. Jos., Ant., XII, iv. 4. E. a. 1761. — 5. Phrase mutilée ou mal copiée; Arabe : lo»<*i sUol^ hcn u3o . «-i* L U .....^o^^a^o . «i^o <>ai^ . _ 6. H. a. 1765. — 7. H. a. 1760; Arm. 1758. — 8. H. a. 1773; Arm. 1774. — 9. BH. (p. 38) : va«^o^. — 10. H. a. 1775. IL 16 122 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN nus. Celui-ci régna seulement 3 ans; après lui régna Antiochus le Grand, pen- dant 36 ans. — Ici commencent les exploits des Macchabées. Ptolémée Philopator1 commença à régner sur l'Egypte en Pan 93 des Grecs, en l'indiction 10e; il opprimait les Juifs. La 17e année de son règne il fut vaincu par Antiochus le Grand ; cet Antiochus, roi de Syrie et d'Asie, ayant défait le roi d'Egypte, vint en Judée et la soumit8. Alors arrivèrent aux Juifs les choses qui sont racontées dans la première histoire des Macchabées3. En l'année 110 des Grecs commença à régner sur l'Egypte Ptolémée Epiphane, [80] pendant 21 ans (d'après un ms. : 24 ans). Celui-ci envoya le général Scopa qui s'empara des villes de la Judée et de la Syrie4. Antiochus le Grand s'avança de nouveau contre lui, le vainquit et lui reprit toutes les villes Les Juifs se sou- mirent volontiers à la domination d'Antiochus qui les honora de présents et les félicita dans ses lettres6. Cet Antiochus s'empara des routes, construisit des che- mins7, des ponts de pierre sur les fleuves et des gués pour le passage des troupes. — En l'an 11 du règne de cet Antiochus le Grand, il engagea le combat avec les Romains aux Thermopyles et fut vaincu; ils emmenèrent même, comme otage, à Rome, son fils qui est Antiochus Epiphane, et il convint de donner chaque année mille talents d'or8. Dès lors l'empire des Grecs fut placé sous la main des Romains. En la 3e année de son règne, Philippe commença à régner sur les Macédo- niens, pendant 42 ans9. Antiochus engagea de nombreux combats avec Ptolémée d'Egypte. La pro- phétie de Daniel10, qui montre la lutte des rois du Nord et du Midi, [fut accomplie] A cette époque, une jeune vierge libre, ayant été outragée malgré elle par un esclave de son père, se suicida11. Pendant tout le règne de Séleucus Callinicus, les tremblements de terre ne cessèrent point en Carie, et à Rhodes, au point que [le grand colosse] tomba; ensuite18... A cette époque, Antigone, roi des Macédoniens, rendit la liberté aux Athéniens13, et les fit grandir parmi les peuples. A cette époque les Romains tuèrent environ 40.000 Gaulois14. La Carie10, Rhodes et tous les endroits environnants furent ébranlés, au point même que le grand colosse tomba16. I. Ms.: Philosophos.— 2. H. a. 1807; Arm. 1805. — 3. Arm. 1795; cf. H. 1797. — 4. H. a. 1814; Arm. 1813. — 5. H. a. 1820; Arm. 1818. — 6. H. a. 1822; Arm. 1820. — 7. Strata (ar. : ; cf. Thés, syriacus, col. 303. — 8. E. a. 1825. — 9. Ms. : 40 ans. — 10. Dan., xi. II. H. a. 1781. — 12. H. a. 1793; Arm. 1792. La phrase est mutilée. — 13. Répétition; H, a. 1761. — 14. H. a. 1788; Arm. 1790. — 15. Lire : >*» qui ht te livre de la 1. Lire : h»k*>; cf. Jos., Ant., XIII, xvn. — 2. E. a. 1893. — 3. Jos., Ant., XVII, xvr. — 4. Jos., Ant., XIII, xvui. H. a. 1898 ; Arm. 1896. — 5. D'après Jos., Ant., XIII, xvi. Lire : ^,^0^ (?). 6. E. a. 1841. — 7. E. a. 1836. — 8. II Macch., iv, 34. Cf. p. 128, 1. 22. 9. Ms. : 72 ans (a.* pour ^-v). — 10. H. a. 1771; Arm. 1770. — 11. H. a. 1785;_Arm. 1786. 128 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Alexandre [et] celui1 qu'il tua insidieusement par jalousie. Son propre sang coula au lieu même où il avait répandu le sang de son frère. Leur père avait prophétisé [83] qu'ils ne brilleraient pas beaucoup dans le gouvernement. Or leur père parlait par l'inspiration de Dieu. A Aristobule succéda son frère Jean4, surnommé Jané, en 1 an 207, pendant 27 ans. Il gouverna le peuple durement3. A cette époque'' Ptolémée Soter fut chassé par sa mère Cléopâtre, et Ptolémée Alexandre commença à régner, pendant 10 ans. En la 6e année de ce Ptolémée, roi d'Egypte, finirent les rois grecs de Syrie et d'Asie8 Ce pays fut conquis et soumis par les Romains. En l'an 208 des Grecs [commence] le comput des Ascalonites. A cette même époque, en la CLIIP olympiade, Antiochus frappa l'Egypte ; il monta contre Jérusalem, et y tua 80.000 hommes. Il contraignait le peuple à apostasier, par de cruels supplices6. A cette époque, un homme de race sa- cerdotale, nommé Mathathias, fils d'As- monéus, du village de Modiïm, s'éleva contre les stratèges, et fut victorieux7. Persée, roi des Macédoniens, fut tué, et leur empire cessa alors8, après avoir duré pendant 647 ans. Le second qui avait commencé après Alexandre, avec Philippe Aridée, frère d'Alexandre, avait duré 158 ans, depuis la lre année de la CXIV" olympiade jusqu'à la 2e année de la CLIIP olympiade. A cette époque commença la dernière autonomie9 des Juifs, [83] grâce aux Macchabées. Sagesse, appelé livre de Bar-Asira10, dans lequel il y a 2.050 mots. Ce Siméon porta Notre-Seigneur lors- qu'il entra au Temple, car il fut enchaîné jusqu'à cette époque, c'est-à-dire pen- dant 216 ans Ce Siméon bâtit un temple en Egypte. Après lui vint son fils Onias auquel Arius, roi des Lacédémoniens, envoya des am- bassadeurs12. Cet Onias fut tué, d'après Andronicus, à Daphné, qui se trouve à côté de la ville d'Antioche. Siméon exerça 14 ans, d'après Andronicus, et 18 d'après Jacques; [86] et Onias,fds de Siméon, 4 ans d'après Jacques, et 5 d'après Andronicus. Après ceux-ci, les Juifs eurent encore trois grands-prêtres jusqu'au temps de Mathathias : Ménélaus, pendant 2 ans; Jason, un 1. Antigone. Jos., Ant., XII, xix. — 2. Lire : Alexandre. — 3. Cf. E. a. 1913. - 4. H. a. 1919; Arm. 1918. — 5. E. a. 1924. 6. H. a. 1848; Arm. 1850. — 7. Ibid. — 8. E. a. 1850. — 9. aùOevria. 10. ô to0 Sipâx* — 11. Le mot : asira signifie ligatus, en syriaque; de là l'origine de cette fable. Voir, à ce sujet, Bar-Hébréus (Chr. eccl., I, 21), la version arménienne (Langlois, p. 89), et Georges des Arabes (apud Lagarde, Anal, syr., p. 108-134); cf. aussi Acta Sanct., 8 oct. — 12. E. a. 1809. Jos., Ant.. XII, v. LIVRE V. CHAP. VIII 129 CHAPITRE VIII DU LIVRE V. — De Vépoque' de la fin des Macchabées. La destruction du royaume des Grecs à Antioche et dans toute l'Asie arriva ainsi : Alexandre fit brûler vivant Cyzicène et régna après lui, pendant 1 an. — Phi- lippe vint ensuite pendant 2 ans. Puis il fut ensuite lui-même chassé pour avoir contribué à faire brûler Cyzicène8. C'est pourquoi le peuple tomba sous la domi- nation des Romains3. Le total des années des rois d'Asie fut de 216 ans, depuis Séleucus Nicator jusqu'à ce qu'elle fût conquise par les Romains. En Pan 222, commença à régner Ptolémée Dionysios, pendant 30 ans4. Il était fils de Ptolémée Soter, frère deCléopâtre. A cette époque florissait Aristarchus le grammairiena. A cette époque les Samaritains et les Juifs se disputaient entre eux, près de Ptolémée, à propos des honneurs à at- tribuer aux prêtres de chacun des par- tis : les Juifs triomphèrent et prévalu- rent; et le souverain pontificat leur fut attribué6. — Jonathan Macchabée pour- suivit Bacchides, général de Démétrius, et le vainquit7. A cette époque, Démétrius Soter, fils de Séleucus, vint de Rome en Syrie et reprit l'empire de son père. L'armée tua Antiochus et Lysias, son confident8. Ensuite régna le fils d'Antiochus, Alexandre, qui tua Démétrius, envahit l'Egypte et s'en empara. — Alors le roi9.....lui donna sa fille10. D'autres di- sent qu'elle était fille de Ptolémée Ever- gète; et Hippolyte dit qu'en elle fut ac- compli ce qui avait été dit par Daniel11: an, etÉléazarun an.Ceci d'après Jacques. Andronicus attribue 9 ans à Jason. Ce qui est exact, c'est qu'à cette époque le suprême sacerdoce des Juifs fut souvent transféré. Mé[nél]aûs livra le peuple à Antio- chus, et alors Alcimus12 qui n'était pas de la famille [sacerdotale] reçut le souverain pontificat par supercherie ; c'est pourquoi Onias, fils d'Onias le grand-prêtre, vint en Egypte, dans le lieu [appelé] Héliopolis13 et y bâtit une ville qui fut appelée [Ville] d'Onias, dans laquelle il édifia un temple à l'imitation de celui de Jérusalem14. Le grand-prêtre Alcimus, ayant excité du trouble contre Judas Macchabée, fut frappé par le châtiment de Dieu, au bout de peu de temps, et mourut. Alors tout le peuple des Juifs conféra le souverain pontificat à Judas Maccha- bée. 1. Je lis : — 2. BH. Chr. syr., p. 43 : *i»ûo*|ao> wta-s looi |j»««o y ^as\. Cf. II. a. 1923 ; Arm. 1919. _ 3. E. a. 1924. — 4. E. a. 1937; ms. : 3 ans. 5. II. a. 1861; Arm. 1860. — 6. H. a. 1869; Arm. 1859. — 7. H. a. 1862; Arm. 1861. — 8. E. a. 1855 ; cf. I Macch., vu, 1-4. — 9. Le nom est en blanc dans le ms. — 10. E. a. 1874. — 11. Dan., xi, 6. 12. Ms. : Alkimenos. — 13. Ms. : Heliospolis. —14. e. a. 1857. i. n 128 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Alexandre [et] celui1 qu'il tua insidieusement par jalousie. Son propre sang coula au lieu même où il avait répandu le sang de son frère. Leur père avait prophétisé [83] qu'ils ne brilleraient pas beaucoup dans le gouvernement. Or leur père parlait par l'inspiration de Dieu. A Aristobule succéda son frère Jean4, surnommé Jané, en Lan 207, pendant 27 ans. Il gouverna le peuple durement3. A cette époque4 Ptolémée Soter fut chassé par sa mère Cléopâtre, et Ptolémée Alexandre commença à régner, pendant 10 ans. En la 6e année de ce Ptolémée, roi d'Egypte, finirent les rois grecs de Syrie et d'Asie8 Ce pays fut conquis et soumis par les Romains. En l'an 208 des Grecs [commence] le comput des Ascalonites. A cette même époque, en la CLIIP olympiade, Antiochus frappa l'Egypte ; il monta contre Jérusalem, et y tua 80.000 hommes. Il contraignait le peuple à apostasier, par de cruels supplices6. A cette époque, un homme de race sa- cerdotale, nommé Mathathias, fils d'As- monéus, du village de Modiïm, s'éleva contre les stratèges, et fut victorieux7. Persée, roi des Macédoniens, fut tué, et leur empire cessa alors8, après avoir duré pendant 647 ans. Le second qui avait commencé après Alexandre, avec Philippe Aridée, frère d'Alexandre, avait duré 158 ans, depuis la lre année de la CXIVe olympiade jusqu'à la 2e année de la CLIIP olympiade. A cette époque commença la dernière autonomie9 des Juifs, [83] grâce aux Macchabées. Sagesse, appelélivredeBar-Asira10, dans lequel il y a 2.050 mots. Ce Siméon porta Notre-Seigneur lors- qu'il entra au Temple, car il fut enchaîné jusqu'à cette époque, c'est-à-dire pen- dant 216 ans 11. Ce Siméon bâtit un temple en Egypte. Après lui vint son fils Oniasauquel Arius, roi des Lacédémoniens, envoya des am- bassadeurs12. Cet Onias fut tué, d'après Andronicus, à Daphné, qui se trouve à côté de la ville d'Antioche. Siméon exerça 14 ans, d'après Andronicus, et 18 d'après Jacques; [86] et Onias, fds de Siméon, 4 ans d'après Jacques, et 5 d'après Andronicus. Après ceux-ci, les Juifs eurent encore trois grands-prêtres jusqu'au temps de Mathathias : Ménélaûs, pendant 2 ans; Jason, un 1. Antigone. Jos., Ant., XII, xix. — 2. Lire : Alexandre. — 3. Cf. E. a. 1913. — 4. H. a. 1919; Arm. 1918. — 5. E. a. 1924. 6. H. a. 1848; Arm. 1850. — 7. Ibid. — 8. E. a. 1850. — 9. aùôevxca. 10. o to0 Stpa^. — 11. Le mot : asira signifie ligatus, en syriaque; de là l'origine de cette fable. Voir, à ce sujet, Bar-Hébréus (Chr. eccl., I, 21), la version arménienne (Langlois, p. 89), et Georges des Arabes (apud Lagarde, Anal, syr., p. 108-134); cf. aussi Acta Sanct., 8 oct. — 12. E. a. 1809. Jos., Ant.. XII, v. LIVRE V. CHAP. VIII 129 CHAPITRE VIII DU LIVRE V. — De l'époque1 de la fin des Macchabées. La destruction du royaume des Grecs à Antioche et dans toute l'Asie arriva ainsi : Alexandre fit brûler vivant Cyzicène et régna après lui, pendant 1 an. — Phi- lippe vint ensuite pendant 2 ans. Puis il fut ensuite lui-même chassé pour avoir contribué à faire brûler Cyzicène*. C'est pourquoi le peuple tomba sous la domi- nation des Romains3. Le total des années des rois d'Asie fût de 216 ans, depuis Séleucus Nicator jusqu'à ce qu'elle fût conquise par les Romains. En Pan 222, commença à régner Ptolémée Dionysios, pendant 30 ans4. Il était fils de Ptolémée Soter, frère deCléopâtre. A cette époque florissait Aristarchus le grammairien3. A cette époque les Samaritains et les Juifs se disputaient entre eux, près de Ptolémée, à propos des honneurs à at- tribuer aux prêtres de chacun des par- tis : les Juifs triomphèrent et prévalu- rent; et le souverain pontificat leur fut attribué6. — Jonathan Macchabée pour- suivit Bacchides, général de Démétrius, et le vainquit7. A cette époque, Démétrius Soter, fils de Séleucus, vint de Rome en Syrie et reprit l'empire de son père. L'armée tua Antiochus et Lysias, son confident8. Ensuite régna le fils d'Antiochus, Alexandre, qui tua Démétrius, envahit l'Egypte et s'en empara. — Alors le roi9.....lui donna sa fille10. D'autres di- sent qu'elle était fille de Ptolémée Ever- gète; et Hippolyte dit qu'en elle fut ac- compli ce qui avait été dit par Daniel11: an,etÉléazarun an.Cecid'après Jacques. Andronicus attribue 9 ans à Jason. Ce qui est exact, c'est qu'à cette époque le suprême sacerdoce des Juifs fut souvent transféré. Mé[nél]aus livra le peuple à Antio- chus, et alors Alcimus12 qui n'était pas de la famille [sacerdotale] reçut le souverain pontificat par supercherie; c'est pourquoi Onias, fils d'Onias le grand-prêtre, vint en Egypte, dans le lieu [appelé] Héliopolis13 et y bâtit une ville qui fut appelée [Ville] d'Onias, dans laquelle il édifia un temple à l'imitation de celui de Jérusalem14. Le grand-prêtre Alcimus, ayant excité du trouble contre Judas Macchabée, fut frappé par le châtiment de Dieu, au bout de peu de temps, et mourut. Alors tout le peuple des Juifs conféra le souverain pontificat à Judas Maccha- bée. 1. Je lis : \isim — 2. BH. Chr. syr., p. 43 : ^»aû*|ao? ou^a low hjjMo » ^aal. Cf. H. a. 1923; Arm. 1919. _ 3. E. a. 1924. — 4. E. a. 1937; ms. : 3 ans. 5. H. a. 1861; Arm. 1860. — 6. H. a. 1869; Arm. 1859. — 7. H. a. 1862; Arm. 1861. — 8. E. a. 1855; cf. I Macch., vu, 1-4. — 9. Le nom est en blanc dans le ms. — 10. E. a. 1874. — 11. Dan., xi, 6. 12. Ms. : Alkimenos. — 13. Ms. : Ileliospolis. —14. E. a. 1857. j. n 130 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN En l'an 5 de Ptolémée Dionysios, mourut Jean 1 Alexandre ; et sa femme Alexandra, surnommée Salina, gouverna pendant 9 ans. Elle observait soi- gneusement les préceptes et punissait ceux qui les transgressaient. Mais les af- faires des Juifs se troublèrent pour le motif que voici: Alexandra avait deux fils, Hyrcan et Aristobule. Elle fit Hyrcan grand-prêtre2; ils se combattirent mutuel- lement et leurs affaires se brouillèrent3. Après de nombreuses perturbations Hyrcan fut confirmé grand-prêtre et Aristobule roi. Alors vint Pompée, général des Romains, qui s'empara d'Aristobule et le fit conduire enchaîné à Rome ; il confirma le grand-prêtre Hyrcan [84] en Pan 243 ; « La fille du roi du sud sera donnée au roi du nord. » Théodoret dit* que cette parole prophétique fut accomplie quand Ptolémée Epiphane donna [sa fille] à Antiochus le Grand5. Alexandre, fils d'Antiochus Epiphane, honora Jonathan Macchabée par des cou- ronnes et des présents nombreux6. A cette époque Oppius7 soumit les Celtes ; et Carthage fut détruite par Sci- pion, 648 ans après sa fondation. A cette époque on fit le recensement du peuple, à Rome, et on trouva 322000 citoyens8. Jonathan, grand-prêtre des Juifs, fit de nouveau alliance avec les Romains et les Spartiates9. Ptolémée eut deux fils de Cléopâtre 10: Ptolémée Soter et Alexandre. A cette époque Pompée11 détruisit les Numantins. — Triphon tua Antiochus, fils d'Alexandre12 [84] et aussi Jonathan, Après l'avoir reçu, il envoya des am- bassadeurs aux Romains, et le sénat fit un décret, c'est-à-dire une sentence gé- nérale d'après laquelle les Juifs devaient être considérés comme amis et auxiliaires des Romains 13. Les années du souverain pontificat des Macchabées commencèrent de la sorte : En la 1rc année d'Antiochus,Mathathias fut établi gouverneur pendant 4 ans. Lorsqu'il mourut, son fils Judas devint gouverneur, et tout le peuple voulut qu'il devînt leur grand-prêtre ; dès lors, Judas Macchabée détint le pontificat suprême en même temps que le géné- ralat. Il chassa le général d'Antiochus de la Judée; il purifia le temple, renou- vela la religion paternelle qui avait été affaiblie pendant les trois années [précé- dentes], en la CLVC olympiade14. Ayant engagé le combat avec les généraux de 1. Lire : Jannxus. — 2. E. a. 1941. — 3. E. a. 150. 4. Corn, in Dan.; P. Gr., t. LXXXI, col. 1508. —5. Ci-dessus, p.124,1.16. —6.H. a. 1866; Arm. 1867. — 7. "Omuoç;H. a. 1871; Arm. 1867. — 8. Lire: ^iL ; E. a. 1870. —9. H. a. 1873; Arm. 1871. — 10. Lire : I^oUû ^o. — 11. H. a. 1875; Arm. 1874. H dit : Scipio; l'Arm. a : Pompée; le texte original portait peut-être Publ. Scipio ; ce qui expliquerait la leçon du nom propre dans notre copie. — 12. H. a. 1877. 13. Lire : L»o»> (et non Cf. E. a. 1857. — 14. H, a. 1857; Arm. 1851. LIVRE V. CHAP. VIII 131 celui-ci régna 34 ans, ou 33 (et d'après un ms. : 24). Il rebâtit les murs de Jéru- salem qu'avait renversés Pompée. Dès lors, les Juifs devinrent tributaires des Romains car Pompée, général des Romains, qui était devenu très puissant, les subjugua. Il soumit aussi d'autres contrées : la Grande-Arménie, l'Ibérie2, l'Ara- bie, PIsaurie. A cause de ces exploits il fut fort exalté et môme proclamé au- tocrator. En l'année 259 des Grecs, 34e de Ptolémée Dionysios', furent institués à Rome les consuls nommés : Gaius Julius et Marcus Antoninus. — La même année mourut Ptolémée, [roi] d'Egypte, et Gléopâtre régna pendant 22 ans *. grand-prêtre des Juifs. Triphon fut en- suite tué lui-même5. A cette époque Brutus6 soumit aux Romains les Ibères jusqu'à l'Océan. Ptolémée donna sa fille à Démétrius, et lui livra le royaume d'Alexandre 7. Après Démétrius, son frère Antiochus, surnommé Sidétès, régna sur la Syrie8. Siméon le grand-prêtre libéra les Juifs du tribut ; les Spartiates et les Ro- mains9 lui envoyèrent une ambassade, et ils firent des traités d'alliance. A cette époque il y eut une révolte d'esclaves10 en Sicile. Antiochus Sidétès vint attaquer Jéru- salem11.— Siméon, le grand-prêtre, fut tué par le stratège Ptolémée, qui rési- dait à Jéricho 12. A cette époque13 les esclaves qui s'é- taient révoltés en Sicile furent enfermés Démétrius, il fut tué après avoir tenu le souverain pontificat 3 ans14. Quand Judas Macchabée eut été tué, son frère Jonathan gouverna 19 ans ; il était de même simultanément grand- prêtre et général. Il s'illustra beaucoup à la guerre jusqu'à ce que le roi Alexandre eût été tué. Jonathan fut mis à mort par Triphon15. [87] H eut pour successeur Siméon, son frère, pendant 8 ans. Et, comme la conduite du sacerdoce suprême et celle de l'armée étaient réunies depuis Judas et Jonathan, Siméon fut aussi grand- prêtre et général16. Il fut tué, lui aussi i?, par Ptolémée. Son fils Jean lui succéda, pendant 26 ans 18. C'était pour ainsi direune loi et un usage consacré chez eux que le grand- prêtre fut aussi général : dirigeant le 1. H. a. 1957. — 2. Le mot est répété dans le ms. Ar. : L^Uûo. — 3. L'auteur sans doute a voulu écrire : i^., 37 (222-259). Pour les rectifications de toutes ces dates voir l'Introduction. L'auteur omet de compter le second règne de Ptolémée Soter. — 4. E. a. 1967. 5. E. 1879. — 6. H. a. 1874; Arm. 1876, Bruttios, comme notre ms. — 7. E. a. 1877. — 8. E. a. 1880. — 9. E. a. 1881. Lire : U»ow*o U^Uio. _ io Compl. : I»-1"-»; E. a. 1882. — 11. H. a. 1885; Arm. 1884. — 12. Cf. H. a. 1883; Arm. 1886. — 13. H. a. 1890. 14. H. a. 1860. — 15. H. a. 1876; Arm. 1878. — 16. E. a. 1881. — 17. H. a. 1883. Arm. 1886. — 18. E. a. 1887. 132 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN En la 2e année de cette reine, le général Pompée fut tué dans un combat avec Gaius Julius1, qui, le premier, régna sur les Romains. Les événements concernant les Macchabées se terminent ici totalement. Le premier Livre des Macchabées comprend 2.366 mots, le second 5.000 s. En Pan 5 de Cléopâtre, qui est Pan 264 des Grecs, en l'indiction lre, com- mence le comput des Antiochéniens3. Cette année commença un lundi. D'Adam jusqu'ici il y a 5461 ans. dans la ville même où avait eu lieu la rébellion; attaqués du dehors, ils furent réduits à se manger les uns les autres. A cette époque *, près des îles Eolien- nes 5, au milieu d'une éruption de feu, apparut l'île qui est maintenant appelée liera0. Arsace, le Parthe, tua Antiochus7. Attalus, en mourant, laissa son royaume aux Romains 8. Arsace, roi des Mèdes et des Perses, s'empara de Démétrius9. Jean Hyrcan, grand-prêtre des Juifs, étant venu à Samarie, s'en empara et la rasa jusqu'au10 niveau du sol. Hérode la releva plus tard, et l'appela Sébaste11. A cette époque Rhodes fut agitée par un tremblement de terre, et le Colosse tomba 12. Antiochus et Hyrcan, ayant vaincu le général des Parthes, érigèrent une stèle de victoire, près du fleuve Lycus 13. Antiochus Cyzicèneuayant chassé Gry- pus 15 de la Syrie s'en empara. Grypus vainquit à son tour Antiochus ; ils ré- peuple et la milice d'après les lois roya- les. Or, après Jean Hyrcan, Aristobule, fds de Jonathan, gouverna pendant un an. Non seulement il reçut le généralat, mais il ceignit la couronne, 445 ans, ou, selon d'autres, 488, ou même 484 ans après que le Temple eût été incendié et la royauté abolie16. L'époque des Macchabées s'étend jus- qu'ici, et ici finit l'Ancien Testament. Jusqu'ici il y a 5.072 ans ; et depuis ici jusqu'à l'époque de Notre-Seigneur, 120 ans. Après qu'Aristobuleeutété tué, par les mains de son frère Antigone, son autre frère Jean, surnommé Alexandre, prit sa place et gouverna les Juifs très du- rement17. ¦—Après la mort de celui-ci, Alexandra, sa femme, fut gouvernante et les affaires du souverain pontificat fu- rent fort troublées18. Ensuite, elle établit son fils Hyrcan comme grand-prèlre et fit roi le frère de celui-ci, Aristobule, qui peu de temps 1. Cf. H. a. 1969. — 2. Lacune pour les centaines, les dizaines et les unités. — 3. H. a. 1969 — an 3 de Cléopâtre; comme BH. 4. H. a. 1892; Arm. 1890. —5. Lire :_u»;M»l (?). — 6. Lire : NLl;cf. ci-dessus, page 123, 1. 23. — 7. H. a. 1889; Arm. 1888. — 8. E. a. 1887. —9. Jos., Antiq., XIII, x; comp. xvr, xvn. — 10. Lire : MU 1*0.. — 11. H. a. 1898; Arm. 1896. — 12. H. a. 1910, Arm. 1908. — 13. Jos., Ant., XIII, xvi. — 14. Lire : lûoaa.iao, ici et plus bas. 6 KuÇîxioç. — 15. Vpvnôz. 16. E. a. 1913. — 17. E. a. 1913. — 18. E. a. 1941. Saliva f, xaî 'AXE^âvSpa. LIVRE V. CHAP. VIII 133 En cette [même année les Romains1] firent l'un des consuls empereur. Gaius commença donc à régner, pendant 4 ans. Il fut appelé César, dans la langue des Romains, parce que sa mère étant morte, on l'ouvrit et on le tira de son sein.—Gaius Julius descendit en Egypte. Il confirma la royauté à la reine 2 Cléopâtre. Le 4° mois3 Qlôtilios ou selon d'autres, Qentilios\ qui est Qîniann, fut appelé Julius. p-nèrent ainsi tour h tour, et se livrèrent de nombreux combats 6. A cette époque Jugurtha fit la guerre aux Romains '. Gaius Marcus8, consul pour la cin- quième fois, vainquit les Cimbres près du Pô. D'Adam jusqu'ici il y a 5100 ans. Les Thraces furent soumis par les Ro- mains0. — Ptolémée, chassé par sa mère Cléopâtre, perdit le royaume et s'enfuit à Cyprc 10. A cette époque il y eut une nouvelle révolte d'esclaves en Sicile. Aquilius apaisa par sa sagesse cette violente ré- bellion des esclaves fugitifs 11 qui avait lieu en Sicile, et en remporta de grands honneurs H. A cette époque, Antiochus s'enfuit chez les Parthes, et enfin, se livra lui- môme à Pompée; son successeur, Phi- lippe, [8h*] fut pris par Gabinius13. après fut emmené prisonnier à Rome14. Alexandre, son père, régna 27 ans 15; sa mère Alexandra, 9 ans ; et Hyrcan lui-même 34 ans. Apartir de ce moment, selon l'ancienne mode, le suprême sacerdoce fut exercé seul sans la royauté, chez les Juifs, qui d'ailleurs furent de nouveau tributaires [des Romains]. Pendant les 34 ans du règne d'Hyr- can, le suprême sacerdoce continuait, chez eux, par le sacrement de Ponction. Ici survint une cause destructive de l'onction chez les Juifs : ce fut l'établis- sement d'Hérode d'Ascalon, que les Ro- mains instituèrent comme procurateur des affaires de la Judée. Antipater, père d'Hérode, qui était d'a- bord auxiliaire et ami d'Hyrcan, fut placé à la tête des Juifs par les Romains. Alors, bien qu'ils eussent encore des grands- prêtres, cependant ceux-ci n'étaient point 1. Lacune d'une ligne; sens d'après BH., Chr. syr.,p. 44.— 2. Au lieu de : \LCs)\ « mulier », il faut peut-être restituer : « meretrix ». Cf. H. a. 1970 : « ob stupri gratiam ». — 3. Le ms. porte bien : 4e, mais il y a sans doute ici la confusion si fréquente du * et du !. Sync. : tov S68o[xov Ttapà 'Ptou-aîoiç jjûjva KinmXXtov. Cf. H. a. 1973; Arm. 1969. — 4. Quintilis. — 5. Je lis : r^10, au lieu de : (Qainan), d'après les inscriptions palmyréniennes où l'on rencontre le nom d'un mois écrit "pJp. La mention incidente de Michel nous apprenant que ce mois était celui de « juillet » apporte la solu- tion d'un grand problème chronologique. Cf. Cleumont-Ga.nnea.u, Recueil d'arch. orient., III, 202 sqq. 6. E. a. 1905. — 7. E. a. 1909. — 8. Sic ms; H-. a. 1916 et Arm. 1914, ont : C. Marias. — 9. H. a. 1917; Arm. 1918. —10. E. a. 1919.— 11. 8paiicTix6ç - 12. E. a. 1921.—13. H. 1924; Arm. 1922. 14. Cf. E. a. 1950. — 15. Ms. : 24 ans. 134 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN [&6] Andronicus dit que Gaius régna 5 ans. Ensuite il fut tué, et Auguste César commença à régner pendant 56 ans et 6 mois. En la 10eannée1 d'Auguste, Hérode commença à régner sur la Judée; il abolit la royauté et le sacerdoce des Juifs, en la CLXXXVP olympiade. Il régna pen- dant 37 ans après Mathathias et ses fils, les Macchabées. CHAPITRE IX. — Sur le commencement du second empire des Romains, et sur Hérode, [le premier] des Gentils qui régna sur les Juifs. La royauté des Romains, qui sont les Erancs, cessa pendant 462 ans, depuis la mort de Tarquinus Superbus jusqu'à ce Gaius Julius. Depuis la fondation de Rome jusqu'à l'époque à laquelle commença la seconde royauté, il y eut 702 ans. A cette époque, Séleucus fut brûlé * vivant par Antiochus Cyzicène. Après s'être propagée jusqu'à cette époque3, la race des rois de Syrie cessa et finit, après avoir duré en tout 216 ans4. Les filles d'Alexandre Ptolémée étaient] Cléopâtre, et Tryphène et Bé- rénice2. — Alors, quand les rois d'Asie qui résidaient à Antioche, eurent été ren- versés, cette province passa sous la do- mination des Romains 6. Ptolémée Physkôn, qui avait été exilé par sa mère, revint de Cypre, attaqua et chassa du royaume son frère Alexan- dre, et régna lui-même à Alexandrie et sur toute l'Egypte 7, A cette époque [Sylla] pilla Athènes8. A cette époque, il y eut de nouveau un recensement à Rome et on trouva [463000 citoyens]9. Le temple de Delphes fut brûlé pour établis par le pouvoir domestique ; de sorte que dans les choses racontées ci- dessous, dans lesquelles est exposée la continuation de la royauté, on fait men- tion des choses qui arrivèrent aux Juifs du temps d'Hyrcan. Par la suite, Hyrcan fut emmené en captivité10 chez les Parthes,et Hérode alla à Rome; là, celui-ci obtint injustement pour lui-même la royauté sur les Juifs. Quand il revint, les Juifs ne l'acceptèrent point. Il engagea la lutte, fut vainqueur, détruisit les deux murs de Jérusalem et fit périr beaucoup de monde". II s'em- para des insignes12 du sacerdoce et les garda sous sa main. Il maintenait seulement une année ce- lui qu'il avait institué grand-prêtre. Quand Hyrcan s'échappa et revint de captivité, Hérode le fit tuer; puis il fit venir de Babylone un certain13 Hananiel 1. Ms. : 8e. Cf. E. a. 1984. 2. Ms. : fut pris. Corr. : ,û*t|. H. a. 1923; Arm. 1919. — 3. E. a. 1924. — 4. Cf. Eus., I, 264. — 5. Eus., I, 168 : KXeoTtâxpav tyjv xai Tpuçaivav, xai BepevtxYjv. L'Arm. a traduit, d'après le syr. : Cleopatrœ et Tryphœnœ. — 6. H. a. 1924. — 1. Lire : usoû^âa.,^ (BH. p. 43). E. a. 1929. — 8. H. a. 1931. — 9. Compl. : v^L^o o*> «~sMo. H. a. 1932. 10. Lire : — 11. Jos., Antiq., XIV, xxvr-xxvirr. — 12. <7tôXoLL\ [aa^,=>? \l=»w]. H. a. 1933. — 7. H. a. 1937. Rest. : .[\l<**>0 .[(W) LM-ia. ^LjL jfcoo • u*>o;\ H _ 8. Cf. Eus. H. E., I, v, d' après Africanus ; et Jos., Ant., XIV, rr et xii. — 9. Lire : 14>»'? wit;^, o«u} d'après l'abrégé arménien. — 10. Jos., Ant., XIV, v. IL H. a. 1983; Arm. 1984. 136 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Elle demandait à Antoine de lui donner leur empire. Il lui livra l'Arabie'. Ce fut la cause et le commencement de la troisième lutte entre Antoine et Auguste. Auguste engagea de nouveau la guerre contre Antoine et le vainquit2. Alors [86] Cléopâtre et Antoine se suicidèrent3. Auguste tua Sémsa etSahra4, enfants de Cléopâtre. Alors cessa l'empire des Ptolémées et finit la royauté des Grecs Lagides, qui avaient régné sur Méçrin, c'est-à-dire l'Egypte, pendant296 ans5. Porphyrios dit que l'empire des Grecs finit, que Cléopâtre fut tuée avec ses enfants, et que l'Egypte tomba aux mains des Romains en la 2e année de la CLXXXVIP olym- piade. Il compte aussi 22 ans pour le règne de Cléopâtre, et il place sa mort deux ans avant la date fixée dans ce canon6. Les Alexandrins sont aussi d'accord fils, de Cypris : Joseph, Naphroura, plaçaient annuellement dans le souve- Phasaël et Hérode, et une fille qui s'ap- rain pontificat, se prolonge pendant le pelait [Saloméj7. Or, Joseph et Phasaël règne d'Hérode et de ses fds. étaient les lieutenants de leur père. Ils moururent avec lui parle poison que leur donna un juif8. Hérode succéda à son père; il allait à Rome chaque fois que c'était nécessaire, et il y était connu. A cette époque, Hyrcan, grand-prêtre des Juifs, fut emmené en captivité [chez] les Parthes par Pachor9, [fils du] roi; le frère d'Hérode, [Phasaël], fut pris [86] en même temps. Hérode prit delà occasion de monter [à Rome] où il reçut la royauté des Juifs, qui ne lui appartenait en aucune façon. [Quand] Hyrcan revint de captivité, [Hérode le fit tuer avec] son fils Jonathan10. Alors fut accomplie la prophétie11 : « Le sceptre ne sortira point de Juda jusqu à ce vienne Celui à qui appartient la royauté » ; [car du temps] de cet Hérode eut lieu [la naissance de Notre Sauveur1-; et furent accomplies les sept semaines et soixante-deux semaines de Daniel13, qui forment 483 ans commençant à la 6° année de Darius fils dTIystaspe] !*. 1. H. a. 1984; Arm. 1985. —2. Cf. H. a. 1985. —3. H.a. 1585; Arm. 1988. — 4. "HXioç xa\ Setojvï). Les noms syriaques ont le même sens. H. a. 1988 ; Arm. 1990. — 5. H. et Arm. : 295 ans. — 6. Comp. Eus., I, 159-172; où les chiffres paraissent aussi erronés. V. l'Introduction. 7. Jos., Ant., XIV, xii.— 8. Le texte est mutilé; je lis : ^pwaal [x^] u»aMm9o ûcoo. ,3o [.^oû\*] \*y&* ^sisv^ isovo Lioco ,.a • ooîi. L'abrégé arménien dit : « Joseph et Phasaël se parta- geaient avec leur père l'administration de la Judée. Un Hébreu tua par le poison Antipater et son fils Joseph. Phasaël frappé à la tête par Antigone, avec une arme empoisonnée, mourut. » (Lan- glois, p. 86). Cf. Jos., Ant., XIV, xxrx, xxv. — 9. Lire : = nâxopoç. Notre ms. porte : « Poqar roi ». Josèphe appelle Pachor fils du roi des Parthes : nâ/.opo; 6 $xGiliu>ç Ttaîç [Ant., XIV, xxin). — 10. Le texte mutilé peut se restituer ainsi : iaaoo;J [o^.gj3] ; L,aj. iooaioioi [l-i9 ,5o], — 11. Gen., xlIx, 10. — 12. Les dernières lignes sont à compléter ainsi : Iooi'ûhio^I (jçh? î^lxap * (BIL, Chr. syr., 44). — 13. Dan., ix, 24-27.—14. Nous complétons ainsi la phrase d'a- près BH. (/oc. cit.); l'abrégé arménien la donne également. LIVRE V. CHAP. X 137 là-dessus; ils comptent à Auguste 43 ans de règne après la mort de Cléopâtre; ils fixent aussi la durée de la domination des Ptolémées à 294 ans, qui com- mencent au début du règne de Philippe Aridée, roi des Macédoniens, qui régna après la mort d'Alexandre, le fondateur, en la lre année de la [CXIV°] olympiade. [lacune]1 [CHAPITRE X2. — Quand le royaume des Ptolémées, c'est-à-dire des Grecs d'Egypte, cessa, toute l'Egypte et toute la Syrie furent sous la domination des Romains. Quand Augustos régna sur l'Egypte, il fut surnommé Sébastos; le mois Sextilis fut aussi appelé Augustus 3. En Pan 18 d'Auguste, celui-ci envoya en Arménie le général Tibère qui la soumit4. Hérode rebâtit Samarie et l'appela Sébaste en l'honneur d'Auguste s. Il rebâ- tit aussi la Tour de Straton, et l'appela Césarée6; il rebâtit également Gabala7 en Galilée8.] [88]9 En l'an 43 d'Auguste, 33 d'Hérode, le légat10 Gyrinus fut envoyé par le Sénat des Romains pour recenser tout le peuple des Juifs en vue de la capita- [88] Josèphe l'historien montre, comme dit Eusèbe11, qu'Hérode ayant reçu des Romains la royauté des Juifs, n'établissait plus les grands-prêtres par ordre de succession, mais bien les pre- miers venus. Quand la maladie s'empara de lui, Dieu tira de lui la vengeance de son iniquité. Le feu latent de la fièvre le con- [88] A celte époque, tandis que le roi Hérode instituait ainsi annuellement les grands-prêtres des Juifs, les desti- tuait et les changeait, de manière à troubler leurs affaires et à abolir leurs lois, apparut et naquit, à Bethléem, le Christ Notre-Seigneur. en Pan 33 d'Hé- rode12. I. Bien que la seconde moitié de la page 86 et la page 87 du ms. soient en blanc, la lacune du texte paraît peu considérable. — 2. Il est certain que le début du chapitre se trouvait dans la la- cune. Nous en restituons les premières lignes d'après BH. [Chr, syr., p. 45). — 3. H. a. 1987; Arm. 1989. - 4. H. a. 1996; cf. Arm. 1998. — 5. H. a. 2000; Arm. 1996. — 6. E. a. 2005. — 7. èv tïj TaXiXata TaSâ), (Sync. et Chr. pasc.). — 8. Le texte de BH. continue immédiatement parles mots : «En l'an 43 d'Auguste, etc...» . — 9. Les trois lignes du haut de la page 88 se rapportent à la disposition des Canons chronologiques dans le ms. Elles se traduisent ainsi : Jusquici le nombre des années indiqué dans les Canons est écrit en lettres noires pour les années qui com- mencent à Abraham, et en lettres rouges pour les années des Grecs. A partir d'ici et désormais nous mettons des lettres noires pour les années des Grecs et des lettres rouges pour les années qui marquent l'ère de la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ. — 10. /|y£[j(.c6v. II. Hist. Eccles., lib. I, cap. vnr. 12. — E. a. 2015. i. 18 138 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN tion. La cause de cette description fut que la Judée galiléenne s'était révoltée ; et beaucoup disaient : « Nous ne devons pas payer la capitation, ni nous donner des seigneurs mortels. » Quand on apprit cela à Rome, on envoya ce Cyrinus ; il réduisit le peuple à une complète soumission et à une servitude qui n'avait point eu sa pareille. Or, en ce temps, apparut le Sauveur de l'Univers, qui naquit à Bethléem. Le sage Longinus, de Rome, fait allusion1 à ce temps, dans son IIIe livre de la guerre des Romains et de leurs alliés contre les Antiochéniens de Syrie, quand sumait, sans laisser paraître à l'extérieur une ardeur telle quelle le tourmentait intérieurement2. Il ne désirait prendre aucune nourriture, parce qu'elle ne pas- sait pas. Ses intestins étaient affligés d'ulcères et de coliques violentes, ses pieds étaient gonflés d'humeur, ses par- ties génitales pourries fourmillaient de vers ; sa respiration courte l'oppressait et le faisait souffrir par sa mauvaise odeur3, sa fréquence4 et sa difficulté; des convulsions le frappaient par tout le corps. » —11 dit encore de lui5 : « Quand la maladie s'empara de son corps, elle le répartit entre différentes souffrances. Il avait une fièvre ardente, une extrême démangeaison dans tout le corps, des coliques dans les entrailles, une enflure aux pieds, comme un hydropique, une putréfaction* des parties génitales qui engendrait des vers, la difficulté de la respiration, qu'on appelle en grec cp- OÔTïvoca et âûo-Tïvccaet enfin une violente contraction de tous les membres. » Cette Les Mages vinrent en l'an 45 d'Au- guste, alors qu'il était âgé de deux ans. En effet, en l'an 314 des Grecs8 au mois de'îloul9, le 24e jour de la lune, fut conçu Jean, fds de Zacharie, et il naquit le 24 de haziran en l'an 315. — Marie, Mère de Dieu, reçut le message le 25 de 'adar11 de cette année, et Notre-Seigneur naquit le 25 de12 kanoun 1er de l'an 316. Au bout de huit jours, il fut circoncis13 h Bethléem, et après quarante jours, ils le firent monter au Temple de Jérusa- lem. Siméon le porta dans ses bras. De là, ils allèrent à Nazareth14, et en l'année 318 des Grecs, qui est la deuxième an- née de Notre-Seigneur, ils revinrent ii Jérusalem et à Bethléem. Alors les Mages vinrent l'y adorer 13. Dans la même nuit ils partirent pour l'Egypte, où ils restèrent deux ans16. Quand Hérode fut mort, ils s'en revinrent17 à Nazareth. Le Christ était alors âgé de 4 ans. Là, il grandissait. Chaque année, ils montaient au Temple de Jérusalem et à 1. Lire : 2. Suppléer : M""" [lew $ûv*k*s v*5? I» y*1 : tow]Ua-* H [Vers. syr. d'Eusèbe). — 3. L**?a. — 4. lûûcoo. — 5. Ibid. — 6. Ucumvs. — 7. Ms. : ortopia et dispos. 8. L'auteur se sert ici d'une nouvelle chronologie. V. l'Introduction. — 9. Septembre. — 10. Juin. — 11. Mars. — 12. Décembre. — 13. Luc, n, 21. — 14. Luc, n, 29-32. —15. Matth., ir, 1-12. — 16. Matth , n, 13-15. — 17. ^ot ,*> axJ* ; Matth., n, 22, 23, LIVRE V. CHAP. X 139 il dit à César : « Les Perses sont venus de l'Orient et sont entrés dans le terri- toire de ton empire; ils ont offert des présents à un enfant né en Judée; quel est-il? de qui est-il fils? on ne l'a pas encore appris. » Et Auguste répondit : « Hérode le satrape laissé là nous fera connaître qui il est. » Les Mages vinrent en Pan 35 d'Hérode. Comme celui-ci fit massacrer les enfants de Bethléem et de ses environs, le Seigneur le châtia et il fut dans les souffrances pendant 2 ans. Il mourut à l'âge de 70 ans, après en avoir régné 37 1. Auguste institua son fils Archélaiis qui régna pendant 9 ans, et qui fut relé- gué en exil à Vienne, ville de Gaule % à cause des folies qu'il commit; il eut pour successeur Hérode [89] le tétrarque3. La même année mourut Auguste ; et Tibère César lui succéda, pendant 23 ans. cruelle affliction lui arriva parce qu'il avait fait tuer sans pitié les enfants. Il espérait vivre, et il alla aux bains chauds. Les médecins ayant jugé à propos de laver son corps dans l'huile, on le plon- gea dans un tonneau plein d'huile; il tomba en défaillance4 et ses yeux se re- tournèrent. Il désespéra de vivre. Il fit réunir les notables [des Juifs] de divers lieux dans un endroit [89] appelé hip- podrome ; et ilordonna delesyenfermer. Il fit appeler sa sœur Salomé, avec Alexas5, son mari, et leur dit : « Je sais que les Juifs se réjouiront de ma mort. Mais je puis faire en sorte d'obtenir des autres6 un deuil magnifique, si vous vou- lez exécuter mes ordres et faire mas- sacrer les hommes qui sont enfermés, aussitôt que je serai mort. » —Josèphea écrit cela, d'après ce que dit Eusèbe. Bethléem, à cause de sa naissance et des miracles qui y avaient eu lieu. C'est ainsi qu'en sa douzième année il con- versa avec les prêtres7. La Vierge Marie était âgée de 13 ans quand elle enfanta le Sauveur .Elle vé- cut encore cinq ans après l'Ascension, et mourut à l'âge de 51 ans. Notre-Seigneur naquit un mardi, le 25 de8 kauoun 1er. [89] Trente ans après, le mercredi 6 de9 kanoun II, il fut bap- tisé par Jean dans le Jourdain. Et le vendredi10.......... [D'autres disent que] la naissance de Notre-Seigneur eut lieu le 6 de ka- noun II, et son baptême trente ans après, le même jour. Ils donnent pour argu- ment la cérémonie 11 qui se fait sur les eaux. Ils disent aussi que c'est en ce 1. E. a. 2020. — 2. Lire ; U£\^*, TaXc^ia, ou li-Htf^» des Gaulois (?). — 3. E. a. 2029. 4. uiâoiI.|o — 5. [ra'Ov) — 'AXsES:, — 6. Litt. : « de me faire faire par les autres. » 7. Luc, il, 40 sqq. —¦ 8. Décembre. — 9. Janvier. — 10. Lacune de trois lignes, qui contenait vraisemblablement la date de la Passion. — 11. Litt. : o l'exemple, la démonstration ». Dans la liturgie orientale, il y a en effet un rite spécial pour la bénédiction de l'eau au jour de l'Epi- phanie. 140 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Hérode Ier avaitpossédé neuffemmesetil eut huit fils1 : de Doris*, (/) Antipater3 qui fit périr ses deux frères4 et fut enfin misa mort par son père ; de Mariam, fille d'Hyrcan le grand prêtre, (2) Aristobule et (3) Alexandre qu'Antipater fit mourir, et (4) Hérode, appelé Antipas5, qui prit Hérodiade et fit tuer Jean; de Malcaté la Samaritaine, (5) Archélaûs qui régna après lui; de Cléopâtre la Jérosolomitaine, (6') un autre Hérode, le simple0, et (7) Philippe dont il prit la femme et qu'il fit ensuite massacrer; de Pallas-1, (8) Phasaël. Ses petits-fils, [les fils] d'Aristo- bule, frère d'Alexandre, sont : Hérode, qui fut roi de Chalcis, et Agrippa sur- nommé Hérode. Celui-ci fit tuer Jacques, et fût rongé par les vers; il accusa son oncle Hérode et lui enleva le royaume; il eut pour enfants : Agrippa qui lui suc- céda, et deux filles : Bérénice et Drusilla qui épousa le gouverneur Félix8. En l'an 14 de Tibère, qui est Pan 331 des Grecs9, le gouverneur9 Pilate fut envoyé aux Juifs, par Tibère, et devint leur procurateur11. L'annéesuivante12qui est Pan5535 depuis Adam, et l'an 341 des Grecs13, Notre Seigneur fut baptisé par Jean, dans le Jourdain, le 6 de kanoun II14. Quand Hérode mourut, Archélaiis lui succéda. Auguste établit quatre chefs tétrarques : Hérode, Antipater, Lysanias et Philippe, frères d'Archélaùs l3. A celte époque Tibère César fit passer les Dalmates et les Sarmates sous l'au- torité des Romains10. Tibère devint seul empereur pendant 23 ans 17 ; il vécut 78 ans. A cette époque18, il y eut un très vio- lent tremblement de terre. Treize villes furent renversées : Sardis, Mostene, même jour qu'il apparut dans la gloire sur le mont Thabor; et que pour cela ce jour est appelé par tout le monde, selon la coutume, Epiphanie^; mais ce qui est exact, c'est que la fête de la Na- tivité doit se faire le 25 de kanoun 1er. A pi'opos des Mages. — Eusèbe et Gré- goire de Nysse disent qu'ils étaient des descendants de Balaam. Jacques d'E- desse dit qu'ils étaient de la race de 'Elam, fds de Sem. — D'autres [disent qu'ils étaient] des descendants des rois 1. Il y a plusieurs confusions dans cet exposé, qui doit être rectifié d'après le tableau généalo- gique de la famille d'Hérode que nous donnons parmi les notes complémentaires à la fin du volume. On y trouvera la forme originale de tous ces noms. Cf. Jos., Ant., XVII, i ; Bell. Jud., I, xvrir. — 2. Ms. : Dusias.— 3. Ms. : Antipatros. — 4. Ms. : ses trois frères. —5. Ms. : Antipatos. — 6. Hé- rode, fils de Cléopâtre, est Hérode (4) Antipas ; celui que l'auteur a ici en vue est probablement Hérode Philippe, fils de Mariamne (II), fille de Simon, et l'épilhète, dont le sens n'est pas assez précis, ferait allusion à sa privation totale d'héritage. Cf. Bell. Jud., I, xix. —7. Ms. : Balada. — 8. Ms. : Filipos. — 9. E a. 2242. H y a sans doute une faute de copiste pour 339. —10. rflz\i.iav. — 11. ETurponoç. — 12. H. a. 2044. — 13. Ms. : 347. — 14. Janvier. 15. H. a. 2021; Arm. 2020. — 16. H. a. 2025; Arm. 2022. — 17. E. a. 2030. Ms. : 3 ans. - 18. H. a. 2034; Arm. 2033. — 19. « dcnlta » = ortus. LIVRE V. CHAP. X 141 A cette [90] époque, Germanicus César triompha des Parthes'; et Tibère associa Drusus8 à l'empire3. Ensuite César Drusus périt par le poison4. Le théâtre de Pompée fut incendié5. Hérode bâtit Tibériade et Liviade6. Pilate introduisit Pimage de César dans le Temple, et troubla les Juifs. Et de plus, ayant employé totalement pour les aqueducs le trésor que les Juifs ap- pellent sacerdotal7, ce fut pour eux la cause d'une seconde révolte 8. JEgce, Hierocresaria, Philadelphia, Tmo- lus, Temus, Cume, Myrina, Apollonias, Hyrcania. Celles-ci tombèrent en Syrie ; et en Asie : Ephèse et Magnesia. A Rome il y eut une famine si grande que le modius de froment se vendait vingt-sept dinars9. A cette époque10 florissait Athénodore de Tarse, philosophe physicien, c'est-à- dire naturaliste. A cette époque11 il y eut à Rome un dénombrement12, quand Auguste Ti- bère fit le recensement du peuple. On trouva 4.500.597 citoyens13. A cette époque florissait le philosophe alexandrin Sition14. Nous faisons savoir pourquoi il man- que deux jou7's [90] au mois de sebati5. En ce temps-là, aux jours de Qâpîtôn16, général des Romains, vint une troupe de de Saba et Sâba, selon la prophétie de David17, et qu'ils étaient trois rois; à cause des trois sortes de présents qu'ils offrirent. D'autres disent qu'ils étaient huit, selon la prophétie de Michée qui dit18 : « Je susciterai sur lui sept pasteurs et huit princes. » — Mar Jacques dit douze princes. Or, on trouve dans les écrits des Perses une histoire à leur su- jet disant qu'ils avaient avec eux 3000ca- valiers et 5000 fantassins19. Étant par- venus à Callinice, qui est Raqah , ils apprirent qu'une grande famine régnait en Judée. Ces princes laissèrent là la plupart [de leurs gens] et vinrent eux- mêmes à Bethléem avec un millier d'hommes. Ils adorèrent, offrirent des présents et s'en retournèrent. Voici leurs noms20 : Dahdnadour,filsd'Artâban ;Wastaph21, 1. E. a. 2033. — 2. Ms. : Dorotos; de même plus loin. — 3. E. a. 2038. — 4. E. a. 2039. — 5. E. a. 2037. — 6. E. a. 2043. — 7. xopêwvàv. —8. E. a. 2049. 9. H. a. 2022; Arm. 2025. — 10. H. a. 2024; Arm. 2023. — 11. E. a. 2029. — 12. àptômaiiç. — 13. Les chiffres varient dans les divers auteurs. — 14. Si-riwv, H. a. 2029. — 15. Février. Comp. : Cedrenus, Comp. hist., P. Gr., t. CXXI.col. 297; Geokg. Harxiart., ibid., t. CX, col. 65. — 16. Man- lius Capitolinus, MâXioç ô xai KaTtfuwXîvo; (C). 17. Psalm., lxxi, 10. — 18. Mich., v, 5. — 19. Tabellarii. — 20. Les noms des Mages (selon la tradition orientale) se trouvent reproduits dans plusieurs ouvrages syriaques, et notamment par Salomon de Bassora (The Book ofthe Bee, éd. Budge, p. 93),Bar-Bahloul (Lexicon, éd. Duvai., col. 1003), Jacques d'Edesse (Epistola, apud Nestlé, Grammatica syr., lre éd., 1881, Chrestom., p. 83). Comp. aussi : Die Schatzhôhle (éd. Bjïzoi.d, p. 236); The s. syr., col. 209; Justi, ZDMG., t. XLIX, p. 688. Ces listes présentent de notables variantes.—21. Ms. : Waèqaph, sans doute par suite d'une iaute de copiste. 142 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Il y a en tout depuis Adam jusqu'à Tannée en laquelle Notre Sauveur souffrit la Passion 5539 ans. Cette année commençait un dimanche. Pour le comput des années depuis Adam, il y a différents calculs, que nous connaissons, et qui ne sont pas d'accord entre eux, niavec la série des années des Prophètes et des Macchabées. Quelques-uns fixent 5500 ans' depuis Adam jusqu'à la naissance de Notre- Seigneur. Hippolyte, Jean* et Mar Jacques, adoptent cela. Et de fait nous trou- vons qu'Eusèbe l'accepte. Dans un autre endroit il dit qu'il y a eu 5232 ans depuis Adam jusqu'à la Passion de Notre-Seigneur. D'autres disent : 5320; Africanus: 5532; les Hébreux : 4000; les Samaritains : 4365; les Syriens : 4156; et selon le calcul admis par plusieurs : 5519. Andronicus dit que le Christ a souffert la Passion en Pan 342 des Grecs3; d'autres en l'an 19 de Tibère, la lre année de la CCIIP olympiade. Depuis le retour de Babylone jusqu'à l'an 342, il y a 602 ans selon le premier calcul ; 5539 ans depuis Adam jusqu'à la Crucifixion ; 3284 ans depuis le Déluge ; [1]838 ans depuis l'Exode; 1058 ans depuis la construction du Temple par Sa- lomon; 624 ans depuis l'incendie du Temple et la captivité de Babylone5. —Fin. brigands0. Il engagea le combat avec eux et les vainquit. Frourios 6, un des notables de Rome, et des gens méchants s'opposèrent à Qâpîtôn, et le chassèrent des armées des Romains. Les brigands, ayant appris que Qâpîtôn avait été chassé, revinrentaltaquer Rome pendant la nuit. Tous les chefs s'enfuirent dans le Capi- tule avec Frourios. Ils envoyèrent dire à Qâpîtôn : « Nous avons péché contre toi ; viens nous délivrer et nous te ferons roi. » Il rassembla une armée de Romains, et, pendant la nuit, attaqua Rome de trois fils de Goudpir; Arsak, fds de Mah- douq; Zerwand, fils de Waroudoud; Ariwah, fils de Khosrau ; [90] Artahsist, fils de Hôlît7; Estanbouzan, fils de Sis- rawan ; Mahdouq, fils de Hawahm ; Ahsi- rès, fils de Çahban ; Çardanah, fils de Baladan ; Mardouk, fils de Bîl8. Et le roi qui les avait envoyés [s'ap- pelait] Pîr-Sabhour. Hérode, qui fit massacrer les enfants, fit aussi brûler les livres généalogiques des Hébreux, afin que la succession des grands-prêtres ne fût pas conservée, et 1. Lire : 5500 (et non 5550). Cf. ci-dessus, p. 140, 1. 14; et Sync, p. 592. — 2. lwannis. Peut- être à corriger en : Annianus (?). — 3. Ms : 340. La leçon 342 est confirmée par BH. (Chr. syr., p. 48) et par l'alinéa suivant. — 4. Ces dates sont en désaccord entre elles et avec celles qui ont été fournies plus haut. Pour leur conciliation, voir l'Introduction. 5. Lire : L»_£i\^ = o\ TôlIIoi, au lieu de —^ (?) — 6. •Êeëpouâpio;. 7. Ms. : Hamît (>° pour^o). — 8. La liste comprend onze noms seulement; d'après celle de Bar- Bahloul, il faudrait ajouter : î^ojwI ; d'après Salomon : <ûofèi.co ;a »i).^o»ooi « Hormizdad, fils de Sanatrouq >\ LIVRE V. CHAP. X 143 côtés et enferma les Barbares au milieu ; il les tua, ainsi que leur général. Qâpî- tôn commença donc à régner sur les Ro- mains. 11 fit jeter Frourios dans un filet1 et le fit monter sur un âne. On le frap- pait de verges en disant : « Agbê, Frou- riè »s, c'est-à-dire : « sors, Février 3. » — On le jeta à la mer et on ordonna que ce mois fût appelé du nom de Frourios, pour que son mauvais souvenir fut un objet de mépris dans tout l'empire. Ces deux jours pendant lesquels ces brigands gau- lois * avaient assiégé Rome furent at- tribués à kanoun et à kanoun II ; et pour cela, sebat a deux jours de moins ,* il fut placé à la fin de l'année, de ma- nière que 'adar5 fût le commencement de l'aimée. [Un mois] fut appelé Julius 6, du nom de César, et un autre : Augustus7. Tertullianus8 écrit que Pilate informa Tibère de la doctrine que Notre-Seigneur Jésus enseignait; Tibère en informa tout le sénat. Ils n'accueillirent point l'ac- cusation ; et il s'efforça de faire périr ses accusateurs. Phlégon, philosophe profane, écrit aussi9 : « Le soleil s'est obscurci et la terre a tremblé; les morts sont ressus- cites, sont entrés à Jérusalem et ont maudit10 les Juifs. » pour qu'on ne sût pas qu'il n'était point de cette honorable race. Il y eut trois grands-prêtres après Hannan jusqu'à Gaïphe : Ismaël, Eléazar et Siméon. Puis vint Josèphe qui est Caïphe. Hérode, en effet, ne laissait chacun d'eux en fonction que pendant un an. En l'an 15 de Tibère César, 5 d'Hé- rode le tétrarque, la parole de Dieu fut sur Jean-Baptiste, fils de Zacharie11. Il vint baptiser dans le Jourdain et Notre- Seigneur vint recevoir de lui le baptême le 6 de kanoun II. Après son baptême, il monta sur la montagne et jeûna qua- rante jours; le démon s'approcha de lui pour le tenter et fut vaincu12. Ensuite, il se mit à enseigner et à faire paraître des prodiges vraiment divins pendant trois ans. Andronicus dit que Notre-Seigneur prêcha seulement pendant 3 ans. Le premier miracle fut celui de l'eau qu'il changea en vin à Cana13. Ensuite il choisit les Douze14; il proclama les béati- tudes 13 ; il enseigna la prière16 ; il purifia le lépreux17; il guérit la belle-mère de Simon18. Puis il monta à Jérusalem à la fête de la Pâque, comme dit Jean dans le canon xxvi19. I. Cedii. : ^cà6w ôpoeva ueptëe6Xy][xévov xoù s.6pouapi£, — 3. Ms. : « sors, sebat!». —4. (.-^X^» = des Gaulois. — 5. Mars. — 6. Cf. p. 133, 1. 7. — 7. Cf. p. 137, 1. 9. — 8. Corr. : »«>a.p^;I. L'auteur résume Eusèbe, H. E., II, n. Cf. Chron. ad ann. 2051. — 9. Ces paroles sont tirées du Chron. ad ann. 2047, où elles ne sont pas données comme étant de Phlégon, mais d'un auteur anonyme : èv aXXot; ;iàv cEXXy]vcx(hî. — 10. Littéral. : « et dixerunt : Vae! Judseis ». II. Luc, m, 1 sqq.— 12. Matth., iv, 1 sqq.; Marc, r, 12-13; Luc, iv, 1-13.—13. Johan ., n, 1-13. —14.Marc, nr, 14; Luc, vr,13. — 15. Matth., v; Luc, vi.— 16. Matth., vr, 9-13. — 17. Matth., vtir, 2; Marc, r, 40; Luc, v, 12. Ms. : les lépreux. — 18. Matth., vrrr, 15; Marc, r, 29 ; Luc, iv, 38. — 19. Johan., ii, 13.L'expression « dans le canon xxvi » fait allusion aux canons de concordance d'Eu- 144 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Dans l'ouvrage [91] qu'il écrivit sur les temps des olympiades, il dit, dans le XIIIe livre1 : « La 4e année de la CCIIe olympiade, il y eut une obscurité à la sixième heure du jour, un vendredi, et les étoiles apparurent. Nicée et la région de Bithynie tout entière fut ébranlée, et beaucoup d'autres endroits furent renversés. » Ursinus2 dit aussi ceci dans le livre V : « Nous fûmes dans une grande angoisse, quand le soleil s'obscurcit et la terre trembla. On entendit des clameurs ter- ribles dans les villes des Hébreux ; nous l'apprenons maintenant et nous le voyons par la lettre que Pilate envoya de Pales- tine à l'empereur Tibère. Il dit : « A « la mort d'un homme que les Juifs ont « crucifié, il survint des choses terri- « fiantes. » En apprenant cela, César des- titua Pilate pour avoir fait la volonté des Juifs, et il menaça ceux-ci. » L'écrivain Josèphe dit aussi dans le livre sur VHistoire des Juifs3 : « En ces temps-là il y eut un homme sage nommé Jésus, s'il convient toutefois de l'appeler homme. C'était en effet un La seconde année, il passa en Galiléel, instruisit la Samaritaine et toute la ville5 dans le mois de sebat. — Siméon Qou- qoyo dit que ce fut un dimanche qu'il s'assit sur l'orifice du puits et parla à la Samaritaine. — La même année, il cfué- rit le serviteur du centenier, à Caphar- naum6, et il chassa « Légion », dans le pays de Gadara7 ; [91] il guérit le paraly- tique qu'on descendit par la terrasse8, à Nazareth; il ressuscita la fille de Jaïr9; il guérit l'hémorrhoïsse10, le muet et sourd possédé du démon11, et celuidont la main était desséchée12. En cette deuxième année, Jean fut tué dans la prison13. Cette même année [Jésus] ressuscita le fils de la veuve u; il alla chez Simon le Pharisien16; puis il monta à Jérusalem pour la Pâque et guérit le paralytique16. La troisième année, il fit [le miracle des] douze corbeilles de pain17, au mo- ment du printemps; il multiplia de nou- veau les cinq pains18; il ouvrit les yeux de Timai19 et de l'aveugle de naissance20. La quatrième année, il monta sur la montagne et ses vêtements devinrent sèbe, ou peut-être d'Ammonius, qui étaient souvent annotés en marge des mss. syriaques du Nouv. Test. Voir les exemples cités par Wright, Catal. of syr, mss. in the British Muséum, p. 45-48, 50, 55, etc. 1. H. a. 2048. — 2. Je n'ai pu identifier ce personnage. — 3. Ant. Jud., XIII, m. Cf. Eus., H. E., 1, xi ; Demonst. evang., III, v. Il n'est pas douteux que la mention primitive de Josèphe ait été inter- polée par un chrétien. Cf. Th. Reinach, Josèphe sur Jésus (Bev.des Etudes juives, t. XXXV, 1897). 4. Johan., iv, 3, 43; Matth., iv, 12; Marc, i, 14; Luc, iv, 14. — 5. Johan., iv, 5-42. — 6. Matth,, viii, 5; Luc, vu, 1. — 7. Matth., viii, 28; Marc, v, 1; Luc, vin, 26. — 8. Matth., ix, 1; Marc, ii, 4; Luc, v, 19. — 9. Marc, v, 22; Luc, vin, 41. — 10. Matth., ix, 20; Luc, vni, 43. — 11. Marc, ix, 24. — 12. Matth., xir, 9; Marc, ih, 1 ; Luc, vr, 6. — 13. Matth., xiv; Marc, vi; Luc, ix. — 14. Lyc, vu, 11-18. — 15. Luc, vu, 36-50. — 16. Johan., v, 1 sqq. — 17. Matth., xiv, 14-24; Marc, vi, 39-44 ; Luc, ix, 10-17; Joh., vi, 1-14. — 18. Matth., xv, 30-39; Marc, vm, 1-10. — 19. Marc, x, 46; Mattii., xx, 28; Luc, xvin, 35. — 20. Johan., ix, 1 sqq. LIVRE V. CHAP. X 145 faiseur de choses glorieuses et un doc- teur de la vérité. Beaucoup parmi les Juifs et les Gentils se firent ses disciples. On pense que c'était le Messie ; mais non d'après le témoignage des chefs du peuple. C'est pourquoi Pilate le livra au supplice de la croix, et il mourut. Ceux qui l'aimaient ne cessèrent pas de l'aimer : il leur apparut vivant au bout de trois jours. Les prophètes de Dieu, eneffet,avaientditdelui de tels prodiges. Et le peuple chrétien, qui tire de lui son nom, n'a pas cessé d'exister jusqu'au- jourd'hui. » Lettre que le roi d'Edesse envoya au Christ en l'an 19 de Tibère1. — Celui qui fut envoyé était peintre; il s'appelait Hanania, le courrier2. Il s'acquitta bien de sa mission et peignit le portrait de Jésus Notre-Seigneur, qu'il rapporta à Abgar. La lettre qui fut envoyée par l'inter- médiaire de Hanania le courrier [était ainsi conçue :] « Abgar Oukama, letoparque, à Jésus le Sauveur, qui est apparu dans le pays de Jérusalem : Salut. — J'ai entendu parler des guérisons que tu opères sans blancs3; il guérit le lunatique' et l'hy- dropique5; il ressuscita Lazare6 et fit dessécher le figuier au mois de 'adar7; il prononça la parabole du riche et de Lazare8, de la vigne et des ouvriers9, de la tour'0, de l'homme qui fit un fes- tin11, des cent brebis1*, des dix drach- mes13, et plusieurs autres qui sont écrites, et d'autres en plus grand nom- bre qui ne sont pas écrites14. Le temps de toute la prédication de Notre-Seigneur se passa entre le souve- rain pontificat de Hannan et celui de Caïphe, depuis le début de Hannan jus- qu'à Caïphe. Ce n'est pas le temps de quatre années complètes, car Notre-Sei- gneur fut crucifié en l'année où fut éta- bli15 Joseph Caïphe, l'an 19 de Tibère César, 22 d'Hérode le tétrarque, 6 de Pilate, en l'indiction 4e, à la fin de la 4e année de la CCIP olympiade, 79e an- néedes Antiochéniens, 158° desTyriens, 137e des Ascalonites1B. Cette année com- mençait un dimanche. La Pâque eut lieu le 24 de 'adar (mars), un samedi, et la Résurrection le 25 du même mois de 'adar; l'Ascension le 3 de 'iyar (mai), et la Pentecôte le 13 de iyar. 1. Pour tout ce qui concerne la Légende d'Abgar, et les lettres apocryphes, voir R. Duval, His- toire d'Edesse, p. 81 et suiv., où l'on trouvera l'indication des sources et un bon résumé de la question. — 2. I»^"^, tabellarius — Tax'Jôpojxoç (Eus.). D'autres documents portent : fi^aa^, —: tabu larius. Ii. Matth., xvii, 1-13; Marc, ix, 1-12; Luc, ix, 28-36.— ^t.lbid. Litt. '.le fils du toit, bav'egon'o \ la vers. syr. traduit azKrpmïfi.-z-u, par la périphrase : u 11 a bar-égoro. — 5. Luc, xiv, 1 sqq. — 6. Johan., xi, 1 sqq. — 7. Mars; Matth., xxi, 17-19; Marc, xi, 11-14. — 8. Luc, xv, 20 sqq. — 9. Matth., xx, 1 sqq. — 10. Luc, xiv, 28 sqq. — 11. Luc, xiv, 16 sqq. — 12. Luc, xv, 4 sqq. — 13. Lu G, xv, 8 sqq. — 14. Cf. Johan,, xx, 30; xxi, 55. Il est inutile de faire observer que cette sorte de concordance évangélique n'est pas de tous points exacte. — 15. Lire : **û? (et non >°f) ; iiù x-rçv toO Kàti'âça xaTaffTaaiv (Eus., //. Et) 1, x). — 16. Pour la rectification de ces données contradictoires, voir l'Introduction. il 19 146 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN médicaments ni plantes '. Car d'après ce que l'on dit tu lais voir les aveugles, marcher les boiteux; tu purifies les lé- preux ; tu chasses les esprits immondes et les démons; tu guéris ceux qui souf- frent de maladies invétérées; tu ressus- cites les morts. Quand j'ai entendu dire de toi toutes ces choses, je me suis mis dans l'esprit que de deux choses l'une : ou tu es Dieu descendu du ciel, ou tu es le Fils de Dieu. C'est pourquoi je t'ai écrit en te demandant de prendre la peine de venir près de moi, afin de guérir un mal qui est en moi. J'ai aussi entendu dire que les Juifs te portent envie, murmurent contre toi et veulent [92 te faire du mal. J'ai une ville petite, mais belle, qui suffit pour deux. » Copie de la lettre que lui répondit Notre-Seigneur : « Heureux celui qui a cru en moi, sans m'avoir vu. 11 est écrit, en effet, de moi : « Que ceux qui me ver- « ront ne croiront pas tous en moi ; et que «beaucoup de ceux qui ne m'auront pas « vu, croiront et vivront. » Quant à ce que tu m'as écrit, de venir près de toi, il convient que j'achève ici ce pourquoi j'ai été envoyé, et quand je l'aurai ac- compli, je remonterai vers Celui qui m'a envoyé. Quand je serai remonté, je t'enverrai un de mes disciples qui gué- rira ton infirmité, et te donnera la vie ainsi qu'à ceux qui sont avec toi. » Après l'Ascension, les Apôtres choi- sirent Matthias à la place de Judas*. Dix jours après, ils reçurent l'Esprit-Saint, et ils ordonnèrent Jacques qui fut le premier évêque de Jérusalem. Il gou- verna pendant 30 ans. Ils établirent les sept diacres3. L'un d'eux était Nicolas. Comme on était jaloux de lui parce que sa femme était belle, il la renvoya, et il ' vivait dans la chasteté; d'autres, voyant [cela], mirent leurs femmes en commun et furent appelés Nicolaïtes. Des douze Apotkes5. — Simon, de la tribu de Nephtali. Rétablit un sanctuaire à Antioche en la lie année de Claude; et il monta prêcher à Rome, où il fut évê- que pendant 25 ans. En l'an 13 de Néron, il fut couronné Tdu martyre;. Paul, de la tribu de Benjamin. Il prêcha pendant 27 ans, depuis l'an 6 de Claude jusqu'à l'an 13 de Néron. Il fut couronné avec Pierre. André prêcha à Nicée, à Nicomédie, en Scythieeten Achaïe; [92j le premier il siégea à Constantinople et il y mourut. Jacques, fils de Zébédée, de la tribu de Zabulon, fut mis à mort à Jérusalem par Hérode Agrippa; il fut déposé à Aqar de Marmârîqa 6. Jean, son frère, prêcha à Ephèse et en Asie, jusqu'à l'an 7 de Trajaii ; il fut enseveli à Ephèse. Philippe de Beit-Çayda, de la tribu 1. Litt. : « racines ». 2. Act,, r, 21 sqq. — 3. Act,, vr, 1 sqq. — 4. Ms. : elle vivait. Cf. ci-dessous, p. 171. L'auteur résume Eusèbe, H. E., III.xxix. — 5. Pour tout ce qui concerne les traditions relatives aux Apôtres et au lieu de leur prédication et de leur martyre, voir R. A. Lipsius, Die Apokryphen Apostelge- schichten und Apostellegenden (Braunschweig, 1883-1887). — 6. Ces mots traduisent un original latin ; in avce Mannaricu, par l'intermédiaire du grec; cf. Lipsius, op. cit., II, u, p. 208, 214; I, p. 211, Lire : [û»}-so;-xj*. Map^ocptxr; désigne la région occidentale du nord de l'Afrique; LIVRE V. APPENDICE 147 cl'Aser, prêcha en Phrygie et fut ense- veli en Pisidie. Barfhélemi,de la tribu d'Issachar, de 'Endor, prêcha en Arménie et v fut cru- cifié. Thomas, de la tribu de Juda, prêcha aux Parthes et aux Mèdes, et fut cou- ronné [du martyre] à Calamina, ville de l'Inde. Son corps fut rapporté à Édesse. Matthieu, de la tribu d'Issachar, de Nazareth, mourut à Gabala et fut ense- veli à Antioche. Siméon le Chananéen, de la tribu d'Ephraïm, mourut à Hémath; d'après un ms. : à Cyrrhus. Jude, appelé Thaddée, qui est Labai, de la tribu de Juda; il fut surnommé Labai à cause de sa sagesse. Il fut enseveli à Beyrouth; d'après un ms. : à Aradus. Jacques, fds d'Alphée, de la tribu de Manassé, mourut à Batnan de Saroug. Judas, le traître, était de la tribu de Dan, delà ville de Saqara. Matthias était de la tribu de Ruben. [Ici- finit le cinquième Livre, qui comprend 10 chapitres, soigneusement réunis de livres authentiques*, il va de Van 20 de Darius le Perse, qui est le commence- ment du sixième millénaire, jusqu'à la mort de Tibère César. Il embrasse fil6 ans, et 133 olympiades, [jusqu'à Vannée]3 en laquelle Notre-Seigneur Jésus- Christ subit la Passion : à lui la gloire dans les siècles des siècles ! Amen. A ces lettres1 étaient joints des docu- ments également en écriture et en lan- gue araméennes, exposant qu'après que Notre-Seigneur Jésus fut remonté au ciel, les Apôtres envoyèrent Thaddée, un des soixante-dix [disciples], à Édesse. Il commença à y faire des guérisons ; Abgar entendit parler de lui et se sou- vint de ce que Jésus lui avait mandé. 11 l'envoya chercher à la maison de Tobia, et Thaddée le guérit de même qu'un de ses serviteurs qui était atteint du mal de la goutte. Ces choses arrivèrent en l'an 350 des Grecs. [APPENDICE AU LIVRE V! [Extra.it] de Bar-Çaliiu \ — Simon prêcha à Antioche pendant un an ; il y bâtit une église, puis il monta à Rome, où il prêcha pendant vingt-sept ans. — Paul 1. Ces paroles sont d'Eusèbe (//. E., I, xm), qui est certainement l'unique source que Michel résume dans toute cette question. 2. Litt. : « d'écrits éprouvés ». — 3. Il semble que le passage doive s'entendre ainsi, bien que les chiffres indiqués soient en désaccord entre eux. 4. Dans son Commentaire sur S. Matthieu, x, 2-4 {Bill, nat., ms. syr., n° 67, fol. 85 /), Denys Bar-Çalibi donne une liste des douze apôtres qui ne s'accorde ni avec celle-ci, ni avec celle donnée par Bar-Hébréus dans le Grenier des Mystères (In Evang. Matth se i, éd. Spatvuth, p. 23, 24). j'ignore de quel ouvrage sont tirées les deux listes citées ici. 148 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN monta le rejoindre. Il y eut du trouble à Rome, et Néron ordonna de les tuer tous les deux. — Pierre demanda à être crucifié la tête en bas pour baiser les traces de son Maître ; et Paul eut la tête tranchée par le glaive. Andrê prêcha dans le pays de Beit-Kalbin1 et sur tout le littoral; plus tard les Kalbê lui coupèrent les membres en morceaux. Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, étaient de la tribu de Zabulon, du village de Beit-Çayda. — Jacques prêcha à Jérusalem même, et ensuite il fut martyrisé par les Juifs, à Laide d'un bois de foulon. — Jean prêcha à Antioche avec Simon ; ensuite il s'en alla à Éphôse, et la Mère de Notre-Seigneur l'accom- pagna. Aussitôt ils furent relégués dans l'île de Patmos. En revenant d'exil, il prêcha à Ephèse, et y bâtit une église ; Ignace et Polycarpe le servaient; il ense- velit la bienheureuse Marie. Il vécut 73 ans2 et mourut après tous les Apô- tres ; il fut enseveli à Ephèse. Philippe et Barthélemi étaient de la tribu d'Aser. — Philippe était du village de Beit-Çaida; il bâtit une église en Pisidie et y mourut; selon d'autres, il fut lapidé à Mabboug de Phrygie,et ensuite crucifié. — Barthélemi était du village de Endor. Il prêcha pendant trois ans en Arménie, puis le roi Herstiou* le fit crucifier; il fut enseveli dans l'église qu'il avait bâtie en cet endroit. Matthieu, le publicain, était de la tribu d'Issachar, du village de Nazareth; il prêcha en Palestine, puis dans le pays des Parthes. Il mourut à Gabala et fut, enseveli à Antioche. Selon d'autres, il fut tué dans la ville de Qabîra dans le pays des Parthes. Thomas était de la tribu de Juda. Il prêcha aux Parthes, aux Mèdes, aux In- diens ; ensuite il fut transpercé d'une lance dans la ville de Calamine sur l'ordre du roi Mazdai. Son corps fut rapporté à Edesse. Jacques, fils d'Alphée, était de la tribu de Manassé. Il prêcha à Callinice et à Circesium; il bâtit une église à Batna de Saroug, où il mourut et fut enseveli. Simon le Cananéen, aussi appelé Zelotes, et qui est Natanaël, était de la tribu d'Ëphraïm, de la ville de Cana, en Galilée. Il prêcha en Syrie, à Alep, à Mabboug et jusqu'à Claudia: il bâtit une église à Cyrrhus, où il mourut et fut enseveli. Labai, surnommé Thaddée, qui est Jude, fils de Jacques, était de la tribu de Siméon. Il prêcha à Laodicée, et il fut lapidé à Aradus où il fut enseveli. — Selon d'autres, il prêcha dans la ville de 'Akko'" [93", et y fut scié; selon d'autres, il mourut dans la ville de Bérénice dans le pays du Liban5. 1. Litt. : « maison des chiens » ; on interprète généralement celle loculion comme désignant la région des KyvoxsçaXot (Ethiopie). La plupart des Actes disent : « le pays des anthropophages». Cf. Lipsius, op. cit., I, 547. — 2. L'auteur veut dire 73 ans après l'Ascension. — 3. Var. : Rustni, Hê- rôstni (Budge, The Book of the Bee, p. 106, n 6). — 4. Saint-Jean d'Acre. — 5. Au lieu de Béréntkî, il faut corriger: tooa^o;.^ Berytus, qui est la leçon de BH. (Chr. eccl., II, 34) justifiée par celle de plusieurs mss. grecs. Cf. Lipsius, op. cit., II, n, p. 159, n. 3. LIVRE V. APPENDICE 149 Judas VIscariote était de la tribu de Gad, du village de Sokariot. Sa place fut prise par Matthias, de la tribu de Ruben, qui bâtit une église à Séleucie, où il mourut et fut enseveli. Il n'y a que trois noms pour six d'entre eux, car ils portent le môme nom deux par deux; savoir : Simon Pierre, et Simon le Cananéen; Jacques, fils de Zébé- dée, et Jacques, fils d'Alphée; Judas, fils de Jacques, qui est Labai, et Judas l'Is- cariote. Il y avait parmi eux deux publicains : Matthieu et Jacques, fils d'Alphée ; quatre pêcheurs et un traître. — Fin de ce chapitre. Que le lecteur prie pour le pécheur [qui l'a écrit !]. Nous écrivons les noms et le martyre des soixante-dix disciples l. 1. Adai prêcha à Edesse et baptisa le roi Abgar ; il y mourut ety fut enseveli. 2. Agai prêcha dans le Beit-Çoupha- nayê, le Beit-Arzanayê2, et l'Arménie ex- térieure ; ensuite les païens lui brisèrent les cuisses, et il mourut. 3. Sîrînos, fils d'Abgar, mourut à Edesse même. 4. Ananias, qui baptisa Paul, prêcha à Damas et Eléd. Balas, général d'Arétas, le fit mettre à mort; il mourut à Arenaël. 5. Lazare, frère de Marie, prêcha à Cypre et y mourut. 6. Mèlèa prêcha à Emèse, àBa'lbek, h Aristân et h Hémat, et mourut à Sai- zar. 7. Cèphas, dont parle3 Paul, prêcha à Rhodes, et fut jeté h la mer. 8. Sosthènes prêcha dans le Pont, et fut jeté à la mer sur l'ordre du préfet Nonus. 9. Qriscos'* prêcha à Kâlânîa ; il fut emprisonné h Alexandrie et mourut de faim. 10. Barnabe prêcha h Attalia et a Claudia ; il mourut à Samos, 11. Joseph, le sénateur, prêcha en Ga- lilée et dans la Décapole ; il mourut dans sa maison. 12. Nicodèmc, qui avait reçu les Apô- tres, prêcha à Jérusalem et y mourut. 13. Natanaël prêcha dans la montagne du Hauran ; on le lapida et il mourut. 14. Justus prêcha à Tibériade et à Césarée où il mourut. 15. Juda, frère de Jacques, prêcha à Baisan et mourut h Loud. 16. Sila prêcha en Galatie et y mourut. 1. Littéralement : évangélisateurs, La liste des soixante-dix disciples paraît avoir été composée primitivement avec les noms recueillis dans le Nouveau-Testament, et ensuite modifiée sous l'influence de traditions locales. Nous l'examinerons dans une note spéciale à la fin de l'ouvrage, et nous essayerons de rétablir la forme véritable des noms. Nous nous bornons à en donner ici la transcription littérale. Comparez les listes grecques du Chronicon pascale, P. Gr., t. XCII, coll. 519-524; celle du Pseudo-Dorothée, ibid., col. 1059 sqq. Pour les listes syriaques, voir Sa- lomon de Bassora, The Book of the Bee, p. 123 et suiv., et Assemani, Bibl. or., III, i, p. 319-320. Comp. aussi la liste donnée au chapitre suivant, ci-dessous, p. 149-150. — 2. La Sophène et l'Ar- zanène. — 3. Lire : ;jo|. — 4. Crescens (?), 150 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 17. Ammonios prêcha à Mélitène et v mourut. 18. Migla prêcha à Tyana et y mourut. 19. Jason fut jeté aux bêtes. 20. Olympas, aussi appelé Manaël, fut brûlé à 'Akko. 21. Rufus prêcha chez les Dailoumites qui le tuèrent. 22. Alexandre fut jeté dans une fosse à Héracléopoliset mourut. 23. Siméon, le Cyrénéen, fut tué par le glaive à Chio 2. 24. Lucius fut tiré par des chevaux jusqu'à ce que tous ses membres fussent arrachés. 25. Clêophas prêcha à Loud et fut mis à mort. 26. Simon, fds de Clêophas, devint évêque de Jérusalem et fut crucifié par le chiliarque Ircnanis 3, alors qu'il était âgé de cent ans. 27. Yousaiprêcha à 'Ard'at*, et y fut mis à mort. 28. Jacques fut mis à mort avec son frère. 29. Bîtdrsos fut jeté dans une four- naise à Laodicée et y mourut. 30. Mârmâtos* alla prêcher aux Éthio- piens6 et mourut chez eux. 31. Andronicus prêcha en Illyrie7, et v mourut. 32. Junias * fut pris et mis à mort à Samos. 33. Titus mourut en Crète. 34. Jonas Probus 9 mourut à Chalcé- doine. 35. Hermas, le pasteur, mourut à An- tioche. 36. Qrisis*0 prêcha à Birilôn (?)11 et mourut à Chersonèse (?)12. 37. Socrates alla prêcher dans le Beit- llouzayê, et y mourut. 38. Krispan prêcha à13. ... et y mou- rut. 39. Narcisse mourut en Grèce. 40. Aristobule prêcha et mourut en Isaurie. 41. Dèmas fut jeté dans un four des bains (?) en Cilicie. 42. Timothée, qui fut patriarche à Pphèse,.....14il y fut enseveli. 43. Luc l'évangéliste prêcha à Alex- andrie, en grec; il fut mis à mort dans la grande ville de Thèbes. F) 44. Marc l'évangéliste prêcha dans la ville de Rome, en latin ; il fut mis à mort dans le pays de Panés (?) '". 45. J^évi prêcha à Phainôs16 et fut tué par Chronos. 46. Éphrem mourut à Baisan. 47. Nicetas mourut à Tibériade. 48. Hérode fut tué à 'Akko. 49. Sifvanus y fut également mis à mort. 50. Jean fut jeté aux bêtes dans le théâtre de Ba'lbek. 51. Théodore11 mourut aussiàBa'lbek. 52. Etienne fut lapidé à Jérusalem. 1. Ms. : Aqlîpolis. — 2. Ms. : Clios. — 3. Ms. : Jririnos.--i. Arab. : wk-v?» *»9. — 5. Ar. : usoa^Wo|.*3. — 6. Aux Kousayê. — 7. Ms. : llouqorion; Arab. : ^û^à^.I. — 8. Ms. : Naunaya. — 9. Sic ms. ; lire : Patrobas (?). — 10. Carpus (?). — 11. Bersea (?). — 12. Ms. : Kroûnos. — 13. Le nom est en blanc dans le ms. — 14. Le passage est altéré. Peut-être : « y fut mis à mort par le tyran» (?). — 15. Ms. : Panios. — 16. Ar. : uaoa*>lS (— Panéas). — 17. noo»o»o|l (?) ; ms. : Théôdos. LIVRE V. APPENDICE 151 53. Nigeos fut tué par Caïphe au milieu du Temple. 54. Marôtôlos fut tué par les Barba- res à Niktamotos tandis qu'il prêchait. 55. Laison mourut ii Apamée dans un four à chaux. 56. 57. Zachèe et le jeune homme, /ils de la veuve, qui avait été ressuscité, fu- rent mis à mort tous les deux à Hawa- rin dans le désert. 58. Siméon le lépreux fut roué de coups par les Juifs à Ramatha, et mourut. 59, 60, 61. Clêophas, Esphana et Sté- lios\ moururent en prison, à Tarse. 62. Apollon, l'élu, fut brûlé par le juge Sparacleus à Apamée (?)3. 63, 64. Yopistan et Simon furent tués par le préfet Metellius, à Ryzance. 65. Théophilemouruten paix en Egypte et y fut enseveli. 66. Prismus, le sage (?) '*, mourut de même en paix en Galilée. 67. Barabbas prêcha à Arnoun et mourut en prison. 68. 69. Zabdai et Atalaël furent étouf- fés par les païens dans une fournaise, à Séleucie ; ils moururent et furent ense- velis ensemble. Fin des noms etdu martyre des soixante- dix saints disciples d'après l'exposé de Jacques Bar^Çalîbi. — Que leur prière et la sienne soient avec nous! Amen. 1. Ar. : ^}|a~; ms. : Yôrin. — 2. Olympus, Stephauus et Stachys ('?). — 3. Arab. : |*aa3|.r— i. Ms. : P; ismiqosophos. — 5. L'Araon (?). LIVRE VI [04] Avec l'aide de Dieu, nous commençons le sixième Livre. Il commence au temps qui suivit la Passion, la Résurrection et l'Ascension du Sauveur de l'Univers, Jésus-Christ, l'an 5542 depuis Adam, 349 des Grecs, la lre année de la CCIIP olympiade. CHAPITRE PREMIER. En Pan 19 de Tibère, notre Sauveur le Christ souffrit la Passion, mourut, fut enseveli, ressuscita et monta au ciel. En cette même année, Pilate, le gouverneur', érigea l'image de César dans le Temple : ce qui n'était pas convenable, comme Pécrit Josèphe*. Il dit aussi5 que le jour de la Pentecôte une grande frayeur s'empara des prêtres dans le Temple, parce qu'ils entendirent une voix du milieu du sanctuaire qui disait : « Allons-nous-en d'ici'. » ' Sejanus5, le préfet" de Tibère, lui conseillait de faire périr les Juifs. Philon rappelle cela dans son second Livre7. Agrippa, fils d'Hérode, alla à Rome pour accuser Hérode, son oncle, et il fut enchaîné par Tibère s. Cependant, Tibère ne pensait rien de mauvais contre la doctrine du Christ ; et cela eut lieu par la providence de Dieu, pour que le commencement de la pré- dication évangélique ne fût pas détruit9. Abgar d'Edesse écrivit à Tibère tout ce que les Juifs avaient fait au Christ. Il lui répondit : « C'est pour cela que je viens de destituer honteusement Pilate, et je tirerai vengeance des Juifs. » Tibère vécut 78 ans; il en régna 23 et mourut10. Hérode régna aussi 23 ans. — Il tua Jean, et prit Hérodiade, femme de son frère, du vivant de son mari. A cause de ses nombreux méfaits, il fut jeté en exil avec Hérodiade, et ils furent mis à mort, dans la ville de Vienne11, par une juste vengeance. 1. yiy^wv. —2. Cf. Ant., XVIII, iv, et Bell. Jud., II, xiv. — 3. Bell. Jud., VI, xxt. — 4. Cf< H. a. 2047; Arm. 2048. — 5. Xy)(7.v6î, — 6. enap-/oç. — 7. èv ty; Ss'jxêpx x?;ç rcep\ aùioù 7ipîa6e(a;. E. a. 2050. - 8. H. a. 2051; Arm. 2052. — 9. Eus., H. E., II, ir. — 10. Il eut pour successeur Caïus Caligula. — 11. En Espagne, d'après Bell. Jud., II, xvi ; à Lyon, d'après Antiq. Jud., XVIII, rx. LIVRE VI. CHAP. I 153 Gaïus, qui régna après Tibère, délivra [95] Agrippa, qui était enchaîné à Rome, et le fit roi des Juifsl. En ce temps, le préfet2 d'Egypte, Flaccus3, fut envoyé et opprima les Juifs pendant 7 ans. Il remplissait d'immondices4 leurs autels des sacrifices et leurs synagogues. C'est pourquoi des ambassadeurs furent envoyés à Gaius pour l'a- paiser. L'un d'entre eux était le philosophe hébreu Philon d'Alexandrie5. En Pan 4 de Gaïus, il ordonna à Pétronius, préfet de Syrie, d'ériger ses statues dans les temples et dans les synagogues des Juifs*. Alors s'accomplit la parole de Daniel1 au sujet du signe de l'abomination dans le lieu saint8. Les Juifs supportèrent beaucoup d'afflictions pour empêcher cela. Pendant leur agitation, un eunuque tua Gaïus qui avait vécu 39 ans9. En Pan 357 des Grecs, Claudius commença à régner, pendant 14 ans10. — Agrippa, qui est Hérode, après trois années de règne, vint à Césarée, qui s'ap- pelait auparavant Tour de Straton. Il y donna une fête et des spectacles en l'honneur de César, pour son salut. Le deuxième jour du spectacle, il revêtit un manteau tissé d'argent et vint au théâtre dès la pointe du jour. Comme les pre- miers rayons du soleil tombaient sur cet argent, il brillait étonnamment et inspirait de la crainte à ceux qui le regardaient. C'est pourquoi les flatteurs l'appelaient dieu et immortel11. Ne les ayant pas blâmés, il vit un ange12 au-dessus de lui. II fut saisi par la douleur et fit savoir à ses amis qu'il était frappé d'une plaie, et après cinq jours [96] il mourut13 misérablement. II vécut 54 ans et en régna 7, quatre sous le règne de Gaïus et trois sous celui de Claudius. Il gou- verna la tétrarchie de Philippe pendant 3 ans, et la quatrième année il y ajouta aussi celle d'Hérode. Josèphe14 est d'accord là-dessus avec les Livres saints13. Si quelqu'un hésite à cause du nom du roi, l'époque et les événements montrent qu'il s'agit du même; ou bien le nom a été changé par erreur, ou bien il avait deux noms16. Pendant le règne de Claudius, au jour de la fête [de la Pâque]17, il y eut du trouble à Jérusalem. Comme le peuple se pressait à la sortie du Temple, trente mille Juifs se foulèrent aux pieds mutuellement et périrent. Josèphe a écrit ces choses18. 1. H. a. 2053; Arm. 205'i. — 2. snap/oç. — 3. «I'Xâxv.o? ; E. a. 2054. Ms. : Filikus. — 4. Je lis : oL*^,. — 5. Cf. H. a. 2054 ; Arm. 2055; Jos., Ant., XVIII, x. — 6. H. a. 2055; Arm. 2054. Cf. Jos., Bell. Jud., II, xvrr; Ant., XVIII, xt. — 7. Dan., rx, 27. — 8. |ûoo,a (BH., Chr. syr.> p. 48). — 9. Cf. E. a. 2056. — 10. E. a. 2057. — 11. Eus., H. E., II, x ; Jos., Ant., XIX, vir. —12. Jos., toc. cit. : « un hibou »; cf. XVIII, viir. Michel cile d'après Eusèbe. — 13. Reslit. : ,*> [l^v]; (Eus., toc. cit.). — 14. Ant., XIX-, vu; cf. Bell. Jud., II, xvnr-xx. — 15. Act. Ap., xn, 19-23.—16. Voir le tableau généalogique de la famille d'Hérode parmi les notes complémentaires à la fin du volume. — 17. Lire : Wfi |»U (BH., Chr. syr.,}). 49). — 18. Ant., XX, iv; Bell. Jud., II> xx ; Cf. H. a. 2064; Arm. 2062. U. 20" 154 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Claudius établit roi des Juifs Agrippa, fils1 d'Agrippa. Il envoya le procura- teur8 Félix3 pour tout le pays de Samarie et de Galilée. Après avoir régné 13 ans et 8 mois, Claudius mourut dans son palais4 et laissa [l'empire] à son fils Néron qui régna, lui aussi, 13 ans et 8 mois. Celui-ci destitua Félix et envoya Festus devant lequel Paul compisrut et ren- dit raison de ce qu'il enseignait5, en présence du roi Agrippa. Néron destitua ensuite Festus et établit Albinus gouverneur de Judée0. — Puis Néron retira l'autorité à Albinus et établit à sa place Florus. Du temps de celui-ci eut lieu la révolte des Juifs'. A cette même époque, il y eut à Rome de nombreux incendies8, et beaucoup de notables moururent9. — Fin de ce [chapitre]. [94] Il y en a qui disent que Josèphe l'écrivain est le même que Caïphe, et ce n'est pas exact; autre est Joseph Caïphe, et autre l'écrivain ; ils portaient le même nom à la même époque. Josèphe l'écrivain expose qu'il y avait sept10 sectes chez les Juifs : 1° celle des Scribes qui étaient appelés Scribes de vérité; —2° celle des Lévites qui admet- taient la tradition des Anciens ; — 3° celle des Pharisiens qui admettaient la résur- rection, comme les Scribes, et disaient qu'il y a des anges et des esprits ; ils jeûnaient deux fois par semaine; ils pu- rifiaient leurs vases et leurs tables; ils allaient aux repas de noces 11 et de nais- sance; — 4° celle des Sadducéens qui niaient la résurrection, les anges et les esprits; ils tirèrent leur nom d'un prêtre appelé Sadoc; — 5° celle de ceux qui [94] L'année même de la Résurrection et de l'Ascension de Notre-Seigneur l'eu- nuque éthiopien se convertit, le premier parmi les Gentils Le grand Paul fut appelé à la fin de cette année et commença à prêcher au commencement de Tannée suivante. Cornélius se convertit, à Césarée, à la fin du règne de Tibère 13. Noms des Evangèhsateurs l4: 1. Addai. — 2. Aggai. — 3. Eléazar V6. — 4. Hana- nias. — 5. Jacques. — 6. Elias. — 7. Barnabas. —8. Sosthènes. —9. Cyria- cus. — 10. Joseph. — 11. Nicodème. — 12. Nathanaël. — 13. Judas. — 14. Jus- tus. — 15. Sila. — 16. Bar-Saba. — 17. Jean qui est Marcus. — 18. Omius 16. — 19. Niga. — 20. Jason. — 21. Manaël. — 22. Dophikimios (?)». — 23. Alexan- dre. — 24. Simon Cyrénéen. — 25. 1. Lire : «|a. Cf. E. a. 2060. — 2. êiH-cpoitoç. — 3. H. a. 2066; Arm. 2067. — 4. H. a 2070*. — 5. Act. Ap., xxv-xxvi; cf. H. a. 2072; Arm. 2070. —6. H. a. 2077; Arm. 2076. — 7. H. a. 2080; Arm. 2077. — 8. Arm. a. 2079. — 9. Arm. a. 2080. 10. Il n'eu mentionne que quatre. Ant., XVIII, î ; Bell. Jud,, II, xri. Cf. Eus. H. E., IV, xxn. — 11. Lire t Uû-^~. 12. Restit. : t-M-aax k*Lso,o ooi» (Eus., H. E., II, t) ; Act., vm. — 13. Act., x. —14. Comp. cette liste avec les documents cités plus haut, p» 149, n. L — 15. Lazare. — 16. Hymenœus (?). — 17. Rufus (?). LIVRE VI. CHAP. I 155 disaient que l'homme doit se purifier 4 chaque jour;— 6° celle des Naziréens qui ne mangeaient rien de ce qui avait été animé, et ne recevaient point les livres de Moïse et des Prophètes, mais d'autres à leur place; — 7° celle des Ju- déens, qui observaient la Loi et les Pro- phètes et confessaient un seul Dieu. En ce temps-là florissait le philosophe Philon d'Alexandrie, qui était hébreu 2. Il composa des traités sur tout ce qui arriva aux Juifs à cette époque; sur la démence de Gaïus qui se fit dieu ; sur la vie des ascètes du pays d'Egypte ; il fit un traité sur l'interprétation du premier Livre 3, et vingt4 sur l'agricul- ture; sur ce que l'esprit en éveil désire ou déteste5; sur la confusion des lan- gues; sur la réunion pour l'instruction 6; sur la différence des noms qui sont dans l'Ecriture 7 ; [95] et sur les deux Tes- taments8. En outre, un traité sur les songes, cinq sur l'Exode, quatre0 sur les choses qui sont dites dans la Loi, et beaucoup d'autres. — Du temps de Claude César ils furent placés dans la biblio- thèque de Rome. A cette époque beaucoup de sénateurs et de soldats furent tués10. Gaïus prit la femme de Memmius Regulus et contraignit Memmius de se déclarer le père de sa femme11. Agrippa qui était enchaîné à Rome Lucius. — 26. Clêophas. — 27. Simon. — 28. Yôsa. —29. Phodosios(?)12. _30. Qatastrios (?). — 31. Zebadion. — 32. Titus. -33. Patrobas13. —34. Hermas. — 35. Asynclitus. — 36. Triscus. — 37. Lucas. — 38. Aristobule. — 39. Démas. — 40. Timothée. — 41. Lévi. — 42. Ephrem. — 43. Hérode. — 44. Silvanus. — 45. Nicetus. — 46. Jean. — 47. Theod[or]us. —48. Nigeus. — 49. Mar- tolus. — 50. Lasion (?). _ 51. Zacharie, fils de la veuve. — 52. Simon, le lépreux. — 53. Stephanus. — 54. Estabus u. — 55. Apollo. — 56. — Yaston15. —57. Si- mon. — 58. Joseph. — 59. Barnabas. — 60. Orosus. — 61. Amimaùs. — 62. Eulius. — 63. Philippe. — 64. Pro- ch[or]us. —65. Nicanor. —66. Timon. — 67. Parménas. — 68. Agabas.— 69. Cé- phas, dont Paul a dit16 : « Quand je vins [95] à Antioche, je le repris en face. » Et Tholomai qui remplaça Judas, et Thaddai, etc. Ilsétaientplusde soixante-dix,d'après ce que dit Paul17 : « Il se manifesta à plus de cinq cents frères. » En la lre année de son règne Agrippa fit tuer Jacques : ce n'est pas celui qui était appelé Frère de Notre-Seigneur; car ils étaient deux; Paul fait mention 18 de ce dernier qui fut martyrisé avec le bois d'un foulon; le premier fut tué par le glaive d'Agrippa19. 1. Litt. : « se baptiser ». — 2. Cf. Eus., H. E., II, xvm. — 3. si; f-f,v Téveo-iv. — 4. Eus. : LTepi yswpyia? ôvo. — 5. Il£p\ J>v vr^aç o voO; eu'xetou *a\ xaTapàtat. — 6. Ilepi vf\z rcpoç ta 7raiSsû[JiaTa auvôôou. — 7. Il£p\ tôv jjLETOvojjiaÇoijivwv. — 8. Ii£p\ Ata8/]xwv upwroî xai Ssytlpa;. — 9. Lire : \sa?lo. Tà IIep\ rwv àvaçi£po[x£vwv Iv eî'Set vôu-cov. — 10. E. a. 2052. — 11. H. a. 2055; Arm. 2052. 12. Ar. : .ooauoo0,a9. — 13. Ms. : Patroka. — 14. Ar. : ^ûi£ao]. Rest. : '^>aa^»| Stachys. — 15. Ar. : seé^a»! en surcharge. — 16. Gai., rt, 11. — 17. I Cor., xv, 6. — 18. Gai. r, 19. — 19. Act. xir, 2. 156 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN désirait que Gaïus devînt empereur ; aussiquand celui-ci commença à régner, il lui donna la principauté de Philippe et de Lysanias. C'est pourquoi Héro- diade invectivait Hérode, lui disant : « Parce que tu ne veux pas aller trouver César, tu es privé ici de la principauté; car si Agrippa, homme sans condition, est devenu prince, à combien plus forte raison le deviendrais-tu, toi un té- trarque. » —Là-dessus il monta à Rome pour recevoir la royauté; Gains s'em- porta, le chassa en exdà......',il mourut avec sa femme s. De même Ponce-Pilate, étant tombé dans différentes infirmités, se tua cruel- lement en cette année, et s'infligea lui- même le châtiment de son iniquité3. Du temps de Claudius4, il y eut une grande famine par toute la terre habitée, et la prophétie d'Agabus,dont parle Luc dans le livre des Actes5, fut accomplie. — La reine Hélène acheta du froment, en Egypte, et en distribua aux indi- gents6. Cette Hélène régnait alors en Mésopotamie; elle était célèbre par sa philanthropie; jusqu'à ce jour il y a des stèles remarquables érigées en son hon_ neur, même aux portes de Jérusalem 7. De même, à cette époque, les disci- ples qui étaient à xlntioche mirent de côté tout ce qu'ils avaient [90] de superflu Agrippa voulut aussi s'emparer de Simon, mais celui-ci fut délivré par un ange; il sortit de Jérusalem, fut deux ans en route et vint en prêchant à An- tioche où il jeta les fondements de l'É- glise et établit un sanctuaire. Il y ins- titua comme premier évêque Evodius, et de là il monta à Rome. Dans un ms. il est écrit : La persécu- tion s'étant aggravée contre les fidèles à Jérusalem : Jacques frère de Jean fut mis à mort, Etienne fut lapidé, Pierre fut emprisonné; alors tous les disci- ples, à l'exception des Douze, se disper- sèrent dans toute la Judée et la Sama- rie, jusqu'en Phénicie et à Cypre, et ils vinrent jusqu'à Antioche. Ils prêchaient seulement aux Juifs8. Quand Pierre se mit à prêcher aux Gentils, il se transporta à Antioche et y prêcha9. Il y établit un évêque, et en- suite il monta à Rome, où il y fut évêque pendant 25 ans. Marc, le disciple de Pierre et son fils, fut envoyé à Miçrin, et évangélisa toute l'Egypte. Il y fut évêque pendant 22 ansi0. Simon le Magicien11 ayant été dé- masqué en Samarie monta à Rome. Il fut le premier hérétique après l'apparition de Notre-Seigneur. Il était du village de Gittôn 12. Aux Juifs [96] il se manifestait 1. Le nom est en blanc dans le ms. Cf. ci-dessus, p. 152. — 2. Jos., Bell. Jud., II, xvi ; cf. Ant., XVIII, rx. — 3. H. a. 2055; Arm. 2053; cf. Eus., II. E., II, vn; Jos., Ant., XVIII, xr. — 4. H. a. 2061; Arm. 2057. — 5. Act., xr, 28. — 6. Eus., H. E., II, xrt; Jos., Ant., XX, m. — 7. StÇjXixi SiaçaveTç. Cf. Jos., Ant., XX, ir. Il s'agit des monuments funéraires appelés par les Sémites tZ?2J. Le tombeau d'Hélène est celui que l'on appelle vulgairement Tombeaux des Rois. 8. Eus., H. E., II, i; cf. Act., xr, 19. — 9. Le texte de cette phrase paraît altéré. — 10. Cf. Eus., H. E., II, xvi. — 11. Ibid., II, xm. — 12. ànb xtourjç rirttov. LIVRE VI. CHAP. I 157 et l'envoyèrent aux pauvres qui étaient à Jérusalem, comme il est écrit dans les Actes *. Jusqu'alors la Thrace avait été gou- vernée par des rois; elle devint pro- vince 2. A cette époque florissaient Simon le Magicien, Cérinthe * et Ménandre. Le sage Philon rencontra Pierre à Rome lorsqu'il y prêchait4. Philon, outre une quantité d'ouvrages, écrivit aussi sur les moines qui étaient de son temps dans la contrée d'Egypte. Il les appelle mnihonê et il nomme les femmes soli- taires et religieuses : mnihonioto'6. Il dit que ce nom leur a été attribué, soit parce qu'ils procurent du soulagement à ceux qui viennent les trouver par les guérisons et délivrent les âmes des pas- sions mauvaises comme les médecins .délivrent les corps; soit parce qu'ils ser- vaient Dieu dans la pureté de leur vie et de leurs œuvres ; soit qu'il leur donne lui-même ce nom, soit qu'en réalité, comme il le dit, les premiers [fidèles] aient été ainsi appelés, car le nom de chrétien n'était pas encore connu par- tout. Ils se dépouillaient des biens et des ornements du monde, comme l'en- seigne le livre des Actes 6 [disant que] ceux qui étaient convertis vendaient tout ce qu'ils possédaient et le distri- buaient. — Philon dit aussi qu'aucun d'eux ne mangeait quelque chose avant comme le Père ; aux Samaritains, comme le Fils, et aux Gentils, comme l'Esprit. Il niait la résurrection des morts. On lui érigea une statue à Rome 1, car il avait séduit beaucoup de gens par ses sorti- lèges. o On rapporte que quand Pierre monta h Rome, il dit au chien qui était à la porte de Simon ; « Va dire à ton maître que Pierre est arrivé. » Quand on vit le chien qui parlait on fut saisi d'étonnement. Simon dit : « Ne vous étonnez pas. » Sur son ordre on lui amena un taureau. Il s'approcha et parla dans l'oreille du taureau qui creva. Tandis que tout le monde était dans l'étonnement, Pierre s'avança, il pria et le taureau revint h la vie. Simon, par l'opération du démon, se mit à voler dans l'air ; Pierre l'invectiva : il tomba et se brisa. D'autres disent qu'un des grands étant mort, on l'apporta. Simon Pappela le premier, et il ne se leva pas. Ensuite Pierre ayant prié, le mort se leva, et Simon prit la fuite. Cyprien, le père du mort ressuscité, reçut Pierre dans sa maison. La reine Protonice, femme de Clau- dius, crut à la doctrine des Apôtres et alla à Jérusalem. Elle s'enquit de la Croix et confia cette affaire à l'évêque Jacques. Quand elle entra dans le Sé- pulcre à l'instant même sa fille tomba et 1. Act., xr, 29, 30. — 2. H. a. 2064; Arm. 2062. — 3. Lire : .*>o&a.^o. — 4. Eus., H. E., II, xvtr. — 5. Ces adjectifs sont dérivés du verbe quievit. Ils traduisent imparfaitement le texte original d'Eusèbe : ôepaTteuràç avxoùç xai ta; a*ê^. _ 17. Cf. //. E., III, xvirr. — 18. H. E., III, xxii. 164 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN de Jérusalem eut une vision avant la guerre des Romains, et qu'ils s'en al- lèrent habiter dans la Pérée, dans une ville appelée Pella, afin que le châtiment tombât seulement sur les Juifs. — II expose dans sa chronique que 3.000.000 de Juifs étaient rassemblés [à Jérusalem] pour la fête de la Pâque, et y expièrent le meurtre de notre Sauveur, de ma- nière qu'ils furent enfermés dans la même fête en laquelle ils avaient en- fermé le Christ. La famine se fit sentir tout d'abord1, au point qu'on ne pouvait plus dresser ouvertement la table. Ils tiraient du feu et mangeaient la nourriture avant qu'elle fût cuite. Cette nourriture était lamen- table; et il était digne de larmes de voir ceux qui étaient forts arracher la nourriture h leurs compagnons et ceux qui étaient faibles pousser des gémisse- ments. Le tourment de la faim, en effet, fait triompher toutes les passions; et il n'y a rien qui détruise comme elle toute pudeur. Les choses par ailleurs dignes de respect deviennent en ce cas mépri- sables. Des femmes enlevaient la nourriture à leurs maris, des enfants à leurs pères, et, ce qui est plus misérable que tout, des mères à leurs propres petits enfants. Quand on voyait quelque part une porte fermée, c'était [le signe que ceux qui étaient à l'intérieur prenaient quelque [99] d'Antioche, succéda le 2e: Ignatius. Jean, après avoir été six ans en exil h Patmos, revint à Ephèse. Clément d'A- ' lexandrie* écrit* que Jean, étant revenu de Patmos à Ephèse, parcourait les en- virons. Il alla jusqu'à une ville peu éloi- gnée et consola les frères qui s'y trou- vaient par ses enseignements. Il vit parmi eux un jeune homme robuste et de belle figure. Il fut pris d'affection pour lui et dit à l'évêque de l'endroit : « Je te confie ce frère en face de l'Eglise et du Christ. » L'évêque accepta et pro- mit. Ensuite [Jean retourna à Ephèse. L'évêque prit le jeune homme chez lui, l'instruisit et le baptisa. Mais par la suite, perverti par de mauvais compa- gnons, ce frère abandonna l'Eglise] *, or- ganisa une bande de brigands et se fit leur chef. Au bout de quelque temps, saint Jean revint, et envisageantl'évèque, lui dit : « Rends-moi le dépôt que je t'ai confié avec le Christ. » L'évêque fut étonné; il pensait qu'il réclamait quel- que argent. Alors l'apôtre lui dit ouver- tement : « Je réclame le jeune homme que je t'ai confié. » L'évêque pleura 3 et dit : « Il est mort devant Dieu! Il est parti et est devenu un brigand. » En entendant cela, saint Jean déchira ses vêtements ; il se frappa la tête en disant : « Hélas! hélas! Tu as abandonné l'âme de ce jeune homme dans la montagnec. » Et il cria : « Amenez-moi une monture 1. Jos., Bell, jud., VI, cité d'après Eus., //. E., III, vi. 2. Lire : L,im^».— 3. Dans le traité : Tiç 6 crwÇou-svo; 7t)>ou3o • oooi |û^.a3^>o X>,*3 ou» U| sOoi^] Loo\ ô\*k>*\ — 2. Lire : ^ûû*. (et non : — 3. Lire : ^ja» (et non : ^;=ao). — 4. Pour les forcer à livrer leur nourriture. 5. Lire : \±a ^ ow (Eus.). 166 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN sures de leurs pieds et la peau qu'ils ar- rachaient des boucliers ; ils recueillaient les graines des vieilles herbes et en vendaient un poids minime pour quatre drachmes Je dois montrer l'œuvre de la pertur- bation. Une femme, parmi les gens qui habitaient au-delà du Jourdain, et qui s'appelait Mariam, fille de Lazare, du village de Hazôr, s'était enfuie avec la foule à Jérusalem. Son mari fut tué, son bien volé, et la famine s'aggrava. Elle méprisa la nature. Elle s'empara de son petit enfant qui suçait le lait en disant : a Pauvre enfant, pour qui te garderais- je dans la famine et la guerre? [101] Et si nous vivons : ce sera la servitude des Romains. Viens donc, sois ma nourri- ture, la risée des factieux, l'objet du discours de tout le monde. » Et l'ayant mis à mort, elle le fit rôtir et en mangea la moitié. Aussitôt accoururent les fac- tieux, attirés par l'odeur, et ils mena- çaient de la tuer. Elle leur dit : « Je vous ai réservé une bonne part. » Et elle leur découvrit et leur montra son fils. Aussi- tôt la terreur s'empara d'eux. Mais elle leur dit : « C'est mon fils bien-aimé. Prenez, mangez, puisque j'en ai mangé moi-même. Ne soyez pas plus lâches qu'une femme ni plus tendres qu'une mère*. » Dieu supporta les Juifs pendant qua- rante ans après la crucifixion, et ils ne Épîtres au sujet desquelles il y a désac- cord, et aussi l'histoire du jeune homme, sont de Jean le prêtre*. Irénée rappelle ces choses et dit que ce Jean fut le com- pagnon de Polycarpe, [qu'il est diffé- rent] de l'apôtre Jean, et qu'il habitait à Hiérapolis. Papias a composé cinq Traités sur l'Interprétation des Paroles de Notre- Seigneur4. Il parle de Justus surnommé5 Rar Sêlat, qui est Joseph [appelé Rarsa- bas. — Il dit que Marc, l'interprète de Pierre, écrivit de mémoire, ayant Puni- que souci] ' de ne rien omettre ou falsifier de ce qu'il avait entendu. Papias cite le témoignage des Epîtres de Jean et de Pierre. [101] Il écrivit aussi sur la femme qui était accusée de nombreux péchés du temps où Notre- Seigneur était sur la terre'. Pierre et Philippe avaient des fils et des filles. Philippe donna sa fille à un homme, comme l'atteste Clément. Po- lycarpe, évêque d'Ephèse, écrivit aussi à Victor, évêque de Rome : « Philippe, l'un des Douze, est mort à Hiérapolis d'Asie. Deux de ses filles ont vieilli dans la virginité, et une autre qui vivait selon l'Esprit-Saint a rendu le dernier soupir à Ephèse. » — Il dit aussi de Jean qu'il mourut à Ephèse 8. Luc, dans les Actes9, dit des filles de cet autre Philippe, le disciple, qu'en ce temps-là, elles étaient à Césarée de 1. 'Aruxwv xetrffâpwv. — 2. Ces trois lignes sont à lire ainsi d'après la trad. syr. d'Eusèbe : [joi 3. Cf. Eus., //. E., iii, xxxix. — 4. Aoyi'wv Kuptaxùv 'Eçr)YY)<;. — 5. Lire : <*^ûL|. — 6. Nous sup- pléons la lacune d'après la version syr. d'Eusèbe ; iii, xxxrx : lL<£>.»£o X^b» • »opo ofco]» ^.\eo] N ?o,*> • ¦•¦?o;^oy • low — 7. Joh., viir, 1-11. — 8. Cf. II. E., iii, xxxi. — 9. Act. Ap., xxr, 9. LIVRE VI. GHAP. II 167 firent point pénitence. Ils virent de nombreux prodiges avant la destruc- tion1, et ils ne firent point pénitence de leur iniquité. — D'abord, on vit une étoile ressemblant à une lance, qui de- meura suspendue pendant une année*. — Alafète des Azymes, à la neuvième heure de la nuit, une lumière brilla au-dessus du sanctuaire, et dura une demi-heure. Ils pensèrent que c'était un signe favo- rable. — Une vache qu'on amenait pour le sacrifice, fit un agneau au milieu du Temple. — La porte orientale intérieure qui était d'airain, que dix hommes pou- vaient à peine fermer, qui était close avec une serrure de fer, et qui avait en bas de profonds verrous, s'ouvrit d'elle- même à la sixième heure de la nuit. — Le27de'iyar (mai)3, avant le coucher du soleil, on vit en haut un char tout de feu, et sur les nuées une troupe de gens armés qui lançaient des traits et entou- raient la ville. — A la fête de la Pente- côte, les prêtres entrèrent pendant la nuit pour prier, et il y eut une voix ter- rible. Ils entendirent la voix qui disait : « Allons-nous-en d'ici. » — Quatre ans avant la guerre, un homme nommé Jésus, fils de Hananias, vint à la fête, et se mit subitement à crier dans le Temple : « Voix de l'orient! Voix de l'occident! Voix des quatre vents! Voix sur Jérusalem et sur le Temple ! Voix sur les fiancés et Judée; et qu'elles avaient le don de pro- phétie. Siméon, fils de Cléophas, fut accusé près de Trajan, d'être de la famille de David, et d'être chrétien. Il rendit té- moignage en Pan 9. deux ans après la mort de Jean l'Evangéliste4. Ce Siméon était âgé de 120 ans; et le juge admira sa constance dans les tourments. A la fin, il fut crucifié, comme le Christ. Il était un de ceux qui avaient vu et entendu Notre-Seigneur. Hégésippe raconte5 que jusqu'à cette époque l'Eglise était demeurée sans cor- ruption. Quand la phalange des Apôtres eut disparu avec toute la génération qui avait eu le bonheur d'entendre de ses oreilles la Sagesse divine, alors sur- git l'erreur de l'hérésie. Adrien6 dit qu'il y eut quinze évêques à Jérusalem jusqu'à sa destruction, tous pris parmi les Juifs qui avaient cru tout d'abord; [savoir] : Jacques, frère de Notre-Seigneur, pendant 3 ans 7 ; [102] Siméon, [4 ans]8 ; Justus, 5 ans ; Abai9, 2 ans; Tobie, 3 ans ; Benjamin, 1 an ; Jean, 3 ans; Matthai, 2 ans ; Philippe, 4 ans; 1. Jos., Bell, jud., VI, xxxi; Eus., H. E., III, vin. — 2. Corriger ainsi d'après Eusèbe : »a.û| p tu. • |~*>o£v — 3. Lire i P = 27 ; ms. : 21. 4. H. E., III, xxxir. — 5. lbid. — 6. Au lieu de : « Adrien »,il faut sans doute lire : Eusèbe. La liste est tirée de YHist. eccl., IV, v. — 7. Ci-dessus (p. 148,1. 6) : 30 ans. — 8. Le nombre d'années manque; ci-dessus (p. 163, 1. 10) : 42'ans. L'auteur mettant 40 ans entre la Passion et la ruine de Jérusalem, il faut restituer ici : 4 ans. Le nombre de 42 ans semble mis en concordance avec l'époque du martyre indiquée ci-dessus, 1. 6> et plus bas, p. 172, 1. 10. — 9. Lire : Za>r/aïo;. 168 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Sénèque, 2 ans; Justus, 1 an; Lévi, 4 ans ; Ephraïm, 3 ans ; Joseph, 2 ans ; Juda, 1 an. Et Jérusalem fut détruite. Je supplie chaque frère vertueux qui lit [ceci] de prier pour moi. sur les fiancées! Voix sur tout le peuple ! » Il circulait et criait jour et nuit. Le peuple fut excité contre lui. On s'em- para de lui et on le frappa beaucoup. Il ne prononça pas une seuleparole pour s'excuser et ne cessa de crier la même chose jusqu'au temps de la guerre. Alors, il se tenait sur le mur et criait ces mêmes choses. Il ajouta et dit : u Malheur à moi et, au moment même, un trait vint le frapper et il mourut. [102] Remarque. — Sache, électeur*, ami de la science, que tout le récit placé dans la colonne 3 inférieure de la page précédente, qui fait connaître la famine et le massa- cre qui eurent lieu dans la destruction de Jérusalem, est tiré du livre de Josèphe, chro- niqueur diligent qui vivait en ce temps-là, et qui écrivit sept livres sur cette destruc- tion dernière et totale de Jérusalem. Nous l'avons pris partiellement, autant qu'il était nécessaire pour la trame de cette histoire. Que celui qui voudrait connaître tout le récit qui expose tout ce qui se passa alors, lise le livre de Josèphe. Ce que j'ai réuni et placé ici suffit au but de cet ouvrage, qui, de cette même manière, résume et coor- donne son exposé de beaucoup d'écrits. CHAPITRE III DU LIVRE VL — De Vépoque qui suivit la destruction totale de Jérusalem; commencement des règnes des fils de Vespasien : Titus et Domitien. Vespasien, empereur des Romains, renversa Jérusalem, détruisit le peuple des Juifs et fit cesser leur royauté. Alors s'éteignit totalement la dernière royauté des Hébreux qui avait commencé par les Macchabées, avait été complétée par les Philistins4, et fut détruite parles Romains. L'empire des Romains florissait seul alors; il y avait en ce temps-là dans des contrées lointaines de petits royaumes dont nous avons parlé plus haut dans la Note de Jacques d'Edesse5. Mais, comme en Gaule, en Syrie, en Egypte, le seul empire des Romains tenait le pouvoir, et qu'il n'y avait point d'autre empire dans tout l'univers qui lui fût comparable, c'est d'après lui seul que les chroni- queurs ont réglé la série des années. Tout ami de la science qui veut connaître la succession de ces petits royaumes qui existaient en ce temps-là, apprendra de cette note, comment chacun d'eux a commencé et a fini, combien de rois il a eus, et quels sont ceux-ci. 1. Lire : i»o (?) — 2. Lire : Uo',a ©]. — 3. Lire : 1»»^. 4. Allusion à la famille d'Hérode l'Ascalonite. — 5. Cf. ci-dessus, p. 118. LIVRE VI.GHAP. III 169 Vespasien mourut [103] âgé de 70 ans1; il en régna 10. Après lui régna son fils Titus, celui qui avait assiégé et détruit Jérusalem. Il commença à régner en l'an 395. Au bout de deux ans et dix mois' le Sénat le proclama dieu ; Titus, ayant accepté d'être proclamé dieu, mourut subitement à l'âge de 45 ans. En l'année 397, son frère Domitien commença à régner, pendant 15 ans et 5 mois. — Celui-ci chassa de Rome les magiciens3et les philosophes. Il défendit de planter de la vigne à l'intérieur de la ville*. Comme la doctrine du Christ croissait vigoureusement, le philosophe Patro- philus dit à son maître Ursinus : « Qu'est que cela, que tous les peuples croient à un homme crucifié? Car voici que Théodore,le prince des sages d'Athènes, et Africanus d'Alexandrie, et Martinus de Beyrouth, et beaucoup d'autres l'adorent. Ils n'ont point de richesses, et ils sont puissants en parole et en œuvres. »_Il lui répondit: « Ne sois point surpris que tous le servent; je pense moi-môme que les dieux que nous servons deviendront ses sujets3; car ses disciples ne s'abandonnent point aux détestables habitudes du péché, et cela atteste que leur doctrine est plus vraie que toute autre. » — Domitien, en entendant cela, fut saisi d'admiration et fit cesser la persécution. — Fin. Hérétiques de ce temps-là : Simon le Magicien. — Ménandre6 son disciple, Samaritain versé dans la magie. Il disait de lui-même qu'il était le Sauveur; il sé- duisit beaucoup de gens en leur disant qu'ils ne mourraient point s ils étaient initiés à la magie et recevaient le bap- tême 1 de ses mains; — Ebion8, ce qui signifie « pauvre » dans la langue hé- braïque; celui-ci et ceux de sa secte di- saient que le Christ est un homme ordi- naire et qu'il naquit de l'union d'un homme9. En ce temps-là, Vespasien ordonna de tuer tous les descendants de la race Hégésippe expose 10 que l'empereur Domitien, craignant que les Juifs ne ré- tablissent la royauté, ordonna de tuer tous ceux qui étaient de la race de David. On amena en sa présence les enfants de Judas, le frère de Notre Seigneur, comme étant de la race de David. Il les interrogea sur le Christ et son royaume. Ils répondirent : « Il n'est pas terrestre comme tu le penses; mais celui qui est venu, a été crucifié, est mort, est ressu- scité, est remonté au ciel, doit revenir à la fin des temps. » En entendant cela, il se réjouit et ne les blâma point. Il les questionna sur leurs richesses ; 1. Lire : ^ (et non — 2. Pour la rectification des dates voir l'Introduction. — 3. Litt. : les Chaldéens. — 4. E. a. 2105. — 5. Litt. : « se feront ses disciples ». 6. Eus., //. E, III, xxvr. — 7. Lire : *a». |ow t»|o (BH., Chr. syr., p. 51). — 9. Le même auteur l'appelle : |jPi.9 (var. : 1^3) qu'on a rapproché du grec usXwp ; mais qui est peut-être une corruption de notre mot. — 10. Chr. edess., éd. Hai.lier, n° v (ann. 400). — 11. H. a. 2112 : Arm. 2111. —12. E. a. 2112 13. Eus., //. E., III, xxix. 172 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN CHAPITRE IV. — Du temps de Trajan et de ses deux fils associés : Adrien et An ton in. En Pannée 413, Nerva régna à Rome pendant un an. — Celui-ci, ayant aussi été proclamé dieu par tout le peuple, tomba promptement dans une maladie et son corps se corrompit; et il mourut dans les jardins de Salluste1. En Pan 414, commença à régner Trajan, pendant 19 ans et 6 mois. Le Sénat résolut d'enlever les honneurs royaux à Domitien après sa mort, à cause de ses crimes2. Trajan excita contre les chrétiens une persécution dans laquelle Simon, fils de Clêophas, évêque de Jérusalem, et Ignace d'Antioche rendirent témoignage et furent couronnés du martyre3. Alors, Plinius Secundus, gouverneur d'une des provinces, condamna à mort, par ordre du roi, beaucoup de chrétiens, et en destitua beaucoup d'autres de leurs fonctions. Comme la multitude du peuple chrétien l'effrayait, il fut saisi de crainte, et, ne sachant que faire, il écrivit à Trajan en disant : « Les chrétiens ne commettent point d'autre crime que de ne vouloir sacrifier aux idoles. Le matin, en se levant, ils prient4, et ils adorent le Christ comme Dieu; ils détestent l'adultère, le meurtre et toutes les œuvres mauvaises. » — En apprenant cela, [105] Trajan prescrivit et écrivit qu'on ne devait pas rechercher les chrétiens, mais si quelqu'un d'entre eux était pris, il devait être condamné. Ces choses sont racontées par Tertullien5. A la fin du règne de Trajan, les Juifs d'Egypte se révoltèrent. Ils se consti- tuèrent un roi nommé Lucua15. Il les dirigea et vint en Judée. Trajan envoya contre eux Lysias qui en détruisit des myriades. C'est pourquoi Lysias fut établi gouverneur de la Judée. Trajan vécut66 ans; il en régna 19, et mourut. En l'an 433, Adrien commença à régner. [En l'an 3 d'Adrien] \ qui est Pan 436 des Grecs, le royaume d'Edesse cessa, et des gouverneurs y avaient le commandement, comme en tous lieux8. En Pan 5 d'Adrien, le fleuve Cephisus9 inonda Elusine. Adrien y fit un pont. Il hiverna à Athènes. En ce temps-là, l'empereur fit une bibliothèque et y plaça les lois de Solon et de Dracon. Dès lors, les sciences se développèrent à Athènes10. En l'an 18 d'Adrien", les Juifs se révoltèrent de nouveau à Jérusalem. Ils furent séduits par un homme surnommé Bar-Kôkéba qui disait être venu du 1. Cf. E. a. 2113, 2114. Lire : ûi-.-£*oû^o} (BH., Chr. syr., p. 51). — 2. Cf. E. a. 2113. — 3. E. a. 2123. — 4. Litt. : « ils glorifient ». — 5. H. a. 2124 ; Arm. 2123. — 6. E. a. 2131 ; Cf. H. E., IV, ii. Aouxo-ja tw pao\ — 7. Ligne omise dans le ms. — 8. Cf. ci-dessus, p. 120. — 9. H. a. 2139; Arm. 2137; !jtCo KyjçktoO; ms. : Physios, — 10. H. a. 2140, 2147, 2148. —11. E a. 2149; ms. : Van 8. LIVRE VI. CHAP. IV 173 ciel, comme une étoile, pour les délivrer. Beaucoup se mirent à sa suite. 11 s'emparait de ceux qui ne l'acceptaient pas et les tuait. En entendant cela, l'em- pereur envoya une armée, détruisit les Juifs et renversa Jérusalem de fond en comble. On bâtit là [106] une ville qui fut appelée ^Elia Adriana, en l'honneur de l'empereur. On y amena des étrangers, pris parmi les Gentils, et on les y fit habiter. On coupa les oreilles aux Juifs, et on leur défendit de regarder même de loin ce lieu Le total des années, depuis la destruction de Vespasien jusqu'à cette autre destruction complète, est de 62 ans, et depuis l'Ascension de Notre-Seigneur, de 102 ans. Adrien accepta le livre de l'Apologie qu'avaient fait les philosophes en faveur des doctrines des chrétiens. Serenius, le préfet, adressa aussi des lettres à l'empereur au sujet des chrétiens, disant : « Il n'est pas juste de les tuer, uni- quement à cause de leur nom, sans accusation ni jugement. » Pour ces motifs, l'empereur écrivit à Minucius Fondanus, proconsul d'Asie, de ne pas les mettre à mort sans accusation ni sans jugement. Les chrétiens conservent jusqu'au- jourd'hui une copie de cette lettre; et on rappela à la mémoire des empereurs qu'Adrien avait ordonné que les chrétiens ne fussent plus persécutés8. Adrien mourut du mal de l'hydropisie à Baïess, après avoir régné 21 ans. Sous cet Adrien se réunit àNicée* un premier synode de 43 évoques qui anathématisèrent [Sa]bellius, qui blasphémait en disant que le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont qu'une seule personne manifestée en trois [manières] ; ils anathématisèrent aussi V.alentinus5 qui disait que Notre-Seigneur avait fait descendre son corps du ciel. En ce temps-là florissait Justus de Tibériade, chroniqueur juif6. Ceux qui avaient été persécutés par Domitien re- vinrent, et on leur rendit même leur bien. L'apôtre Jean revint aussi de l'exil avec eux7. En ce temps-là, Trajan marcha contre les Daces et les Scythes, et les soumit8. Quelques-uns ont écrit que l'apôtre Jean était demeuré en exil dans l'île de Patmos jusqu'à l'époque de Néron ; qu'il fut ensuite relâché avec les autres per- sécutés, revint à Ephèse, etrendit témoi- gnage du temps de Trajan. Ses disciples étaient Papias de Hiérapolis et Polycarpe de Smyrne9. 1. Cf. H. E., IV, vr. — 2. H. E., IV, vin. Le texte de cette lettre est donné d'après Justin, ibid., ix. — 3. E. a. 2153; Ms. : Biena (Vienne). — 4. BH. {Chr. syr., p. 53) donne la même leçon. Pseudo-Denys (édit. Tullberg, p. 154) : lioaill, « à Ancyre »; ce doit être la vraie lecture. Cepen- dant il y a un anachronisme, ce concile ayant été célébré vers 314. Voir les canons édités en syria- que, dans Pitra, Analecta sacra, IV, 443. Il n'y est pas question de Sabellius qui fut réellement condamné au concile de Nicée. — 5. Lire : «i»ai»^i2\|c5. 6. E. a. 2113. — 7. Ibid. — 8. E. a. 2117. — 9. H. a. 2116; Arm. 2114 174 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN A Rome, la Maison dorée fut détruite par un incendie1. Trajan réduisit la Dacie en province5. En ce même temps, il y eut un trem- blement de terre extrêmement violent, dans lequel beaucoup de villes furent renversées; [entre autres :] quatre villes en Asie : Eléa, Myrina, Pytane et Cume3; en Grèce4 : Opyntium etMyriôn5, et trois villes en Galatiefi. Le temple du Panthéon, c'est-à-dire de tous les dieux, fut détruit par la foudre7. Encore à cette époque, Antioche fut tout entière plus ou moins renversée par un violent tremblement de terre8. A cette époque, après Ménandre, pa- rut à Antioche Saturninus9 qui disait : Sept anges ont créé le monde; c'est à eux que Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance »; ce sont eux qui ont donné la Loi. Le mariage est ehosc*mauvaise [105,, disait- il. Et comme les démons aident les hommes mauvais, le Sauveur est venu pour aider les bons. A cette même époque, à Alexandrie, Basilidès inaugura l'hérésie des ouvriers du Serpent qui sontappelés Gnostiques10. Il enseigna qu'il y a trois cent soixante- Le 4e évêque de Rome fut Evaristus, pendant 10 ans11. Dans l'Eglise d'Alexandrie, le troi- sième qui siégea futCerdon, pendant 11 ans 1-. A Ryzance13, le lor évêque fut l'apôtre André; le 2e, Stychus; le 3°, Onésime, pendant 24 ans; le 4°, Polvcarpe, pen- dant 17 ans; le 5e, Polytorus1*, pendant 15 ans; le 6e, Çédékiôn13, pendant 8 ans. En la 6e année de Trajan, fut établi le 7e, Diogénès, pendant 8 ans. En la 7e année de Trajan, mourut Jean, à Ephèse, où il fut enseveli; il eut pour successeur Timothée. Jean vécut 74 ans après l'Ascension de Notre-Seigneur. Un de ses disciples [était aussi Igna- tius, qui succéda à Evodius comme évê- que cl'Antioche. Il fut enchaîné à An- tioche et envoyé à Rome]16. En route, il affermit tous les fidèles [10o! qu'il rencontra sur son chemin dans les villes de Syrie et par les lettres qu'il leur envoya. Il écrivit à Rome, avant son ar- rivée, et annonça qu'il devait y être dé- voré par les bêtes. Il supplia les fidèles de ne pas le priver de la couronne du martyre, et il dit : « Je salue les bêtes qui me sont préparées et je souhaite qu'elles me dévorent. » Il disait encore : I. E. a. 2120. — 2. H. a. 2118; Arm. 2117. Lire: «4*1 A. — 3. E. a. 2121. 'E/.aia, Muptva, nutàvyj xoù Kûjaï). — 4. Lire : u»H . — 5. 'OitovvTia xat "'Qpnroç. — 6. Ms. : en Gaule. H. a. 2127; Arm. 2125. — 7. H. a. 2127 ; Arm. 2124. — 8. E. a. 2130. — 9. Cf. Eus., //. IV, vn. — 10. E. a. 2149; cf. II. E., IV, vu. L'expression: ministri serpentis, pourrait faire croire que les Syriens ont confondu les Gnostiques avec li secte des Ophites. II. Arm. a. 2110; //. E., III, xxxtv. — 12. E. a. 2113. KépSwv. — 13. La liste concorde avec celle du Pseudo-Dorothée (Migne, P. Gr.,t. XC1I, col. 1059 sqq.). — 14. Sic ; BH. de même ; Ps-Dor. : Plutarchus. — 15. £îoîy.:»!o y^'t3 ;«>KI [>w • >ooa.»ol Usants XXo» «ûûû»^U^| low ool (cf. Bit., Chr. ceci., I, 41). LIVRE VI. CL1AP. IV 175 cinq cieux, selon le nombre des jours de l'année. Il disait ouvertement que la loi immonde devait être accomplie1. [A cette époque]2, les Juifs rdela Libye] se mirent à exciter des troubles et à at. taquer les Grecs qui habitaient avec eux, de même que ceux d'Alexandrie, de Cy- rène et de Thébaïde. Les Grecs furent vainqueurs à Alexandrie. Les Juifs de Mésopotamie se révoltè- rent aussi3. Le Sénat proclama Trajan dieu4. Quand Adrien commença à régner, il abolit les dettes et lit brûler les registres des villes qui lui étaient redevables ; il fit remise de nombreux impôts à plusieurs^. A cette époque ilorissait le philosophe Secundus le Silencieux. Adrien, frappé d'étonnement, voulut lui faire rompre son silence ; mais il résista jusqu'à la mort. A cette époque llorissaient les philo- sophes Plutarchus Cheroneus, Sextus, Agathobolus et ŒnomausB. A cette époque, mourut le philosophe stoïcien Euphratès7. A cette époque, il y eut un tremble- ment de terre, dans lequel Nicomédie fut totalement détruite, et Xicée en «Je suis le froment de Dieu ; je dois être moulu par les dents des bêtes, pour deve- nir un pain pur sur la table céleste 8. » — Il vit les anges qui psalmodiaient en deux chœurs, et il prescrivit de faire de même dans l'Eglise. A Edesse, après l'Apôtre Addai, le premier évoque fut Aggai0, après lui Pa- lout, auquel succéda [\Abselama ,0].Celui- ci eut pour successeur Barsamia qui convertit le prêtre Sarbil qui soulFrit le martyre sous Trajan11, ainsi qu'Euphé- mia, une vierge de Chalcédoine ,!. En Pan 15 de Trajan, il ordonna d'ex- pulser de Rome tous les étrangers, parce que ceux-ci augmentaient le prix des choses dans la ville. Ces étrangers imaginèrent de demander à l'empereur d'emporter avec eux les ossements de Pierre et de Paul, attendu qu'eux aussi étaient des étrangers à Rome. En ayant reçu la permission, ils allèrent les pren- dre. Toute la ville fut agitée par les tremblements de terre, il y eut une obscurité et des tempêtes, jusqu'à ce qu'il fit revenir les étrangers dans la ville. A Alexandrie, le 4e évêque fut Primus, pendant 12 ans u. 1. Lacune de deux lignes. — 2. II. a. 2130; Arm. 2131. — 3. E. a. 2131. — 4. E. a. 2134. — 5. H. a. 2134; Arm. 2135. — 6. E. a. 2135 : IIXoÛTapxo? Xouptoveûç. SéÇto;. 'AyaÔôêouXoç. Otv6[/.ao?. — 7. H. a. 2137; Arm. 2136. 8. Cf. Eus., H. E., III, xxxvr. — 9. Il ne semble pas y avoir de lacune après Aggai, qui d'après la Doctrine d"Addai eut pour successeurs Paloul, \Abselama et Barsamia. Cf. Duval, Hist. d'Edesse, p. 86-88. — 10. Suppléer : }sài*a*. |,»| "^cio ; cf. la clausule des Actes de Barsamia, dans Cureton, An- cient syriac Documents, p. 72. — 11. Les Actes de Sarbîl ont été édités par Cureton, op. cit., p. 41 et reproduits par Bedjax, Acta mart. et sanct., 1.1, p. 95 sqq. Cf. Duval, Journ. as., 1889, II, p. 40 sqq. — 12. Anachronisme. Sainte Euphémie souffrit le martyre vers 307. Cf. Acta sanct., 16 sept. — 13. H. a. 2122. 176 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN grande partie. Adrien les fit reconstruire aux frais du trésor public 1. A cette époque, un juif appelé [106] Bar-Kokébas se révolta en Judée; il con- traignait tout le monde à marcher avec lui au combat contre les Romains8. Il tua3 beaucoup de chrétiens. En ce temps, le prince Antinous, fils de Qétis4, étant mort en Egypte, fut ho- noré comme un dieu, à cause de sa beauté. A cette époque, de Ménandre qui avait succédé à Simon, sortit une puis- sance malfaisante, comme un serpent à deux tètes, dans les deux chefs qui furent à la tête de deux hérésies5; l'un fut Sa- turnilus6 d'Antioche, et l'autre Basilidès d'Alexandrie. Saturnilus proféra des mensonges à l'instar de Ménandre, et Basilidès usa d'artifices' sans nombre. 11 écrivit XXIV Livres contre l'Evangile. Il nomma ses prophètes Barcaba et Barcoph8, et d'autres noms barbares, qui étaient pour exciter l'admiration. Il enseignait qu'on pouvait manger des choses offertes en sacrifice [aux idoles] et apostasier dans le temps de la persé- cution. Comme Pythagore, il prescrivait à ceux qui le suivaient de garder le si- lence pendant cinq ans. A Rome, le 6e évêque fut Xystus, pen- dant 11 ans9... [106], et le 7e, Télespho- rus, pendant 11 ans10. — De son temps, Drosis", fille de l'empereur Trajan, souf- frit le martyre, et beaucoup d'autres avec elle. Dans l'Eglise d'Alexandrie, le 5e évè" que fut Justus, pendant 11 ans1*. A Antioche, le 4° évêque : Cornélius succéda à Ignace13. A Ephèse, après Timothée [siégea] Onésime, après celui-ci Gaïus, et après lui un autre Gaïus, et Philologus, et Lucius, et encore Apollonius et Possi- dius (?). Il y avait comme docteurs, en ce temps-là, Quadratus 14, disciple des Apô- tres, et Aristide [d'Athènes], philosophes chrétiens, qui écrivirent une apologie de la foi ; elle fut accueillie par l'empe- reur Adrien, qui fit cesser la persécu- tion. En ce temps là, [sainte Sophie]13 su- bit le martyre avec ses trois filles. Jérusalem avait été totalement dé- truite et /Elia avait été bâtie. Dans celle-ci fut établi le premier évêque pris parmi les Gentils, Marc, qui fut le 16° évêque [de Jérusalem]16. 1. H. a. 2136; Arm. 2137. — 2. E. a. 2149. — 3. Lire : ^o. — 4. Sic ms. L'arabe a lu de même : tf>a*£û ^s|. H n'est pas douteux qu'il y ait une faute. Il faut probablement lire : vm*Jo»w « compagnon de plaisir » [d'Adrien] ; xôv •[% r,8ov?,î v»7tY)pétï]v (Geokg. Hamakt., P. Gr., t. CX, col. 104). Cf. H. a. 2145; Arm. 2143. —5. Eus., H. E., IV, vu. — 6. Satômilos est aussi la leçon de l'ancienne ver. syr. d'Eusèbe. — 7. Èttivocou. — 8. Bapxaêêâv xoù Bapxwç. Ms. : Barphoph. 9. H. a. 2135; Arm. 2130. Après la mention de Xystus le ms. porte trois mots que je ne sais à quoi rattacher. Littéralement: « ipse posait(XX*»)ea (vel eis) capita. » Ar. : ' '¦l*»b»jWI Uooè». owo. 10. H. a. 2144; Arm. 2140. — 11. Cf. Acta sanct.,22 sept. — 12. H. a. 2135, Arm. 2136. — 13. E. a. 2144. — 14. KoSpfiTo;. H. a. 2142 ; Arm. 2141. Cf. //. E., IV, m; ms. : Qârtos (Quartus). — 15. Le sujet est omis dans le ms. ; mais il n'est guère douteux, quoique le verbe soit au masc., qu'il s'agisse de cette sainte et de ses filles : Pistis, Elpis et Agapé ; cf. Acta sanct., 1er août. — 1C. H. a. 2151; Arm. 2152. Cf. //. E., IV, vr. LIVRE VI, CHAP. IV 177 A cette époque parut Carpocrate, le chef de l'hérésie des Gnostiques, qui pratiquaient la magie de Simon, et se vantaient des guérisons faites par les démons parmi eux. Ils se réjouissaient d'abominables obscénités1. A cette époque, les chrétiens furent accusés, par de faux apôtres, d'abuser de leurs mères et de leurs sœurs. Cette odieuse opinion s'éteignitpromptement, et la vérité fut établie2. [107] Hé gésippe combattit vigoureu- sement ces hérésies dans ses écrits et dévoila l'esprit pervers de ces miséra- rables, par la vertu de la doctrine véri. table des saints Apôtres. En ces temps florissaient le philosophe Favorinus», et Polémon le rhéteur*. Acette époque vivaient les philosophes Arrianus de Nicomédie, Maximus de Tyr, Apollonius le Stoïcien, de Chalcide, Basilidès de Scythopolis. Tous ces phi- losophes étaient célèbres, et furent les maîtres du César Verisimus8. A cette époque florissait le Cretois Mésonidès, poète auteur des règles de la cithare8. Le philosophe platonicien Taurus, de Beyrouth, florissait alors'. Le cynique Crescens8, de Cyzique, A cette époque florissait Hégésippe, un des Juifs qui avaient cru en Notre- Seigneur9. 11 expose en cinq Livres que de son rtemps] les hérétiques avaientcom- posédes Apocryphes10. — Il 11 écrit aussi qu'on érigea une idole d'Antinous, esclave de l'empereur Adrien, et qu'on Padorait comme un dieu, bien qu'on sût d'où, et qui, il était. Il raconte comment lui-même se convertit de la doctrine des Grecs à la religion de Notre-Seigneur. Le 6e évêque d'Alexandrie fut [107] Ammonius, pendant 13 ans12. Télesphorus de Rome, après avoir siégé 11 ans, finit par le martyre13. Hygî- nus, le 8e, reçut l'épiscopat de Rome, pendant 4 ans14. Le 9e qui lui succéda fut Pius, pendant 15 ans15. A Antioche, le 5e fut Orus, pendant 16 ans16. — A Alexandrie, le 7e fut Mar- cianus, pendant 10 ans17'. — A Byzance, fut Athenodorus pendant 13ans; et en- suite Euzoius pendant 5 ans18. A Jérusalem, après Marcus, le pre- mier des Gentils, vint en 17e lieu Cassia- nus, pendant 3 ans;—après lui, le 18e fut Poplius, pendant4ans; —le 19efutMaxi- mus, pendant 5 ans; —le 20e : Julius, pendant 6 ans; —le 21e: Gaïus, pen- dant 2 ans ; — le 22e : Symmachus, pen- 1. Eus., H. E., IV, vtr. — 2. Ibid. — 3. Lire : u»ai.oûal3. — 4. Lire : "Êaêovpîvo; xat IIoXI|i.wv 6 prJTMp. E. a. 2148. —5. 'Appiavb; Nixo^yiSev;. MâEi[xo; Tupioç. 'AuoXXwvto; XaXxr)86vioç. BacrtXetSoç SxuOo- TtoXîxr]?... StôaaxaXot Oyr)pï)(t![iou Kaiaapo;. H. a. 2163, 2165. — 6. E. a. 2160. Me.o»tU5, 7ripa9/;xv]. — 2. Litt. : « place sur sa tête ». —- 3. Le texte paraît légèrement altéré. — 4. Lire : \^eo. 5. H. E., IY, xiv. — 6. Lire : M. — 7. //. E., IV, xv. — 8. Lire : Cs»;.. — 9. 6opg0o;. — 10. ^v Ka:>^» U©3*0! — 5. Ce mot [salitê) si- gnifie chez Bardesanes « les Planètes », comme il résulte de plusieurs passages du Livre des Lois des Pays. — 6. Le Soleil. — 7. Jupiter. — 8. Le nom de cette planète est omis : on peut hésiter entre Mercure et Saturne. — 9. Mars. — 10. Vénus. — 11. La Lune. — 12. Lacune de quelques mots qui comprenait le nom de la partie du corps fournie par la Lune et celui de la dernière planète (Mercure ou Saturne). — 13. Restituer : Ii litt. : « le poil ». La version arabe présente la même lacune ; elle a lu, comme dans notre ms. : 1î-*>o, et traduit par ; — 14. Ou : « émet » ; le mot ace double sens. — 15. Ms. : tous les deux jours. 16. //. E. V, vu. - 17. ibid., vin. — 18. Ms. : Théodotos. — 19. H. E., I. c. Théodotiond'Éphè^e et Aquila du Pont. — 20. Ou à la rigueur un autre lAbda, le mot pouvant aussi être pris comme nom propre. — 21. Cf. ci-dessus, p. 183, 1. 25. — 22. Mâ^oç. — 23. Ovâl-q;. — 24. AoAix'avô;. — 25. Nâpxiffoo;. — 26. Aïoç. — 27. rEpu.av£u>v. — 28. H. et Arm. : Gordius; Sync. : Sapôiavo;; Rest. : «oau»«^(?). — 29. H. a. 2201. LIVRE VI. CHAP. VI 185 fante sept fils et il y a chaque année 84 enfants. Toutes ces choses1 sont les dieux de Bar-Daiçan. Il dit aussi que le Christ, le Fils de Dieu, est né dans Bîl, qu'il fut crucifié au temps*d'Arès; qu'il fut enseveli au temps d Hermès, et qu'il sortit du tombeau au moment de l'étoile de Bîl. Il dit que les morts ne ressusciteront point, que les songes sont exacts. Il ap- pelle dormir avec les femmes une excel- lente purification, et quand un de ses disciples avait corrompu une femme, il disait : « Certes, tu l'as purifiée. » Bar-Daiçan eut des enfants : Abga- roun,Hasdau, et Harmonius, qui persé- vérèrent dans sa doctrine. L'évêque 'Aqai, successeur d'Hys- taspe, l'avertit, et comme il ne se laissa point persuader, il l'anathématisa. Bar- Daiçan mourut en l'an 533, après avoir vécu 68 ans3. — Que sa mémoire soit en malédiction ! Amen *. A cette époque 8 Smyrne d'Asie fut dé- truite par un tremblement de terre: afin A Alexandrie, le 10e évêque fut iElia- nus6, pendant 11 ans ; et le 11e : Démé- trius, pendant 43 ans7. Dans l'Eglise d'Antioche, le 7e évêque fut Maximianus8, et après lui Sérapion, pendant 21 ans9. Dans l'Eglise de Rome, le 12e évêque fut Eleuthérus, pendant 15 ans10; — le 13e : Victor, pendant 12 ans11. Pothinus étant parvenu à l'âge de 90 ans18, finit [sa vie] dans le martyre pour le Christ, avec les martyrs des Gaules. Irénée a écrit que l'évangéliste Mat- thieu rédigea son évangile chez les Hébreux; que Marc écrivit de mémoire après le martyre de Pierre et de Paul, qui avaient prêché à Rome ; que Luc mit par écrit tout ce que Paul avait dit13. AByzance siégea l'évêque Protonicus, pendant 18 ans ll. A Jérusalem, siégea Maximus, pen- dant 4 ans — et après lui : Antoninus, pendant 3ans ; — après lui : Valens, pen- dant 4 ans15. 1. Sic ms. ; peut-être à corriger : spw^a « tous ceux-ci ». — 2. Litt. : à l'heure. — 3. Ces don- nées ne concordent pas avec la date mise en tête. Si la date de la mort est exacte, la date de la naissance doit être 533 — 68 — 465. C'est en effet la date fournie par le Chronicon Edessenum, Élie de Nisibe donne 445, sans doute par confusion des lettres >o et —4. Le dernier travail sur Bardesanes est celui de M. Nau, Le Livre des Lois des Pays, trad. française (Paris, 1899), dans le- quel l'auteur s'efforce, à tort selon nous, de démontrer que Bardesanes ne donna pas dans les erreurs des gnostiques. On y trouvera la bibliographie de la question (Introd., p. 8, n. 2). Le passage de Michel relatif à Bardesanes a été publié, d'après le ms. arabe de Londres, parle même auteur, dans l'opuscule intitulé : Une biographie inédite de Bardesanes l'astrologue (Paris, 1897). Cf. R. Duval, La Littérature syriaque, p. 241 et suiv. — 5. E. a. 2195. 6. H. a. 2195 et Arm. : Julianus. — 7. H. a. 2205 ; Arm. 2206. —8. E. a. 2193: Maximus. — 9. E. a. 2206. — 10. H. a. 2193; Arm. 2189. — 11. H. a. 2209; Arm. 2202. — 12. Lire : UJ*. cf. p. 183, 1. 27. — 13. Eus., //. E., V, virr. — 14. Ps.-Doroth. : Pertinax, 19 ans. — 15. H. a. 2201; Arm. 2200. Cf. ci-dessus, p. 184. i. 24 186 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN qu'elle fût rebâtie, elle fut exemptée d'impôts pour dix ans. Le temple de Sérapis, à Alexandrie, brûla aussi [à cette époque] L'empereur Commodus fut surnommé Auguste par tout le sénat *. II fît enlever la tète du Colosse et fit mettre son image à la place *. Cet empereur fit tuer beau- coup de notables, et donna de grands spectacles *. A cette époque la foudre tomba sur le Capitole 5 ; les bibliothèques et les ré- gions voisines6 furent consumées par un violent incendie. Il détruisit aussi, à Rome, le Palatin, la maison des Vierges 7 et d'autres 8. A cette époque florissaient les fausses prophétesses Priscilla et Maximilla, en Phrygie 9. A cette époque, la dysenterie 10, qui est une espèce de maladie pernicieuse, porta la corruption en tous lieux 1J. A cette époque florissaient les poètes Apialus etLycus12 qui écrivirent sur les choses qui sont dans l'eau. A cette époque apparut en Asie et en Phrygie, comme un reptile malfaisant jetant son venin, Montanus qui se van- tait d'être le Paraclet; Priscilla etMaxi- milla qui étaient ses prophétesses di- saient de telles choses quand elles étaient possédées des démons impurs13. Eusèbe A Césarée de Palestine était Théo- phile, et à Ephèse : Polycarpe14. A Alexandrie florissait, dans la doc- trine de l'Église, le philosophe Pante- nus15, compagnon de Clément, sur- nommé Stromateus, qui y fut évêque16. Il y eut alors une discussion au sujet du jour de la Résurrection 17. Dans le pays d'Asie on la célébrait le jour de la Pâque des Juifs; mais à Rome, à Alexandrie et en Palestine, le dimanche qui suit la Pâque, conformément à la tradition des Apôtres. Pour ce motif, il y eut à Jérusalem une réunion des évo- ques : Narcissus, de cette ville même, Théophile de Césarée, Cassianus18 de Tyr, et Cyrille19 d'Acre. Ils décrétèrent qu'on devait la faire après la Pâque, et ils envoyèrent des lettres en tous lieux. Victor de Rome et Irénée de Lyon sta- tuèrent de même qu'on devait observer ce qu'ils avaient appris des [apôtres] Pierre et Paul. Mais Polycarpe, évêque d'Ephèse, et les évêques d'Asie n'y con- sentirent point. Victor leur envoya [un message]; il les excommunia et les cen- sura, comme n'adhérant point h l'Église universelle. Ensuite, voyantqu'une grave contestation s'élevait de là, il les délia de l'interdit, et ils demeurèrent dans leur tradition jusqu'au concile de Nicée. — Fin de ce chapitre. 1. H. a. 2195; Arm. 2196. —2. E. a. 2195. — 3. E. a. 2205. —4.E. a. 2207. — 5.Lire : ^o^SU». — 6. oiXku toutou uipr). H. a. 2204; Arm. 2204. — 7. des Vestales. — 8. H. a. 2208. — 9. Cf. H. a. 2187. — 10. Je traduis ainsi par conjecture le mot koursana, qui paraît dérivé de karsa, « ventre », — 11. Cf. H. a. 2188. — 12. Corr. : o.\o u»oju3|. 'OuTciavoç aAieuTtxwv tcoiy]ty); Ki\i%, H. a. 2188; Arm. 2186. Cf. ci-dessus, p. 182, 1. 18. — 13. Cf. H. a. 2187. 14. H. a. 2211; Arm. 2210. H. E., V, xxv : ©eôqnXoç xai..... IIoXuxpaTy)ç. — 15. IlavTaivoç; ms. : Pôn- tos. — 16. H. a. 2210; Arm. 2209. — 17. Cf. Eus., H. E., V, xxiv-xxvr. — 18. Eus. : Kâffffio;. — 19. Eus. : KXâpoî. LIVRE VI. CHAP. VII 187 dit dans son V° Livre1 : « La doctrine croît avec l'homme depuis sa jeunesse, et elle est mêlée et unie avec l'âme elle-même. » — Fin. CHAPITRE VII DU LIVRE VL — Du règne de Severianus\ 11* empereur des Romains. [112] En l'an 509 des Grecs 3 commença à régner Severianus, pendant 18 ans. En la lre année de son règne, il y eut une guerre violente contre les Juifs et les Samaritains4. En l'an 9 de Severianus3, celui-ci excita une grande persécution contre les chrétiens dans tout l'empire des Romains. En ce temps, beaucoup rendirent magnifiquement témoignage et furent couronnés [du martyre] dans la confession du Christ-Dieu, par divers genres de mort. Cette persécution persista très vio- lente jusqu'à la fin de la vie de l'empereur Severianus. De son temps, le peuple barbare qui habite dans la région du nord-ouest au pied des montagnes s'ébranla, sortit, et commença à inquiéter les Romains qui étaient sur ses frontières; l'empereur Severianus s'avança pour les combattre et mourut là parmi les Barbares ' ; dans un autre exemplaire il est écrit qu'il fut massacré. 11 avait régné 18 ans. En l'an 528, Antoninus 7, fils de Severianus, commença à régner sur les Romains, pendant 7 ans, enPindiction 2e. Celui-ci relâcha ceux qui étaient en exil à cause de la foi. Parmi eux était Alexandre qui fut évêque de Jérusalem, lorsque vivait encore Narcissus 8. Antoninus vécut 43 ans dont 7 de règne. Il fut tué en Mésopotamie entre Ilarran et Edesse. Après lui commença à régner Macrinus,0, pendant [113] un an. En cette année, le cirque de Hephaistos, qui était à Rome, brûla11. L'empereur fut tué à Chalcédoine12. Il eut pour successeur un autre Antoninus pendant 4 ans. Celui-ci fut surnommé Eliogabal13. De son temps fut bâtie Nicopolis de Palestine, qui est Emmaùs'4 ; le chroni- queur Julius Africanus présidait à sa construction. 1. Chap. xx. Ces paroles sont citées par Eusèbe comme extraites de la lettre d'Irénée à Florinus, de Monarchia. 2. Septime Sévère. — 3. E. a. 2210. — 4. H. a. 2213. — 5. Ms. : l'an 19. Cf. H. a. 2218; Arm. 2216. — 6. Il mourut à York, en Grande-Bretagne. — 7. Caracalla. — 8. Ms. : Narqîsîsios. H. a. 2228 ; Arm. 2231. Cf. ci-dessous, p. 190. — 9. D'après H. a. 2233 ; le chifTre est omis dans le ms. — 10. Ms. : Mârqarts. — 11. Rétablir le sens d'après le Syncelle : Kipxii6!aTpov Iv T(o[xip. H. a. 2234; Arm. 2235. — 12. Ms. : Adcalaus. Arm. a. 2235 : Achelaide. — 13. M. : Éliogaal. — 14. 'E^ccoO;. E. a. 2237. 188 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN En l'an 540, commença à régner Alexandre, fils de Mamma, femme craignant Dieu, qui avait cru dans le Christ-Dieu et aida beaucoup les chrétiens. En l'an 3 de cet Alexandre, qui est l'an 542 des Grecs, commença à régner sur les Perses, Ardesîr, fils de Pâbaq. Tel fut le début du dernier empire des Perses, appelé des SassanidesIl dura l'espace de 408 ans2 et 25 rois régnèrent successivement jusqu'à ce que s'élevât l'empire des Arabes qui l'abolit. — Fin. [Note marginale :] Quand Maximinus3 commença à régner, par haine de son pré- décesseur, il excita une persécution contre les chrétiens*. Dans cette persécution ren- dirent témoignage et furent couronnés Sergius et Bacchus qui avaient été envoyés en Mésopotamie*; et aussi Cyprianus*, évêque, et d'autres à Alexandrie ; [elle dura] jusqu'à ce que le maudit Maximinus fût tué, à Aquilèe"1. — Mar Aziza'èl rendit aussi témoignage à Rome à cette époque*. Que sa prière et celle de ses compagnons soient avec nous. Amen. * [112] Acette époque parurent de nou- veau des hérétiques qui sont ceux-ci : Artémôn, Theodotus, Asclepiadès, Her- mophilus et Apollonide 9. — Ils disaient que le Christ est un homme ordinaire. Nous avons trouvé chez nos prédéces- seurs qu'en l'an 12 de Severus fut ob- servé le Jubilé. Cette année est l'an 251 des Antiochéniens 10. A cette époque florissait dans nos rangs11 Mousianus12. Le philosophe Porphyrius 13, qui avait [112] A cette époque brillait Clément d'Alexandrie très exact dans les doc- trinesorthodoxes. Il dit dans un Traité14 : Cet ouvrage n'est pas un livre composé avec art pour l'ostentation ; mais nous avons fait des Mémoires 15, comme un trésor pour la vieillesse, qui soit un re- mède contre l'oubli16, une figure impar- faite17, une image de ces figures vivan- tes et efficaces [c'est-à-dire] des paroles de ces bienheureux que j'ai été digne d'entendre et de voir. 1. Litt. : de Beit Sassoun. — 2. Sic ms. Restituer : 418, chiffre donné par Jacques d'Edesse. Comp. le Tableau chronologique de l'empire des Sassanides, dans Nôldeke, Gesch. der Perser und Araber, p. 435. Il comprend 28 rois de l'an 226 à l'an 652. — 3. Ms. : Maximianus. D'après la date des martyres de Sergius et d'Azizaël, l'auteur confond réellement ces deux empereurs. — 4. H. a. 2253; Arm. 2254. — 5. Cf. Acta Sanct., 7 oct., et Bedjan, Acta Mari, et Sanct., III, 283. —6. Cf. Acta Sanct., 14 sept. — 7. Rest. |Uax>1.3. £v 'AxuX^ta ; H. a. 2254; Arm. 2255. — 8. D'après les Actes de ce saint qui existent en syriaque dans un ms. de l'église jacobite de Jérusalem, il était fils du gouverneur de Samosate, et fut envoyé à Rome où il fut martyrisé le 31 août 304. 9. Ms. : Hermophiles et Apollonios. Cf. H. E., V, xxvui. — 10. H. a. 2220. — 11. Litt. : « dans les choses qui sont à nous ». — 12. Mousiavôç; H. a. 2220, — 13. Cf. Eus., //. E., VI, xix. 14. H. E,, V, xi. — 15. ûiro[ivvî[jiaTa. — 16. Lire : |î.o.\{, (et non |ta2^,). — 17. (xtexvwç. * [Note marginale]. — Sache, lecteur, que je me suis trompé, parce que j'ai placé dans la colonne supérieure le chapitre des hérésies, qui devait être écrit dans la colonne inférieure ; néanmoins je continuerai jusqu'à la fin de ce chapitre. Prie pour moi! — Cf. p. 162, et p. 192, lre note marginale. LIVRE VI. CHAP. VII 189 connu Origène, dénigrait sa doctrine au- tant qu'il le pouvait; et il lui repro" chait de s'être adonné a la philosophie et d'avoir coupé son membre ; en quoi il n'avait pas bien agi. Il disait qu'étant allé dans un certain village pour ins- truire des païens, ceux-ci lui dirent : « Adore avec nous, et nous te suivrons tous. » II consentit à leur demande ; mais ensuite ceux-ci ne se laissèrent pas convaincre. Il1 lui reprochait d'en- seigner que les âmes existent antérieu- rement aux corps, et on disait aussi qu'il ne confessait pas sainement la Trinité- Il proféra ces paroles accusatrices con- tre Origène et à cause de cela plusieurs le comptent parmi les hérétiques. Mais Eusèbe le loue beaucoup. A cette époque, un certain docteur nommé Judas florissait parmi les Juifs*, et il écrivit beaucoup de choses au su- jet des semaines du prophète Daniel. [Extrait] du livre VId'Eusèbe3. Il dit : « Origène, selon mon avis, est digne de mémoire depuis son enfance. En Pan 10 de l'empereur Severianus [113], la persécution devint violente, et beaucoup En l'an 12 de Severus, Origène trouva une édition des Écritures4 différente de celles d'Aquila, de Symmaque et de Théodotion, à Nicopolis % et une autre, dans un tonneau, à Jéricho. Il réunit6 la cinquième version et celle des Septante et fit les livres des Hexaples comparés avec les caractères 7 hébreux. — Sept hommes écrivaient sous sa dictée 8. Le 9e évêque de l'église d'Antioche fut Asclépiade pendant 12 ans 9. Il se montra bien dans la confession. Le 10e fut Philippe10. ARome,lel4e évêque futZéphyrinus11 pendant 18 ans; — le 15e, Calixtus12 pendant 5 ans; — le 16e, Urbanus13, pendant 8 ans. A Byzance, Marcus, pendant 13 ans. A Ephèse, siégea Onesimus, suc- cesseur de Posidius14 (?) ; après lui Alycius (?) et ensuite Proclus. A Antioche,le 11e fut Zeb ennus,5, qui est Zebîna. Dans l'église de Rome, le 17e futPon- tianuspendant5ans 16.Le 18e fut Anterus, pendant un mois 17, et après lui, le 19e, Fabianus pendant 13 ans18. 1. L'auteur paraît bien attribuer ces dernières accusations à Porphyrius; mais de fait il faut lire au mode impersonnel : « on lui reprochait », etc. — 2. H. E., VI, vn. — 3. Chap. n-rit. 4. H. E., VI, xvr. — 5. Arab. : «m^ûSaxw <*| <£**soj. u3. — 6. Le passage quelque peu obscur est certainement résumé du chap. xvr, livre VI de YHist. ecclés. Le texte grec n'est pas lui-même sans difficultés. Un fragment de la vers, syr., conservé dans le ms. add. 14620, traduit littérale- ment le grec ; Laûà*o? • »*» ^aoolik X3usoo scov» î—=&.o 1^1 ^1 *ia yoov^s Jsâ^jol. • liûrtôl ,^;o&4o» vOj©^ U*-j [^]aa4,° " l*i-^ (éd. Wright, p. 415). Le fragment le plus considérable des Hexaples qui nous soit parvenu est celui qu'a découvert G. Mercati, en 1896, dans un palimpseste de la Bibl. Ambroisienne, à Milan. Cf. Rendiconii delV lnst. Lomb., sér. rr, vol. XXIX. — 7. LwJHo^ ; E. : i% 'E6pouMV a^itâaz^. — 8. Litt." « après lui ». — 9. H. a. 2227; Arm. 2228. — 10. H. a. 2234; Arm. 2233. — 11. H. a. 2217; Arm 2216. Lire : u»au;a9|i. —12. H. a. 2236; Arm. 2229. — 13. H. a. 2241; Arm. 2236. — 14. Peut-être : <~0„ûû9, Facundus (?). — 15. E. a. 2245. Zé6svvoç. — 16. H. a. 2250; Arm. 2246.— 17. Ms. : 8 mois. Corr. : >¦< (E.). —18. H. a. 2255; Arm. 2256; Sync. : 'Avrlpw;. «ÊXaëiavo;. H et A : Fabianus ; lire : a»aua3 190 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN rendirent témoignage. Le désir du mar- tyre s'empara de l'âme d'Origène et il était disposé à subir volontairement la mort ; mais il fut laissé pour l'utilité d'un grand nombre. Son père rendit témoignage et fut couronné dans cette persécution. Il l'avait fait instruire dans les Livres saints avant de lui faire ap- prendre la philosophie des Grecs. Il était âgé de dix-huit ans quand il com- mença à enseigner ; sa conduite était conforme à ses enseignements, et sa doctrine à sa conduite : à tous moments il s'attachait aux martyrs et les encoura- geait. Toute la journée il s'adonnait à un dur labeur; il n'accordait que peu de temps au sommeil et ne se couchait ja- mais sur un lit. Il s'efforçait d'accomplir dans le jeûne et la pauvreté parfaite ce précepte1. « Ne possédez pas deux tuni- ques. » Il marchait pieds nus : il ne goû- tait jamais de vin. Lorsqu'il enseignait à Alexandrie, il fît2, dans l'exaltation de sa pensée, une chose répréhensible 3. Prenant à la lettre ce qui est écrit4 : « Il y a des eunuques qui se sont émas- culés eux-mêmes pour le royaume des cieux » , comme il était jeune, et instruisait aussi les vierges, afin d'en- lever tout prétexte à la calomnie, il am- puta son corps5. Démétrius, évêque de l'endroit, admira son courage et eut pour agréable son intention chaste. Par la suite, voyant qu'Origène brillait et qu'il Dans l'église d'Alexandrie le 12* fut Héracleas pendant 16 ans6. A Jérusalem [113] quand Narcissus partit au désert, Dius lui succéda pen- dant 3 ans et après lui Germanion pen- dant 7 ans ; puis Gordius pendant 2 ans ; puis Alexandre, du vivant même de Nar- cissus8. On disait beaucoup de choses admira- bles de ce dernier, comme l'écrit Eusèbe, qui rapporte* que l'huile ayant manqué au moment de Pâques, [il pria sur Peau qui fut changée en huile 10], Des hommes impies ne pouvant le supporter parce qu'ils craignaient d'être saisis par son jugement, forgèrent contre lui des accusations calomnieuses. Ils confirmè- rent leur accusation par des serments. L'un dit11 : « Si cela n'est pas, que je brûle dans le feu » ; le second dit : « Si cela n'est pas, que mon corps soit con- sumé par la maladie ; » le troisième dit : « Si cela n'est pas, que mes yeux perdent la vue. » Ils juraient, mais per- sonne ne les croyait. Le saint les suppor- tait aimablement, et comme dès sa jeu- nesse il avait aimé le monachisme, il s'éloigna de l'assemblée et habita dans le désert pendant longtemps. L'œil sou- verain de Dieu ne fut pas trompé par ces choses 12, mais il frappa ces criminels du genre de mort auquel ils s'étaient voués. En effet, une petite étincelle tomba dans la maison du premier et il fut consumé 1. Matth., x, 10. — 2. Lire : ;-*.«» (et non U^~). — 3. Litt. : qui dénote un défaut d'intelligence. — 4. Matth.; xix, 12. — 5. H., E., VI, vnr. 6. H. a. 2247; Arm. 2250. 'HpaxXâ;. Lire : ^ollû^]. _ 7. Ms. : Germon. — 8. H. E., VI, x. Cf. p. 184 et p. 191. — 9. H. E., VI, ix. — 10. Quelques mots sont omis : aj. : t****o oowo V——^ v^jo (BH., Chr. eccl., I, 51). — 11. Nous traduisons en style direct pour plus de clarté. — 12. Litt. : « ne resta pas tranquille ». LIVRE VI. CHAP. VII 191 était loué, Démétrius succomba humai- nement à la jalousie ; il écrivit à son sujet aux évêques 1 et le blâma en di- sant : « Il a fait une action illégitime. » Après cela [114] l'évèque de Césarée et celui de Jérusalem lui imposèrent les mains *. Il eut des disciples3 [parmilesquels :] Plutarque 4, qui fut couronné du mar" tyre ; Héracla, qui devint évêque d'A- lexandrie après Démétrius ; Dionysius, qui succéda à Héracla ; Grégoire et Athénodore5, qui furent évêques dans le Pont6 et aussi Théodore le Grand7. » Eusèbe dit encore 8 qu'Adamantus 9 (ainsi s'appelait Origène), voyant qu'il ne suffisait pas [a expliquer] seul les Livres saints, choisit Héracla, qui était appliqué aux choses de Dieu, et lui confia l'instruction de ceux qui devaient s'instruire minutieusement, et ne laissa suivre ses propres leçons que par ceux qui étaient plus instruits. Le préfet d'Arabie envoya demander Origène à l'évèque d'Alexandrie, pour être instruit par lui. Il y alla ; et après y avoir passé un temps suffisant, il re- vint à Alexandrie10. — Mamma, la mère de l'empereur, fut aussi instruite par lui et fut affermie dans la foi11. L'écrivain Africanus interrogea aussi Origène sur la véracité de l'histoire de Suzanne12 ; il répondit qu'elle était vraie, avec toute sa famille. Le second fut frappé d'un ulcère depuis la plante des pieds jusqu'au cerveau, et souffrit cruel- lement. Le troisième voyant ce qui était arrivé fut saisi de crainte et confessa devant tout le monde la malice qu'ils avaient complotée tous les trois ; et quand leur action diabolique eut été dé- voilée, celui qui avait été frappé d'ulcères [ll4] avoua aussi, mais il mourut tour- menté par sa maladie. Et tandis que le dernier gémissait et pleurait, ses yeux s'obscurcirent subitement. Et chacun d'eux reçut [ainsi] son châtiment. — Comme on ne savait pas où était le bien- heureux Narcisse dans le désert, on éta- blit Dius à sa place. Après trois ans, on découvrit Narcisse. Les évêques lui demandèrent de revenir et de reprendre son ministère; mais il ne le put à cause de sa vieillesse. — Alors13 Alexandre, un évêque de Cappadoce, eut une vi- sion dans laquelle il lui semblait qu'il était venu officier en présence de Nar- cisse. Etant venu à Jérusalem pour y prier, ils s'emparèrent de lui14 et ne le laissèrent pas retourner dans son pays ; car Dieu leur avait aussi révélé que cet homme devait remplir les fonctions sa- crées h Jérusalem. Dans la lettre qu'A- lexandre écrivait aux fidèles d'Antinoël5, il dit : « Narcisse, mon prédécesseur, vous salue ; il exerce maintenant son zèle 1. Lire : t9aûca^3| Lài>.. — 2. Il fut ordonné prêtre. — 3. H. E., VI, in-rv. — 4. Ms. : Polycar- pos. — 5. Frère de Grégoire le Thaumaturge; Ms. : Anetodoros. — 6. H. E., VI, xxx. — 1. L'au- teur fait ici une confusion. Eusèbe dit : @îô8wpov, oç..... StaSôvjxoç rpïjyopioç.— 8, H. E., VI, xv. — 9. E. : 'ASajiavTioc. — 10. H. E., VI, xix. — 11. Ibid., ch. xxi. — 12. Ibid., ch. xxxi. 13. H, E., VI, xi. — 14, uoiaaiv. — 15. Ttpb; 'AvxtvoetTaç. 192 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN et lui fit connaître beaucoup d'autres avec moi, étant âgé de 120 ans»— Fin choses. Origène mourut h l'âge de dece chapitre. — Je prie et supplie chaque 69 ans. frère qui lira ceci de prier pour moi, Eusèbe a écrit toutes ces choses, et dans Vamour de la Croix*. Amen. rend témoignage à Origène. — Pour nous, nous rappelons ce souvenir; quoi- que nous n'ignorions pas que les Pères n'admettent point la doctrine d'Origène parce qu'il a dit qu'il y aura une fin aux peines ; que les pécheurs souffriront dans l'enfer pour un temps déterminé, selon leurs péchés et ensuite se convertiront et obtiendront miséricorde; et qu'il a mis en avant de telles opinions, qui ne sont pas compatibles avec la vraie doctrine. — Ce chapitre est aussi fini par la vertu de Notre-Seigneur*. * [Notes marginales :] — Sache, lecteur prudent, qu'à partir d'ici, j'écris, selon l'usage qui a eu cours jusqu'ici, les histoires des Pères dans la colonne supérieure, et les autres dans la co- lonne inférieure. Toutefois, en lisant, prie pour ma pauvre personne. On dit qu'Origène niait la résurrection des corps, et disait que l'Esprit-Saint et le Fils (lire : |;^o) étaient des créatures; et on dit aussi qu'il fut chassé d'Alexandrie en Palestine. CHAPITRE VIII DU LIVRE VI. — Du temps de six3 empereurs romains. En Pan 562 des Grecs \ Philippe commença à régner pendant 7 ans. — De son temps, les chrétiens furent dans un grand repos et dans la paix. Son fils régnait avec lui ; il s'appelait aussi Philippe. En la lre année de son règne, Sabhour, fils d'Ardasir, commença à régner sur les Perses [115] pendant 31 ans. D'après le livre d'Andronicus, sous le règne de ce Philippe, furent accomplis les 1000 ans de la fondation de Rome ; quantité de bêtes furent tuées dans le grand Cirque, quand on célébra les jeux millénaires, et des spectacles furent donnés [au champ] de Mars, pendant la nuit des trois jours qu'on passa en veille3. — Le théâtre de Pompée et Phécatostylon, c'est-à dire à cent6 co- lonnes, brûlèrent7. — Quarante chars furent lancés à la course8 pour célébrer l'anniversaire de Rome9. Decius tua Philippe et son fils, et régna 1 an10. Lui-même fut tué à Abritton, qui est le Forum de Tembronios 11 ; et Gallus commença à régner avec Volu- sianus, pendant 2 ans 12. 1. Eus. : 116 ans. — 2. Ou bien: « dans une ardente charité ». 3. Philippus, Decius, Gallus, Volusianus, Valerianus, Gallienus. — 4. H. a. 2261 ; Arm. 2262. — 5. E. a. 2262. — 6. Lire : >o = 100 (ms. : o = 6). — 7. H. a. 2263; Arm. 2262. — 8. |L^^L| = missus circenses.— 9. Cf. H. a. 2263 ; arm. 2262. — 16. H. a. 2267; Arm. 2268.— 11. H. a. 2268 ; Arm. 2269; Sync. : âv 'Agp-jxw xm Xsyojaévw 06pw @eu.gpu>v:w; ms. à Berytusl — 12. H. a. 2269; Arm. 2270. LIVRE VI. CHAP. VIII 193 A cette époque une maladie pernicieuse se répandit dans les différentes parties de la terre habitée, surtout en Egypte \ Gallus et Volusianus furent tués dans le forum de Flaminius, et Valerianus commença à régner avec Gallienus, pendant 15 ans8. — Il excita une persécution contre les chrétiensa. Sabhour, roi des Perses, dévasta la Syrie, la Gilicie et la Cappadoce4. Les Goths, ayant passé le fleuve du Danube, pillèrent5 plusieurs provinces et les îles des Cyclades6. L'empereur Valerianus fut emmené en captivité dans le pays des Perses ; Gallienus fit alors cesser la persécution contre les chrétiens 7. Par la permission d'en haut, c'est-à-dire par la providence divine [116], la vraie foi se développa, grâce à l'opération de vertus et de prodiges extraordi- naires. Si quelqu'un examine sagement, il remarquera que ces rois qui persécu- taient iniquement les chrétiens tombaient promptement sous le châtiment de la justice. Ainsi, ce Decius qui avait persécuté violemment et diaboliquement et fait tuer les chrétiens, subsista seulement 1 an et fut mis à mort ; et ce fut le repos pour l'Eglise de Dieu. De môme, 14 ans après que la persécution avait cessé, Valerianus en excita une nouvelle, en la 15e année de son règne, et en cette même année il fut tué à Milan8. — Fin. A cette époque parut l'hérésie des Elkésaïtes 9 qui disaient qu il n'y avait point de péché àapostasier, si l'on ne le faisait de cœur; qu'ils ont un livre plein de fausseté, qui procure le pardon de ses péchés à celui qui l'écoute. Ils n ad- mettent point [les Livres] saints. A cette époque, comme dit Eusèbe10, Cyrillus11 [115], évêque de Boçra d'Ara- bie, osa dire que notre Sauveur, quand En ce temps-là, Cornélius12, le 20e, re- çut l'épiscopat de Rome pendant 3 ans. — Après lui le 21e fut Lucius13, pendant 8 mois; et le 22e, Stephanus, pendant 2 ans14. A Alexandrie, le 13e évêque fut Dio- nysius, pendant 17 ans15. C'était un disci- ple d'Origène, et il ne fléchit pas vers l'hérésie. II était disert et il proposa une saine doctrine. 1. E. a. 2269. — 2. H. a. 2271 ; Arm. 2270. — 3. H. a. 2274 ; Arm. 2273. — 4. H. a. 2275. — 5. Littéralement : « captivèrent ». Cf. H. a. 2279. — 6. Lire : osoo»Uoûo. — 7. H. a. 2276; Arm. 2274. —8. L'auteur commet ici une confusion. C'est Gallien qui mourut à Milan ; H. a. 2285; Arm. 2283. Volusien mourut en captivité. 9. y| Twv 'EXxsffai'xwv. Cf. H. E., VI, xxxvîir. — 10. H. E., VI, xxxm. — 11. Sic mss. syr. et ar. Lire : 'notî^o^, BïjpuXXo;. 12. Ms. : Qyrillos. Rest. : *>^>ias>. H. a. 2269; Arm. 2262. — 13. Lire : »*oa.ûûV — 14. H. a. 2270; Arm. 2268. — 15. E. a. 2265. I. 23 194 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN il existait dans sa propre personnalité, avant de revêtir un corps, n'avait point de divinité personnelle, mais que la di- vinité de son père habitait en lui*. — Aussitôt, Origène descendit avec des évêques ; ils le blâmèrent et le conver- tirent à la vérité. Ils démasquèrent aussi l'hérésie de ceux qui disent2 que l'âme humaine est détruite et dissoute à la mort de l'homme, et qu'à la résurrection elle sera de nouveau subitement rétablie et réunieau corps. Cette opinion avait surgi et pris nais- sance surtout en Arménie3. Origène y alla et la détruisit. .lu squ'alors, ceux qui se convertissaient de l'hérésie étaient purifiés par la prière et l'imposition des mains4. A cette épo- que, une grande discussion s'étant élevée entre les évêques, ils se réunirent au nom- bre de quatre-vingt-quatre6 près de Cy- priende Carthage,etils définirent que,de toute façon, ils devaient être d'abordbap- tisés et ensuite reçus dans l'Église. Ils établirent en cet endroit 20 canons6. Etienne 7 de Rome disait : « Il ne faut [115] A Antioche, le 13e évêque fut Ba- byhis. Au bout de huit ans, le gouver- neur de la ville étant venu8 pour entrer dans l'église, l'évêque s'y opposa. Il en fut irrité9 et fit massacrer beaucoup de chrétiens etle saint lui-même10 avec trois jeunes gens, ses disciples. A cette époque florissait par son en- seignement, ses prodiges et ses grands miracles, Grégoire de Néocésarée. Il fut institué évêque par Phedimus d'Ama- sia11, étant absent12. A cette époque, dans la persécution de Decius, furent couronnés les Qua- rante martyrs de Sébaste13. A cette époque commencèrent à briller les couvents de moines, dans le désert d'Egypte14, grâce au bienheureux Paul, de Thèbes, et à Antoine. A Antioche, le 14e évêque fut Démé- trius15; etle 15e, Paul de Samosate qui fut trouvé hérétique et fut chassé16; A Rome, le 23e évêque, fut Xystus, pendant 11 ans17; et le 24e, Dionysius, pendant 9 ans18. A Jérusalem, le 37e fut Mazabanus19; et le 38e Hymenœus20. 1. La phrase ne traduit pas correctement le grec : u.yj irpouçearavai xax' ISt'av oûai'aç TteptypaiiYiV, 7rpo trjç sic àvôpwuouç £7tt8ï]fju'aç, uyjôè (ir,v ôsoTrjTa îôîav e-/eiv, àXV £U7to}.fueuouivY]v auxw txôviqv tyjv TiaTptXYiv. — 2. H. E., VI, xxxvn. — 3. Sic ms. ; lire : Arabie. — 4. H. E., VII, n. — 5. D'autres documents syriaques portent : 87. — 6. Sur le synode de Carthage tenu en l'an 256, et les documents syria- ques qui s'y rapportent, cf. Duval, Litt. syr,, p. 172-173. — 7. Lire : asoaiû£.i*>1. 8. Lire : \l\ P. — 9. »*UI. — 10. Lire : (et non : »9o1o). BH. Cf. H. E., VI, xxxix. — 11. Ms. : de Damas. Cette leçon erronée est aussi celle que BH. avait sous les yeux. Cf. Chr, eccl., I, 54, n. 2. — 12. Au sujet de cette singulière ordination, voir les textes réunis par Tillemont, Mémoires pour l'IIist. ecclés., IV, 326. — 13. Cf. Acta Sanct., 10 mars. Les Actes syriaques ont été édités par Bedjan, Acta Mart. et Sanct., III, 355 sqq. — 14. Ms. ; « dans le désert et en Egypte ». — 15. H. a. 2269; Arm. 2272. An^xpiavoç. Le ms. porte bien 14», et ne compte pas Fa- bius. — 16. Arm. a. 2278; H. a. 2277. — 17. Arm. a. 2272; H a. 2271. — 18. H. a. 2282; Arm. 2279. — 19. H. a. 2268; Arm. 2269. MaÇaêâvrjç. — 20. H. a. 2283; Arm. 2282. 'Ypivato;. I LIVRE VI. CHAP. VIII rien innover en dehors de la tradition et de la coutume qui existe. » Et il y eut une querelle entre eux1. A cette même époque, le prêtre No- vatus disait qu'il n'y a point de pardon pour ceux qui pèchent après le baptême. — Il y eut à son sujet un synode de soixante-quatre évêques, à Rome, et ils l'excommunièrent8. A cette même époque se fit connaître Sabellius dePtolémaïsde laPentapole de Libye, dans le pays d'Egyptes. Il disait qu'il n'y avait qu'une [116] seule per- sonne dans la sainte Trinité ; et que cette même personne s'était manifestée comme le Père aux Prophètes dans l'Ancien Testament; que dans le Nouveau, elle s'est incarnée comme le Fils et a parlé avec les Apôtres sous la forme de l'Es- prit-Saint. — Dionysius 4 d'Alexandrie écrivit contre lui. • A cette époque, Nepos s parut dans une ville d'Egypte ; il enseignait comme les Juifs. Il disait que les saints auront sur la terre mille ans pour manger et boire. A cette époque aussi, Paul de Samosa te* abandonna la foi, et renouvela la hon- teuse doctrine d'Artémon7. Les évêques8 Firmilianus de Césarée de Cappadoce, 195 Alexandre de Jérusalem9, ainsi que Fa- bianus de Rome 10, Fabius d'Antioche 11, successeur de Babylas, Christophorus12 et beaucoup d'autres souffrirent le mar- tyre du temps de l'empereur Decius qui était ennemi des chrétiens [et qui avait tué] lempereur Philippe et son fils, qui étaient chrétiens. De son temps, sept enfants s en- fuirent d'Ephèse et se cachèrent dans une caverne13. Il opprimait fortement les chrétiens pour les faire apostasier; et beau- coup apostasièrent par crainte. Quand Decius fut tué, la persécution se calma. Ceux qui avaient apostasie vinrent à Rome [116] et demandèrent à faire pé- nitence. Novatien14 disait qu'il n'y avait point de rémission, et il fut appelé chet des Cathares. Cornélius écrivit, à son sujet, à Fabius d'Antioche,en disant15:«Novatien,poussé par le démon, est venu à l'église de Rome. Alors qu'il gisait sur un lit et était sur le point de mourir, il reçut le baptême par nécessité. Au temps de la persécution il nia en présence de plusieurs qu'il était [prêtre]16. [Plus tard], quand il offrait les mystères, il prenait [les mains] de celui qui s'approchait17, jusqu'àce que 1. H. E., VII, nr. — 2. H. E., VI, xli», s. f. — 3. Sic ms. Cf. H. E., VII, vr. - 4. Lire : uaa^ooaia^. — 5. H. E., VII, xxiv. Ms. : Néophitès (Nétïw;. Nénwxa). —6. H. E., VII, xxvn. — 7. Cf. Eus., H. E., V, xxviii. — 8. Cf. Eus., H. E., VII, xxvin-xxx. 9. Cf. Acta Sanct., 18 mars. — 10. Cf. Acta Sanct., 20 janv. — 11. Cf. Eus., H. E., VI, xxxix. — 12. Acta Sanct., 25 juil. — 13. Allusion aux Sept-Dormants d'Ephèse. Nous retrouverons plus loin l'occasion de parler de cette légende. — 14. Le nom est transcrit d'après Eusèbe : Noouoctoç. Il s'agit de Novatianus que les auteurs syriens confondent souvent avec Novatus d'Afrique. Toutefois, c'est peut-être Novatus qui est visé dans la première phrase. —15. //. E., VI, xliu. — 16. 7tp££>l^ ^o^ûjUI. Ms. : de Patros. — 3. Ms. : Alexandros et Tarsos. Eus. : "EXevo;. — 4. Lire : ).9a-û£*9|. — 5. Le texte est ici altéré; en comparant les mots qui restent avec le passage parallèle de BH. (Chr. eccl., I, 57), je croîs qu'on peut le restituer ainsi : ç*a*i»û| L<»ï-9» «*w • Ua&>l ov>a*.> lû^oo. \L&j] |C^vo] l_"J-.*30»-\ a5l !~oa*o? ItôUI. —6. Je n'ai pas besoin de faire remarquer l'inexactitude du récit qui attribue à l'influence des Perses le pouvoir de Zénobie. 7. H. E , VI, xr.vf. LIVRE VI. CHAP. IX 197 CHAPITRE IX DU LIVRE VI. — Du temps de Claudius et des cinq empereurs qui lui succédèrent. En Pan 588 commença à régner Claudius, pendant 1 an. A cette époque [117] Bruchion fut assiégé et vaincu 1 dans Alexandrie. La figure d'une couronne apparut aussi dans le ciel. A Alexandrie, le Bruchium fut opprimé par la guerre8. Claudius mourut à Sirmium3. En Pan 589 Aurelianus commença à régner, pendant 5 ans et 6 mois4. En la première année de son règne il détruisit les Palmyréniens et soumit les Gaulois5. — Il bâtit le mur de Rome6. A Alexandrie le Bruchium, après avoir été assiégé7 longtemps, fut réduit à la dernière extrémité en la 5e année d'Aurelianus. Aurelianus ayant excité une persécution contre les chrétiens, Dieu le frappa de la foudre ; il mourut, et la persécution cessa8. Tacite9 régna 6 mois et fut tué dans le Pont10. A cette époque Hormizd commença à régner en Perse. Florianus régna pendant 2 mois et fut tué à Tarse11. En Pan 593 des Grecs naquit Constantin, en Pan 5 d'Aurelianus qui fut frappé de la foudre. En l'an 595 des Grecs, en l'indiction 8°, commença à régner Probus pendant 7 ans, et selon Andronicus : 6 ans12. En cette année commença à régner en Perse Varahran pendant 3 ans. Et en l'an 4 de Probus, commença à régner sur les Perses Varahran, fils de Varah- ran, pendant 7 ans. Satornilus, voulant se révolter13 et régner sur les Romains, commença à rebâ- tir Antioche, et il fut tué à Apamée 14. [118] L'empereur Probus fut tué à Sirmium15. En l'an 602 des Grecs commença à régner sur les Romains Garus avec ses fils Carinus et Numerianus16 pendant 2 ans et quelque temps. Carus mourut en Mésopotamie17 de Syrie [et son fils Numerianus fut tué]18 dans la province d'Afrique19 où il l'avait fait consul. 1. Tel semble être le sens visé par l'auteur. Il faut lire : *^~L] (et non ga*aL|). Il s'agit comme plus bas du Bruchium. — 2. H. a. 2286; Arm. 2287. 3. H. a. 2287. — 4. H. a. 2288. — 5. Arm. a. 2289; cf. H. a. 2289. — 6. Cf. H. a. 2291. — 7.Lire : *a,.LI. Cf. H. a. 2286; Arm. 2287. — 8. E. a. 2292. — 9. Ms. : Tâtîqîtos. — 10. Cf. Arm. a. 2294; H. s, 2293. — 11. H. a. 2293; Arm. 2294. — 12. H. a. 2294; Arm. 2295. — 13. Lire : ,u*>. — 14. H. a. 2?97. — 15. H. a. 2299. — 16. Ms. : Cyrinos et Numedianos. — 17. H. a. 2300; Arm. 2302. — 18. La phrase doit être ainsi complétée d'après BH. (Chr. syr., p. 58) : *û,;5U \>£oL\ ^oi.^oûj w;3 >9l U^ûûo,. — 19. Arm. a. 2302 : en Thrace. 198 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Ensuite Carinus, l'autre fils de Carus, fut tué accidentellement dans la guerre avec les Germains1. —Fin. En l'an 4 d'Aurelianus, qui est l'an 592 des Grecs, parut [117] Mûnî2 qui était alors âgé de 33 ans. Son histoire est la suivante 3 : Un homme de Lapet, nommé Pâtîq, avait un fils de Taqsît (?) ; ils l'appelèrent Corbicus '*. Quand il était âgé de sept ans, la femme d'un Arabe nommé Scytianus* l'acheta. Celui-ci avait été élevé dans la doctrine des Egyptiens, et il introdui- sait les doctrines d'Empédocle6 et de Pythagore chez les chrétiens. Il avait un disciple nommé Boudos7, qui s'appe- lait auparavant Terbintos8. Celui-ci s'en alla dans le pays de Babylone avec la femme de Scytianus9. Il disait de lui- même qu'il était né d'une vierge. Il fit quatre livres; il en appela un «Mys- tère » ; l'autre « Evangile »; le troisième « Trésors » ; le quatrième « Chapitres » 10. Comme il voulait faire paraître quelque apparence de miracles et de visions, il fut frappé par l'esprit11 et mourut. Après que Paul eut été chassé, le 16° évêque [d'Antioche] fut Doranus13, [117] et le 17e Timothée13. A Alexandrie, le 14° évêque fut Maxi- mus, pendant 17 ans14. A cette époque florissait par sa doc- trine Eusèbe, évêque de Laodicée13. A Rome, le 25e évêque fut Félix, pen- dant 15 ans16. Jusqu'à cette époque, le trône de Jacques, frère de Notre-Seigneur, était conservé par les frères, comme dit Eu- sèbe dans le VIIe Livre 17, et il montre par là que les anciens honoraient de cette façon les hommes saints. Eusèbe dit aussi18 que l'Apocalypse de Jean n'est pas de l'Apôtre, mais de Jean le prêtre ou de Cérinthe qui enseignait [que les élus] mangeraient et boiraient sur la terre10. On reconnaît qu'il en est ainsi parce que le style de l'Apocalypse ne ressemble pas à celui de l'Evangile et de l'Epître; et parce que Jean l'évangé- liste ne met point son nom dans ces livres, 1. H. a. 2301: apud Margum; Arm. 2302: in Cornacis. 2. à Mavdç — 3. Cf. Épiph., Adv. Ilsereses, P. Gr., t. XLII, col. 30 sqq., et surtout l'histoire de Manès racontée par Théodore Bar-Khouni, dans Pognon, Inscript, mandaïtes dus Coupes de Khouabir, p. 125-131, 181-193. — 4. Ko'jpSixo;. — 5. Ms. : « nommée Sytîna », mais le nom est écrit correctement plus bas, et il s'agit du mari. — 6. Lire : >m>»oot91. Cf. Sogr., Hist. eccles., I, xxn. — 7. BouSôà. — 8. Tépoivôo;. — 9. Sxuôtavoç. — 10. Lire : I—*»» (et non : LÀ»»*). —11. Le texte est obscur. Bar-Khounî dit : « Tandis qu'il accomplissait de mystérieuses pratiques de magie, il fut frappé par l'esprit et mourut ». Selon Epiphane, il fut précipité par un ange du toit de sa maison où il était monté pour accomplir ses pratiques magiques. 12. E. a. 2283. — 13. H. a. 2288 : Timseus. — 14. H. a. 2281 ; Arm. 2282. — 15. H. a. 2290; Arm. 2292. — 16. H. a. 2294; Arm. 2289. — 17. Chap. xvm. — 18. //. E^, VII, xxv. — 19. Il doit manquer quelques mots dans le texte; le ms. porte littéralement : « qui enseignait le manger et le boire sur terre. » LIVRE VI. CHAP. IX 199 La femme qui habitait près de lui, après lavoir enseveli, prit Por qu'il avait amassé et acheta l'enfant dont nous avons parlé et qui s'appelait Corbicus. Après l'avoir instruit dans ces livres elle mourut. Lui prit la fortune et les livres et vint à Lapet. Là il se fît appeler Mânî et il séduisait beaucoup de gens à l'aide de ces livres. Il les donnait comme chré- tiens. Voyant qu'il marchait dans les doctrines des Nazaréens, ils le firent prêtre. Il devint interprète des Ecri- tures et disputait contre les Juifs et les païens. Parmi ceux qui étaient avec lui il envoya Adœus prêcher dans le Beit Aramayê, et Thomas [118] dans l'Inde. Quand ils revinrent et lui firent savoir que personne ne les avait reçus, il aban- donna la doctrine des chrétiens et se proclama le Messie et l'Esprit-Saint. Il réunit douze disciples ; il souffla sur eux, et ils partirent pour séduire le monde. Il dit [qu'il y a] un dieu dans la Lumière, [qu'il appelle le Bien]1 et qui occupe les régions orientales, occidentales, septen- trionales et supérieures. L'autre, qu'il nomme le Mal, est dans la Matière; il oc- cupe les régions australes et inférieures. La Matière ayant été troublée, ses enfants s'insurgèrent les uns contre les autres : [ce sont] les démons, le feu, Peau et les comme il est mis dans celui-ci; et encore parce que l'écrivain n'était pas familia- risé avec la langue grecque, mais se sert de temps en temps d'un langage barbare. « Je ne refuse pas d'admettre, dit-il, que l'auteur a eu une révélation divine et le don de prophétie*. » . . . Nous écrivons les histoires des choses qui se sont passées de notre temps. — Il dit aussi3 à propos de Paul de Sa- mosate qu'il se servait de la religion comme d'un négoce. Il se conduisait avec un esprit arrogant et orgueilleux, qui convient aux dignités mondaines1. Il s'était établi un tribunal et un trône non comme il convient aux disciples du Christ, mais bien aux juges séculiers. Quand il rendait un jugement quel- conque [118] il frappait des mains [sur sa cuisse]3 et frappait du pied sur son tribunal. A cette époque, le 26e évêque0 de l'Église de Rome fut Eutychianus, pen- dant 8 mois; et après lui, le 27e, Gaïus, pendant 17 ans, A Antioche était le 18e évêque, Cyril- lusT. A Alexandrie, le 15e évêque futTheo- nas, pendant 19 ans8, A Laodicée était Eusebius. Il eut pour successeur Anatolius qui était célèbre 1. Il y a ici une lacune de quelques mots que je restituerais volontiers ainsi : |or^ [M*] I©« î-50! 2. Eus., loc. cit., : toÙtm ôè 'ArcoxaXu^tv Iwpocxlvcu, xoù yvùxnv e'cXr)*. ^.v] i.wOf*l= (BH., Chr. eccl., I, 57; uxiwv Se t?, yj.iç>\ xov (Aï)p6v). — 6. H. a. 2298; Arm. 2296. Notre ms. porte par erreur : le 22* et le 23e. — 7. H. a. 2297. — 8. H. a. 2299 , Arm. 2302, 200 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN idoles. En se poursuivant les uns les autres, ils arrivèrent jusqu'au ciel, lieu de la Lumière, et ils voulaient mélanger leurs ténèbres avec la Lumière et avec le Bien. Quand Dieu les vit, il les enchaîna en cet endroit1. Il prit une parcelle de la Lumière, et la jeta vers la matière. Celle-ci, l'ayant absorbée, y demeura attachée. A cause de cela Dieu fut contraint de créer le monde. Ils disaient qu'Adam et Eve prove- naient de Séqla, le prince de la Ma- tière, et de Nabrôël8. Ils disaient que le soleil et la lune sont des barques qui reçoivent les âmes des hommes et tout ce qu il y a de Bon mélangé avec la Ma- tière, et le font monter au lieu de la Lumière, jusqu'à ce que la Lumière soit purifiée du mélange avec le Mal ; et alors, Dieu livrera la Matière au feu, avec les âmes de ceux qui n'ont point cru en Mânî, et elle sera3... Ils disaient aussi que le mariage vient du Mal, et ils niaient la résurrection. Ils disaient que les âmes changent successivement de corps; que tout est animé : même la terre et les eaux; que Notre-Seigneur n'a pas pris un corps [119] et une âme, mais qu'il s'est manifesté et a souffert en apparence. Ils enseignaient qu'il y a 25 dieux qui ont 12 femmes, et d'autres mystères aussi honteux. dans l'enseignement de la philosophie. Ils étaient tous les deux d'Alexandrie et ils étaient considérés comme des maîtres dans les sciences sacrées et profanes4. Avant eux était Socrate, et après eux fut Theodotus, qui justifia son nom et son titre d'évêque par ses œuvres; il était très versé dans fart de guérir le corps, et il n'avait point son pareil dans la mé- decine de l'âme. Il faisait paraître une grande charité; il s'affligeait et souffrait avec ceux qui étaient dansle besoin, pour leur utilité5. A cette époque florissait aussi Theo- teenus6 de Césarée de Palestine, par sa doctrine remarquable. Il eut pour suc- cesseur Agapius7 qui prenait grand soin des pauvres qui étaient dans son dio- cèse. De son temps florissait Pamphy- lius, homme illustre et philosophe de vérité; il était prêtre de l'église de cet endroit8. A cette même époque florissait aussi Meletius9, évêque de l'église du Pont,qui brillait dans l'enseignement de la phi- losophie et de la religion. Ce Meletius [119] était appelé mel Atticœ 10 par les hommes instruits, et il justifia pleine- ment son nom. A Byzance, le 21e évêque fut Domi- tianus, pendant 23 ans. Acette époque, Cosmas et Damianus11 1. Le ms. peut se lire : »oo1 « il incendia », ou : « il honora », mais il faut corriger « il lia ». — 2. Théodore Bar-Khouni appelle les parents d'Adam et d'Eve sàSû*.| et ^*|;-soj (Pognon, op. cit., p. 130). — 3. Les deux mots suivants ne donnent j)as de sens satisfaisant. 4. Cf. H. E., vii, xxxr. — 5. Ibidem. — 6. Ms. : Théotoqos. — 7. ©eotexvov... 'Ayamoç StaSlxexat (ibid.). — 8. H. E., vii, xxxr. Pour S. Pamphile, cf. Acta Sanctorum, 1er juin. — 9. Eus., H. E., vii, xxxr. MêXItio;. — 10. Lire : >-û»(J» ; to uIai xrjç 'Armer};. — 11. Sur les SS. Cosme et Damien, v. Acta Sant., 27 sept. LIVRE VI. CHAP. X 201 Mânî, ayant promis au roi des Perses souffrirent le martyre du temps du per- de guérir son fils et ne l'ayant pu, séeuteur Numeriusâ.—Fin. s'enfuit en Mésopotamie. Le roi des Perses le trouva; il le fit écorcher, fit remplir sa peau de paille et la fit suspendre au mur1. Telle fut la fin de l'impie Mânî. — Fin. CHAPITRE X DU LIVRE VI. — Du temps de la famille de Dioctétien et de ses collègues. Dioclétien régna, selon ce canon, en Pan 604 des Grecs (mais selon d'autres, en l'an 594j qui est l'an 353 des Antiochéniens5; et de là commence le comprit de Dioclétien*. Trois autres régnaient avec lui5 : Maximianus qu'il avait associé lui-même à l'empire, à qui il donna pour femme sa fille Dioclétiana6, et qui est surnommé Herculius; Maxentius, fils de Maximianus, qui régnait à Rome; et Constantinus7 qui régnait en Gaule et en Bretagne. Dioclétien et Maximianus régnaient en- semble dans la contrée d'Orient et dirigeaient les affaires de concert. A cette époque l'Egypte se révolta, et les Romains allèrent la soumettre et tuèrent beaucoup de peuple8. 1. Théodore Bar-Khouni dit : « à la porte de Beit Lapet. » (Pognon, op. cit., p. 126.) 2. Lire : Numerianus (?). Les Actes placent leur martyre sous Dioclétien. 3. Au lieu de « indiction » il faut probablement lire : U^â-'l « selon les Antiochéniens », cf. H. a. 2321 : « Primus annus Persecutionis, secundum Antiochenos ann. CCCLI. » — 4. BH. (Chr. syr., p. 58) dit le comput « des Égyptiens ». Il s'agit de l'ère des Martyrs, dont le point de départ est en effet fixé par les Égyptiens à l'avènement de Dioclétien (29 août 284). — 5. L'exposé de l'auteur est tellement confus que nous devons rappeler ici, pour l'intelligence du texte, la série des derniers empereurs païens : L'empereur Dioclétien (284) s'associa (286) Valerianus Maximianus Herculius. Le 1er mars 292, il proclama Césars : Galerius Maximianus qui épousa sa fille Valéria, et Constanlius Chlorus. Le 1er mai 305, Dioclétien et Maximien Hercule abdiquent. Galérius proclame Césars : Daza, surnommé Maximinus (Syrie et Egypte), et Flavius Severus (Italie et Afrique). — Maxentius se fait proclamer à Rome (oct. 306) et rappelle son père Maximianus Herculius. Constance meurt (25 juill. 306) et son fils Constantin, proclamé empereur, force Maxi- mien à se tuer (310). Galérius meurt en mai 311 ; Maximinus et Licinius, qui avait été proclamé Auguste par Galérius, se partagent ses provinces. Constantin défait Maxentius qui se noie dans le Tibre (28 oct. 312); Maximin s'empoisonne à Tarse (août 313). Enfin, Licinius, qui venait de s'as- socier Martinianus (323), fut dépossédé de l'empire par Constantin qui devint seul empereur (3 juill. 323). Voir l'Introduction. — 6. C'est Galerius Maximianus qui épousa Valérie, fille de Dioclétien; l'auteur confond dans ce chapitre Maximianus Herculius et Galerius Maximianus. — 7. Constance Chlore. — 8. Cf. H. a. 2314; Arm. 2312. I. 26 202 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN En l'an 11 de Dioclétien, commença à régner en Perse Narsès, pendant 7 ans ; son fils Ho[r]mizd lui succéda pendant 5 ans. En Pan 19 de Dioclétien, il ordonna de détruire les églises. Le total des années depuis la naissance de Notre-Seigneur [ 120] est de 284 ans \ La persécution fut accompagnée de la famine. Le modius de froment se ven- dait 2500 mines2. Maxim[ian]us mourut après avoir régné 3 ans; et Maxence fut tué après avoir régné 6 ans. — Sévérus régna pendant 1 an et mourut*. — Licinius fut tué après [avoir régné] 17 ans*. En Pan 20 de son règne, Dioclétien ayant ordonné tyranniquement de démolir les églises, fut frappé : ses parties génitales pourrirent, comme l'expose ample- ment Eusèbe5. Il abandonna l'empire à Maxim[in]us qui était en Cilicie, et il mourut. Ensuite, Maxim[in]us mourut aussi; il eut pour successeur Martinianus qui fut tué après trois mois 6. Constantin père de Constantin le Victorieux, commença alors à régner. Il avait deux femmes : Hélène, mère de Constantin le Victorieux, et Théodora, fille du tyran Maximianus. — En la 8e année de son règne, il associa à l'empire son fils Constantin le Victorieux. — Fin. A cette époque, Arius fut anathéma- tisé par saint Pierre. x A cette époque, en Pan 19 du règne de Dioclétien, parce que notre iniquité s'était multipliée, que les chrétiens s'é- taient élevés les uns contre les autres, le Seigneur dans sa colère obscurcit la fille de Sion. Aux approches de la grande fête de Pâques, on répandit partout des écrits à notre sujet ordonnant8 que les églises fussent rasées jusqu'aux fonde- ments, les vêtements sacrés brûlés et tous ceux qui portaient le nom de chré- tiens [saisis et] jetés dans les fers9. A Byzance, le 21e évêque fut Probus10 pendant 11 ans. Dans l'église d'Alexandrie, le 16e évêque fut Pierre, pendant 11 ans. — Il fut couronné du martyre. Alors qu'il gouvernait vertueusement l'église, la persécution s'éleva, en l'an 3 de l'épi- scopat du bienheureux Pierre. Quand Dioclétien se mit à persécuter violem- ment les chrétiens, Pierre déploya son zèle; il encourageait tous les fidèles d'E- gypte à persévérer dans la foi et à sup- porter les combats. Il usait d'une grande longanimité. En l'an 9 de la persécution, 1. C'est la date qui correspond réellement à l'avènement de Dioclétien ; mais l'auteur (sans doute par suite des erreurs de chiffres dans les Tableaux) la met en concordance avec l'an 19 de cet empe- reur. — 2. Cf. H. E., IX, vm: èvb; u-érpou Ttuptov SicrxiXïa; xat itîviraxoaîa; 'AxTixàç àvnxaTa).XâTTS<7Ôat. — 3. H. a. 2322, 2323. — 4. Ms. : Elicianus. Cf. H. a. 2324, 2340. — 5. //. E., VIII, xvr. — 6. Martinianus fut associé à l'empire par Licinius en 323. Cf. p. 201, n. 5 — 7. Constance Chlore. 8. Lire : xr'â.S (et non : sÎ-û-9). — 9. Cf. H. E., VIII, n. 10. Lire : '«oaao;3, d'après le Pseudo-Dorothée. » LIVRE VI. CHAP. X A cette époque, plusieurs cédèrent à la contrainte et succombèrent ; mais beaucoup de martyrs choisis et coura- geux persévérèrent jusqu'à la mort. A cette époque, le diacre Arius fut anathématisé par Pierre. Il fut précipité de plus en plus dans le mal, par son expulsion; il vomit son venin et devint le chef d'une hérésie perverse. Il désirait l'épiscopat, et en vue de cela il remuait toute pierre. Or, Arius ayant été or- donné prêtre par Achillas, successeur de Pierre, à Alexandrie, il fut de nou- veau anathématisé par Achillas lui- même; et de nouveau il fit paraître son impiété et séduisit beaucoup de gens. Il se fit un parti d'hérétiques1. [120] Dioclétien ayant été frappé de maladie, vivait comme un paysan2. Il confia l'empire à Maxim[ian]us3, son gendre, qui fit lui-même souffrir beau- coup de maux aux chrétiens. — Le mal de Dioclétien s'aggrava, des ulcères se formèrent dans ses entrailles et des abcès dans ses membres secrets : il en sortait des vers et une odeur fétide*. Il comprit enfin que c'était un châtiment de Dieu, à cause de ce qu'il avait fait aux chrétiens. C'est pourquoi, il écrivit de tous côtés et ordonna de laisser les chrétiens vivre il fut couronné par le glaive. Avec lui subirent le martyre ses prêtres Faus- tus5, Dius et Ammonius ; et, parmi les évêques de l'église d'Egypte : Philéas, Hesychius et Theodorus. Quant aux autres qui subirent le martyre, même parmi les officiers du palais royal, dans toute la contrée d'Egypte et à Alexan- drie, [quant] aux prêtres et aux évêques qui souffrirent à cette époque, à la mul- titude des fidèles qui supportèrent cou- rageusement la lutte du martyre à Nico- médie, en Phénicie, enPhrygie, [120] en Syrie, et quant à la destruction des églises, Eusèbe de Césarée en parle suf- fisamment dans son Livre6. A cette époque, Yôna7, évêque d'E- desse, jeta les fondements de la Grande église d'Edesse 8. Yôna étant mort, il eut pour successeur Sa'outa9, qui acheva l'église, et elle fut appelée 'Ayîa Sofia. Année 63410. Ensuite Edesse eut pour évêque Aitallaha qui bâtit le côté oriental de cette église. Il bâtit aussi le cimetière des étrangers11. Année 656. Ensuite vint Abraham commeévêque d'Edesse;il bâtitle temple de la Maison des Confesseurs13. Année 681. Et (Barsê) bâtit le baptis- tère l>. 1. Lacune de quelques mots. — 2. puganus. Littéralement : « circulait sous l'habit de paysan. » — 3. Galerius Maximianus. — 4. Cf. H. E., VIII, xvr. 5. Ms. : Festus : Lire : ux>a£>coa9, //. E., VIII, xm. — 6. Hist. eccl., VIII, r-xni. — 7. Chronicon Edess., no xn : ^ao. BH. : — 8. Cette liste des évêques d'Edesse est à comparer avec les pas- sages correspondants du Chronicon Edessenian (B. O., I, 387 sqq.) et du Pseudo-Denys de Tell- Mahré. Cf. Hallier, Untersuchungen ûberdie Edessenische Chronik, p. 6-9. — 9. Chr. Edess., n° xn : a»; BH. : Lo>a. — 10. La comparaison avec le Chronicon montre que la date se rapporte à ce qui suit. — 11. Chr. Edess., n" xiv; an. 636. Cf. p. 246. — 12. Chr. Edess., no xvrti ; an. 657. Cf. p. 270. — 13. Chr. Edess , no xxix. BH. (Chr. eccl., I, 66) qui suit textuellement Michel insère ensuite le nom de Barsé, il est probable qu'il y a une ligne omise dans notre ms. Cf. pp. 270 et 277. 26* 204 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN ouvertement selon leurs coutumes et rebâtir leurs églises, et de faire cesser la persécution. Il demandait qu'ils priassent leur Dieu pour sa vie1. — Le tyran Maximianus2, qui était en Orient, ne voulait point mettre fin à la persécu- tion contre les chrétiens, et ne pouvant abolir l'ordre [de l'empereur], il la fît cesser involontairement*; mais après quelque temps il se dévoila et dit que les dieux lui avaient révélé que les chrétiens devaient être chassés des villes dans les campagnes; et de cette façon la persé- cution recommença contre nous*. Alors, Dieu châtia le pays par la disette de pluie, la famine et la peste, au point qu'on je- tait dix cadavres dans une même fosse et que le modius de froment se vendait 2700 mines5. Ce tyran Maximianus étant occupé à la guerre avec les Arméniens, la fureur [de la persécution] se calma dans les villes. Ensuite le sceptre de la justice l'atteignit aussi ; il fut frappé d'une dure et cruelle maladie6. Dioclétien mourut avec Maximianus; ils quittèrent la vie et lempire, et main- tenant, ils sont réservés pour le juge- ment de justice, qui rendra à chacun Année 689. En cette année, les ortho- doxes d'Edesse enlevèrent la Grande église aux Ariens qui s'en étaient em- parés injustement7. Eulogius fut évêque d'Edesse. Il bâtit Beit Mar Daniel, qui fut surnommé Mar Dimit8. Du temps de cet évêque9, on apporta des Indes h Edesse la châsse de Mar Thomas l'apôtre, et on la déposa dans l'église même de Mar Thomas. Année 723. Mar Rabboula fut évêque d'Edesse. Il bâtit Mar Etienne, qui était la synagogue des Juifs10. Dans l'Eglise de Rome, le 28° évêque fut Marcellianus11 pendant 10 ans; en- suite, le 29e Miltiades1* pendant8 ansls. A Antioche, le 19e fut Tyranios14. A Jérusalem, le 39e fut Zabdas15, etle 40 : Hermon 16. A cette époque Grégoire d'Arménie subit le martyre ayant été condamné, à cause du Christ, par son cousin Dartat, roi des Arméniens17. Dans l'Eglise de Rome, le 30e évêque fut Sylvestre18, qui reçut, à l'âge de 30 ans, l'ordination de Miltiades. Il con- vertit beaucoup de païens, etil prophétisa la mort de Tarquinus, le préfet persécu- 1. Cf. H. E. VIII, xvii. — 2. Le César Maximiii. — 3. H. E., IX, 1. — 4. Cf. H. E., IX, m. — 5. Cf. ci-dessus, p. 202, n. 2. — 6. H. E., IX, vni-ix. 7. Chr. Edess., no xxxm. Cf. ci-dessous, p. 309, n. 9. — 8. Chr. Edess., n° xxxiv ; an. 689. Cf. ci- dessous, p. 309, n. 10, et p. 321, n. 4. — 9. Chr. Edess., n° xxxviu : « du temps de Qoura »; an. 705. Cf. ci-dessous, p. 321, n. 5. - 10. Chr. Edess., n° li. ^f. ci-dessous, p. 321, n. 9. — 11. H. a. 2313. Ms. : Mar Minus ! Restituer : ^.ai^o^o. — 12. Ms. : Melidilos. — 13. H. a. 2321 : « Romaî XXVIIII episcopus constituitur Eusebius mensibus VII. Post quem XXX ecclesiam tenet Miltiades ann. IIII. » Michel omet Eusèbe. — 14. Tûpavvo;. H. a. 2319. — 15. ZaëSàç; H. a. 2316, le 37c; Arm. 2317, le 38". —16. H. a. 2319 : le 38c, Arm. 2319 : le 39e. _ 17. Cf. ci-dessous, p. 243. — 18. SÎXSsaTpoç. H. a. 2326. LIVRE VI. CHAP. X 205 selon ses œuvres, sans acception de per- sonne, et sans miséricorde. Après ceux-ci régna Constantin, père de [121] Constantin le Victorieux, qui avait été empereur en Gaule du vivant de Dioclétien. Il régna en tout 12 ans ; il vécut 60 ans. — Fin, par la vertu de No tre • Seigneur. teur des chrétiens. Le lendemain, comme celui-ci mangeait [121] un pois- son, une arête l'étrangla et il mourut1. L'empereur Constantin entra à Rome. Sylvestre et tous les chrétiens prirent la fuite devant lui*. Et le 25 de tamouz3 (juillet) Cons- tantin4 mourut. Il laissa l'empire à son fils Constantin. — Fin. Fin du sixième Livre qui comprend dix chapitres, et Vespace de 212 ans; c'est- à-dire jusqu'à l'an 5816 depuis Adam, pendant le cycle de trente empereurs des Romains. 1. Cf. la version syriaque des Actes de S. Sih'eslre (Land, Anecdota sacra, III, 48). — 2. Op. cit., p. 52-53. L'auteur, qui donne le nom de Constantin à Constance Chlore, a confondu plusieurs fois les événements qui se rapportent à ces deux personnages. C'est ainsi qu'il attribue la légende de la lèpre à Constance Chlore (cf. ci-dessous, p. 241) et c'est évidemment lui qu'il a en vue dans cette phrase. — 3. Lire : c*-; (25 juill. 306). — 4. Lire ; Constance Chlore. Voir le tableau généa- gique de la famille de Constantin à la fin du volume. au TABLEAUX NOTE sujet des CHRONOLOGIQUES Nous réunissons ici tous les Canons chronologiques répartis dans les six premiers Livres de la Chronique et nous y ajoutons le tableau placé au début du VIIe Livre (p. 121 du texte), qui complète la série empruntée à Eusèbe et qui s'arrête à l'an 20 de Constantin. La continuation de Jacques d'Edesse sera pareillement transcrite à l'endroit où elle se ter- mine, dans le XIe Livre de la Chronique. La transcription de ces Canons a donné lieu à de très nombreuses fautes. Ces fautes, nous l'avons constaté avec plaisir, ne sont pas imputables au copiste de notre manuscrit. Elles se trouvent déjà dans l'original d'Orfa, et sont reproduites identiquement dans la version arabe du British Muséum, ainsi que les notes marginales du scribe signalant ces erreurs (cf. ci-dessous, p. 223, n. 8; 231, n. 9; 232, n. 9; 237, n. 4 et 9; 238, n. 1 et 8). Nous avons restitué la partie des canons antérieure à fère chrétienne sans indiquer toutes les corrections que nous avons dû faire. La disposition du manuscrit s'accorde tantôt avec la version latine d'Eusèbe, tantôt avec la version arménienne; parfois elle s'écarte de l'une et de l'autre. Nous avons adopté les restitutions qui semblaient le plus en harmonie avec le texte de Michel, essayant de présenter les chiffres non pas toujours tels qu'ils auraient dû être, mais do préférence, tels que l'auteur paraissait les avoir eus sous les yeux. Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, les erreurs sont encore plus nombreuses dans la partie qui va de l'ère chrétienne à Constantin. Mais, d'autre part, la restitution en était plus facile et plus sûre, à cause des indications contenues dans le texte. Nous croyons avoir réussi, pour cette partie, à présenter exactement le tableau que Michel avait sous les yeux; sauf, peut-être, pour la concordance des Olympiades au sujet desquelles il reste un doute (cf. p. 238, n. 13). En effet, toutes les dates du texte concordent avec celles du tableau restitué, à l'exception de deux ou trois qui devront être considérées comme des fautes de copistes. La comparaison des tableaux et du texte permettra aussi de reconnaître et quelquefois de corriger certaines erreurs de ce genre dans la partie antérieure à l'ère chrétienne. Toutes ces divergences seront examinées et discutées, et les corrections à introduire dans le texte seront signalées dans le chapitre de l'Introduction consacré à la Chronologie. J.-B. Ch. TABLEAUX CHRONOLOGIQUES DES SIX PREMIERS LIVRES il 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 Ici régna Sémiram. 42 ans 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45s 3. Telchin 20 ans 3 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 4i 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 .2* 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 45 35 1 45 46 46 36 2 46 47 47 37 3 47 48 48 38 4 48 49 49 39 5 49 50 50 40 6 50 51 51 41 7 51 52 52 42 8 52 3. Zamios 38 ans 53 53 1 9 53 54 bi 2 10 54 55 55 3 11 55 56 56 4 12 56 457 57 5 13 57 58 58 6 14 58 59 59 7 15 59 60 60 8 16 60 61 61 9 17 61 62 62 10 18 62 63 63 11 19 63 64 64 12 20 64 65 65 13 21 65 66 66 14 22 66 67 67 15 23 67 68 68 16 24 68 69 69 17 25 69 5. Telxion 52 ans s 70 70 18 1 70 71 71 19 2 71 72 72 20 3 72 73 73 21 4 73 74 74 22 5 74 75 75 23 6 75 76 76 24 7 76 77 77 25 8 77 78 78 26 9 78 79 79 27 10 79 80 80 28 11 80 81 81 29 12 81 82 82 30 13 82 83 83 31 14 83 84 84 32 15 84 85 85 33 16 85 86 86 34 17 86 87 87 35 18 87 S > •a X 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 * s 35 "3 89 90 36 37 38 S -2 19 20 21 4. Arius 30 ans6 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 2. Isaïc 60 ans 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 15 16 17 18 19 20 25 26 27 28 29 30 46 47 48 49 50 51 5. Aralius 40 ans 21 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 113 114 115 116 117 118 119 120 121 1. Les chiffres des deux premiers tableaux (p. 18 et 19) sont disposés confusément. Nous rétablissons l'ordre. — 2. Le tableau ajoute 46 contrairement au texte. — 3. Telchin et Apis sont omis dans notre copie. — 4. Page 19 du texte. — 5. Ms. : Alsîgân. Rest. : Na^x^L, ®exç!Uv. - 6. wW, "Apsioç. — 7. P. 20. La lacune de la p. 20 devait renfermer un tableau comprenant les années 115-238; nous le suppléons d'après H., en supprimant quelques chiffres intermédiaires. 208 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN SOMME des années HÉBREUX Isaac ASSYRIENS Aralius SICYONIENS 6. Aegydrus 34 ans ÉGYPTIENS XVie dyn. SOMME des années HÉBREUX Jacob ASSYRIENS 8. Belochus 35 ans SICY0N1EN8 Leucippus ARGIENS Foroneus ÉGYPTIENS XV1I« dyn. SOMME des années HÉBREUX Jacob ASSYRIENS Baleus SICYONIENS Messapus a m <* Z «5 3 -2 5 ^ 1 ro ÉGYPTIENS XVlle dyn. 122 « 125 130 135 140 145 150 155 22 25 30 35 40 45 50 55 2 5 10 15 20 25 30 35 4 9 14 19 24 29 34 122 125 130 135 140 145 150 155 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 39 40 41 42 43 44 43 46 47 48 271 272 273 274 275 276 277 278 279 111 112 113 114 115 116 117 118 119 8 9 10 11 12 13 14 15 16 18 19 20 21 22 23 24 25 26 1 2 3 4 5 6 7 8 9 22 23 24 25 26 27 28 29 30 7. Thvrima-ohus. 45 ans Apophis t4 ans 8 •239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 792 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89 112 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 392 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 292 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 49 503 51 52 53 34 55 56 57 58 593 156 160 56 60 36 40 1 5 156 160 280 281 120 121 17 18 27 28 10 11 1 2 des années a o a M « a & , 3 z -g o S ë >• '<<, s S- en s Z -S z s O .= s» £ u s «g 55 « S S e a ce . Z C S- Cl, " s~ r- -H ^ 4. Joseph 80 ans 282 283 284 285 286 287 288 289 290 291 292 293 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 161 165 170 175 180 185 190 1 0 10 15 20 25 30 1 5 10 15 20 25 30 6 10 15 20 25 30 35 1 5 10 15 20 25 30 161 165 no 175 180 185 190 Armis 30 ans4 250 251 252 253 90 91 92 93 22 23 24 25 50 51 52 53 40 41 42 43 15 2 3 4 7. Armamitrès 38 ans XVII» dyn. Pasteurs 103 ans 9. Messapus 47 ans 6 191 195 200 31 35 40 1 5 10 36 40 45 31 35 40 1 5 10 XVIII» dyn. Diopolite (i. Amosis 25 ans)9 254 255 256 257 258 259 260 261 262 263 94 95 96 97 98 99 100 101 102 103 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 8. Leucippus 53 ans 10 294 295 296 297 298 299 300 13*° 14 15 16 17 18 19 3110 32 33 34 33 36 37 4110 42 43 44 45 46 47 2410 25 26 27 28 29 30 1 10 2 3 4 5 6 7 201 205 210 41 45 50 11 15 20 1 5 10 41 45 50 11 15 20 ). Baleus1 52 ans 1 21 Foroneus 60 ans 10. ^rastus i 52 ans i 264 265 266 267 268 269 270 104 105 106 107 108 109 110 1 2 3 4 5 6 7 11 12 13 14 15 16 17 54 55 56 57 58 59 60 15 16 17 18 19 20 21 211 215 220 225 228 51 55 60 63 68 21 25 30 35 38 11 15 20 25 28 1 5 10 15 18 21 25 30 35 38 301 302 303 304 305 20 21 22 23 24 38 39 40 41 42 1 2 3 4 5 31 32 33 34 35 8 9 10 11 12 1. Page 21. — 2. Les chiffres se retrouvent d'accord avec H. ; mais dans le titre syriaque il faut corriger Belos en Belo- chus (col. 3) et substituer Leucippus à Thurimachus (col. 4). — 3. Ms. : 30-39, au lieu de 50-59. Le scribe a recopié la colonne voisine. — 4. H. poursuit la série des années 60-103, jusqu'à l'an 293. — 5. Titre omis. — 6. Ce titre est dé- placé dans le ms. et se trouve en face l'an 316. — 7. Ms. : Bateus. Rest. : n»oUU> ; BaAociô;. — 8. Ms. : Apophios. — 9. Ms. omet le nom, et ne donne que 24 ans; mais l'erreur est corrigée à l'an 318. —10. Tous les chiffres sont ici d'accord avec H. — 11. "EpacTtoç. Ms. : Taratosisia. H et A : 46 ans. TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 209 319 320 321 322 323 324 325 326 327 328 329 330 331 k s 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 4 5 6 7" 8 9 10 11 12 13 14 15 16 19 20 21 22 23 24 25 26 27 « 28 29 30 31 14 15 16 17 18 19 20 21 22' 23 24 25 26 Cu g 306 25 43 6 1 13 307 26 44 7 2 14 308 27 45 8 3 15 309 28 46 9 4 16 310 29 47 10 5 17 311 30 48 11 6 18 312 31 49 12 7 19 313 32 50 13 8 20 314 33 51 14 9 21 315 34 52 15 10 22 10. Altidos 37 ans* 316 35 1 16 11 23 317 36 2 17 12 24 318 37 3 18 13 253 Chebron 13 ans 1 2 3 4 5 6 7 8 9* 10 11 12 13 3. Amê- nophis 21 anso 332 51 17 32 27 1 333 52 18 33 28 2 334 53 19 34 29 3 335 54 20 35 30 4 336 55 21 36 31 5 337 56 22 37 32 6 338 57 23 38 33 7 339 58 24 39 34 8 340 59 25 40 35 9 341 60 26 41 36 10 o ta 85 S 342 343 344 345 346 347 348 349 350 351 352 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 11. Ma- mithos 25 ans11 H.Plem- naeus 43 ans ** Mêphrès 12 ans 353 354 355 356 357 358 359 360 361 72 73 74 75 76 77 78 79 80 49 50 51 52 53 54 55 56 Servitude d'Egypte 144 ans 362 363 364 10 11 12 10 11 12 57 58 59 10 11 12 *365 366 367 368 369 370 371 372 373 374 375 6 7 8 9 10 11 12 13 14 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 5. Misphar- mouthosis 26 ans" 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 376 377 378 379 380 381 382 383 384 385 386 387 388 389 390 391 392 393 394 395 396 397 398 399 400 401 " 60 t. S -S s c £ « 15 16 24 25 24 25 71 72 12. Mancha- leus 30 ans 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 73 74 75 76 77 78 79 80 81 82 83 84 85 30 31 32 33 34 14 15 16 17 18 39 40 41 42 43 86 87 89 90 12. Or- thopolis 63 ans*» 35 36 37 38 19 20 21 22 91 92 93 94 39 40 23 24 95 96 12 11 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 6. Tuth- mosis 9 ans 17 Ameno- phtes 31 ans10 1. Le ms. aj. : 51 ans; H et A : 70 ans. — 2. H et A : 32 ans. — 3. Omis, par suite d'une ligne passée à l'an 305. — 4. Tous les synchronismes sont d'accord avec H à l'an 319. — 5. Le scribe ayant placé les chiffres 6 et 7 sur une même ligne, le ms. présente une erreur d'une année dans la 3e col. jusqu'à l'an 353. — 6. Le chiffre 27 étant placé en face 328, il en résulte dans le ms. une erreur d'un an qui se poursuit jusqu'à l'année 342. — 7. Les chiffres 22 et 9 ayant été placés à l'an 328, il y a une erreur d'un an dans les col. 5 et 6, jusqu'à l'an 464 dans la col. 5 et jusqu'à l'an 353 dans la col. 6. — 8.V. la note 7.— 9. 'Au.u.£vwçt;. — 10. Ici commence la version arménienne du Chronicon. — 11. Mau.yôo?; ms.':^»iflm- los. H et A : 30 ans, qui commencent en 349. — 12. nXrjjxvaïoç. H : 48 ans; A : 45. Titre : 44 ans. — 13. Ms. : 25 ans; mais le tableau en exige 26. De plus au lieu de 1-11, le tableau continue la série 13-23. Cf. note 16. — 14. P. 22. — 15. Kpîacro;. — 16. Sic ms. Je crois qu'il faut corriger : ^eoao>Ux>l = 'A(x,svffr]ç, et voir là une tentative de correction au texte d'Eusèbe. V. le texte du Syncelle (E., Chr., I, 146). Au lieu de 12-26, le ms. porte 115, mais le nom suivant est à son année régulière. Sync. : 'Aa/aXatoç.— 17. Tou6u.wa^*r>? Bifto/oc;. — 7. 'EutoTCEu:. Nom et durée omis. — 8, AuyxEuç. Nom et durée omis. — 9. Le ms. ajoute, contrairement au titre, une 69e année. — 10. Nom et durée omis. — 11. Durée omise. — 12. P. 26. TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 213 SOMME des années HÉBREUX Aod ASSYRIENS A Iparès SICYONIENS Epopeus ARGIENS Lynceus CO K 03 a o •a s = « < ÉGYPTIENS Ménophis SOMME des années H D W 13 S O - ^ ASSYRIENS Lamprides SICYONIENS Laomédon ARGIENS Abamôn ATHÉNIENS Erecteus ÉGYPTIENS J Sethos j 614 615 616 617 618 619 2 3 4 5 6 7 7 8 9 10 11 12 21 22 23 24 25 26 21 22 23 24 25 26. 35 36 37 38 39 40 13 14 15 16 17 18 648 8 649 650 651 652 653 654 655 656 657 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 6. Erectheus 50 ans » 620 621 622 623 624 625 626 627 628 8 9 10 11 12 13 14 15 10 13 14 15 16 17 18 19 20 21 27 28 29 30 31 32 33 34 35 27 28 29 30 31 32 33 34 35 1 2 3 4 5 6 7 8 9 19 20 21 22 23 24 25 26 27 13. Protos* 17 ans 658 659 660 661 662 663 664 665 666 667 668 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 1 - 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 18. Laomédon 2 40 ans 629 630 631 632 633 634 17 18 19 20 21 22 22 23 24 25 26 27 1 2 3 4 5 6 36 37 38 39 40 41 10 11 12 13 14 15 28 29 30 31 32 33 19. Sicyôn 41 ans 10 669 57 32 1 12 50 28 12. Abamôn 3 21 ans 21. Sosarès 20 ans14 7. Cecropos1 40 ans1^ j 635 636 637 23 24 25 28 29 30 7l 8 9 1 2 3 16 17 18 34 35 36 670 671 672 673 674 58 59 60 61 62 1 3 4 5 2 3 4 5 6 13 14 15 16 17 1 2 3 4 5 29 30 31 32 33 20. Lamprides s 32 ans 14. Acrisius 31 ans13 638 639 640 641 20 27 28 29 1 2 3 4 10 11 12 13 4 5 6 7 19 20 21 22 37 38 39 40 675 676 677 678 679 680 681 682 683 684 685 686 687 688 689 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 ! XIX« dyn. « 1. Sethos ' 55 ans 642 643 644 645 646 647 30 31 32 33 34 35 5 6 7 8 9 10 14 15 16 17 18 19 8 9 10 11 12 13 23 24 25 26 27 28 1 2 3 4 5 6 1. 'Epî/6su;. — 2. Le ms. inscrit ce nom par erreur dans la col. des Argiens. — 3. H. et A. : Abbas, "Aëa?. — 4. Ms. : 42-55, au lieu de 7-20. — 5. Aafj.up£8ï];. — 6. Le ms. aj. : l^.»;*»} (corr. : l.^»!30), SaîtoH, mais à tort. Lire : Diospolite. — 7. SéOw;. — 8. P. 27. — 9. Ilpotro;. — 10. Sixvwv; H. : 45 ans. — 11. HwtrâpYi?. — 12. Ksxpo-]/. — 13. 'Axptcno;. 1. 27* 214 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN a -o x a ce § Z i. te Z 5fl S ce Z 3 ATHÉNIENS Cécropos t/3 Z „_ a a -eu g « g ce ^ m "* ce Z », w s ce Z o W js te z e M 'C ce Z ic SOMM des ani « ¦« X => •a b S- °- s ce * o S S « l'I të a -~ o '£ £ 5 ¦a 59 a § S te g a o es -a a _çu ¦M Q b b -o g 1» o (S të Z «a -a s z -S •a S S 8 H a, < H g •a 690 78 1 22 16 21 49 720 28 1 8 13 11 24 691 79 2 23 17 22 50 721 29 2 9 14 12 25 *692 80 3 24 18 23 51 722 723 30 31 3 4 10 11 15 16 13 14 26 27 " 10 724 32 12 17 15 28 5 Debora 40 ans 725 33 6 13 18 16 29 726 34 7 14 19 n 30 727 728 35 36 8 9 15 16 20 21 18 19 31 32 729 37 10 17 22 20 ' 33 693 1 4 25 19 24 52 730 38 11 18 23 21 34 694 2 5 26 20 25 53 731 39 12 19 24 22 35 695 3 6 27 21 26 54 732 40 13 20 25 23 36 696 4 7 28 22 27 55 Gédéon Ramsès 3 40 ans 66 ans 733 1 14 21 26 24 37 697 5 8 29 23 28 1 734 2 15 22 27 25 38 698 6 9 30 24 29 2 699 10 31 25 30 3 7 700 701 8 9 11 12 32 33 26 27 31 32 4 5 9. Aegeus 702 10 13 34 28 33 6 4S ans 12 703 11 14 35 29 34 7 704 12 15 36 30 35 8 705 13 16 37 31 36 9 735 736 3 4 16 17 23 24 28 29 1 2 39 40 737 18 25 30 41 0 3 -j » 738 6 19 26 31 4 42 te =o z 2 739 7 20 27 32 5 43 ds :g 740 8 21 28 33 6 44 z 2 -a r 741 9 22 29 34 7 45 o c 742 10 23 30 35 36 8 46 47 s ^ 743 11 24 31 9 «706 14 17 38 37 10 744 745 12 13 25 26 32 33 37 38 10 11 48 707 15 18 39 38 11 49 708 16 19 40 1 39 12 746 14 27 34 39 12 50 709 17 20 41 2 40 13 747 748 15 16 28 29 35 36 40 41 13 14 51 52 749 17 30 37 42 15 53 S.Pandiôn 750 18 31 38 43 16 54 25 ans 7 751 19 32 39 44 17 55 752 20 33 40 45 18 56 710 18 21 42 3 1 14 711 19 22 43 4 2 15 21. Inachus 712 20 23 44 5 3 16 42 ans'j 20. 753 21 34 1 46 19 57 Polybus « 40 ans Atreus et Thyestas ié 65 ans 713 21 24 1 6 4 17 714 22 25 2 7 5 18 715 23 26 3 8 6 19 754 22 35 2 1 20 58 716 24 27 4 9 7 20 755 23 36 3 2 21 59 717 25 28 5 10 8 21 756 24 37 4 3 22 60 718 26 29 6 11 9 22 757 25 38 5 4 23 61 719 27 30 7 12 10 23 758 26 39 6 5 24 62 1. Aau,7tpaY)ç. — 2. P. 28. — 3. Nom et durée omis dans le ms. — 4. Note : Commencement de l'empire des Mycéniens. — 5. Eùpucroeyç. — 6. P. 29.— 7. navStwv. Titre : 26 ans; mais le tableau n'en porte que 25, d'accord avec A. — 8. 116- >,jooç. — 9. navjâî. Titre omis dans le ms. — 10. P. 30. — 11. Ms. : 26 répété par erreur. — 12. Aîyîuç. Ms. Gaïus, 40 ans. — 13. "Iva/oç. — 14. 'Ax-psù; xas Buéera);. Titre omis dans le ms. TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) W -a S S o l ¦S œ '1 S ^ ce Z --c S S, « S" >« e < S 3 lî o <; Z « a ^ "So 5 | s> ¦H £ ,< ^ ^ ^ S % CO Z <* S s Z &î ¦a S < CO z * « -:- t § a ¦S o 13 CO -/) X « o œ S -a ci Z s s « ce b CO Z o. s s z *§ o 5 > JS O N CO co z 5 a S3 5^ z 5 SL -a à .S5 £ ^ !x ATHÉNIENS Thésée fils de Aegeus ÉGYPTIENS Aménophis 759 760 761 762 27 28 29 30 40 41 42 43 7 8 9 10 6 7 8 9 25 26 27 28 63 64 65 66 788 789 790 791 792 793 794 13 14 15 16 17 18 19 5 6 7 8 9 10 11 36 37 38 39 40 41 42 35 36 37 38 39 40 41 6 7 8 9 10 11 12 26 27 28 29 30 31 32 Aménophis 40 ans 1 763 764 31 32 442 45 11 12 10 11 29 30 1 2 22. Faestus 1 Sans7 1 795 796 797 20 21 22 12 13 14 1 2 3 42 43 44 13 14 15 33 34 35 24. Sosarmos 19 ans 3 765 766 767 768 769 770 771 772 33 34 35 36 37 38 39 40 1 2 3 4 5 6 7 8 13 14 15 16 17 18 19 20 12 13 14 15 16 17 18 19 31 32 33 34 35 36 37 38 3 4 5 6 7 8 9 10 Jaïr 22 ans 798 799 800 801 802 1 2 3 4 5 15 16 17 18 19 4 5 6 7 8 45 46 47 48 49 16 17 18 19 20 36 37 38 39 40 Abhnelek 3 ans ~23.Adras-tos 4 ans8 Amyntès 26 ans 9 4773 774 775 1 2 3 9 10 11 21 22 23 20 21 22 39 40 41 11 12 13 803 804 805 806 6 7 8 9 20 21 22 23 1 2 3 4 50 51 52 53 21 22 23 24 1 2 3 4 Thola 22 ans 24. /Wy- phalos 31 ans*0 776 777 778 779 780 781 782 1 2 3 4 5 6 7 12 13 14 15 16 17 18 24 25 26 27 28 29 30 23 24 25 26 27 28 29 42 43 44 45 46 47 48 14 15 16 17 18 19 20 807 808 809 810 10 11 12 13 24 25 26 27 1 2 4 54 55 56 57 25 26 27 28 5 6 7 8 26. Tau-tanès 31 ans'1 Thésée fiL de Aegeus 30 ans 8 811 812 14 15 1 2 5 6 58 59 29 30 9 10 783 8 j 19 31 30 1 21 25. Mit hr se us 27 ans 0 11. Menes- theus 23 ans»2 784 785 786 787 9 10 11 12 1 2 3 4 32 33 34 35 31 32 33 34 2 3 4 5 22 23 24 25 813 814 "815 16 17 18 3 4 5 7 8 9 (10 61 62 1 2 3 11 12 13 1. Ajj.[j.îv£cp6iç. — 2. Ms. place en 763 l'an 1 de Sosarmos et par suite inscrit 21 ans au tableau, bien que le titre n'en indique exactement que 19.— 3. Scoffapfjtoç.; ms. : Sosarômos.— 4. P. 31. — 5. ©ïjcjeoç Aîyéwç.— 6. Mtôpaïo;. A. : 25 ans. H. : 27 ans. — 7. Titre omis. H. : Festus. S. : "Hsoucttoç. — 8. Titre omis. "ASpaertoc;. — 9. Titre omis. 'Au^evIiAYi;. — 10. no).'jqpet8ir(:. — 11. Teûtau-o;; Ms. : Moutanès.— 12. Titre omis. MsveaÔs-jç. — 13. P. 32. 216 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN somme des années hébreux Jaïr assyriens Tautanès sicyoniens Polyphalos mycéniens A treus et Thyestas athéniens Ménestheus égyptiens Amyntes somme des années hébreux Labdon assyriens / Tautanès sicyoniens Pelasgus mycéniens Agamemnon athéniens Démophon latins. Commencement de leur empire Aeneas 3 ans égyptiens XX' dyn. Diospolite 816 817 818 19 20 21 6 7 8 10 11 12 63 64 65 4 5 6 14 15 16 8 839 840 7 8 29 30 2 3 21 22 4 5 l9 2 4 5 Samson j 20 ans Agam en-non 35 ans * 841 1 31 4 23 6 3 6 819 22 9 13 1 7 17 27. Teu taeus 40 ans < 2. Ascanius 38 ans*' Jephté 6 ans. 820 821 822 823 824 825 1 2 3 4 5 6 10 11 12 13 14 15 14 15 16 17 18 19 o 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 18 19 20 21 22 23 842 843 844 2 3 4 1 2 3 5 6 7 24 25 26 7 8 9 1 2 3 7 8 9 845 846 847 848 849 850 851 852 853 5 6 7 8 9 10 11 12 13 4 5 6 7 8 9 10 11 12 8 9 10 11 12 13 14 15 16 27 28 29 30 31 32 33 34 35 10 11 12 13 14 15 16 17 18 4 5 6 7 8 9 10 11 12 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Hesbon 7 ans 826 827 828 1 2 3 16 17 18 20 21 22 8 9 10 14 15 16 24 25 26 Thuoris 7 ans» Orestes 7 ans1* 829 830 831 832 4 5 6 7 19 20 21 22 23 24 25 26 11 12 13 14 17 18 19 20 1 2 3 4 854 855 856 857 14 15 16 17 13 14 15 16 17 18 19 20 1 2 3 4 19 20 21 22 13 14 15 16 19 20 21 22 Labdon 8 ans 26. Zeu-xippus 31 ans'3 833 834 835 1 2 3 23 24 25 27 3 28 29 15 16 17* 21 22 23 5 6 7 858 859 860 18 19 20 17 18 19 1 2 3 5 6 7 23 24 25 17 18 19 23 24 25 12. Démophon 33 ans» XX« dyn. Diospolite 178 anse Héli 40 ans Tsame- nes 55 ans 836 837 4 5 26 27 30 31 18 19 1 2 1 2 861 862 863 864 865 866 867 868 1 2 3 4 5 6 7 8 20 21 22 23 24 25 20 27 4 5 6 7 8 9 10 11 1 2 3 4 5 6 7 8 26 27 28 29 30 31 32 33 20 21 22 23 24 25 26 27 26 27 28 29 30 31 32 33 25. Pelasgus 20 ans 838 6 28 1 20 3 I 3 1 1. Ms. : 23 dans le titre; mais 35 dans le tableau. — 2. ©ovwpt'ç. — 3. Ms. : 17-21, au lieu de 27-31. — 4. H. ne poursuit la col. des Mycéniens que jusqu'à l'an 835. — 5. Titre omis. Ar^ocpwv. — 6. Ms. : Manethus, 178; c'est un reste du titre d'Eusèbe : « Ex tertio tomo Manethonis ». Le titre est correctement écrit en haut du tableau de la p. 33. — 7. nEAatryôî. — 8. P. 33. — 9. Ici se rapporte la note insérée dans le texte; ci-dessus, p. 56, 1. 25. — 10. Te'jtqlïoç. — 11. 'Aaxâvioç. — 12. 'OpÉtTTr,?. — 13. ZÊyijtTnro;. Ms. : Aukios, tableaux chronologiques (livres i-vi) 217 somme des années hébreux Héli assyriens Teutaeus sicyoniens Zeuxippus mycéniens Tsamenès athéniens 13. Oxyntés 12 ans1 Aseanius égyptiens XXe dyn. somme des années hébreux Samuel et Saùl 40 ans'* assyriens Othinaeus mycéniens Tsamenès athéniens Melanthus latins Aeneas égyptiens XX» dyn. 869 870 871 872 873 874 875 876 877 878 879 9 10 11 12 13 14 15 16 n 18 19 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 9 10 11 12 13 14 15 16 17 •18 19 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 28 29 30 31 32 33 35 35 36 37 38 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 901 902 903 904 905 906 907 908 1 2 3 4 5 6 7 8 20 21 22 23 24 25 26 27 41 42 43 44 45 46 47 48 12 13 14 15 16 17 18 19 22 23 24 25 26 27 28 29 66 67 68 69 70 71 72 73 4. Aeneas 31 ans13 3. Sylvius 29 ans8 909 910 911 9 10 11 28 29 30 49 50 51 20 21 22 1 2 3 74 75 76 880 20 39 23 20 12 1 45 29. Dercylus 40 ans '* 14. Aphidas 1 an3 912 913 914 915 12 13 14 15 1 2 3 4 52 53 54 5515 23 24 25 26 4 5 6 7 77 78 79 80 881 21 | 40 24 21 1 2 | 46 1 28. Othinaeus 30 ans4 In. Thy-moites 8 ans5 ta a a - c« X m •o -g =0 X T. z S ce o > ~ CO « CO Q < CO z g.s s * « c z^5 M s .m u z §„ o -s « S » »i •a 3 S a s, « -. h -a a. u > XI -§ x 882 883 884 885 886 887 888 7 889 22 23 24 25 20 27 28 29 l6 2 3 4 5 6 7 8 25 26 27 28 29 30 31 8 22 23 24 25 26 27 28 29 1 2 3 4 5 6 7 8° 3 4 5 6 7 8 9 10 47 48 49 50 51 52 53 54 18916 917 918 919 920 921 922 923 924 925 926 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 81 82 83 84 85 86 87 88 89 90 91 16. Melanthus 37 ans 10 890 891 892 893 894 895 896 897 898 899 900 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 1 14 2 3 4 0 6 7 8 9 10 11 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 17. Codrus 21 ans Jo 927 928 929 930 27 28 29 30 16 17 18 19 11 12 13 14 12 13 14 15 1 2 3 4 19 20 21 22 92 93 94 95 1. 'OÇyvTY)ç; Ms. : Amsktes. — 2. SiXoytoc;. — 3. 'Aopdôaç;. Titre omis. L'erreur est corrigée dans le tableau à l'an 889 par l'addition d'une 9" année au roi suivant. — 4. ©tvaïo;. — 5. Ms. : Aqolotes. Rest. : "v^axiot, ©uu.oÎty]ç. — 6. Ms. : 41-48, au lieu de 1-8. — 7. L'an 889 est répété par erreur dans le ms. — 8. Ici se rapportent les notes sur la fin de l'empire des Sicyoniens et des Érechtides (texte, p. 32; traduct., p. 56). — 9. Ici se rapporte la note relative aux Athé- niens (mêmes pages). — 10. MsAavOoc;. Titre omis. — 11. Le ms. continue la série des annéee 9-34, au lieu de 1-26. — 12. Titre placé à tort à la col. 3.— 13. H. : JEneas Sylvius. — 14. Aepxy).oc;. Ms. : Armaios. Rest. u>o<&>.o3i|}. —15. Ici se rapportent les notes insérées plus haut dans le texte (texte, p. 35; trad., p. 58). — 16. 'AX^ty]ç. — 17. 'EupudOeû;. — 18. P. 35. — 19. KôSpoç; ms. : Kodlos. I. 28 218 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN 1 * M ¦a S « 5 « ¦s sa assyriens Dercylus corinthiens Aletès lacedemon. Eurustheus athéniens Codrus latins Aeneas égyptiens XX» dyn. somme des années hébreux David assyriens Eupalès corinthiens Ixion lacedemon. 3. Echistratus 35 ans 8 athéniens Médon latins Latinus égyptiens XX» dyn. 931 932 933 934 935 936 937 938 939 31 32 33 34 35 36 37 38 39 20 21 22 23 24 25 26 27 28 15 16 17 18 19 20 21 22 23 16 17 18 19 20 21 22 23 24 5 6 7 8 9 10 11 12 13 23 24 25 26 27 28 29 30 31 96 97 98 99 100 101 102 103 104 959 960 961 962 963 964 965 966 967 19 20 21 22 23 24 25 26 27 8 9 10 11 12 13 14 15 16 8 9 10 11 12 ¦3 14 15 16 1 2 3 4 5 6 7 8 9 12 13 14 15 16 17 18 19 20 20 21 22 23 24 25 26 27 28 124 125 126 127 128 129 130 131 132 5. Latinus 50 ansl 2. Acastus 36 ans» 940 40 29 24 J 25 14 1 105 968 969 970 971 972 973 974 975 976 977 978 979 980 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 133 134 135 136 137 138 139 140 141 142 143 144 145 i. David 40 ans 2 f 941 942 943 944 945 946 947 1 2 3 4 5 6 7 30 31 32 33 34 35 36 25 26 27 28 29 30 31 26 27 28 29 30 31 32 15 16 17 18 19 20 21 2 3 4 5 6 7 8 106 107 108 109 110 111 112 2. Salomon 40 ans 1. Médon 20 ans s 948 949 950 951 8 9 10 11 37 38 39 40 32 33 34 35 33 34 35 36 1 2 3 4 9 10 11 12 113 114 115 116 981 982 983 984 985 986 987 988 1 2 3 4 5 6 7 8 30 31 32 33 3t 35 36 37 30 21 32 33 34 35 36 37 23 24 25 26 27 28 29 30 14 15 16 17 18 19 20 21 42 43 44 45 46 47 48 49 146 147 148 149 150 151 152 153 1 30. Eu-pales 38 ans* 2. Ixion 37 ans 5 «952 953 954 955 956 957 12 13 14 15 16 17 1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 5 6 37 38 39 40 41 42 5 6 7 8 9 10 13 14 15 16 17 18 117 118 119 120 121 122 3. Agelaus 37 ans1" 989 9 38 1 31 22 50 154 31. Laos-thènes 45 ans11 j6. Albas 39 ans1* . Aegis i an' 990 991 10 11 1 2 2 3 32 33 23 24 1 2 155 156 958 | 18 7 7 1 11 19 123 1. H. de même; A. : Eneas Syluas.— 2. A côté, cette note : Le premier roi des Juifs, David,régna 40 ans.— 3. MlSwv. Titre omis. Il était formé par cette note marginale : « Les rois des Athéniens ont duré pendant 48 i ans jusqu'au roi Codrus, Quand le roi Codrus fut tué, il y eut alors à Athènes des princes qu'on appelait « à vie ». Le premier fut Mé- don, fils de Codrus » (cf. ci-dessus, texte p. 36; trad. p. 42). — 4. Eùit E . =- S 1014 31 25 26 21 11 25 1 1015 35 26 27 22 12 26 2 1016 36 27 28 23 13 27 3 1017 37 28 29 24 14 28 4 1018 38 29 30 25 15 29 5 1019 39 30 31 26 16 30 6 1020 408 31 32 27 17 31 7 SOMME des années juda 3. Roboam 17 ans ISRAËL 1. Jéroboam 22 ans ASSYRIENS Laosthenès a ^ — « x « s ce -"3 O o LACÉDÉMON-. Labotes ATHÉNIENS Archipms LATINS Albas ÉGYPTIENS S menais 1021 1022 1 2 1 2 32 33 33 34 28 29 18 19 32 33 8 9 , s -a o .s e —. sv > 5 '5 b •a t 18 a h = s- :s 5^ S "5 £ a 1023 1024 1025 34 35 36 35 36 37 30 31 32 34 35 36 10 11 12 Prumnis 35 ans' 1026 1027 1028 37 38 39 33 34 35 37 38 39° 13 14 15 7. Aegyptus Sylvius 26 ans 10 1029 1030 9 10 9 10 40 41 36 37 16 17 5. Dorysthus 29 ans " «1031 1032 1033 1034 11 12 13 14 11 12 13 14 i> 2 43 44 45 9 10 11 12 18 19 20 21 32. Per- tiadès 30 ans13 1035 1036 1037 15 16 17 15 16 17 10 11 12 13 14 15 22 23 24 4. Abia 3 ans 1038 1039 18 19 13 14 16 17 10 11 25 26 Su sen- nes 41 ans14 1040 20 15 10 18 12 1. Arxêûi~r,i. Ms. : Labortius, 34 ans (corr 37). Dans le tableau les chiffres 7 et 29 ayant été passés, le dernier chiffre se trouve être 39, au lieu de 37. — 2. 'Ap^nuroç. Titre omis. — 3. P. 37. — 4. XXIe dynastie. EaivSic;. — 5. Ms. : 41 : par suite d'une erreur du copiste qui a écrit 21-22 sur la même ligne.— 6. ©épairoto:. — 7. npOjAVï):;. Ms., à tort : Aigialeus. — 8. P. 38. — 9. Ms. : 40, par suite de l'inscription des chiffres 9-10 sur la même ligne. — 10. Ms. : Aphotos Silua- nios, 26 ans; Arm. : Epistus Siluas, 26 ans. H. : Aegyptus Silvius, 24 ans. La divergence entre H et A continue jus- qu'à Romulus (ann. 1265). Le titre est répété dans le ms. aux ann. 1026 et 1029. — 11. AôpuaGoç. — 12. Lacune dans la vers. arm. de 1031 à 1099. — 13. IIspT'.âSYiî. — 14. Toutrlvvr,;. — 15. Une 4e année ayant été inscrite par erreur au ta- bleau, l'an 1 d'Asa a été placé à l'an 1042, et cette erreur d'une année se répète pour les autres rois de Juda jusqu'à la fin. 220 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN SOMME des années a es 25 ISHAEL Jéroboam ASSYRIENS Pertiadès CORINTHIENS Prumnis S5 e» O 3 S <: •a c •w k ATHÉNIENS Tersippus LATINS Aegyptus Sylvius ÉGYPTIENS Susennes SOMME des années JL'DA Asa ISRAËL Basa s •SI 0> - « 2 5 >. ¦« a ce O ~' CORINTHIENS Bacchis LACEDEMON. Agesilaûs ATHÉNIENS For bas fils de Tersippus LATINS Capus Silvius ÉGYPTIENS Susennes 1041 1042 1 2 21 22 7 8 16 17 11 12 19 20 13 14 2 3 1065 1066 1067 1068 25 26 27 28 21 22 23 24 1 2 3 4 5 6 7 8 6 7 8 9 2 3 4 5 11 12 13 14 26 27 28 29 2. Nadab 2 ans 4. Ela 2 ans 1043 1044 3 4 1 2 9 10 18 19 13 14 21 22 15 16 4 5 1069 1070 29 30 1 2 5 6 9 10 10 11 6 7 15 16 30 31 3. Basa 24 ans b . 'Amri 12 ans 1045 1046 1047 1048 1049 1050 1051 1052 1053 1054 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 t 2 3 4 6 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 17 18 19 20 21 22 23 24 23 26 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 1071 1072 1073 1074 1075 1076 71077 1078 1079 1080 31 32 33 31 35 36 37 38 39 40 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 8 9 10 U 12 13 14 15 16 17 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 . Capus Silvius 28 ans2 Vepher-cherès 4 ans 8 1055 1056 1057 1058 15 16 17 18 11 12 13 14 21 22 23 24 30 31 32 33 25 26 27 28 33 34 35 36 1 2 3 4 16 17 18 19 1081 41 11 17 21 22 1 18 j 27 1 6. Josaphat 25 ans 1059 19 15 25 34 | 29 i 37 5 20 1082 1 12 18 22 23 19 28 2 6. Age-silaus 44 ans 3 6. Achab 23 ans 9. Car-pentus 13 ans 1060 20 16 26 35 1 38 6 21 1083 1084 2 3 1 2 19 2ii 23 24 24 25 20 21 1 2 3 4 5. Bacchis 35 ans * 34. Ofra tanès 50 ans Aménophtès 9 ans9 1061 1062 1063 21 22 23 17 18 19 27 28 29 1 2 3 2 3 4 39 40 41 7 8 9 22 23 24 1085 1086 1087 1088 1089 1090 1091 1092 1093 4 5 6 7 8 9 10 11 12 3 4 5 6 7 8 9 10 11 1 2 3 4 5 6 7 8 9 25 26 27 28 29 30 31 32 33 26 27 28 29 30 31 32 33 34 22 23 24 25 26 27 28 29 30 3 4 5 6 7 8 9 10 11 1 2 3 4 5 6 7 8 9 1 >. [Forbas fils de] Tersippus 3l ans 5 1064 24 20 30 4 5 1 10 25 1. P. 39- — 2. KdmiTOc; Ei/oûïoç. — 3. 'Ayriailaos; rest. : ^clLoa^J. — 4. Bâx'/tç. Note du ms. : De celui-ci les [rois] corinthiens sont appelés Bacchides. Cf. H. a. 1061. — 5. *ôp6aç ©epo-îimou. — 6. 'Oçpaxaïoç. — 7. P. 40. — 8. Necpep-Xeprjc;. — 9. 'Ajisvwcpôîç. TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 221 somme des années juda Josaphat israël Achab t/} <>> £ « cr. <_ ce < corinthiens Bacchis lacédémon. Agesilaiis athéniens Forbas fils de Tersippus latins Carpentus égyptiens Osochor 6 ans J somme des années juda 8. Ochozias 1 an israël Joram assyriens Ofratanès corinthiens Agé las lacédémon. Archelaûs cfi z A si ^ < ^ latins Agrippa égyptiens Pisennes 1094 13 12 10 34 35 31 12 1 1115 1 9 31 20 12 21 12 7 0. Mégaclès 30 ans - 9. A t halte 7 ans 1095 14 13 11 35 36 1 13 2 1116 1117 1118 1 o 3 10 11 12 32 33 34 21 22 23 13 14 15 22 23 24 13 14 15 8 9 10 6. Aaélas 30 ans a 10. 77- berius 8 ans4 9. Jéhu 28 ans 1096 1097 1098 1099 15 16 17 18 14 15 16 17 12 13 14 15 1 2 3 4 37 38 39 40 2 3 4 5 1 2 3 4 3 4 5 6 1119 1120 1121 1122 4 5 6 7 1 o 3 4 35 36 37 38 24 25 26 27 16 17 18 19 25 26 27 28 16 17 18 19 11 12 13 14 Psina- cès 9 ans8 10. Joas 40 ans 1100 1101 1102 1103 19 20 21 22 18 19 20 21 16 17 18 19 0 6 7 8 41 42 43 44 6 7 8 9 5 6 7 8 1 2 3 4 1123 1124 1 2 5 6 39 40 28 29 20 21 29 30 20 21 15 16 7. Dio-(/netus 28 ans10 7. Ar-chelaiis 60 ans 0 il. Agrippe 41 ans' 1 1125 | 3 7 41 30 22 1 1 22 1 17 1104 23 22 20 J 9 1 10 J 1 5 7. Eu-demus 25 ans11 7. Ocho zias 2 ans 1126 1127 1128 1129 1130 1131 1132 1133 1134 4 5 6 7 8 9 10 11 12 8 9 10 11 12 13 14 15 16 42 43 44 43 46 47 48 49 50 1 2 3 4 5 6 7 8 9 23 24 25 26 27 28 29 30 31 2 3 4 5 6 7 8 9 10 23 24 25 26 27 28 29 30 31 18 19 20 21 22 23 24 23 26 1105 61106 24 25 1 2 21 22 10 11 2 3 11 12 2 3 6 7 7. Joram 8 ans ». Joram 12 ans 1107 1108 1 2 1 2 23 24 12 13 4 5 13 14 4 5 8 9 33. Acra pakès 42 ans f2 Pisen-1 nés j35 ans9 1135 1136 1137 1138 1139 1140 1141 1142 131143 13 14 15 16 17 18 19 20 21 17 18 19 20 21 22 23 24 25 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 32 33 34 35 36 37 38 39 40 11 12 13 14 15 16 17 18 19 32 33 34 35 36 37 38 39 40 27 28 29 30 31 32 33 34 35 1109 1110 1111 1112 1113 1114 3 4 5 6 7 8 3 4 5 6 7 8 25 26 27 28 29 30 14 15 16 17 18 19 6 7 8 9 10 11 15 16 17 18 19 20 6 7 8 9 10 11 1 2 3 4 5 6 1. 'Otro/wp. Titre omis. — 2. MsyaxArjç. Titre omis. — 3. 'AyÉXaç. Titre omis. — 4. Tigipio;. Titre omis. — 5. Vivcr/r,;. — 6. 'ApxiXauç. -r-7. Omis. —8. P. 41. — 9. •JVjtrsvvY];. — 10. Ai6yvy)toç. — 11. E-jo\]u.oç. — 12. 'Axpayav*];. — 13. P. 42. I. 22;2 pHtîONiCiUË DÉ MICHEL LE SYRIEN a 51 S o ^ < 2 :_) o w s < :? E es « a m « < "S tn Z , £ a ? i z "« 1^ u Z' k gf -a "S o. •as «j ; ATHÉNIENS ) | Diognetus ! ai g 2 §: 3 £ « S J a ™ — • "N 3" g « sr s <. * iO. a 1 d " -o < 1 g S -= s «1 v, *= B z 'S, •a p LATINS Aventus Xi 'r- Z «j = ad, «s . ^ SOMME des années ¦*¦ -2 . S 3 => -< -O X p *i W o n 3 •CORINTHIENS ! Agemon LACÉDÉMON. Teleclus ATHÉNIENS Thespieus LATINS 14. Procas Sils vius 21 ans* z vS c S S" "° 1193 1194 1195 1196 2 3 4 5 14 15 16 17 17 18 19 20 2 8 9 10 11 30 31 32 33 2 3 4 5 30 31 32 33 1 2 3 4 1201 10 22 5 16 38 10 1 9 10. AU xandre 25 ans MÈDES 1. A rbacès 28 ans 3 1202 1203 11 12 23 24 6 7 1 5 2 39 40 11 12 2 3 10 11 1197 1198 1199 1200 6 7 8 9 18 IS 20 21 1 2 3 4 12 13 14 15 34 35 36 37 6 7 8 9 34 35 36 37 0 6 7 8 SOMME des années < .1 11 - ^ a « i i i « O » CJ) . CM CORINTHIENS Alexandre z 6 •a s 2 •M S 3 o § s -H ~ ~ o ATHÉNIENS Thespieus LATINS Procas Silvius ÉGYPTIENS 1 Petubastis 1. ïl£Tovêdcï StXo'ji'oç. Titre omis. 81204 1205 1206 1207 1208 1209 1210 1211 1212 1213 1214 1215 1216 1217 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 Osorlhon 9 ans» 1218 27 39 22 15 17 15 27 18 1 11. Aga-mestor 20 ans*0 1219 1220 28 29 40 41 23 24 16 17 18 19 16 17 1 2 19 20 2 3 13. Za- charias et Sellum 11 1221 30 18 20 18 3 21 4 14. Ma- nahem 10 ans11 15. Amu- 1ns Silvius 43 ans13 1222 1223 1224 31 32 33 1 2 3 26 27 28 19 20 21 21 22 23 19 20 21 4 5 6 1 2 3 5 6 7 23'i CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN a 53 O CO des années juda Azarias israël Manahem O S - V> • ir S « C s » il s ° si MACÉDONIENS Caranus CORINTHIENS A lexandre Z ? || 5 § < -i s. ~ z o w "55 z ~ 'S 3 — Si; < S % J ^ w | ?" S o © 1. Ewaap(j.o?. Titre omis. — 2. Te/étrrï);. Titre omis. — 3. M/a[A- 1225 1226 34 33 4 5 1 2 22 23 24 25 22 23 7 8 4 5 8 9 [xo0:. Titre omis. — 4. Titre omis. — 5. Koïï)o;. Titre omis. — 6. Bô^/topi;. Titre omis. — 11. Teles-tus. 1 i ans 2 Psnnimus 10 ans3 7. Ici se rapporte la note sur la fin de l'empire des Corin- thiens (ci-dessus, p. 79, 1. 10). — 8. "Apôvffo;. Titre omis. Cf. ci-dessus, p. 78, l.pen. — 9. Aîa-/•jXoç. Titre omis. — 10. Ici se rapporte la note relative à la fin de l'empire des Lacédémoniens, 1227 1228 1229 1230 1231 36 37 38 39 40 6 7 8 9 10 3 4 5 6 7 24 25 26 27 28 1 2 3 4 5 24 25 26 27 28 9 10 11 12 1 i 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 15. Phacéia 10 ans4 2. Cœnvs 12 ans5 transcrite dans le texte. Ci-dessus, p. 79,1. 8. — 11. P. 47. 1232 1233 1234 1235 1236 41 42 43 44 43 1 2 3 4 5 8 9 10 11 12 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 29 30 31 32 33 14 15 16 17 18 11 12 13 14 15 6 7 8 9 10 — 12. Ms. : Joram, fils d'Osias. — 13. Tûp[xo(ç. Bocchoris 44 ans0 1237 1238 46 47 6 7 13 14 6 7 11 127 34 35 19 20 16 17 1 2 LYDIENS 1. Ardy- sus 36 ans8 12. Eschyle 23 ans9 1239 1240 48 49 8 9 15 16 8 9 1 2 36 37 10 1 2 18 19 3 4 OLYMPIADES SOMME des années juda Azarias ou Ozias j Si-< « e « Cfi - a, MÈDES Sosarmos MACÉDONIENS Cœnus en m Z B td w «•§= S- ~ j ^ .ATHÉNIENS Eschyle Z -5 < S «j c Z T- K S ?> S" o 1 îi 1241 50 10 17 10 3 3 20 5 16. Phacée 20 ans 1242 1243 51 52 1 2 18 19 11 12 4 5 4 5 21 22 6 7 - 13. Joa- than 16 ans12 3. Tyr rimas 38 ans13 2 1244 1245 1246 1247 1248 1 2 3 4 5 3 4 5 6 7 20 21 22 23 24 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 6 7 8 9 10 23 24 25 26 27 8 9 10 11 12 TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 225 OLYMPIADES SOMME des années JUDA JoatUan ISRAËL Phacée w 2 a ? S o MACÉDONIENS Tyrrimas a •« 5^ V «> « 5» îc -g •K £ H < r -5 ÉGYPTIENS Bocchoris 1. Titre omis. Cf. p. 81, n. 3. — 2. Ms. : Ochozias. — 3. Titre 3 4 1249 1250 1251 1252 1253 1254 6 7 8 9 10 11 8 9 10 11 12 13 25 26 27 28 29 30 6 7 8 9 10 11 11 12 13 14 15 16 11 12 13 14 15 16 28 29 30 31 32 33 13 14 15 16 17 18 omis. — \. 'AXxu.5[ia)v. Titre omis. — 5. Xipo'^. Titre omis. — 6. Ici devait sans doute se rapporter la première ligne de la page 49 du texte. (Ci-dessus, p. 81, 1. 21.) — 7. Titre omis. a. Médidus 40 ans 1 — 8. P. 94. — 9. Al(7iu.t8v);. Titre omis. — 10. P. 52- — 5 1255 1256 1257 1258 1259 12 13 14 15 10 14 15 16 17 18 1 2 3 4 5 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 17 18 19 20 21 34 35 36 37 38 19 20 21 22 23 11. 'A>yâxr|Ç. Titre omis. 14. Achaz 16 ans * 6 1260 1261 1 2 19 20 6 7 17 18 22 23 22 23 39 40 24 25 17. Osée 9 ans 3 13. Alc-méon 2 ans* 1262 1263 3 4 1 2 8 9 19 20 24 25 1 2 41 42 26 27 14. Cha- 7-OpS 10 ans" • 1264 5 3 10 21 26 1 436 28 i. Itomu- lus 38 ans7 7 8 1265 1266 1267 1268 1269 1270 « 1271 1272 1273 6 7 8 9 10 11 12 13 14 4 5 6 7 8 9 11 12 13 14 15 16 17 18 19 22 23 24 25 26 27 28 . 29 30 27 28 29 30 31 32 2 3 4 5 6 7 1 2 3 4 5 6 29 30 31 32 33 34 35 36 37 9 Captivité d'Israël 33 34 35 8 9 10 7 8 9 4. Aisemiàès 10 ans» '°1274 15 20 31 36 1 10 38 2. Alyatès 14 ans11 1275 J 16 . 21 32 1 2 11 39 1. 29 226 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN '1. W a < a ¦j o 0) a a 5 § l -c e <"§ S t? co s -S ? «3 S § §1 9 a ss -« S « a g.S S s s s -a « T. <0 1! a s o ° x ^ rli yz z c S o * "§ > o Cd a < — a j O o w "S 1 s < 'Z c "> =0 e tn « a »a -w a £ MACÉDONIENS Perdiccas m S j§ j ATHÉNIENS Hippomenès HOMAIÏN8 liomulus m V- « S -c H .j £ "S •w 10 11 12 13 14 1276 1277 1278 1279 1280 1 2 3 4 3 22 23 24 25 20 33 34 35 36 37 2 3 4 5 6 3 4 5 (> 7 12 13 14 15 16 41) 41 42 43 44 15 1016 17 18 19 20 1296 1297 1298 1299 1300 21 22 23 24 25 2 3 5 6 15 16 17 18 19 8 9 10 11 12 3 4 5 li 7 32 33 34 35 36 4 5 6 7 8 XXV dyn. Sabacon 1-2 ans 2 4. Can-daulès 17 ans9 1281 6 27 38 7 8 17 1 1301 1302 26 27 7 20 8 21 1 2 8 37 9 38 9 10 i. Per-diccas 51 ans 3 2. ÏÏuma °ompiliu 41 ans1* 1282 1283 7 8 28 29 1 2 8 9 9 10 18 19 3 1303 28 9 22 3 10 1 11 16. Cleo dievs 10 ans* 18. Léo- crûtes iOans'2 1284 1285 1286 1287 1288 9 10 11 12 13 30 31 32 33 34 3 4 5 6 7 10 11 12 11 14 1 2 3 4 5 20 21 22 23 24 4 5 6 7 8 1304 29 10 23 4 1 12 10. Manasst 55 aus1 Tara- cus 20 ans1 3. Miles 12 ans 1305 1306 1307 1 2 3 11 12 13 24 25 26 6 7 2 3 4 3 4 5 1 2 3 1289 1290 1291 1292 14 15-16^ 17 33 36 37 38 8 9 10 11 • 1 2 3 4 6 7 8 9 25 26 27 28 9 10 11 12 Dejocès "Hans13 'ebickus 12 ans 6 1308 1309 1310 1311 1312 1313 4 5 6 7 8 9 1 2 3 4 5 6 27 28 29 30 31 32 8 9 10 11 12 13 5 6 7 8 9 10 6 7 8 9 10 11 4 5 6 7 8 9 1293 18 39 12 5 10 29 1 17. ffî'p- vnmenès 10 ans 7 » 19. Ap- sander lOans16 1294 19 1 40 j 13 6 1 30 2 1. Car-dyceas S ans 8 1314 1315 1316 1317 10 11 12 13 7 8 9 10 33 34 35 36 14 15 16 17 1 2 3 4 12 13 14 15 10 11 12 13 1295 20 1 14 7 2 31 3 1. Titre omis. — 2. EaSâxwv. Titre omis. — 3. Fkpôixxaî. Titre omis. — 4. KXsôô-.xoç. Titre omis. — 5. MtXrjc;. Titre omis. — 6. Ssêr/wc. Titre omis. — 7. 'IuTcopiévr.;. Titre omis. — 8. Titre omis. —9. KavSaOXr,;. Titre omis. — 10. P. 54. — 11. Titre omis. — 12. AewxpocTrjç. Titre omis. — 13. Titre omis. — 1 i. Tapaxô?. Titre omis. — 15. Arjtoxriç. Titre omis. — 16. "AJ/avBpoç. Titre omis. TABLEAUX CtIRONpLOGJQUES (LIVRES I-VI) OLYMPIADES SOMME ries années « 1 MÈDES Dejocès MACÉDONIENS l'erdiccas z 'ï.» S § = 5^"d >¦ . j ATHÉNIEN3 Apsander £ e '-s 5 'S. s|~ - a, ÉGYPTIENS Taracus œ « f. S S 5 SOMME des années JUDA Manassé r. ¦ 115 MACÉDONIENS Argxus 'fi £ * o =» s» co -j ROMAINS Tullus-Hostiihis 03 ¦< Z ° ïï S, t* a. ¦« JT< 21 22 23 24 1318 1319 1320 1321 1322 1323 14 15 16 n 18 19 11 12 13 14 15 te 37 ;i8 39 40 41 42 1 2 3 4 5 6 5 6 7 8 9 10 16 17 18 19 20 21 14 15 16 17 18 19 28 29 30 31 32 33 1346 1347 1348 1349 42 43 44 45 39 40 41 42 14 15 16 17 29 30 31 32 3 4 5 6 3 4 5 6 Néchao 8 ans" 2n. fîri/xias 10 ans 2 1350 1351 1352 1353 46 47 48 49 43 44 45 46 18 19 20 21 33 34 35 36 7 8 9 10 1 2 3 4 1324 20 17 43 7 1 22 20 Arriérés 12 ans* 6. Ardyso 37 ans11 s 1354 1355 1356 1357 50 51 52 53 47 48 49 50 22 23 24 25 1 2 3 4 11 12 13 14 5 6 7 8 1325 1326 1327 1328 1329 1330 1331 1332 21 22 23 2i 25 26 27 28 18 19 20 21 22 23 24 23 44 45 46 47 48 49 50 51 8 9 10 11 12 13 14 15 2 3 4 5 6 7 8 9 23 24 25 26 27 28 29 30 1 2 3 4 5 6 7 8 1 Psam-meticus 44 ans " 5. Ar-qseus 38 ans * 1358 1359 54 55 51 52 26 27 5 6 13 16 1 2 1333 r 1334 1335 1336 29 30 31 32 26 27 28 29 1 2 3 4 16 17 18 19 10 31 32 33 34 9 10 11 12 17. Amo 12 ans1 i 3 1360 1361 1 2 53 54 28 29 7 8 17 18 3 4 OLYMPIADES CD ï 1 o ra ¦o < 5 ?l -£ u u c o -a r» s3 ^ œ z 11 s Z ci Z 8 < s o fe; e ili CL. a .2 ^ 6. Pkra- ortes 24 ans*» 1362 1363 1364 1365 1366 1 1367 1368 1369 1370 3 4 5 6 7 8 9 10 11 1 2 3 4 5 6 7 8 9 30 31 32 33 34 35 36 37 38 9 10 11 12 13 14 15 16 17 19 20 21 22 23 24 25 26 27 6 7 8 9 10 11 12 13 25 26 27 1337 1338 1339 1340 1341 1342 1343 33 34 35 36 37 38 39 30 31 32 33 34 35 36 5 6 7 8 9 10 11 20 21 22 23 24 25 26 35 36 37 38 39 40 41 1 2 3 4 5 6 7 3. 'Tullus j Neche-Hostilius psos 32 ans* 6 ans9 6. Philippe 38 ans 10 1344 1345 40 41 37 38 12 13 27 28 1 2 1 2 1371 12 10 1 18 28 14 1. r\5yïK Titre omis. — 2. 'Ep'jÇt'a;. Titre omis. — 3. 'Ajifilpt; Alôîo^. Titre omis (XXVIe dyn.). — 4. 'Apyato?. Titre omis. — 5. Note du ms. : Ici cessèrent les rois des Athéniens, et des princes annuels furent institués. Leur principat fut établi dans 9 familles. Cf. E. a. 1333. — 6. P. 56. — 7. Sxeç'.vâO'.ç. — 8. Titre omis. — 9. Nexeùwç. Titre omis. — 10. Ns*/aw. Titre omis. — 11. "Ap5vicroç. Titre omis. — 12. ^FajAixrJTcxoç. Titre omis. — 13. Titre omis. — 14. 'Açpâaprr,;. Arm. : Pkraontes. — 15. P. 57. — 16. H et A sont d'accord avec notre ms. pour placer Philippe en l'an 1371. 228 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN a c < > j o SOMME des années ¦ J o SOMME des années é -S g.g — o °2 'ï U « •a e s s» Cj MACÉDONIENS Philippe m z »^ a c S -§> H ,e ROMAINS Tarquinus Priscus ÉGYPTIENS Néchao IL 34 35 36 37 38 39 40 41 1372 1373 1374 1375 1 2 3 4 11 12 13 14 2 3 4 5 19 20 21 22 29 30 31 32 15 16 17 18 42 43 44 4:5 46 47 1403 1404 1405 1 2 3 18 19 20 33 34 35 1 13 14 15 5 6 7 2 3 4 8. Alyatès 49 ans» 4. Ancns Marc i a s 23 ans- 1406 1407 4 5 21 22 36 37 1 2 8 9 5 6 1376 1377 1378 1379 1380 1381 1382 1383 1384 1385 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 13 16 17 18 19 20 21 22 23 24 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 19 20 21 22 23 24 23 26 27 28 Psammu- tliès 17 ans1" 1408 6 23 38 3 10 1 7. Aeropus 26 ans11 7. Cyaxa-'ès 32 ans 3 1386 1387 1388 1389 1390 15 16 17 18 19 1 2 3 4 5 16 17 18 19 20 33 34 35 36 37 11 12 13 14 15 29 30 31 32 33 1409 1410 1411 1412 1413 1414 7 8 9 10 11 12 24 25 26 27 28 29 1 2 3 4 5 6 4 5 6 7 8 9 11 12 13 14 15 16 2 3 4 5 6 7 7. Sa- dyatès 15 ans * 20. Sédecia, 11 ansi 1391 1392 1393 1394 1395 1396 51397 13S8 20 21 : 2 23 24 25 26 27 0 7 8 9 10 11 12 13 21 22 23 24 25 26 27 28 1 2 3 4 5 6 7 8 16 17 18 19 20 21 22 23 31 35 36 37 38 39 40 41 1415 1416 1417 1 2 3 30 31 32 7 8 9 10 11 12 17 18 19 8 9 10 8. As- tyagès 38 ans13 0. Targui nus Prisais 37 ans6 1418 1419 1420 1421 1422 1423 1424 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 10 11 12 13 14 15 16 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 11 12 13 14 15 16 17 1399 1400 1401 28 29 30 14 15 16 29 30 31 9 10 11 1 2 3 42 43 44 Vafrès 2S ans'1 Néchao 11 6 ans 7 1402 31 17 32 12 4 1 1425 11 8 17 20 27 1 1. Notre ms. met Josias en 1371, donnant seulement 11 ans à Amos. De là line erreur d'un an qui se continue dans toute la série des rois de Juda. — 2. "Ayxoç Mâpx'.oc. Titre omis.— 3. K'jaÇapr,;. Titre omis.— 4. 2«8uâTY]ç. Titre omis. — 5. P. 60. — 6. Tapxyvto:. Titre omis.— 7. Titre omis. II. ajoute : qui et Nechepsos. — 8. Titre omis. H. : Eliaciin qui et Ioachim. H. donne 32 ans à Josias, et 11 à Eliacim. — 9. 'A>,uaxrr(;. Titre omis. — 10. ^l'aji^oyOcTitre omis. — 11. 'Aspômx;. Titre omis. — 12. Titre omis. — 13. 'Aa-pjâyrjç. Titre omis. — 14. Oj'xspc:. Titre omis. TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 229 en W a -A O. UME innées P-.5 g «0 'S, S « ONIENS opus z 2 « E a w £ s a 3 'S S en z c a -j) H § z r* 2 o «S z s AINS vius TIENS osis s o -w -5= a s. a ,5» a, e S O => c ce O 5 g ?* s >• j O » s ¦ ¦> «o * 3 -a w o ^3 S j ^ ° e£ «g* •w " • »j o SOMME des années PERSES Artaxerxè Longue-ma MACÉDOMB Perdiccat 84 1573 23 17 1574 24 18 1575 25 19 1576 26 20 35 1577 27 21 1578 28 22 1579 29 23 1580 30 24 86 1581 31 25 1582 32 26 1583 33 27 1584 34 28 67 88 S9 90 91 12. Archélaùs 24 ans 1585 35 1 1586 36 2 1587 31 3 1588 38 4 1589 39 5 1590 40 6 8, Xerxès II 2 mois 9. Sogdianus 5 mois 10. Darius Nothos 19 ans» 1591 1 7 1592 2 8 1593 3 9 1594 4 lu 1595 5 11 1596 6 12 1597 7 13 1598 8 14 1599 9 15 1600 10 16 1601 11 17 1602 12 18 1603 13 19 1604 14 20 1. Titre omis. H et A donnent plus explicitement : Magi duo fratres, menses VII. Darius, ann. XXXVI. — 2. Note : Ici finissent les 70 ans de la Captivité des Juifs. — 3. P. 65. — 4. L'an 35 de Tarquinus correspond dans le ms. à l'an 1506, par suite de Terreur de 2 ans, que nous avons corrigée plus haut. Cf. p. 223, n. 4. Néanmoins l'accord n'est pas parfait avec le texte qui place le premier consul en l'an 10 de Darius, comme H et A à l'an 1505. — Ici devrait être placée la note marginale rejetée à l'an 1507, qui se traduit ainsi : Ici cessa la royauté des Romains. Depuis Romulus il y eut sept rois qui régnèrent : Romulus, 38 ans; Numa, 43 ans; Tullus, 33 ans; Anchus, 23 ans; Tarquinus, 38 ans Servius, 34 ans; Tarquinus, 35 ans; en tout : 243 ans (sic). Ensuite [il y eut] des consuls de la maison de Prutus (ms. Protos), ensuite des tribuns du peuple et des dictateurs, puis de nouveau des consuls, en tout pendant 260 ans (sic H : 474, A : 470), jusqu'à Jules César, qui, le premier, fut élu seul chef en la CLXXXIIIe olympiade. Cf. H. a., 1505, 1507 ; Arm. a. 1504. — 5. P. 66. — 6. P. 67. — 7. P. 68. — 8. Titre omis. TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 231 * 5. s !92 93 94 1605 1606 1607 1608 15 16 17 18 21 22 23 24 | lî.Orestès 3 ans8 1609 19 il. Artaxerxès 40 ans 1610 Néphéritès 6 aDS * 1611 13. Archélaûs 4 ans" 1612 1613 1614 1615 14. Amyntas 1 an 6 95 1616 •M R en S 'H s. o c •< es ^ •m 96 »97 98 15. Pau- sanias 1 an 6 A choris 12 ans7 1617 Amyntas 6 ans6 1618 99 '100 101 1619 10 2 3 1620 11 3 4 1621 12 4 5 1622 13 5 6 1623 14 6 7 Argseus 2 ans* 1624 15 1 8 1625 16 2 9 Amyntas 18 ans'0 1626 17 1 10 1627 18 2 11 1628 19 3 12 Psammu- thès 1 an" 1629 20 4 1 Nectanebit, 18 ans" 1630 21 5 1 1631 22 6 2 1632 23 7 3 1633 24 8 4 1634 25 9 5 1635 26 10 6 1636 27 11 7 1637 28 12 8 1638 29 13 9 1639 :i0 14 10 1640 31 15 U 1641 32 16 12 1642 33 17 13 1643 34 18 14 Alexandre 1 an 1644 15 102 103 104 105 106 107 108 109 a £ 1645 1646 1647 36 37 38 16 17 18 Téos 2 ans4» 1648 39 Perdiccas 6 ans 4« 1649 40 12. Ochus 27 ans" Nectane- bus 18 ans48 1650 1 2 1 1651 2 3 2 1652 3 4 3 1653 4 5 4 1654 5 6 5 Philippe 26 ans 4» 1655 6 1 6 1656 7 2 7 1657 8 3 8 1658 9 4 9 1659 10 5 10 1660 11 6 11 1661 12 7 12 1662 13 8 13 1663 14 9 14 1664 15 10 15 1665 16 11 16 1666 17 12 17 1667 18 13 18t0 1668 19 14 1669 20 15 1670 21 16 . 1671 22 17 1672 23 18 1673 24 19 1674 25 20 1675 26 21 1676 27 22 1. ' AjiupTaïoç; ms. : Myntaos. — 2. P. 69. — 3. 'OpétTTYj;. Titre omis. — 4. NeçepiTïi;. Omis. — 5. 'Ap/éXaoc;. Omis. — 6. Titre omis. — 7. "A^Mpt;. Titre omis. — 8. 'Apyatoc. Titre omis. — 9. Note du ms. : Il y a des erreurs et des chan- gements. En effet, dans le ms. la XCVII» olympiade ne renferme qu'une année; sans parler des chiffres déplacés. — 10. Titre omis. — 11. W^ouôtç. Titre omis. — 12. NexTavÉgrjç,. Titre omis. — 13. P. 70. — 14. Ms. : 3 ans. — 15. Tewç. Notre ms. le place dans la colonne des Macédoniens ; de là, une nouvelle cause de transpositions de chiffres. — 16. Ilep- Sixxae. — 17. "Q'/oî. — 18. NexTave66;. — 19. Ms. : 24 ans; mais 26 au tableau. — 20. Le ms. ajoute une 19e année (Arm. aussi). Note : Ici cessa la royauté des Égyptiens, et Artaxerxès (sic, lire : Ochus) roi des Perses commença à régner [sur eux]. Cf. H. a. 1666; Arm. a. 1668. 232 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN olympiades somme des années perses 13. A.rsès 4 ans1 macédoniens Philippe olympiades somme des années perses 14. Darius 6 ans macédoniens Alexandre fils de Philippe 12 ans olympiades somme des années macédoniens Alexandre pis de Philippe ?110 1677 1 23 111 1681 1 1 '1687 75 1678 2 24 1682 2 2 1688 8 1679 3 25 1683 3 3 113 1689 9 1680 4 26 1684 4 4 1690 10 112 1685 5 5 1691 11 1686 63 6 1692 12 «114 115 116 117 118 119 120 rï ° ° X n* "* o £, 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 1693 1694 1695 1696 1697 1698 1699 Anligone. 18 ans ? Cassatidre 19 ans 1700 1701 1702 1703 1704 1705 1706 1707 1708 1709 1710 1711 1712 1713 4 714 1715 1716 8 9 10 11 12 13 14 15 16 n 18 19 20 21 22 23 24 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Seleueus 32 ans 8 9 10 11 12 Démé- trius 17 ans»» 13 14 1717 1718 25 26 18 19 13 14 = | g. £ S.e ' 121 122 123 124 Démétrius 5 ans" Pyrrhus 7 mois'3 '24 1728 36 12 Lysymachus 5 a. 5 m.15 Philadelphe 38 ans « 29 1733 17 15 1719 27 1 3 15 16 1720 28 2 4 16 17 1721 29 3 5 17 18 1722 30 4 6 18 19 1723 31 1 12 7 19 20 1724 32 2 8 20 21 1725 33 3 9 21 22 1726 34 4 10 22 23 1727 35 5 11 23 24 25 1729 37 1 13 25 26 1730 38 2 14 26 27 1731 39 3 15 27 28 1732 40 4 16 28 29 1. 'Aptrrjç. Titre omis. — 2. P. 71. ¦— 3. Note : Ici cessa la royauté des Perses qui avait tenu pendant 231 ans, depuis Cyrus le Persan jusqu'à l'an 6 de Darius fils d'Arsak ou Arsam ou AHaq, qui fut tué par Alexandre fils de Philippe. Et celui-ci régna seul. Cf. Arm. a. 1686. — 4. P. 72. — 5. Note : Le roi Alexandre parut comme seul roi sur toute la terre. — 6. P. 73. — 7. Note du ms. : En l'an 7 de Philippe, roi des Macédoniens, et en l'an 7 de Ptolémée des Alexandrins, s'éleva Antigone, roi d'Asie, pendant 18 ans. — 8. Note du ms. : En cette année commença à régner sur la Syrie, Babylone et VAssyrie supérieure, Seleueus Ni[ca]tor, pendant 32 ans. Depuis Adam jusqu'ici, le total est de 5196 ans (ms. : 4000), soit, si l'on compte en olympiades, de 1299 olympiades. Autre note : Ici commence la pre- mière année de Seleueus. — 9. P. 74. Note marginale : Les chiffres en rouge marquent les années des Séleucides, dont on fait usage chez nous. Ces chiffres sont placés dans le ms. à la même colonne que ceux des années d'Abraham. Ne pouvant les différencier par la diversité des couleurs, nous les disposons dans une colonne spéciale. Autre note : Il y a divers changements et erreurs dans les calculs, ici et dans le reste. — 10. Titre omis. — 11. Titre omis. — 12. Ms. : 5-9 au lieu de 1-5. — 13. fluppoç. — 14. P. 75. — 15. Autrifia/o;. — 16. Titre omis. TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 233 OLYMPIADES ÉKK DES SÉLEL'CIDES SOMME des années a: X Q • ^ < "h e ¦ \ aï MACÉDONIENS Ceraunus1 S ., a s. S S o x § e rn «. £ 50 <; 30 1734 2 1 30 31 1735 3 2 31 Méléagrt 2 mois Antipale r 45 jours Sostenès i ans 32 1736 4 32 Antiochus ¦Soter 19 ans 1 125 33 1737 5 2 1 Antiochu Gonatas 36 ans1 34 1738 b' 1 2 35 1739 7 2 3 36 1740 8 3 4 126 37 1741 9 4 5 38 1742 10 5 6 39 1743 11 6 7 40 1744 12 7 8 127 41 1745 13 8 9 42 1746 14 9 10 2 43 1747 15 10 11 44 1748 16 11 12 128 45 1749 17 12 13 46 1750 18 13 14 47 1751 19 14 15 48 1752 20 15 16 129 49 1753 21 16 17 50 1754 22 17 18 51 1755 23 18 19 A nlio- CllUS Theos 15 ans3 52 1756 24 19 1 130 53 1757 23 20 2 54 1758 26 21 3 '55 1759 27 22 4 56 1760 28 23 5 131 57 1761 29 24 6 58 1762 30 25 7 59 1763 31 26 8 60 1764 32 27 9 132 61 1765 33 28 10 62 1766 34 29 11 63 1767 35 30 12 64 1768 36 31 13 133 65 1769 37 32 14 66 1770 38 33 15 134 135 136 137 138 139 140 5 67 1771 1 34 1 68 1772 2 35 2 69 1773 3 36 3 Démé- trius 10 ans 70 1774 4 1 4 71 1775 5 2 5 72 1776 6 3 6 73 1777 7 4 7 74 1778 8 5 8 75 1779 9 6 9 76 1780 ¦10 7 10 77 1781 11 8 11 78 1782 12 9 12 79 1783 13 10 13 Anti- gone 15 ans 80 1784 14 1 14 81 1785 15 2 13 82 1786 16 3 10 83 1787 17 4 17 84 1788 18 5 18 85 1789 19 6 19 86 1790 20 7 20 Séleucus Cerau- nus 3 ans 87 1791 21 8 1 1 88 1792 22 9 2 89 1793 23 10 3 Antio- chus Magnus 36 ans 90 91 92 1794 1795 1796 24 25 26 11 12 13 1 2 3 Pt. Phi lopator 17 ans7 93 94 1797 1798 1 2 14 15 4 5 Philipp 42 ans 95 1799 3 1 0 141 142 143 144 145 146 147 148 149 150 151 5 §. <-> a, 96 1800 4 2 7 97 1801 5 3 8 98 1802 6 4 9 99 1803 7 5 10 100 1804 8 6 11 101 1805 9 7 12 102 1806 10 8 13 103 1807 11 9 14 104 1808 12 10 15 105 1809 13 11 16 106 1810 14 12 17 107 1811 15 13 18 108 1812 16 14 19 109 1813 17 15 20 l'L. Epi- phane 24 ans 110 1814 1 16 21 111 1815 2 17 22 112 1816 3 18 23 113 1817 4 19 24 114 1818 5 20 25 115 1819 6 21 26 116 1820 7 22 27 117 1821 8 23 28 118 1822 9 24 29 119 1823 10 25 30 120 1824 11 26 31 121 1825 12 27 32 122 1826 13 28 33 123 1827 14 29 34 124 1828 15 30 35 125 1829 16 31 36 1 Séleucus Philopa- tor 12 ans' 126 1830 17 32 1 127 1831 18 33 2 128 1832 19 34 3 129 1833 20 35 4 8130 1834 21 36 5 131 1835 22 37 6 132 1836 23 38 7 133 1837 24 39 8 i °t. Phi- lométor 35 ans 134 1838 1 40 9 135 1839 2 41 10 136 1840 3 42 11 Persée 10 ans8 137 1841 4 1 12 1. Titre omis. 9. Titre omis. 2. P. 76. — 3. Titre omis. — 4. P. 77. — 5. P. 78. — 6, P. 79. — 7. Titre omis. — 8. P. 80. 30 234 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN a 5 138 1842 5 2 1 139 1843 6 3 2 140 1844 7 4 3 152 141 1845 8 5 4 142 1846 9 6 5 143 1847 10 7 6 144 1848 11 8 7 153 145 1849 12 9 8 146 1850 13 102 9 147 1851 14 10 148 1852 13 11 9. Eu- pator 2 ans1 154 149 1853 16 1 150 1854 17 2 Démé- trius Soter 12 ans1 151 1855 18 1 152 1856 19 2 < -S < a, - -s a ce ^ « >> a = Ci 155 158 153 154 155 1857 1858 1859 20 21 Jonathan 19 ans 156 1860 23 6 1 156 157 1861 24 7 2 158 1862 25 8 3 159 1863 26 9 4 160 1864 27 10 5 157 161 1865 28 11 6 162 1666 29 12 7 Alexandre 9 a. 10 m. 163 1867 30 1 8 164 1868 31 2 9 165 1869 32 3 10 166 1870 33 • 4 11 167 1871 34 5 12 168 1872 35 6 13 S 2 * < Es; ca 159 169 1873 1 7 14 170 1874 2 8 15 171 1875 3 9 16 172 1878 4 10 17 160 163 164 165 166 Démé- trius 3 ans 173 174 1877 1878 18 19 Simon 8 ans 175 1879 Antiochus Sidétès 9 ans 5 176 1880 8 1 2 161 177 1881 9 2 3 178 1882 10 3 4 179 1883 11 4 5 180 1884 12 5 6 162 181 1885 13 6 7 182 1886 14 7 8 Jean Hyrcan 26 ans 183 184 1887 1888 15 16 Démétrius 4 ans 185 1889 17 1 3 186 1890 18 2 4 187 1891 19 3 5 188 1892 20 4 6 Antiochus Grypus 12 ans « 189 1893 21 1 7 190 1894 22 2 8 191 1895 23 3 9 192 1896 24 4 10 193 1897 25 .5 11 194 1898 26 6 12 195 1899 27 7 13 196 1900 28 8 14 197 1901 29 9 15 w -S s ~ s £. 3»: 198 199 200 1902 1903 1904 1 2 3 10 11 12 16 17 18 Antiochus Cyzicus 18 ans» 167 168 201 202 203 204 205 206 207 208 1905 1906 1907 1908 1909 1910 1911 1912 4 5 6 7 8 9 10 11 1 2 3 4 5 6 7 8 19 20 21 22 23 24 25 26 Aristo-bule 1 an8 169 209 1913 12 9 1 A lezan- dre Jauni 27 ans0 170 210 211 212 213 214 1914 1915 1916 1917 1918 13 14 15 16 17 10 11 12 13 14 1 2 3 4 5 Ptolémée Alexandre 10 ans 171 215 216 217 218 1919 1920 1921 1922 1 2 3 4 15 16 17 18 6 7 8 9 Philippe 2 ans 219 220 1923 1924 5 6 1 2 10 11 172 ère des Séleucides somme des années alexandrins Ptolémée Alexandre juifs Alexandre 221 1925 7 12 222 1926 8 13 223 1927 9 14 224 1928 10 15 1. Titre omis. — 2. Le ms. continue à tort, la série des années 11-16. — 3. P. 81. — 4. P. 82. — 5. Ms. : Ptolo- maios. — 6. Ms. : Antiochos Agrippos. — 7. P. 83. — 8. Titre omis. — 9. Ms. : 26 ans; mais il y en a 27 d'inscrits. — 10. Ms. : Jean surnommé Alexandre. — 11. P. 84. TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 235 173 174 175 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 176 177 178 179 180 181 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256 257 258 1929 1930 1931 1932 1933 1934 1935 1936 CO z * "s! ai a a. Ptolémée Dionysios 30 ans 1937 1938 1939 1940 1941 1942 1943 1944 1945 1946 1947 1948 1949 5 G 7 8 9 10 11 12 13 1950 1951 1952 1953 1954 1955 1956 1957 1958 1959 19S0 1961 1962 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 ™J a <5 - S « S ^ 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 A lexan- dre 9 ans Hyrcan 34 ans 2 6 7 8 9 10 11 12 13 a a, G* 182 259 1963 27 14 280 1964 28 15 261 1965 29 16 262 1966 30 17 Cléopâtre 22 ans 263 1967 1 18 264 1968 2 19 '183 184 185 186 187 265 266 267 268 1969 1970 1971 1972 20 21 22 23 Auguste 57 ans « 269 1973 7 24 1 270 1974 8 25 2 271 1975 9 26 3 272 1976 10 27 4 273 1977 11 28 5 274 1978 12 29 6 275 1979 13 30 7 276 1980 14 31 8 277 1981 15 32 9 278 1982 16 33 10 279 1983 17 34 11 Hérode 37 ans' 280 1984 18 1 12 281 1985 19 2 13 282 1986 20 3 14 283 1987 21 4 15 188 a o 284 285 1988 22 1989 189 190 191 192 193 194 195 286 287 288 289 290 291 292 293 294 295 296 297 298 299 300 301 302 303 304 305 306 307 308 309 310 311 312 313 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 196 315 316 317 2018 20/9 2020 2021 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 33 36 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 2^ 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 Â9 1. P. 85. — 2. Titre omis. — 3. P. 86. — 4. Le ms. porte ici : Gaios loulios, c est-à-dire Qounaya. H et A ont sim- plement : Caius Julius César. W»ao paraît être le grec xuavEo;; je ne vois pas le rapprochement étymologique. Mais, d'après une glose de Bar Bahloul (éd. Duval, col. 1817), l;^ox> signifierait « couleur du ciel ». — 5. H et A donnent 5 ans pour Jules César, et 56 ans pour Auguste. L'an 1 de celui-ci est placé en l'an 1974. L'auteur adopte cette chrono- logie à partir de la lre année de l'ère chrétienne. — 6. Ms. : 24 ans. Rest. : m. — 7. Nombre d'années omis. De plus, ce titre est placé fautivement à l'an 1981. — 8. Le tableau que nous restituons pour les années 286-313, 1990-2017 devait se trouver à la page 87 du ms. — 9. Par suite de la lacune de la p. 87, nous ne pouvons savoir exactement comment se terminait le tableau chronologique ; il y avait probablement une note corrective ou explicative, dont nous ignorons la teneur; on voit, par les chiffres que nous ajoutons, que d'après la chronologie suivie jusqu'ici, l'an 317 des Séleucides, adopté dans le tableau suivant comme point de départ de l'ère chrétienne, correspondrait à la lre année de la CXCVIe olympiade et à l'an 2021 de l'ère d'Abraham. 236 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN '195 196 197 198 317 318 319 320 199 200 201 202 203 204 321 322 323 324 325 326 327 328 329 4 330 331 332 333 334 335 336 337 338 339 340 341 342 343 344 345 346 347 348 349 350 351 352 353 37 354 38 355 39 356 40 se. 45 46 47 34 33 36 37 Archélaùs 9 ans 5 6 7 8 9 10 11 12 13 48 49 50 51 52 53 56 3. Tibère 23 ans Hérode tétrarque 23 ans 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 -h 4. Gaius Caligu la 4 ans Agrippa 1 8 ans 205 '206 207 208 209 210 '211 212 213 214 357 41 358 42 359 43 360 44 x • 1 Agrippa L 2G ans 361 45 5 1 362 46 6 2 363 47 7 3 364 43 8 4 365 49 9 5 366 50 10 6 367 51 11 7 368 52 12 8 369 53 13 9 370 54 14 10 6. Néron 13 a. 6 m. 371 55 1 11 372 56 2 12 373 57 3 13 374 58 4 14 375 59 5 15 376 60 6 16 377 61 ' 7 17 378 62 8 18 379 63 9 19 380 64 10 ! 20 381 65 11 21 382 66 12 I 22 383 67 13 j 23 384 68 14 24 7. Vespa- sien 10 ans 385 69 1 386 70 2 387 7110 3 388 72 4 389 73 5 390 74 6 391 75 7 392 76 8 393 77 9 394 78 10 25 26 215 216 217 218 219 220 221 222 223 395 396 413 79 80 97 s R O . ce te ^ 9. Domitien 15 a. 5 m. 397 81 1 398 82 2 399 83 3 400 84 4 401 85 5 402 86 6 403 87 7 404 88 8 405 89 9 406 90 10 407 91 11 408 92 12 409 93 13 410 94 14 411 95 15 412 96 16 10. Nerva 1 a. 4 m. 11. Trajan 19 a. 6 m 414 98 1 415 99 2 416 100 3 417 101 4 418 102 5 419 103 6 420 104 7 421 105 8 12 422 106 9 423 107 10 424 108 11 425 109 12 426 110 13 427 111 14 428 112 15 429 113 16 430 114 17 431 115 18 432 116 19 1. Page 88. Voir la note concernant ce tableau, ci-dessus, p. 206.— 2. Je rappellerai que II et A placent la naissance de J.-C. en l'an 2015 d'Abraham, qui est, pour H, la 3e an. de la CXCIVe olymp., et pour A, la 4e année de cette même olymp. L'an 'i4 d'Auguste, 34 d'Hérode, coïncide pour H avec la lre année, et pour A avec la 2« année de la CXCVe ol. — 3. Dans le ms. les chiffres désignant l'ère chrétienne sont écrits en rouge et placés dans la même col. que les chiffres en noir marquant la date correspondante des Séleucides, et généralement au-dessus de ceux-ci. Cf. p. 137, n. 9. — 4. P. 89. — 5. P. 94. — 6. P. 97. — 7. Les chiffres 61-64 sont omis dans le ms. — 8. P. 98. — 9. P. 102. — 10. Le chiffre 70 est répété dans le ms.; de là une erreur d'une année, dans cette col., jusqu'à l'an 160. — 11. P. 104. — 12. P. 105. TABLEAUX CHRONOLOGIQUES (LIVRES I-VI) 237 OLYMPIADES en ^ w o = o ^> S u a se y, m w ce S •w .g o ROMAINS 12. Adrien 21 ans. OLYMPIADES ÈHE DES SÉLEUCIDES ÈRE cm Chiffres rectifiés t ETIENNE Chiffres du mss. s ROMAINS 14. Marc [Aurèle] et ses fils 19 a. 1 m. OLYMPIADES ÈRE DES SÉLEUCIDES ÈRE CHF Chiffres rectifiés ETIENNE Chiffres du mss. ROMAINS Sévère 224 433 117 1 *235 477 161 166 1 515 199 203 6 434 118 2 478 162 167 2 516 200 204 7 435 119 3 479 163 168 3 245 517 201 205 8 436 120 4' 480 164 169 4 518 202 206 9 225 437 121 5 236 481 165 170 5 519 203 207 10 438 122 6 482 166 171 6 520 204 208 11 439 123 7 483 167 172 7 246 521 205 209 12 440 124 8 484 168 173 8 522 206 210 13 «226 441 125 9 237 485 169 174 9 523 207 211 14 442 126 10 486 170 175 10 524 208 212 15 443 127 11 487 171 176 11 247 525 209 213 16 444 128 12 488 172 177 12 526 210 214 17 227 445 129 13 238 489 173 17S 13 527 211 215 18 446 447 130 131 14 15 490 491 174 175 179 14 180 15 448 132 16 492 176 181 16 8. Antonin 228 449 133 17 239 493 177 181 17 Caracalla 450 134 18 494 178 182 18 6 ans8 451 135 19 495 179 183 19 452 136 20 229 453 137 21 528 212 217 1 248 lo. 529 213 2 Commode 530 214 3 13. Titus Antoninus et ses fils 22 a. 3 m. I 3 ans 531 532 215 216 4 5 249 533 217 2159 6 240 496 497 498 180 181 182 184 185 186 1 2 3 19. Macri- 499 183 187 4 nus 10 1 an 454 138 1 500 184 188 5 455 139 2 241 501 185 189 6 "534 456 140 3 502 186 190 7 218 217 1 230 457 458 141 142 4 503 187 188 191 8 5 504 192 9 459 143 6 242 505 189 193 10 20. 2 460 144 7 506 190 194 11 Un autre 231 461 145 8 507 191 195 12 Antonin 462 146 9 508 192 196 13 5 ans 463 464 147 148 10 11 232 465 149 12 16. Perti- 535 219 218 • 1 466 150 13 nax 1 an 536 220 219 2 467 151 14 250 537 221 220 3 468 152 15 538 222 221 4 233 469 470 153 154 16 17 243 509 193 197 1 539 223 222 5 471 155 18 472 156 19 17. Sévère 21. 234 473 157 20 18 ans Alexandre 474 158 21 fils de Mamma 475 159 22 476 160* 23 f 510 194 198 1 7 13 ans 511 195 199 2 512 196 200 3 244 513 197 201 4 540 224 223 1 I 514 198 202 0 251 541 225 224 2 1. P. 106. — 2. P. 107. — 3. Le ms. porte 159 au lieu de 160 par suite de l'erreur indiquée (p. 226, n. 10). — 4. P. 110. Note marginale : Sachez, mes frères, qu'il y a erreur dans le comput des années de Vère chrétienne. Cela se reconnaît parce que du nombre 159, on passe aussitôt au nombre 466. Sept chiffres manquent. — 5. A partir d'ici jusqu'à l'an 20 de Constantin le ms. est tellement confus et les erreurs sont si nombreuses que, pour ne pas multiplier les notes, nous donnons dans la 4e colonne les chiffres erronés du ms., à côté des chiffres que nous restituons d'après le texte et la concordance avec le point de départ. — 6. P. 112. — 7. H confond l'an 1 de Sévère avec l'année assignée à Perlinax. H y a donc à partir d'ici une différence d'un an entre notre ms. et H. jusqu'à Dioclétien. — 8. Sic ms. H et A donnent : Caracalla : 7 ans; Macrinus : 1 an ; Marc. Aur. Antonin. : 4 ans; soit : 12 ans en tout. Notre ms. donne respectivement : 6 ans, 1 an, et 5 ans — 12 ans. — 9. Note marg. : Il y a de nouveau erreur au sujet des années de l'ère chrétienne. — 10. Ms. : Macedonius. — 11. P. 113. 238 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN eue chretienne Chiffres rectifiés Chiffres du ms. S H a. «S. 252 253 254 542 543 544 545 546 547 548 549 550 551 552 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 22. Maxi- minus 3 ani 553 554 555 255 256 257 258 237 238 239 236 237 238 ' 23. Gor- dien 6 ans -556 557 558 559 560 561 240 241 242 243 244 245 227 228 229 230 231 232 24. Philippe 7 ans 562 563 564 565 566 567 568 246 247 248 249 250 251 252 233 234 235 236 237 238 239 23. De'cius 1 a. 4 ni.3 569 253 240 ere chretienne Chiffres rectifiés Chiffres du ms. 259 260 261 262 570 571 254 255 241 242 H.Valeria- nus 15 ans 263 264 265 266 572 573 574 5 575 576 577 578 579 580 581 582 583 584 585 586 256 257 258 259 260 261 262 263 264 265 266 267 268 269 270 243 244 245 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256 257 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 28. Claudius 1 a. 9 m. 587 588 271 272 350 251 29. Aurélia nus 5 a. 6 m 589 273 252 1 590 274 253 2 591 275 254 3 592 276 255 4 593 277 256 594 278 257 6 30. Tacite 6 m Florianus 88 j Probus 6 a. 4 m. ere chretienne Chiffres rectifiés Chiffres du ms. 267 268 269 270 271 595 279 258 596 280 259 597 281 260 598 282 261 599 283 262 600 284 263 601 285 264 '272 273 274 275 276 602 603 286 287 8 604 605 606 607 608 609 610 611 612 613 614 615 616 617 618 619 620 621 622 288 289 290 291 292 293 294 295 296 297 298 299 3C0 301 302 303 304 305 306 12 623 624 625 626 627 628 629 630 631 632 633 634 635 636 637 638 639 640 641 642 307 308 309 310 311 312 313 314 315 316 317 318 319 320 321 322 323 324 325 326 265 266 34. Dioclé- tien 20 ans' 266 267 268 269 270 271 272 273 274 275 276 277 278 279 280 281 282 283 284 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 169 1710 18 19 3o. Cons- tantin le Victorieux 32 ans" 285 286 287 288 289 290 291 292 293 294 295 296 297 298 299 300 301 302 303 304 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 1. Note marg. : Sache, ô notre frère, que le nombre des années du Christ est totalement erroné. Je ne sais pas si cela vient du copiste ou de l'auteur. Prie pour moi. — 2. P. 114. — 3. Ms. : 3 ans et 4 mois, dans le titre, mais 1 an au tableau. — 4. Notre ms. ajoute une 3e année. L'erreur se trouve corrigée par la répétition de l'an 574, de manière que la 4° année de Valerianus tombe exactement en 575. — 5. P. 115. — 6. P. 116. — 7. Le n° d'ordre donné par notre ms. est 32 ; H et A ont aussi 20 ans, dans le titre; mais notre ms. n'en inscrit que 19 au tableau. — 8. 117. Note mar- ginale : J'ai été pris de vertige en examinant la multitude d'erreurs et de confusions qui se trouve dans le nombre de ces années et des autres. — 9. A s'arrête ici. — 10. A partir de l'an 17 de Dioclétien le ms. ajoute une nouvelle colonne pour les années de la persécution. H fait concorder l'an 10 de la persécution avec l'an 7 de Constantin, et notre ms. également. Mais celui-ci ajoute une nouvelle série de chiffres 1-13 correspondant aux années 8-20 de Constantin. Cf. p. 201, n. 3, et p. 202, n. 1. — 11. Le n° d'ordre (35) est donné par le ms. ; H. : 34. — 12. P. 121. — 13. Dans le ms. la CCLXXIIe ol. est placée à l'an 624, et la précédente n'a que 3 ans; par suite de cette correction, la 3e année de la CCLXXVIe se trouve être l'an 20 de Constantin, comme il est dit dans le texte (infra, p. 245). Mais cette correction aurait dû être faite dès le début, en faisant concorder l'an 1 de 1ère chrétienne avec la 2e année de la CXCVe olympiade. LIVRE VII Avec l'aide du Seigneur qui a réglé da.ns l'espace de sept jours le cycle du temps, je commence le LlVRE septième qui commence .V l'\N 5817 du monde. CHAPITRE PREMIER. — Sur le commencement du règne de Constantin le Vic- torieux. Constantin le Victorieux* régna avec son père Constantin* pendant 3 ans, comme nous l'avons montré dans le Livre précédent. — Après la mort de son père, il commença à régner [seul], en l'année 623 des Grecs, en l'indiction 8% l'an 5817 depuis Adam, et selon d'autres 5813. Jean d'Asie dit, au commencencement de son livre, que Constantin avait aban- donné récemment le culte des idoles, de même que son père s'était déjà converti au culte de Dieu^ comme le montre l'histoire de Sylvestre de Rome3. Ignace de Mélitène commence en parlant ainsi : « Quand Constantin le Vic- torieux commença à régner, Maximianus, Diocletianus, Maxentius et Sevcrus régnaient déjà. Tous les quatre persécutaient les chrétiens. Severus étant mort, les Romains attribuèrent l'honneur au grand Constantin, et proclamèrent Cé- sar Licinius qui était son beau-frère, le mari de Constantina*, sa sœur. [122] Il associa celui-ci à l'empire en la 7e année [de son règne]. Cet impie Licinius per- sécutait les chrétiens en secret. Ensuite il se révolta môme contre l'empereur. Constantin marcha contre lui et le tua. Après lui surgit Martinus" qui fut aussi tué6. En l'an 2 de Constantin. Sabhour, fils de Hormizd, commença à régner sur les Perses, pendant 70 ans7. Constantin marcha à la guerre contre Maxentius qui était à Rome. Il pensa en lui-même et se dit : « Le culte des idoles et les sacrifices ne peuvent 1. Le syriaque Lsi traduit le grec Nix/iTrj; du protocole officiel de Constantin. — 2. Constance Chlore. — 3. Pour tout ce qui concerne les Actes de S. Silvestre, leurs différentes recensions grecques et latines et la mutuelle dépendance de celles-ci, cf. Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. I, p. crx et suiv. Il existe aussi deux recensions syriaques dont l'une a été publiée par Land [Anecdota syriaca, t. III, p. 46 sqq.). C'est d'après cette version qu'a été rédigée une homélie de Jacques de Saroug sur le Baptême de Constantin (publiée par Frotingham, Beal. Acc. dei Lincei, 1881). — 4. Constantia. — 5. Lire : Martinianus. — 6. Comp. ci-dessus, p. 201, n. 5. — 7. Le ms. porte en lettres : a trois ans ». L'original devait porter le chiffre : ^ (= 70) que le copiste a lu : ^ (= 3). 240 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN servir à rien à ceux de la maison de Dioclétien. » Et il prit la résolution d'adorer le Dieu qui l'aiderait dans le combat. Ayant levé les yeux au ciel, au milieu du jour, il vit une croix, à l'instar d'une colonne de lumière, et sur elle des lettres qui disaient: « Par celle-ci tu vaincras \ «Ceux qui étaient avec lui virent aussi cette vision. Pendant la nuit, le Christ lui apparut et lui dit : « Fais-toi [une image] à la ressemblance de celle qui t'est apparue. » — Au matin il se leva et fit ainsi. Dès lors commença la coutume de faire marcher la croix devant les armées ro- maines*. Quand le combat eut lieu, le tyran fut vaincu. Maxentius lui-même se noya dans le fleuve. Tiberios est le nom du fleuve, qui est le Danube3. La femme de Constantin était fille de Dioclétien et s'appelait Diocletia4. Elle aussi avait cru dans le Christ et avait été baptisée3. Constantin le Victorieux [123] restaura6 Byzance en la 3e année de son règne. Il l'agrandit de quatre milles. Il l'acheva et l'embellit de superbes édifices et de richesses de toutes sortes ; il y transféra, de Rome, l'empire ; et il l'appela, de son nom, Constantinopolis. A cause de cela, on lui attribua des honneurs, on l'ap- pela Libre 7 et ses habitants « affranchis ». Il y bâtit l'église d'Irénô et une autre [en l'honneur] des Apôtres8. Quand Constantin parut comme seul empereur9, il apporta tout son soin aux choses divines. Il bâtissait des églises en tous lieux10. Il rasait tous les temples des idoles. Il fit une loi pour qu'aucun païen ne fût admis dans la milice. Sache bien, ô lecteur, ami de la vé- rité, ou qui as souci de l'exactitude, que plusieurs chroniqueurs font commencer leurs écrits au commencement du rèmie de Constantin l'empereur fidèle, comme Socrate et Jean d'Asie, et aussi Théodo- ret., qui est en dehors de notre reli- gion11, et Ignace de Mélitène. Pour nous, En ce temps, Silvestre de Rome changea les noms par lesquels les païens appelaient les sept jours du cycle tem- poraire12. Il appela le jour du Soleil : premier de la semaine ; celui de la Lune : deuxième de la semaine; celui d Ares : troisième de la semaine; celui d'Her- mès : quatrième de la semaine; celui I. Grec : sv xo''jxm vtxa. — 2. Cf. V.vs., Vita Const., I, xxvin-xxxi ; Socr., I, ir.— 3. Sic. — 4. BH : Diocletiana. — 5. 67c dans les Actes de S. Sylvestre. Constantin avait épousé Fausta, fille de Maximianus Herculius. — 6. Cf. ci-dessus, p. 88, — 7. Ou : « Noble ». BH. dit simplement : « il affranchit ses habitants ». Le sens est peut-être que les habitants furent exemptés d'impôts. — 8. Cf. Socr., I, xvr. — 9. Autocrator. — 10. Socr., I, xvm. II. Litt. : « hors de notre maison ». Théodoret est regardé comme nestorien par beaucoup de Jacobites. 12. Land, Anecd. syr,, III, p. 50. Cf. Duchesne, Le Liber Pontificalis, t. I, p. exir. LIVRE VII. CHAP. I 241 nous avons fait commencer ce livre au commencement du monde 1 ; et jusqu'ici nous avons compilé ce volume en le re- cueillant d'écrivains anciens, comme Eu- sèbe et autres. — A partir d'ici, et dé- sormais, nous compulserons et nous ajouterons dans ce volume les écrits de ceux qui les ont fait commencer à cette époque, avec l'aide du Seigneur qui nous soutiendra 2. Amen! Commencement du livre de Thèodoret ; Les peintres marquent sur les ta- blettes et les parois8 le souvenir des choses qui ont eu lieu, pour le plaisir de ceux qui regardent. Les écrivains em- ploient au lieu de couleurs les paroles qui composent leurs livres4. — Et après d'autres choses [il dit :] Alors que les tyrans eurent disparu, que Constantin commença à régner, et que l'Église [122] florissait dans la paix, Satan sus- cita un autre genre d'erreur. Aupara- vant, la créature était adorée à la place du Créateur; maintenant, dans sa jalou- sie, il trouva des hommes pervers pour dire que le Créateur a été créé et fait5. Dans sa lettrer> à Eusèbe [de Nicomédie, Arius nomme] ceux qui acceptaient sa doctrine: [Eusèbe]de Césarée,Theodotus [de Laodicée], Paulinus de Tyr, [Atha- de Zeus : cinquième de la semaine; celui de Belati : 'eroubta1^ et celui de Chronos : sabbat. Il abolit les noms des étoiles donnés aux jours, pour que les chrétiens ne soient pas induits en erreur 8........... Silvestre convertit Constantin Ier, père de Constantin le Victorieux, car il était païen et aussi lépreux9. Il aimait les chrétiens par intérêt10, et il recou- rut au nom du Christ comme à un mé- decin, pour en être soulagé. Ce qui d'ailleurs arriva. Le Seigneur lui montra en songe les saints apôtres Pierre et Paul qui lui dirent : « Fais venir le grand prêtre Silvestre, qui est caché [122] dans la montagne, et il te guérira. » Quand il s'éveilla de son sommeil, il entendit la voix des mères pleurant leurs enfants qui étaient emmenés pour être mis à mort; car les païens lui avaient dit : <( Tu seras purifié dans le sang de jeunes enfants. » Il eut pitié d'elles et ordonna de ne pas tuer [ces enfants]. Dieu aussi eut pitié de lui. L'empereur trouva saint Silvestre et lui fit connaître la vision qu'il avait eue. Silvestre ayant reconnu que les Apôtres lui étaient apparus le conduisit a l'église et lui montra leurs images. En les voyant, il 1. Le texte paraît légèrement altéré, mais le sens est certain. — 2. Uoi-vs. — 3. Rétablir l'ordre des mots : iB'f^a \Jô\s. — 4. Theod., Hist. eccl., I, r. — 5. ïhhod., I, rr, passim. — 6. Theod., I, v. Nous suppléons, d'après le grec, les quelques mots qui manquent dans notre ms. 7. Nom par lequel les Syriens désignent le vendredi. — 8. Lacune de quatre lignes dans cette colonne. — 9. On sait que la légende de la lèpre est rapportée à Constantin, et non pas, comme dit notre auteur, à son père. V. les Actes de S. Silvestre cités plus haut. Le texte grec correspon- dant à cette légende est en partie reproduit par Siegfried et Gelzer, Eusebii canonuin epitome, etc., pp. 81-83. —¦ 10. La phrase est obscure. Littér. : erat ei amor prmcarius erga Christianos. I. 31 242 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN nasius] d'Anazarba,Grégoire de Berytus* et Aetiiis de Lydda. Jean d'Asie confirme aussi ces choses au commencement de son Livre, quand il dit : « Comme le Mauvais ne pouvait supporter la paix de l'Eglise, ce serpent tortueux fit d'Arius son instrument et trompa beaucoup de gens pour leur faire dire que le Fils, consubstantiel au Père, est une créature et a été lui-même créé comme l'une des créatures. Arius, ayant d'abord été chassé de lEglise par Pierre, évêque d'Alexandrie, pervertit l'esprit de ceux dont l'intelligence était enve- loppée dans les ténèbres de l'erreur : Mârî de Chalcédoine, Eusèbe de Nico- médie et autres. A cette époque, il y eut un violent tremblement de terre, et beaucoup de maisons furent renversées à Alexandrie et en d'autres lieux; il fit périr beau- coup de gens8. Ces misérables adhérèrent donc à Arius et firent naître une hérésie perni- cieuse. Par eux le Mauvais attaquait les chrétiens. Il trouva encore des ministres pervers dans Meletius3 et ceux de son parti. Celui-ci était évêque du temps de la persécution de Dioclétien. Il sacrifia4 et fut privé [123] de son rang; à la fin, il succomba : plusieurs s'attachèrent à lui, et il fut proclamé chef de l'hérésie; et de temps en temps ceux-ci se joi- gnaient aux partisans d'Arius. Il y avait aussi une autre maladie dans l'Église : le désaccord au sujet de la fête confessa que c'étaient ceux qui lui étaient apparus. C'est pourquoi il crut et reçut le baptême. Il tomba de sa chair quelque chose qui ressemblait à des écailles de poisson. Environ 12.000 hommes des païens reçurent le baptême en même que lui, sans compter leurs femmes et leurs enfants. Ce Constantin, qui était lépreux et qui fut guéri en recevant le baptême, n'est pas celui à qui apparut la croix dans le ciel, mais son père. L'impératrice Hé- lène était la femme de ce Constantin le lépreux, qui fut guéri, et la mère de Constantin qui vit la croix. Tous les deux furent instruits par elle5. Comme ils portaient le même nom, l'erreur s'est introduite. D'après ce qui est écrit, nous devons distinguer les personnages et faire savoir aux lecteurs qu'il y eut en ce temps trois empereurs, l'un après l'autre, qui furent appelés d'un même nom : Constantin Ier, qui fut guéri de la lèpre par le baptême; son fils Cons- tantin, qui vit la croix [123] dans le ciel, qui bâtit Constantinople et réunit le grand synode de Nicée ; et le fils de celui-ci, qui est Constantin III. Silvestre de Rome vécut depuis le temps de Dioclétien, lepersécuteur, jus- qu'au temps de ce Constantin III. Au temps de la persécution il y eut à Rome une grande famine; et Dioclétien ordonna de chasser et de faire sortir de Rome ceux qui étaient [originaires] de Palestine. Silvestre instruisit les chré- 1. Ms. : de Ntrytos. — 2. Cette phrase paraît avoir été déplacée. — 3. Meletius d'Egypte. Cf. Theod., I, ix, xxvr. — 4. Corr. ; 5. Le ms. porte « par lui »; ce qui peut s'entendre de S. Silvestre. LIVRE VII, CHAP. I 243 de Pâques. Les Orientaux voulaient cé- lébrer la fête comme les Juifs, et les Oc- cidentaux n'admettaient pas cela. Arius était versé dans le langage de la rhétorique et s'était appliqué à l'étude des doctrines profanes et des sciences philosophiques. Il répétait et disait : « Si le Père a engendré le Fils, celui qui a été engendré a commencé à être; et de là, certes, il est manifeste qu'il y eut un temps où le Fils n'était pas1. » Et comme le feu prend d'une petite étincelle, son souffle se répandit et vola non seulement dans Alexandrie mais dans toute l'Egypte, dans la Libye, dans la Thébaïde, dans la Syrie, et dans de nombreux pays. Alexandre, qui était en ce temps ar- chevêque d'Alexandrie, réunit un synode à Alexandrie même ; il anathématisa Arius, écrivit des lettres en tous lieux, et proclama sa déposition2. Mais le venin du crachat3 d'Arius ne fut pas totale- ment détruit. Quand l'empereur vit ces choses, il en conçut une grande douleur. Il en- voya d'abord des lettres à Alexandre et à Arius1, en disant : « Tout d'abord il ne convenait pas que vous scrutassiez ces choses. Revenez à l'affection de l'un pour l'autre et procurez à tout le peuple l'honneur de la charité ; courez vous- mêmes l'un vers l'autre pour vous em- brasser dans la paix; souvent, en effet, on trouve l'amitié plus agréable après l'inimitié. Rendez-moi aussi des jours tiens qui devaient être chassés et ils de- mandèrent d'emporter avec eux les corps des apôtres Pierre et Paul, attendu qu'eux aussi étaient venus de Palestine. Il fit cela parce qu'il avait confiance que ce qui avait eu lieu du temps de Trajan arri- verait [de nouveau]5. Ce qui eut lieu en effet. L'empereur ayant prescrit de leur donner [les corps], quand ils s'appro- chèrent pour les remuer, toute la ville trembla jusqu'à ce qu'ils les remissent en place. La même chose eut lieu sept fois. Chaque fois qu'ils remuaient les os- sements des Apôtres, toute la ville trem- blait, et quand ils les remettaient à leur place le tremblement de terre cessait. L'empereur et tout le monde ayant re- connu cela, on les laissa à leur place ; et, à cause d'eux, les étrangers ne sorti- rent pas de la ville. A l'époque du commencement du règne de Constantin florissait, en Armé- nie, Grégoire l'Arménien, qui faisait des miracles et de grands prodiges, comme les saints Apôtres6. Les Arméniens furent convertis par lui du paganisme au christianisme. Ils crurent et furent baptisés, et ils reçurent l'ordination sa- cerdotale qui se transmet chez eux de l'un à l'autre. — Fin de ce [chapitre], par le secoiws de Jésus qui est avec son Père dès le commencement. Puissions-nous être [avec lui] et parvenir à le contempler ! 1. Sogr., I, v. — 2. Socr., I, vr. — 3. Lire : lao^L. — 4. Cf. Eus., Vit. Const., II, lxiv-lxxii; mais Michel cite cet ouvrage par l'intermédiaire de Socrate (I, vrr). 5. Cf. ci-dessus, p. 175. — 6. Sur S. Grégoire, apôtre de l'Arménie, surnommé YIlluminateur, cf> Acta sanctorum, 30 sept. 244 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN tranquilles et des nuits exemptes de souci1. » — L'empereur leur écrivit donc ces choses et des choses semblables, cherchant à éteindre le mal. Mais quand cet empe- reur juste vit que ce mal se répandait par ses ministres, il rassembla le Synode œcu- ménique. Il donna rendez-vous aux évêques de tous lieux pour qu'ils se réunissent à Nicée de Bithynie. CHAPITRE II DU LIVRE VIL — De l'époque du grand Synode œcuménique de Nicée*. [124] Constantin le Victorieux célébrait3 fidèlement les fêtes dominicales du Christ, avec grand soin; et quand on lui dit qu'il y avait des différends dans les Eglises, au sujet de la fête de la Passion salutaire du Christ, il ordonna qu'un synode se réunisse à Nicée de Bithynie pour régler ce qui concernait la fête et pour examiner ce que disait Arius. Trois cent dix-huit évêques se réunirent d'Europe, de Phénicie, d'Egypte, de Palestine, de Cilicie, de Syrie, d'Arabie, de Mésopotamie, de Perse, de Libye. — Les premiers étaient : Eusebius4, qui, je pense, était de Rome; Alexandre d'Alexandrie avec Athanase, son disciple; Jacques de Nisibe, et Eustathius d'Antioche. L'empereur fit préparer une mai- son spacieuse et grande et des sièges. L'empereur entra lui-même en dernier lieu avec les moindres. L'aspect de sa prestance magnifique était admirable à voir5. On lui avait préparé un siège au milieu, mais il ne s'assit pas avant que les évêques ne l'en eussent prié. Ils s'assirent tous aussi. L'empereur, victorieux dans le combat, était aussi doux, pacifique, humble, agréable dans son langage, miséricordieux, juste, aimant la droiture, d'un esprit pénétrant et d'une intelligence saine. Il adressa6 la parole aux évêques pour leur persuader tout d'abord de faire la paix les uns avec les autres, et il les charma tous par les douces paroles de son admonition. Il y avait avec les évêques des milliers de prêtres, de diacres et de moines; et 1. Eus., Vit. Const., II, lxxi-lxxii. Le texte n'est pas très correctement traduit en syriaque. 'Eita- véXOsxs 8s Trpbç tyjv àXXrjXwv çtXi'av te, xa\ X^P'V ' àrcoSoTE xw (Tuu/jcavu Xocw xàç oÎxeîocç 7t£pt7tXoxa<; • 6(xeïç te aùxoA xaôdcTtep xà; lauxwv ^X*? ÈxxaOapavTSC, auôiç àXX^Xouç etuyvwxe. riôîwv yàp uoXXâxt? ytvexat çtXta (xsxa xr,v Trjç £-/8paç vnoÔEffiv, a36tç eÎ; xaxaXXayrjv sîtavéXÔExs, x. x. X. (Socr., I, vu). 2. Les faits rapportés ici sont amplement exposés par Eusèbe (Vita Constant., 1. III, cap. vu sqq.). Mais Michel résume le texte de Socrate (Hist. eccl., I, vin ?qq.). — 3. Litt. ; honorait. — 4. Ici et plus bas, dans la liste des Pères, notre ms. porte looa^nisool, au lieu de : uaoa^ol, Osius. — 5. Le texte de cette phrase est obscur, peut-être légèrement altéré. Il représente la traduction de ce passage de Théodoret : eI<7eXyÎXu8s 8s xoù aùxbi; kV/axo; (BH). LIVRE VII. CHAP. II 245 l'empereur leur procura à tous la nourriture et toutes les choses nécessaires, depuis le 20 de iyar (mai) jusqu'au 19 de haziran (juin). Comme des rhéteurs se combattaient mutuellement en paroles, et que plu- sieurs recherchaient les artifices du langage, un confesseur laïc1 prit la parole contre eux : « Le Christ et les Apôtres, [dit-il], ne nous ont pas enseigné l'art * de [126] la dialectique, ni les artifices nouveaux3, mais la foi simple qui est conservée par les bonnes œuvres4. ¦> Alors tous se turent. L'empereur fidèle leur donnait à tous des avertissements ; il glorifiait ceux qui brillaient par la religion 5, louait ceux qui étaient versés dans les saintes Ecri- tures, et montrait que tous étaient les enfants d'une même foi6; il les sollicitait pour que la fête de Pâques fût célébrée uniformément par tous. —Un dimanche, il dîna avec eux, les évêques, les clercs et toute la nombreuse assemblée étant assis autour de lui. — Ayant pris de ceux qui les apportaient les libelles de récriminations des uns contre les autres, il finit par les mettre d'accord et jeta tous les libelles au feu7. "—Il affirma avec serments : « Je couvrirais de ma pourpre les ignominies des évêques et des prêtres'. » La définition de la foi qui est actuellement prêchée dans les églises fut éta- blie; les saints canons furent réglés, et on statua que la Grande fête serait célé- brée le dimanche après la Pâque ancienne. — Arius et ses partisans furent chassés; car l'empereur envoyait en exil quiconque n'admettait pas l'expression de consubstantiel9, et il honorait les autres. Les saints évêques signèrent et confirmèrent le symbole de la foi. Ils écrivi- rent une lettre générale pour tous les pays, pour faire connaître tout ce qui avait eu lieu. — L'empereur, de son côté, écrivit à Alexandrie et en Egypte au sujet de la déposition d'Arius, qui ne pouvait plus être admis dans l'Eglise de Dieu10. Ainsi reçut son parfait accomplissement ce saint synode rassemblé dans l'Esprit-Saint, en Tan 20 de Constantin le Victorieux, l'an 642 des Grecs11, la 3e année de la GGLXXVP olympiade, l'an 5833 depuis Adam. La mère du Victorieux Constantin, qui est l'impératrice Hélène, à la suite d'un songe, monta à Jérusalem*. Elle la trouva depuis longtemps détruite. Elle eut *Note marginale : Le voyage de Vimpératrice Hélène à Jérusalem est antérieur au Concile. 1. Lire : U*^*>, Àaïxo; (Socr.), — 2. Corr. : |Latboo! (BH.). •— 3. Gr, : où8à x!vy;v àirax/jv. Le tra- ducteur paraît avoir lu : véav, au lieu de : xevyJv. — 4. Socr., I, vin; comp. Rufin, Hist. eccl,, I, rrr. — 5. Litt. : « la crainte de Dieu ». — 6. Le sens paraît être, d'après les parallèles grecs, qu'il les amène à la concorde. — 7. Corr. : |iai^. — 8. Pour éviter les scandales. Le sens est clair d'a- près Théodoret, H. E,, I, xi, p. m. — 9. o[ioou<7co;. Les Syriens rendent ce mot par une locution qui signifie à la lettre : fils de la substance (U^ol J=) ou : de l'essence (\LoCs»\ ;=). — 10. Les lettres sont rapportées par Socrate, I, îx. — 11. a*^. Le concile fut célébré en 325. Cf. p. 238, n. 13. Pour ce qui concerne les Actes, voir Manst, Amplissima collectio, II, 635 sqq. 246 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN peine à retrouver le tombeau de notre Sauveur, parce que les Juifs avaient élevé dessus une statue d'Aphrodite afin qu'il ne fût pas connu des chrétiens. L'im- pératrice y entra le 28 de 'iyar (mai), et avec elle Silvestre de Rome. Elle fit une enquête près des Juifs. Leur chef qui s'appelait Judas fut jeté en prison. Au bout de [126] sept jours, ils lui montrèrent l'endroit. L évêque en fut informé1. Ils renversèrent l'image impure, et on trouva le Sépulcre dans lequel il y avait trois croix et la tablette que Pilate avait écrite. Comme on ne savait pas [quelle était la croix du Sauveur], l'évèque de l'endroit fit approcher, avec foi, une femme qui était sur le point de mourir. Les deux croix des larrons furent placées sur elle, et elle ne fut pas soulagée. Puis, quand on approcha d'elle la croix de Notre- Seigneur, aussitôt elle tressaillit et se leva. —Ensuite l'impératrice fit bâtir un temple sur le Tombeau. Elle y fit placer une partie de la Croix et envoya le reste à l'empereur. Celui-ci la plaça sur une grande colonne de pourpre, et il mit les clous dans le casque de sa tête et dans le frein de son cheval. Et la prophétie fut accomplie2. Hélène fît bâtir une église à Bethléem et sur le mont des Oliviers. — Elle vi- vait dans l'humilité, avec les femmes, et elle procurait de ses mains la nourriture aux vierges et aux pauvres3. Ici se termine le livre dEusèbe, parce qu'à cette époque finit sa vie. [124] Avec Arius qui avait déjà été anathématisé auparavant par Pierre, déposé et expulsé d'Alexandrie, il s'en trouva aussi d'autres4, dans le grand concile qui se réunit à Nicée, qui ne con- fessaient point et n'admettaient pas l'ex- pression de « consubstantiel ». C'étaient : Eusebius de Nicomédie, Theognis de Ni- cée5, Mârî de Chalcédoine, Theonas6 de Marmariqa, Secundus de 'Akko. Ils [124] Le 19e évêque d'Edesse fut Aital- laha7. A cette époque vivait Jacques, évêque deNisibe8, homme fameux par la doc- trine des choses saintes et par les œuvres vertueuses, comme les bienheureux Apôtres. Ces deux illustres personnages se trouvaient au saint concile de Nicée [parmi les évêques] de la Mésopotamie, 1. Lire : tûaom*9| ow — 2. Allusion à Zach., xiv, 20. — 3. Le chapitre paraît résumé du texte de Socrate (I, xvn) combiné avec les traditions orientales consignées dans les récits syriaques de l'invention de la Croix (cf. ci-dessus, p. 158, n. 8). Comp. en outre Eus., Vit. Const., III, xlii R. Duval, Litt. syr., p. 111; Tixeront, Les origines de l'Eglise d'Edesse, Append. 4. Socr., I, vm, c. med, — 5. Ms. : Youta. Rest. : Uû»j». — 6. Ms. : Thomas. Socr., loc. cit. : ©EÔva;. Rest. : Ijo|Lo. 7. Jac. Edess., ad ann. 1. En 636 (Gr.) selon le Chr on. edess., n° xiv. — 8. Ea vie de S. Jacques de Nisibe a été publiée en syriaque par Bedjan, Acta Mart. et Sanct., t. IV, p. 262 sqq. LIVRE VIL CHAP. II 247 disaient en effet : « Celui-là est consub- avec le bienheureux Mar Ephrem, le stantiel qui est d'un autre *. » docteur célèbre et glorieux2. 3 [127] Zynosius*, des Novatiens, vint aussi au synode. L'empereur lui demanda s'il admettait la définition de la foi et la fête de Pâques. Il répondit que oui. L'empereur reprit : « Pourquoi donc êtes-vous séparés5 de l'Eglise?» — Il répondit : « Parce qu'il ne convient pas d'admettre ceux qui pèchent mortellement après le baptême. » — L'empereur répondit : « Alors pose une échelle, et monte seul au ciel. » Paphnutius de Thébaïde était un homme vertueux qui faisait des prodiges comme les saints Apôtres. Au temps de la persécution, les païens lui avaient crevé un œil. L'empereur l'aimait beaucoup, et il baisait son œil crevé. — Quand les évêques voulurent [statuer] un canon pour qu'aucun clerc ne prît femme, Paphnutius se leva au milieu [de l'assemblée] et dit : « N'établissez point un canon que tout le monde ne peut supporter. Il suffit qu'un clerc ne puisse convoler à de secondes noces selon la tradition des Anciens, Il ne faut pas nuire a l'Eglise de Dieu par une trop grande rigueur. » — Ainsi parla ce saint qui lui-même n'usa jamais du mariage. — L'empe- reur et tout le synode se rangèrent à son avis6. Eusèbe et Theognis firent ensuite pénitence et furent accueillis dans le synode7. Socrate a écrit ces choses. — Fin de ce [chapitre], NOMS DES ÉVÊQUES 8 QUI SE TROUVAIENT REUNIS DANS LE CONCILE QUI SE TINT A NICÉE9. I. Premièrement ceux de Rome : vito] *» et Vinqentos, prêtres, pour le 1. Eusebios10, [évêque de Cordoue; — pape (1). 1. Socr., I, vin : Notre ms. porte : qui est de rien. Il faut corriger : »,^o *»©\©Cs*|* ow, et traduire : « qui est d'un autre », et ajouter le reste de la phrase qui devait se trouver dans la la- cune : sud yap s'çacrav 6[xooû(uov elvoa, o ex tivoç sut'', vj xaxà (xspcajjibv, r\ xaxà peûenv, y) xaxà 7tpoêo).ïiv____ xar' o'jSèv 8è toOtwv scttiv o Ttoç. — 2. La présence de S. Ephrem au Concile de Nicée est invraisem- blable. 3. Nous croyons devoir rapprocher ici ce passage qui forme la suite de l'histoire du Concile, interrompue dans le ms. par la liste des Pères. — 4. BH (Chr. eccl., I, 75) écrit : noa*cayo), Eune- sius. Le texte original devait porter : >aûa*m.o!, transcription de 'Axésioç. Socr., I, x. — 5. Lire : ^û»^» (BH). — 6. Socr., I, xr. — 7. Socr., I, xrv; l'exactitude demanderait: « et reçurent le synode ». 8. Litt. : « des chefs des prêtres ». — 9. Les listes de souscription au Concile de Nicée ont été éditées et étudiées par MM. H. Gelzer, H. Hilgenfeld et O. Cuntz dans l'ouvrage intitulé : Patrum Nicœnorum nomina latine, grsece, coptice, syriace, arahice, armenice (Lipsiœ, 1898). Pour faciliter la comparaison avec les ljstes éditées dans cet ouvrage, nous transcrivons ici les noms aussi litté- ralement que possible. Nous ajoutons les numéros d'ordre qui ne sont pas dans le ms. Le numéro qui suit les noms, est celui de la liste restituée (ouvrage cité, p. lx), d'après laquelle la pré- sente liste doit être corrigée. Nous citons l'ouvrage sous l'abréviation PNn; I = la liste syriaque de Nitrie, pp. 96-117; II = la liste de VEbedjésus, pp. 118-120. — 10. Lire : Osios. — 11. Lacune de deux mots. Rest. : 'm^iû^o No^= (PNn, I, p. 96), ^a-.ro^>oa^,|. — 14. I} H ; Pollion. — 15. I : Bareas; II : Beroë. — 16. I, II ; Florentins. — 17. I, II : Ancyrse siderœ (ferrese). — 18. Lire : «m^.û9ûj|A«^o|. — 19. I : Standou; II : Staria. — 20. Lire : asoûi^^. Répétition du n» 45. —21. I : Nunechius. — 22. I : Sanaon. — 23. I, II : Procopius. Rest. : •¦eocuSaoo;} ; Ms. Prosopros. — 24. I : Synadon. — 25. Pisticius. — 26 I, II : Azanon. — 27. I : Dorylion; II : Dorylaos. Lire : a»o\}o,. Ms. : Dôrios. — 28. Lire : LSJUool (I, II); Ms. : Asrapia. — 29. I, II : Flaccus. ~ 30. I, IL. Hiérapolis. — 31. I, II : Baraton. — 32. 1, II : Atheneus Coracesii. — 33. I, II : Claudiopolis ; ms. : Qlidounopolis. — 34. I, II : Agapius. — 35. Ms. : Metronopolis. — 36. I, II : Antoninus. — 37. I : Syedron; II : Syedra. — 38. I : Thymanadon; II : Thymanada. — 39. I, II : Hesychius. — 40. I : Ouasadon; II : Ouasada. — 41. I : Listrdi; II : Alistron. — 42. I : Larandon; II : Laranda. — 43. Quintus. — 44. I : Aquilas; II : Aclius. 252 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN XXII. De Bithynie : U. 165. Eusebios de Nikomodia (193). 166. Teognis1 de Niqia (194). 167. Mârîs deKâlqèdôn\l95). 168. Qorion* de Qoros 3 (196). 169. Esykios de Prisa 4 (197). 170. Gôrgonios d'ApolIonia5 (198). 171. Gôrgios dePelousias6 (199). 172. Euioustios7 d'Adrianopolis 8 (200). 173. Teophanes korepiskopa (201). 174. Roufos de Qèsaria (202). 175. Eulalios korepis[kopa] (203). XXIII. De Cypre : 2. 176. Qourillos de Paphos (191). 177. Gelasios de Salamînê (192). XXIV. De Lycaonie' : 12. 178. Eulalios d'Iqonion (146). 179. Telêmâkos d'Adrianopolis (147). 180. Esykios de Neapolis (148). 181. Eustykios10 de Selôqia (149). 182. Gerânios de Lèmâon11 (150). 183. Taroumiqos 12 d'Euphêmia (151). 184. Aqadêmos de Myritînî 13 (154). 185. Polykarpos de Mêtrôpolis (153). 186. Patriqios d'Anladia14 (152). 187. Aqadèmios de Pâpôn(154). 188. Éraqlis de Bceroe (155). 189. Teodoros d'Aqlasâdon15 (156). XXV. De Lycie : 2. Adon de Lyqia 10. 190. 191. 192. 193. 194. 195 196. 197. 198. 199. 200. 201. 202. 203. 204. 205. 206. 207. 208. 209. 210. Eudemos de Pàtara (157). XXVÏ. De Pamphylie : 7. Qâlîqlis de Pergê (158). Euresios de Têlmisos17 (159). Euksios18 d'Eurekon19 (160). Doumônos d'Espadon20 (161). Qôntinos21 de Sêlôqia (162). Patriqios de Maksimiano[polijs (163). Aphrodisos de Magédôn22 (164). XXVII. Des Iles : 4. Euphrosynos de Rhodos (165). Alaparon23 de Qô (166). Stratêgosde Lemnos24 (167). [127] Lêtarodaros25 d'Apollonias20 (168). XXVIII. De Carie : 5. Eusebios d'Antiokia (169). Ammonios d'Aphrodisias27 (170). Eugenios d'Apollonias (171). Letodoros de Qybîrâton (172). Eusebios de Milition (173). XXIX. De Thrace™ : 1. Pederos29 d'Eraqlia (204). XXX. De Dacie : 2. Protogenes de Sar[d]iqê (205). Marqos de Qoumêon30 (206). XXXI. DeMysie : 1. Pistos de Marqianopolis (207). 1. Ms. : Teogabes. — 2. I, II : Cyrillus. — 3. I : Qiaâa; II : Qiôs. — 4. I, II : Prusas. — 5. Ms. ; Apomonia. — 6. II : Prusiados. — 7. I; II : Euhethius. — 8. Lire : ua&à.a'îajU»»!. — 9. I, II : de Pisidie. — 10. I, II : Eutychius. — 11. I : Araunicos de Limenôn; II : Uranios de Timena. — 12. I, II : Tarsicius. — 13. Répét. du n» 187; Copt. 156. — 14. I : Amplados; II : Ampeladia. —¦ 15. II: Eusâdôn. — 16. Corruption de : Ou.»3o de notre ms. paraît fautive. La version arabe dit simplement : ^.ûû* Je proposerais de restituer : ;*s| **-i>. Po. — 9. Ce qui suit forme la Préface de la Chronique de Jacques d'Edesse. Cette préface a été éditée par Wright, Catal. of Syriac Mss. of the British Muséum, p. 1062, d'après le ms. Add., 14685. — 10. Wright : û3,;*à»o — 11. Wr. : Uo»o l~=l o'w. — 12. Lire : ,2ûûlJx ko,Yo (Wr.). — 13. Wr. aj. : [i^o. 254 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN miné en Europe, en Libye, clans la Grande Asie, [je veux dire 1 ceux des Chaldéens, des Assyriens, [des Sicyôniens]*, des Argiens, des Athéniens, des Hébreux, des Egyptiens, des Latins qui furent ensuite appelés Romains, des Mèdes, des Babylo- niens, des Lydiens, des Perses; [tous] les autres3 qui ont existé après ceux-ci parmi les Grecs, je veux dire ceux des Macédoniens, des Corinthiens, des Lacédémoriiens ; ceux qui ont dominé, après Alexandre le fondateur4', sur l'Egypte, la Syrie et l'Asie; enfin, le dernier empire des Romains depuis Julius César et Augustus Sèbastos jusqu'à Constantin le Victorieux. — Il distingua et établit l'époque de chacun d'eux par années séparées, et il montra le moment où ils s'élevèrent et commencèrent, la fin [128] et la cessation de chacun d'eux. Il a signalé le souvenir distinct des événements concernant chacun des rois et des généraux, à quelle époque florissait chacun des sages et des écrivains célèbres de tous les peuples, des philosophes et des poètes des Grecs; [il a signalé] aussi les histoires des héros et des femmes célèbres, fameux parmi eux, les combats et les victoires des hommes mentionnés dans les chroniques, les construc- tions de villes, les fondations de colonies et les autres événements qui survinrent durant, tout le temps compris dans sa Chronique, qu'il a fait finir, comme on le sait déjà, à l'an 20 de Constantin. Depuis cette époque jusqu'à présent, personne n'a pris soin d'ajouter au Canon rédigé par lui les temps qui ont suivi, et j'ai pensé qu'il ne convenait pas que je laisse sans mention les événements survenus depuis lors jusqu'à présent, pour autant que le Seigneur m'aidera et que j'en aurai la force. — De même qu'il a rédigé un Canon chro- nologique, qu'il y a enfermé en abrégé les événements d'alors, qu'il y a placé les années des empires l'une en face et à côté de l'autre, de manière qu'il soit facile à ceux qui le rencontrent [de connaître]5 quels furent, à une même époque, les rois, les généraux, les savants, les écrivains ou ceux qui, en quelque endroit que ce fût, se sont illustrés en quelque façon6; de même aussi, sur cet exemple, j'établirai, à par- tir de l'an 20 de Constantin, un Canon qui renfermera les temps suivants, et j'v ordonnerai successivement, à côté l'une de l'autre, les années des empires qui ont existé, de ceux du moins dont la succession des temps7 de leur existence nous est connue, et les événements qui ont eu lieu pendant la durée de chacun d'eux, ainsi que les hommes qui se sont rendus célèbres en quelque façon soit par la vertu, soit par l'éclat. Comme nous devons nécessairement proposer et préparer les préliminaires de ce Canon, il faut que nous parlions tout d'abord de la fin du Canon d'Eusèbe et ensuite que nous donnions] un exposé spécial8 de chacun des empires séparément, et quand 1 Wr, aj. : l'Ifcol. — 2. Sic, Wr. ; omis dans notre ms. — 3. Wr. : ^ov^ ^mo. — 4. Wr. : « le méchant »; mauvaise leçon. — 5. Wr. : ^3, — 6. Wr. : <~.jjû*> oowt. — 7. Wr. : Usa.. ^ ^,.boot. — 8. Wr. : lu*»,» li.oj-.a~-*. LIVRE VIL CHAP. II 255 toutes ces choses auront été dites, il nous sera facile de procéder à l'établis- sement du Canon1. » — .1 la suite de cela Jacques a écrit depuis Adam jusqu'à Constantin, Pépoque et le nom des rois, successivement et exactement, et ensuite, depuis Constantin jusqu'au roi des Arabes 'Abdallah. Note de Théodosius d'Edesse. — // faut savoir qu Eusèbe, dans la Chronographie qu'il a rédigée, a commencé à Abraham le Canon des années et est venu jusqu'à Van 20 de Constantin. Or, Jacques, de la ville d'Edesse, qui a transcrit le livre du grec en syriaque, a ajouté les temps et coordonné les événements non seulement depuis Adam jusqu'à Abraham, mais aussi depuis Constantin jusqu'il son époque, époque à laquelle régnait, sur les Romains, Justinien, et sur les Arabes, 'Abd[allah]*. Il revisa attenti- vement toute la Chronique, tant à propos des empires qu Eusèbe a passés sous silence, qu'à cause des autres choses dont ce vénérable [Jacques] /'appelle le souvenir. Et quand il commence à disposer celles-ci par années, il rattache3 l'an 20 de Constantin à Van 21. — Quant à nous, pour que la supputation ne soit pas troublée, après les Canons d'Eusèbe nous plaçons ceux que Jacques lui-même a faits'*., 1. Ce dernier alinéa n'est qu'un résumé. Le texte complet, donné par Wright, est plus ex- plicite; il marque clairement le sujet de chacun des quatre chapitres de l'Introduction de Jacques d'Edesse. En voici la traduction : « Comme il n'est nécessaire de proposer d'abord et de préparer les préliminaires de ce canon, il faut premièrement que nous les exposions. Or, les préliminaires nécessaires de ce canon sont ceux-ci : 1° D'abord [nous devons parler de] la fin du canon même d'Eusèbe, du quantième des années qui s'y trouve, et de la manière dont il convient de supputer notre propre canon et de l'y rattacher; 2» Ensuite [nous devons montrer] quels sont les empires dont Eusèbe ne parle pas, qui existaient a cette époque, antérieurement à la fin de ce canon concurrem- ment avec l'empire des Romains ; 3° Après cela [nous dirons] quels sont les empires que nous mentionnerons dans le canon, simultanément, l'un à côté de l'autre, en même temps que les empe- reurs romains; 4° Enfin [nous donnerons] une exposition claire de la succession des temps de chacun de ces empires séparément. Et quand toutes ces choses auront été dites et préparées, il nous sera facile de procéder à l'établissement de notre canon. » Voir dans notre Introduction le chapitre consacré aux Sources de Michel. — 2. Jacques d'Edesse est mort en 708. Mais la Chronique a dû être écrite en 692, sous le premier règne de Justinien II (685-695) et sous celui de 'Abd cl- Mélik, fils de Merwan (685-705). Néanmoins la leçon : 'Abdallah (écrite en entier dans le ms. ar. du British Mus., ici et plus haut) est admissible, car l'auteur vise sans doute 'Abdallah fils de Zobaïr que BH. place dans sa Chronique (p. 111) entre Merwan et 'Abd el-Mélik (cf. Quatremere, Mém. hist. sur la vie a"Abdallah ben-Zobair, dans le Journ. asiat., 1832). — 3. La phrase est quelque peu obscure, mais le sens n'est pas douteux. La Chronique d'Eusèbe s'arrête à l'an 20 de Constantin et Jacques commence la sienne à l'an 21. — 4. L'auteur veut probablement dire qu'il n'a pas tenu compte dès le début de la correction de 3 ans faite par Jacques, au canon d'Eusèbe (cette correc- tion est introduite à l'an 690 des Séleucides); cf. ci-dessous, chap. vin, note marg. Comme nous l'avons dit (p. 206) nous reproduirons les Canons de Jacques d'Edesse au XIe Livre de celle Chro- nique et nous montrerons les altérations que le compilateur leur a fait subir. 256 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN CHAPITRE III DU LIVRE VII. — [129] Commencement des canons ajoutés par Jacques, à la suite d'Eusèbe*. — De la conversion des Ibères et des Ethiopiens, qui eut lieu au temps de l empereur Constantin le Victorieux. rois des perses 1 rois des romains 2 1. Arda sir : 15 ans. 21. Alexandre, fils d e Mamma : 7 ans3. 2. Sabhour : 31 ans. 23. Gordianus -* : 6 [ans]. 24. Plîilippus : 7 [ans]. 22. Maximinusa : 3 [ans]. 3. Hormizd : 2 ans. 25. Decius : 1 [an]. 26. Gallus : 1 [an]. 4. Varahran : 17 jours. Volusianus : 2 [ans]. 28. Claudius : 1 [an]. 27. Valerianus6 : 15 [ans]. 5. Varahran : 16 ans. 30. Tacitus : 6 mois. Claudius 7 : 1 [an]. 6. Varahran Sag 'ansah : 4 mois. 29. Aurelianus : 6 [ans]. 31. Florianus : 80 jours. 7. Narsê : 7 ans, 1 mois. 32. Probus : 6 ans. 33. Carus : 2 ans. 8. Hormizd : 7 ans. 34. Diocletianus : 21 [ans]. 9. Sabhour : 69 ans. 35. Constantinus : 20 ans. D'après la somme des années des rois des Romains et des Perses, il est no- toire que l'an 20 de Constantin était l'an 19 de Sabhour. — En effet, depuis l'an 7 d'Alexandre, fils de Mamma, jusqu'à cette année 20 de Constantin, on * Note marginale : Scholion. Le docteur Jacques montre tout d'abord l'erreur de 3 ans qui est dans le canon d'Eusèbe, et pour cela, comme la fin du Canon chronologique que celui-ci a réuni se trouve en la 3e année de la CCLXXVh olymp. Jacques, en reprenant la suite, a placé son point de départ en la lre année de la CCLXXVle olymp., et il commence à partir d'ici. — Cette note ré- sume le premier chap. de l'Introduction de Jacques d'Edesse. Cf. Wright, Calai., p. 106'i ; et ci- dessus, p. 255, n. 1. Eusèbe finissait ainsi : Ol. CCLXXVI, an 3 = an 20 de Constantin; et Jacques commence : Ol. CCLXXVI, an 1 — an 21 de Constantin. 1. Ce tableau est probablement tiré de l'Introduction de Jacques d'Edesse, d'après ce qui vient d'être dit dans les notes précédentes. Nous ajoutons les numéros d'ordre. Cette liste est à corn* parer avec le tableau chronologique dressé par Noeldeke (Gesch. d. Sassan., p. 435). — 2. Nous ajoutons des numéros d'ordre conformes à ceux qui sont donnés dans les tableaux chronol. (ci- dessus, p. 237-238)/— 3. A partir de la 7e année de son règne. — 4. Nous suivons l'ordre du ms. L'ordre réel est à rétablir d'ajurès les numéros. — 5. Ms. : Maximianus. — 6, Ms. : Aurelianus. •— 7. Répétition du n° 28, sans doute pour présenter la seconde année inscrite au tableau (p. 238). LIVRE VII. CHAP. III 257 compte 98 ans, et depuis la lre année d'Ardesir jusqu'à l'an 19 de Sabhour, il y a aussi 98 ans Ce Sabhour régna 70 ans, et l'an 20 de son règne devant [130] être inscrit le premier au commencement du Canon de Mar Jacques, il est clair que ce Canon doit présenter 50 des années de Sabhour; puisqu'il commence [pour les années des Romains] à l'année 21e de Constantin, qui est celle de son 7e consulat et du 3e consulat de son fils Constantin César; et pour les années des Perses, à l'an 20 de Sabhour, qui est le 9e roi du dernier empire des Perses, surnommé des Sassanides. L'empereur Constantin, après avoir fait disparaître tous les tyrans par la vic- toire que Dieu lui donna, purifia l'Eglise de la lèpre de l'hérésie. Ensuite il lit grandir et exalta les chrétiens et les fit libres8. Il bâtit et restaura [les églises] ; il partagea et assigna des revenus 3 aux monastères et aux églises, et aussi aux veuves et à tous ceux qui étaient attachés au service de Dieu*. Il ordonna à Eusèbe et aux autres évêques de lui procurer les livres de l'An- cien et du Nouveau Testament5 et un comput convenable, d'après le calcul des mois solaires et lunaires, en vue de la Fête. Il établit ses trois fils Césars : un en Occident, un en Orient, et l'autre dans le Midi. Son fils aîné s'appelait Constantin, du nom de son père, et le cadet Cons- tance ; tous les deux persévérèrent inébranlablement dans la pure confession de leur père. Le plus jeune qui s'appelait Constant déclina et devint arien pour le motif que nour ferons connaître plus tard6. Le roi [131] des Perses, qui est Sabhour, excita une violente persécution contre les chrétiens de son empire7. A cause de cela, l'empereur Constantin en- voya à Sabhour des messagers et des lettres; et parle soin de l'empereur fidèle et l'aide que Dieu lui donna, la persécution des chrétiens cessa aussi dans l'em- pire des Perses, après l'accomplissement des luttes glorieuses que firent pa- raître les saints martyrs qui y furent couronnés dans le temps de la persécu- tion8. 1. La somme des années fournie par le tableau mis en tête de ce chapitre ne concorde pas adé- quatement avec ces données. — 2. C'est-à-dire : « il les exalta, les anoblit, les fit sortir de l'igno- minie ». — 3. Restituer : >^> (Jac. Edess., ad ann. 1.), Siâpiov, diarium. Cf. Z. D. M. G., LIV, 100. — 4. Jac. Edess., ad ann. 1. — 5. Ibid. ; Socr., I, ix et Theod., I, xvr, rapportent la lettre de Constantin à ce sujet. — 6. Cf. Socr., I, xxxvni. Il est à peine nécessaire de remarquer que cet exposé est inexact, et que ce fut Constance qui favorisa les Ariens, tandis que ses deux frères demeurèrent dans l'orthodoxie. Les noms de ces princes sont souvent écrits en abrégé dans les mss. syr. : Const., ce qui est une cause de fréquentes confusions. — 7. Jac. Edess., ad ann. 13. — 8. La grande persécution excitée par Sapor contre les chrétiens de son empire dura avec de courtes interruptions pendant 39 ans (340-379). Elle commença après la promulgation de l'édit contre les chrétiens en 340 (cf. Noeldeke, Gesch. dur Perser ... aus Tabari, p. 411). Mais il y 1. 33 258 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN A cette époque1, un philosophe tyrien, qui s'appelait Meropius, s'en alla dans le pays des Indiens5 et des Kousites avec deux jeunes gens, Adosius et Fru- mentius, pour voir le pays et en faire la description. La paix qui existait entre les Romains et les Indiens fut rompue, le philosophe et ceux qui étaient avec lui furent pris en mer; les Indiens les tuèrent et il ne resta que ces deux [jeunes gens] qui furent donnés au roi. Ils grandirent auprès de lui, et il leur donna la liberté au moment de sa mort. Ils restèrent auprès de son fils qui régna après lui et obtinrent l'autorité dans toute la région de l'Inde, comme [autrefois] Joseph en Egypte. Ils bâtirent là une église aux chrétiens qui y étaient réunis. Ils ins- truisirent le roi et d'autres personnes, Alors, Frumentius s'en alla à Alexandrie et fit savoir à Athanase que les Indiens désiraient se convertir et recevoir le baptême; il lui demanda d'envoyer avec lui un évêque. Athanase dit : « Il n'y a personne plus propre que toi à les convertir tous de l'erreur. » Il le persuada, l'ordonna évêque et le renvoya. [132] Dieu fît par ses mains des miracles et des prodiges admirables. Il s'agit de l'Inde Intérieure; car l'apôtre Thomas avait prêché dans l'Inde Extérieure et chez les Parthes et Matthieu aux Kousites; mais Flnde Intérieure se convertit à l'époque de Constantin. L'Ibérie Intérieure crut aussi dans le Christ du femps de Constantin, de cette façon3 : Une femme chaste* fut faite captive par un Ibère de l'Ibérie Extérieure qui est dans le voisinage du Pont-Euxin. Ceux-ci sont différents des Ibères de l'Espagne. Il arriva que le fils de leur roitelet tomba malade. Sa mère le soignait de toutes façons selon leurs usages et il n'en était pas soulagé. Elle demanda à cette captive de lui rendre la santé parce qu'elle voyait ses œuvres saintes. Celle-ci l'ayant placé sur sa natte de poil dit : « Que le Christ qui a guéri beau- coup [d'infirmes] guérisse aussi cet enfant! » et à l'instant même il fut guéri. — Après cela, la femme du roi tomba elle-même malade et eut recours à cette même captive. Elle alla la trouver et, pareillement, à l'instant elle fut guérie. Elle devint célèbre et prêchait à tous la foi dans le Christ-Dieu. Le roi lui envoya des pré- sents. Elle ne les accepta point, mais elle dit : «Que le présent soit la promesse du roi de croire dans le Christ », mais le roi n'y consentit pas. Quelques jours avait eu déjà auparavant sous son règne des persécutions locales et temporaires. Les Actes des Martyrs de Perse ont été écrits par Marouta, év. de Maipherkat, et publiés en partie par E. Asse- m ani, Acta martyrum, t. I et II, puis par Bedjan, Acta martyr, et sanct., t. II. Voir aussi Hoffmann, Ausziige aus syrischen Aktenpersischer Mdrtyrer. Cf. Duval, La littérature syr., p. 129 sqq. 1. Le récit est tiré de Socrate (I, xix). Cf. Theod., I, xxin; Sozom., II, xxiv. — 2. Les auteurs syriaques, comme beaucoup d'anciens, désignent les Ethiopiens sous le nom d'Indiens et l'Ethiopie sous le nom d'Inde intérieure. — 3, Le récit est tiré de Socrate (I, xx). Cf. Theod., I, xxrv; Sozom., II, vu. — 4. D'après les traditions arméniennes le nom de cette femme était Nina, et celui du roi qu'elle convertit : Mirian. Cf. P.-A. Darras, Sainte Nina ou Sainte Chrétienne, dans la Terre- Sainte, t. XVII (1900), p. 86 sqq.; Langlois, p. 120, note 6. LIVRE VIL CHAP. III 259 après, il sortit à la chasse. Une tempête et un ouragan s'abattirent sur eux [133] et ils étaient sur le point de mourir; [il invoqua ses dieux] et n'en reçut point de secours. Il eut recours au Dieu de cette captive, et, à l'instant même, la tempête se dissipa et le calme se rétablit. C'est pourquoi, à son retour, il rassembla tout son peuple et leur ordonna de confesser le Christ; et ils se mirent à bâtir une église sur le plan que la sainte leur exposa. Comme ils ne pouvaient ériger une grande colonne de marbre blanc qui demeurait attachée par l'opération des dé- mons, cette femme pria, et d'elle-même la colonne s'éleva dans l'air ; comme ils la regardaient, plongés dans l'étonnement et glorifiant [le Seigneur], elle se plaça d'elle-même sur la base où ils voulaient l'ériger. Et jusqu'à ce jour ce prodige est célèbre. Alors les Ibères envoyèrent trouver l'empereur Constan- tin et en reçurent des évêques, des prêtres et des clercs. Et ainsi ils crurent et furent baptisés. De même, quand Constantin le Victorieux eut vaincu à la guerre les Sarmates et les Goths, ils crurent à la religion des chrétiens1. L'empereur bâtit une église à côté du chêne de Mambré, où Abraham avait recula révélation. —Il bâtit aussi une église à Baalbek de Phénicie,car les ha- bitants de cette ville étaient plongés dans une grande erreur; leurs femmes étaient en commun et on ne connaissait pas le père de chacun. Ils donnaient même leurs vierges aux passants pour qu'ils les violent. Il leur fît ordonner un évêque, et peu à peu ils se rangèrent2. L'empereur fit aussi établir une grande église de toile qui devait circuler avec lui \ — Il bâtit à Antioche l'église octogone4. Il fit un pont5 sur le fleuve du Danube. Ses armées le franchirent ; il soumit les Scythes et les amena à la foi6. Quand eut lieu la grande famine dans les pays d'Orient, Constantin le Victo- rieux ordonna de donner la nourriture à ses frais aux pauvres et aux clercs. Il donna à l'Eglise d'Antioche 36.000 mesures de froment. Les païens calomnièrent les chrétiens auprès de Sabhour leur roi, [les accu- sant] d'avoir envoyé une ambassade à l'empereur des Romains. Sabhour s'irrita et se mit à opprimer les chrétiens et à détruire leurs églises. Constantin le Vic- torieux lui écrivit en disant7 : « Attendu que je garde la foi divine, je demeure dans la lumière de la vérité; et en me conduisant selon la lumière de la vérité, jeprofesse!avraiefoi,etc. » — Sabhour non seulement n'accueillit pas ses paroles, 1. Socr., I, xvrrr. — 2. Ibid. — 3. Ibid. — 4. Cf. Eus., Vita Const., III, l. — 5. Lire : 1;*^. Cf. Theophan-., Patr. gr., CVIII, 114. — 6. Ceci paraît une répétition, cf. 1. 14-15. Socrate (toc. cit.) dit les Goths et les Sarmates; mais Eusèbe (Vit. Const., IV, v) : xà Ex-j6wv xa\ Eaupo^axcov. Sou- vent le nom de Scythes désigne, chez les Grecs, les peuples appelés Goths chez les Latins. — 7. Début de la lettre rapportée par Théodoret (I, xxv) d'après Eus. (Vita Const., IV, rx). 260 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN mais il se mit aussitôt en campagne et monta contre Nisibe. Il s'en éloigna couvert de confusion, grâceaux prièresde Mar Jacques et de Mar Ephrem1. Dans sa colère il pilla la Mésopotamie. Constantin sortit pour combattre les Perses. Etant parvenu à Nicomédie, il tomba malade et fut baptisé en cet endroit, car il n'était pas encore baptisé [134] parce qu'il désirait être baptisé dans le Jourdain *. — Il fit son testament et at- tribua les deux empires à ses trois fils. 11 remit son testament entre les mains d'un prêtre qui lui avait été recommandé par sa sœur, et qui était arien3. Il vécut en tout 65 ans et en régna 32. —Il mourut le dimanche de la Pentecôte, le 22 de 'iyar (mai), la première année de la CCLXXIX6 olympiade, l'an 654 des Grecs. Son corps fut conduit à Constantinople et fut déposé dans l'église des Apôtres *. — Fin du chapitre concernant le règne de Constantin le Victorieux. [129] Arius, après avoir été déposé et chassé de toutes les égflises, s'efforçait encore en cachette de répandre astu- cieusement par des artifices diaboliques l'esprit pervers de sa doctrine détes- table, et avec lui, ses partisans, qui furent appelés Ariens. Cependant Eusebius5, Mârî de Chal- cédoine, et tous ceux qui avaient été avec Arius, témoignèrent du repentir et furent reçus dans le Synode. Ils sup- plièrent l'empereur de le recevoir. Quand il fut appelé devant l'empereur, il avait avec lui deux libelles : l'un sur lequel était écrite son hérésie perverse et qu'il plaça et dissimula sous son ais- selle ; l'autre sur lequel était écrite la vraie foi, et qu'il tenait ostensiblement à la main. Plaçant la main sur le libelle qui était dissimulé, il jura devant l'em- pereur et proféra des anathèmes contre [129] Saint Alexandre d'Alexandrie quitta la vie temporelle cinq mois seule- ment après le grand synode de Nicée. Il y eut alors un accord parfait entre tout le peuple, l'empereur et Dieu : et le grand Athanase fut élu. Eusebius et Theognis le calomniaient près de l'em- pereur, disant qu'il n'était pas digne du suprême sacerdoce; mais ils furent dé- çus dans leur espoir; car ils ne purent ensevelir la lampe sous le boisseau,, et elle fut placée sur le chandelier pour éclairer tous ceux de la maison. Rufinus raconte8 d'Athanase qu'étant encore dans l'âge tendre et jouant avec des enfants sur la place, ceux-ci, d'un commun accord, le constituèrent leur évêque, et il conférait aux autres la prê- trise, le diaconat et les autres ordres. Saint Pierre, l'archevêque, étant venu à passer par hasard en cet endroit et ayant j. Jac. Edess., ad ann. 13. Mais notre auteur commet un anachronisme en rapportant ici ce fait; il s'agit du premier siège de Nisibe, sous Constance, dont il parle dans le chap. suiv. — 2. Theod., I, xxxir; cf. Socr., I, xxxrx. — 3. Socr., I, xxxrx. — 4. Ibid. 5. De Nicomédie. 6. Apud. Socr., I, xv. LIVRE VIL CHAP. III 261 lui-même, en disant : « Je ne professe pas d'autre foi en dehors de celle-ci. » Il trompa l'empereur de cette façon. C'est pourquoi l'empereur écrivit à Alexandre, évêque de Constantinople, et lui enjoignit de recevoir Arius '. Saint Alexandre, en voyant l'ordre de l'empereur, entra [dans l'église], se prosterna devant la table sainte et dit en priant : « Seigneur, qui connais les cœurs de chacun, si l'iniquité et la souillured'Arius sont encore renfermées et cachées en lui, et doivent entrer [130] dans ton Eglise, reprends-moi la vie *. » Arius sortit 3 pour aller trouver Alexandre, en grande pompe et éclat* ; étant parvenu au forum impérial5, il fut pris subitement de tremblement et de crainte, et ressentit des convulsions mor- telles d'entrailles*. Il chercha des la- trines ; il y entra et s'assit. Toutes ses entrailles se déchirèrent clans les la- trines et il rendit l'âme.,— Pour ce mo- tif une grande frayeur s'empara de ses partisans. La honte et la confusion se répandirent sur lui et sur eux. En ap- prenant cette nouvelle, Alexandre se précipita de nouveau devant l'autel, étendit les mains vers le ciel et loua Dieu d'avoir découvert l'impie7. Cet Alexandre n'estpas celuid'Alexan- drie, mais bien celui delà ville capitale, de Constantinople. Celui d'Alexandrie, en effet, était mort et avait eu pour suc- cesseur Athanase. L'empereur manda aussi à celui-ci de appris ce que faisaient ces enfants, or- donna de prendre leurs noms à tous ; et ils les réunit à l'école. Plus tard Alexandre ordonna diacre Athanase qui l'accompagna au Concile. Il demeurait ferme dans la foi orthodoxe, et quand Alexandre termina sa carrière et quitta cette vie, Athanase, par les des- seins de Dieu, reçutle siège. Il s'opposa vigoureusement aux desseins pervers des Ariens, [dissipa] toutes les intrigues diaboliques, par la vertu [130] de l'Es- prit Saint"...... Or, Eusebius, Theognis et les autres Ariens, qui étaient transpercés jusqu'aux reins, par ses paroles, comme par des traits acérés, brûlaient du feu delà haine. A cause de cela, ils ne mettaient point de fin à leur malice. Ils le calomnièrent en disant qu'il avait déclaré que le pré- sent d'une tunique de lin qui était fait à l'empereur, resterait h l'Eglise d'Alexan- drie. Ils dirent aussi qu'il avait envoyé une boîte d'or à un certain Philoumenus qui s'était révolté contre l'empereur. Il fut démontré devant l'empereur qu'ils mentaient sur ces deux points. C'est pourquoi l'empereur renvoya Athanase à Alexandrie avec honneur9. Après cela, ils se mirent de nouveau contre lui, et ils apprirent à un certain Isychoras10, qui célébrait les mystères sans être prêtre, et s'était enfui à Nico- médie11, à dire qu'Athanase avait envoyé renverser l'autel et le calice et faire brûler les livres. Alors, ils se disposèrent 1. Socr., I, xxxvrrr. — 2. Cf. Theod., I, xiv. — 3. Socr., loc. cit. — 4. BH., Chr. eccl, p. 81 : |£s^Oo }ao»o. — 5. ayopa Kwvatavrtvou. — 6. t?,; yaaxpô; Ix'.veïto ya'jvwat;. — 7. Cf. Theod., I, xiv. 8.. Lacune d'une ligne. — 9. Socr., I, xxvn. — 10. Socr. : 'I<7//jpa;. — 11. Près d'Eusèbe. 262 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN recevoir Arius 1 ; mais il ne le reçut point. L'empereur fit menacer cruelle- ment Athanase pour qu'il reçût Arius ; mais comme il ne le voulut point, l'em- pereur se mit en colère. Les partisans d'Arius voyant que l'empereur était irrité contre Athanase forgèrent contre lui des accusations mensongères, jus- qu'à ce qu'il fût jeté en exil*. Comment Arius a-t-il pu paraître de- vant l'empereur après avoir été déposé? Socrate l'expose dans son livre,en parlant ainsi3: Constantina4, sœur de l'empereur, tomba malade. Elle avait un prêtre [131] attaché à l'hérésie d'Arius. Il lui disait constamment : « Arius est innocent, et les partisans d'Athanase profèrent contre lui des mensonges. » Cette femme ajouta foi au prêtre, et quand le moment de sa mort arriva, l'empereur étant venu la voir, elle . lui recommanda ce prêtre comme un homme sincère et orné de vertus. Étant devenu un des familiers de l'empereur, il affirma de nouveau à celui-ci qu'Arius était innocent. De cette manière, celui-ci obtint d'être admis devant l'empereur, et alors arriva l'his- toire écrite plus haut. L'empereur écrivit ensuite à Athanase de recevoir Arius. Comme il n'y con- sentit point, [les Ariens] multiplièrent les accusations contre lui. Alors l'empe- reur écrivit à Alexandrie en ces ter- mes5 : « Celui qui ignore la vérité, ignore Dieu; grâce à moi, serviteur de à tenir un synode dans un village de Pa- lestine, en l'an 30 de Constantin6, mais Athanase refusa de s'y rendre, et ils s'en allèrent à Tyr. Ils coupèrent la main droite d'un mort, et prétendirent qu'A- thanase avait fait tuer Arsenius, évêque de Mélitène7, qu'il accomplissait l'ordi- nation à l'aide de cette main coupée et qu'il l'avait coupée pour des pratiques magiques et la tenait cachée chez lui. L'empereur fit mander à Athanase de venir à Tyr pour y être jugé. Athanase y vint; et ils amenèrent aussi Macarius8 enchaîné. Arsenius y arriva [131] aussi en secret, grâce à la providence divine. Ayant été reconnu par plusieurs, il commença par nier son identité; par la suite, n'ayant pu dissimuler son mensonge, il fut pris et tenu caché par les partisans d'Athanase. Quand Athanase parut devant le juge, les calomniateurs se mirent à montrer la main coupée. Il leur demanda : « Qui d'en- tre vous connaît Arsenius? » Plusieurs dirent qu'ils le connaissaient. Alors, il ordonna de le faire entrer, les mains dissimulées [sous le pallium]. Ils dirent que c'était bien là cet Arsenius dont la main avait été coupée. Et tandis qu'ils étaient saisis d'étonnement, il leur mon- tra la main droite; puis, comme ils pen. saient que peut-être l'autre avait été coupée, ils le contraignirent à montrer la gauche. Ils dirent : « Voici qu'Arsenius se trouve avoir ses deux mains; qu'on 1. Socr., I, xxitr. — 2. Socr., I, xxxvi; Theod., I, xxvit, xxxr. — 3. I, xxv. — 4. Constantia, veuve de Licinius. — 5. La lettre était adressée aux évêques réunis à Tyr. Socr., I, xxxiv. 6. Cf. Socr., I, xxvm. — 7. Le grec dit : ce évêque de la secte des Mélétiens », — 8. Prêtre d'Alexandrie, accusé d'avoir renversé l'autel sur l'ordre d'Athanase. LIVRE VIL CHAP. III 263 Dieu, les Barbares ont appris à servir Dieu, parce qu'ils ont compris et senti qu'en tout lieu il m'a assisté et aidé. Or, ceux-ci lui sont soumis par crainte de nous ; et vous qui êtes considérés comme initiés à ses mystères, pour ne pas dire comme en étant les gardiens, voici que vous ne songez à autre chose qu'à ce qui peut produire la division et la ruine des hommes. Il faut donc que vous vous réunissiez près de nous, dans la capitale, afin que vos raisons et celles d'Athanase soient examinées. » — Ils montèrent, mais plusieurs s'enfuirent, par crainte, dans leur pays; les autres machinèrent des fraudes contre Atha- nase. Or, « la calomnie est puissante quand son ministre a la réputation d'être [132] digne de foi » \ C'est pour- quoi l'empereur décréta l'exil contre Athanase, dans la pensée, certes, d'unir les églises, parce qu'il ne consentait, en aucune façon, à recevoir Arius. A cette époque % Asterius, un sophiste arien, aidait les partisans d'Arius ; mais n'ayant point été fait évêque, contre son attente, il se mit à répandre une hérésie; il disait que le Christ est la Vertu de Dieu, de la même manière qu'il est écrit dans la Loi3 que la saute- relle ou le bruchus est la vertu de Dieu. Marcellus d'Ancyre de Galatie écrivit contre lui. Mais ensuite ce Marcellus d'Ancyre de Galatie embrassa l'hérésie de Paul de Samosate. Ayant été anathé- nous montre la place de cette troisième main4. » Il s'occupèrent ensuite déjuger Macarius sur des calomnies. Athanase se cacha et monta vers l'empereur5. Ceux- ci le déposèrent, sans en informer Arse- nius6, et celui qu'on disait tué par Atha- nase souscrivit à la déposition d'Atha- nase ! Les Ariens tinrent de nouveau une assemblée7. Ils amenèrent une femme qui avait eu un enfant de sa fornication avec un certain Eustathius, forgeron; ils lui firent dire qu'elle avait conçu d'Eus- tathius d'Antioche, et ils déposèrent celui-ci. Ils voulurent instituer à sa place Eusèbe de Césarée ; mais il refusa à cause de la division du peuple. Après cela, cette femme fut frappée d'un châtiment cruel; dans sa douleur, elle avoua [132] et Eustathius triompha. Le siège d'Antioche demeura vacant pendant 8 ans; puis vint Eulalius pen- dant 1 an, et après lui Euphronius, pendant 6 ans. Eusebius de Césarée fut le président du Synode d'Antioche. II accusa Eusta- thius de professer l'hérésie de Sabellius, tandis que Cyrus d'Alep et Georges de Laodicée l'accusaient d'autres choses 8. Mais Cyrus d'Alep fut lui-même déposé. 11 y eut ensuite du trouble parmi le peuple. Les uns demandaient qu'Eusta- thius revînt à son siège; les autres vou- laient Eusèbe de Césarée, Ils en vinrent jusqu'à tirer le glaive les uns contre les 1. Socr., I, xxxv. — 2. Socr., I, xxxvr. — 3. Ex., xit, 41. 4. Socr., I, xxvn-xxix. — 5. Ibid., xxxu. — 6. Le sens du syriaque ne répond pas au grec qui dit : « sans faire mention de l'histoire d'Arsénius » qui, reçu par eux, souscrivit, etc. — 7. A Antioche. Cf. Theod., I, xxi; Socr., I, xxiv. Jac Edess., ad ann. 13 (?). — 8. Socr., I, xxrv. 264 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN matisé, il fit pénitence, promit cle brûler son livre et fut reçu. Quand on vit qu'il ne brûlait pas son livre et que sa péni- tence n'était pas sincère, il fut déposé,et on mit à sa place un autre, appelé Basi- hus. Lors de la réunion du concile de Sar- dique, Marcellus réprouva son écrit et le jeta au feu : c'est pourquoi il fut reçu et revint à son évêché 1 ; de même aussi Eusebius et Theognis s, après avoir fait pénitence, revinrent à leurs sièges et chassèrent les évêques qui avaient été établis à leur place3. —L'empereur, qui désirait ardemment la paix des églises, les reçut, parce qu'ils présentèrent un libelle4 [affirmant] avec serments, qu'ils adhéraient à la définition du concile de Nicée. Eusebius écrivit à Alexandrie qu'il avait rédigé lui-même la profession de foi5 et que l'on n'y avait rien ajouté, [133] si ce n'est l'expression de u consubstan- tiel ». L'empereur reçut de nouveau Arius, ayant ajouté foi à ses serments trompeurs. Il ordonna de le recevoir, certes en vue de l'union des églises. Alors, par le comble de son impudence et par la prière de saint Alexandre de Constantinople, Arius fut frappé de châtiment, comme nous l'avons exposé plus haut. Par la suite, l'empereur com- prit les fraudes des Ariens et, au autres. Par la suite Eustathius6 occupa le siège. A cette époque, existait le 20e évêque d'Edesse : Habsai7; — et à Rome, le 32e, Marcus, auquel succéda, le 33e, Julius, pendant 5 ans8. [Dans l'Eglise]9 de Jérusalem était Maximius 10 à qui les païens avaient ar- raché un œil. [A Édesse]11, après Habsai, le 21e fut Barnai18. En ce temps-là [vivait] Spiridion qui était pasteur de brebis et qui fut appelé à devenir pasteur d'hommes 13. Il continua humblement à faire paître les brebis et en tirait sa subsistance corporelle, sans amoindrir son pastorat spirituel. Une nuit, les voleurs entrèrent dans sa ber- gerie ; mais par la vertu de ses prières, ils furent enchaînés. Quand il vint, au matin, il les vit et fit cesser leur enchaî- nement par sa prière. Ils les admonesta14, leur apprit à ne plus voler, et leur donna un mouton. [133] Ils s'en allèrent et firent pénitence. Il avait une sœur15, chaste religieuse, à qui un homme avait confié un dépôt. Celle ci creusa la terre et l'y cacha. Peu après elle mourut. L'homme, étant re- venu, chercha querelle à l'évêque qui était étonné, car il ne savait rien de la chose. Il emmena cet homme avec lui, 1. Cf. Socr., II, xx ; Thëod., II, vin. —2. Cf. p. 2i7, n. 7. — 3. Socr., I, xiv, xxm. — 4. Rest. : sûi-U^ (?). — 5. Il semble bien qu'il s'agisse de la lettre aux habitants de Césarée rapportée par Socrate, I, vin ; cf. néanmoins Socr., I, xxlir. 6. Lire : Euphronius. htyï 8£ ... -/apoTOveTxai Eùyçôvio; (Socr., I, xxiv). — 7. N'est pas mentionné dans la Chronique d'Edesse, mais bien dans celle de Jacques. Il en est de même pour Barnai (ad ann. 13). — 8. Jacques d'Edesse, ad ann. 13 : 4o ans; exact (337-352). — 9. Lacune d'un mot. — 10. Ms. : Maximianus. Jac. Edess., ad ann. 13; ïheod., II, xxvi. — 11. Lacune d'un mot. — 12. Voy. note 7. — 13. Socr., I, xir. — 14. ire : — 15. Dans le grec : « une fille ». LIVRE VIL CHAP. IV 265 s'arrêta sur le tombeau et dit en criant : « Irène*! un tel dit telle chose. » Et une voix répondit du milieu du tom- beau : u Oui! II est dans tel endroit. » Chacun loua Dieu ; et on trouva le dépôt. Les synodes du temps de Constantin le Victorieux eurent lieu ainsi : (1) . Quand l'empereur ordonna que les évêques se réunissent à Nicée, qua- torze évêques avaient déjà auparavant établi 24 canons, à Ancyre de Galatie3. (2) . Puis eut lieu, à Nicée, le grand Concilev. (3) . Ensuite, vingt évêques établirent 25 canons5 à Néocésarée6. (4) . Puis on établit 20 canons à Gangres7. (5) . Puis on établit 19 canons à Laodicée dePhrygie8. (6) . Ensuite quatre-vingt-dix évêques se réunirent à Antioche et établirent 14 canons9. Tous ces synodes eurent lieu du temps de Constantin le Victorieux. Que leur mémoire soit en bénédiction! moment de sa mort, il ordonna de rappeler d'exil saint Athanase et de le renvoyer à son siège4. — Fin de ce [cha- pitre] avec l'aide de Jésus,Dieu de toutes les choses visibles et invisibles, comme il est écrit. — Et maintenant moi, je vous prie, ô mes Pères et mes maîtres! en prosternant mon visage confus sous vos saints pieds, de prier pour moi toutes les fois que vous rencontrerez ces lignes. CHAPITRE IV DU LIVRE VIL — Du temps du règne des fils de Constantin. Constantin le Victorieux établit César, à Constantinople, son fils aîné qui s'ap- pelait aussi Constantin. Il établit le cadet, nommé Constance, à Antioche et sur tout l'Orient, et le plus jeune, appelé Constant, à Rome. — Quand il mourut, à Ni- 1. Theod., I, xxxui. 2. Ms. : Honoria; lire : ElprçvY). — 3. Cf. p. 173, n. 4. Le concile fut célébré vers 314. V. les collections des Conciles (Mansi, II, 513 sqq.). Les 24 canons ont été édités dans la recension sy- riaque par P. Martin (Analecta Sacra de Pitra, IV, 215). — 4. En 325. — 5. BH. donne aussi le chiffre de 25 canons; mais les mss. ne parlent que de 15. — 6. Cf. Mansi, II, 539. Les 15 canons ont été édités par Martin (op. cit., 221, 449). Il est dit dans le titre que ce concile est postérieur à celui d'Ancyre et antérieur à celui de Nicée. — 7. La recension syriaque de ces canons existe dans le ms. 62 de la Bibl. Nat., et dans le ms. K, VI, 4 du Musée Borgia. D'après ce dernier, le concile fut célébré en 343. — 8. BH. dit ; « 16 canons » {Chr. eccl., I, 82). Dans le texte syriaque (Bibl. Nat., ms. n° 62, fol. 147 ; Mus. Borgia, K, VI, 4, fol. 139), il y a 59 canons. La leçon de notre ms. est à restituer en : «&J (au lieu de : >£•). Ce concile est postérieur à Constantin; on le place géné- ralement sous le pontificat de Libère, vers 365 (cf. Mansi, II, 563). — 9. D'après le nombre indiqué des évêques, il est certain que l'auteur parle du Concile in Encoeniis, célébré en 341 (cf. Socr., II, vin ; Mansi, II, 1305). Une recension syriaque de ce concile existe dans les mss. déjà cités (62, fol. 137; K, VI, 4, fol. 122). Les canons sont au nombre de 25. BH. donne, comme Michel, le nombre de 14. L'original portait peut-être 24. I- 31 266 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN comédie, son fils cadet, Constance, étant le plus rapproché, arriva le premier et reçut le testament du prêtre arien ; et il conduisit son père dans un cercueil d'or à la capitale Quand Sabhour, roi des Perses, apprit que Constantin était mort, il monta de nouveau* contre Nisibe, qui est sur les confins des Romains et des Perses. Elle était surnommée Antioche de Mygdonia. Quand Sabhour rassembla son armée et monta contreelle, le fils de Constantin 'réunit aussifune armée] etvintà Antioche. Sabhour assiégea Nisibe pendant 70 jours : il bâtit contre elle des fortifications4, il creusa des fossés, et il obstrua le cours du fleuve qui entrait et se divisait au milieu de la ville. Ce fleuve s'appelait Mygdonius. Sabhour le fit endiguer des deux côtés, et fit fortifier [1345] le barrage pour qu'il résistât à l'impétuosité des eaux. Les eaux débordèrent par dessus le mur5 qui, ne pouvant résister à la pression, chancela et tomba; il se fit une brèche même dans la partie opposée par laquelle sortaient les eaux. Sabhour croyait pouvoir se rendre maître de la ville sans difficulté par suite de la chute du mur. N'ayant rien fait ce jour-là, le lendemain il vit le mur rebâti des deux côtés. L'évêque Jacques, par sa prière, réconfortait les combattants et le peuple; ils bâtirent le mur et dressèrent dessus des palissades6 et des balistes. Il fit cela en persévérant dans la prière au milieu de l'église. Sabhour non seulement s'étonna de cette construction, mais aussi de la vision qui lui apparut. Il vit un homme enveloppé d'un pallium, qui se tenait sur le mur; son vêtement et sa couronne répandaient des rayons de lumière. Il pensa que c'était l'empereur des Romains, et il menaça ceux qui lui avaient dit : « Il n'est pas ici. » Quand il eut la certitude que Constance était à Antioche, il comprit et dit: « C'est le Dieu des Romains qui combat pour eux. » C'est pourquoi ce misérable entra en fureur et lança un trait en l'air, sachant bien qu'il ne pourrait nuire. — Le bienheureux Ephrem demanda à l'évêque de pouvoir monter sur le mur pour maudire les Barbares. En voyant leurs my- riades, il pria Dieu d'amener sur eux des nuées d'insectes et de moustiques : ils vinrent en effet sur eux; les éléphants surtout en furent incommodés, parce que leur peau est lisse et qu'ils n'ont pas de poil. [Ils entraient] aussi dans les narines [136] et les oreilles des chevaux qui, ne pouvant résister à la douleur, brisèrent leurs freins, renversèrent leurs cavaliers et s'enfuirent. Et Sabhour s'en retourna couvert de honte. — Ignace de Mélitène dit : « Dieu envoya aussi une pluie violente sur les Perses; la peste fondit sur eux, et ils s'enfuirent. » 1. Cf. Socr., I, xxxvnr; II, n. — 2.Cf. ci-dessus, p. 264. Le récit qui suit est tiré de Théodoret, II, xxx, qui a lui-même confondu le premier et le second siège de Nisibe. V. la note de Valesius sur ce chap. — 3. Théod. dit simplement : « Constance ». — 4. xa-?a-%(^V-^a-. — 5. Le grec est plus clair : Lorsque les eaux fureYit accumulées derrière ce barrage, Sapor le fit rompre, et alors elles se précipitèrent avec impétuosité contre le mur et le renversèrent. — 6. Ou « des pieux ». LIVRE VIL CHAP. IV 267 Constantin, le frère aîné de l'empereur, étant venu dans les contrées de son frère Constance, fut tué dans un combat par les soldats de Constant1. — Constance proclama César, Gallus, son parent2, et l'envoya à Antioche. Comme il entrait dans la ville, le signe de la croix apparut dans la région orientale, à l'instar d'une colonne de lumière. Constance s'empara de tout l'Orient et de Constantinople, la capitale 3. Quand le César Dalmatius fut tué parles soldats, les deux frères Gallus et Julien4, enfants de Constantinus le frère aîné5, étaient sur le point d'être mis à mort avec lui; mais Gallus échappa au massacre par la maladie, et Julien à cause de sa jeunesse. Ensuite Constance ordonna qu'ils fussent élevés dans le village de MâqâlîB, à côté de Césarée de Cappadoce. Tous les deux devinrent lecteurs. Ils bâtissaient une église à Mar Mammès. Or, le côté que bâtissait Julien s'effondra et tomba, signifiant d'avance sa propre chute7. Gallus, ayant été fait César par Constance, se révolta contre l'empereur. L'empereur envoya tuer Gallus8 et fît mettre Julien en prison. [137] Ensuite l'impératrice Eusebia demanda à l'empereur de l'envoyer à Athènes pour y étudier les sciences9. Là il étudiait avec le grand Basile, Grégoire, son frère10 et Grégoire ie Théologien11. Basile en voyant les mœurs perverses de Julien prophétisa et dit qu'il devien- drait païen. L'empereur, à cette époque, bâtit une ville dans le pays de Séleucie,et l'appela Constant[ia]. — En Mésopotamie, il agrandit et acheva Amid qu'il appela Au- gusta1*. A Telia, qui s'appelait auparavant Antipolis13 il donna le nom de Cons- tant^] 14. Constant régnait à Rome depuis six ans quand le tyran Magnentius s'éleva contre lui, s'empara de toute l'Italie et de l'Afrique, et [Vetranio]15 fut proclamé empereur à Sirmium18. 1. Sic ms. Ce passage est la trad. de Socrate, II, v. Restituer le sens : « Constantin, le frère aîné de l'empereur Constance, étant venu dans les états de son frère Constant, fut tué par les sol- dats de celui-ci. » — 2. àvl^cov lauxou. Socr., II. xxvirr, s. fine. — 3. Constance reçut Constantinople en 337, lors du nouveau partage de l'empire après le meurtre de Dalmatius. — 4. Ms. : Julius. Les écrivains syriens confondent souvent les noms : Julius et Julianus. —5. Sic ms.; mais il faut lire : « de Constanlius, son frère aîné ». Cf. Socr., III, r. — 6.èv MaxéXXw, Sozom., IV, n.— 7. Sur le mar- tyr S. Mammas ou Mammès, cf. Acta Sanct. 17 août. Les Actes syriaques ont été édités par Bedjan, Acta Mart. et Sanct., t. VI, p. 431 et 445. Pour le fait rapporté ici, cf. S. Grég. de Naz., P. Gr.f t. XXXV, col. 552. — 8. Jac. Edess., ad ann. 28, aj. : « en l'an 666 ». — 9. Theod., III, u; Socr., II, xxxiv. Cf. Sozom,, IV, ri. — 10. Grégoire de Nysse. — 11. Grégoire de Nazianze. — 12. Cf. Jac. Edess., ad. ann. 21, 22; Chron. edess., n° xix ; Hallier, p. 96-97. — 13. Lire : Antoninopolis. Ces formes contractées se rencontrent assez souvent dans les transcriptions syriaques. Cf. Hal- lier, Chr. edess., p. 97. — 14. Ou Consiantina. Cf. Chron. edess., n° xx; Jac. Edess., ad ann. 27. — 15. Lire ; K-ï>M vjujl^lî-ao (Jac. Edess., ad ann. 19). — 16. Cf. Socr., II, xxv. 268 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Constant périt par la perfidie des soldats. Le jeune fils de son frère, qui lui aussi s'appelait Constantin, et régnait depuis trois ans avec son oncle, périt aussi avec lui. Constance, en apprenant tous ces événements, partit rapidement, vainquit Magnentius et le tua. II tua aussi Nepotianus1 qui était de la famille des empereurs et avait pris le parti de Magnentius8. Le jour du combat dans lequel les deux tyrans furent tués, une croix apparut dansle ciel,dans la région de l'Orient,aumois de 'iyar(mai) del'an 663 desGrecs3. Constance entra à Rome en triomphe4. Quand il revint [138] à Constantinople, il institua Julien César, et lui donna pour femme Hélène, sa sœur, qui est appelée Constantia5. Macedonius, qui était devenu évêque de Constantinople, voulut transférer le corps du grand Constantin de l'église des Apôtres dans une autre église6. A ce propos le peuple se révolta et il y eut de nombreux massacres au milieu de la ville. L'empereur Constance, en apprenant cela, fit déposer Macedonius et ins- titua Eudoxius. Il remédiait à un mal par un autre. En ce temps-là, les Juifs de Diocésarée de Palestine massacrèrent les Romains. On envoya contre eux des armées qui les détruisirent. Il est écrit7 que Gallus, le frère de Julien, détruisit les Juifs, s'enorgueillit, se révolta, et fut tué dans l'île de Phlanon8, où il s'était enfui. Ensuite, Julien, après avoir été institué César, fut aussi envoyé contre les Barbares de la Gaule : il s'illustra beaucoup par ses victoires; il grandit, ac- quit de l'influence, fut exalté et s'enorgueillit. Il fut même proclamé empereur par les soldats qui étaient avec lui. L'empereur Constance, en apprenant que Julien avait vaincu les Barbares et avait été proclamé empereur par les troupes, fut ému et inquiet. Il s'empressa de se faire baptiser par Euzoius d'Antioche, et marcha contre le tyran; mais il termina sa vie à Mopsucrène, entre la Gilicie et la Cappadoce9. Quoique Constance n'admît pas le terme de « consubstantiel», parce qu'il avait été trompé, cependant il confessait parfaitement le sens de ce mot, [139] car il confessait que le Verbe de Dieu était le Fils véritable, engendré du Père avant les siècles, et il blâmait ouvertement19 et anathématisait ceux qui l'appelaient une créature. — Il fit une autre chose digne de louange11. Au moment où les troupes engageaient le combat contre Magnentius, il leur conseilla de partici- per aux mystères 18 en disant que l'on doit toujours s'attendre à finir sa vie, 1. Ms. : Nepolitis. Cf. Socr., II, xxv. Nepotianus fut tué par les partisans de Magnentius. Jac. Edess., ad ann. 19. — 2. Ou : « qui s'était élevé en même temps que Magnentius ». — 3. Cf. Jac. Edess., ad ann. 27; Chron. Pasch., P. Gr., XCII, 729. — 4. Cf. Amm. Marcell., xvi, 10. — 5. Socr., III, r; cf. II, xxxtv. — 6. Socr., II, xxxvnr. — 7. Socr., II, xxxviu-xxxix. — 8. rcep'i <ï>Aavwva. — 9. Socr., II, xlvii. — 10. ïhéod., III, m; avxtxpu; àrcexïipuTTô. — 11. Ibid. — 12. De recevoir le baptême. LIVRE VII. CHAP. IV 269 mais surtout dans les combats où des myriades de dangers se présentent de tous côtés par la projection des traits, etc., et qu'il convenait que chacun pos- sédât le vêtement précieux dont on a surtout besoin [pour la vie] future1. « C'est pourquoi, [disait-il], je ne supporte pas d'engager [le combat] en compagnie de païens. » Il mourut le 3 de tésri II (novembre) de l'an 678 des Grecs. Il vécut 45 ans. Il commença à régner à l'âge de 7 ans ; il fut empereur avec son père pendant 13 ans, et seul pendant 25 ans*. Il regretta d'avoir fait des serments au prêtre arien, Eusèbe, à propos du testament [de son père] et d'avoir introduit la division dans la foi*. — Fin. Constance, fils de Constantin, déclina vers l'hérésie des Ariens, à cause du testament de son père, qui lui avait été remis par un prêtre arien*. Il commença par enlever les églises aux Orthodoxes et les donna aux Ariens. Il déplorait le trouble qui avait eu lieu dans l'Église et disait : « La faute en est à ceux qui ont prononcé cette pa- role de « consubstantiel5 au Père » qui ne se trouve point dans les Ecritures et qui a divisé les prêtres entre eux. » Il ac- cusait Athanase et ceux de son opinion6. Constantin, qui régnait à Rome7, persévérait dans la confession ortho- doxe, comme son père, et il fit revenir Athanase à Alexandrie8. Les Ariens se réunirent et se mirent à se plaindre d'Athanase auprès de Cons- Après la mort de Constantin le Victo- rieux, le prêtre arien ne livra pas le tes- tament au fils aîné, mais bien au cadet, ayant reçu de lui la promesse de persé- cuter quiconque confessait le Christ con- substantiel au Père. — Ce prêtre allait constamment près de lui. Voyant que son esprit fluctuait, comme l'eau, de tous cô- tés, il séduisit un eunuque de haut rang9 et lui inculqua l'esprit arien. L'impéra- trice et ses eunuques étaient aussi ses auditeurs; et le schisme envahit toute la contrée d'Orient10. La contrée occidentale était en paix, car le fils aîné de Constantin qui y ré- gnait demeurait ferme dans la foi. Il en- voya délivrer Athanase etle fit retourner à Alexandrie en disant : « Notre seigneur Constantin était lui-même disposé à le 1. Il manque deux ou trois mots dans le texte. La phrase traduisait littéralement le grec : ou 8r\ êvexa, -/pr) exocctxov xr)v ài;iôxTï)xov Èxîsvyjv s^etv Piw SeojxsOa (Theod. , III, m). — 2. Socr., II, xlvu. — 3. Theod., III, r. 4. Ce prêtre est appelé Eusèbe (ci-dessus, 1. 8). Philostorge affirme (II, 16) et d'autres indices confirment que Constantin remit son testament à Eusèbe, év. de Nicomédie, qui le baptisa. Cf. Le- bea.u, Hist. du Bas-Empire (éd. Saint-Martin), I, 384 sqq. — 5. Le syr. traduit ici par « fils de la nature »; cf. p. 272, n. 6.— 6. Theod., II, ni, s. f. — 7. Lisez : « en Gaule ». — 8. Cf. Theod., II, ni; Socr., II, n, ni; Jac. Edess., ad ann. 13. 9. TcpwcôxuTcoç xwv xoixwvwv xoO fiaaiXéux; £Ùvoùxoç...Eù(T£ëto; (Socr. II, n).—10. Socr, II, n ; Theod. II, tir. 270 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN tance, attendu qu'il était revenu a son siège par l'ordre de son frère Constan- tin. A cause de cela, Constance voulut le chasser ; Athanase l'apprit et s'enfuit à Rome. Il fut accueilli par Julius '. Julius convoqua les Ariens. Ils ne vin- rent point à Rome; mais ils s'assemblè- rent à Antioche, au nombre de 90 évê- ques etprêtres;ils établirent des canons, déposèrent de nouveau Athanase, et créèrent à sa place Eusèbe d'Émèse, [originaire] d'Edesse, qui, [13S] par la suite, fut reconnu comme partisan de l'hérésie de Sabellius et des Chaldéens 2. Ils le déposèrent et mirent à sa place l'arien Grégoire*. Celui-ci envoya une lettre de mépris à Julius, pour avoir ré- tabli Athanase et Paul4. Les Orientaux se réunirent de nou- veau à Philippopolis 5 et rejetèrent le terme de « consubstantiel ». Quand l'église que les partisans de Constance bâtissaient à Antioche, et qui était en forme de rotonde, fut achevée, les évêques ariens s'étant réunis pour en faire la dédicace, il y eut subitement un violent tremblement de terre, et toute cette église s'écroula 6. faire revenir, s'il n'avait pas été saisi par la mort. » Athanase fut reçu en grande pompe et avec joie parles Alexandrins. Cependant les Ariens l'accusaient d'être rentré dans l'église sans qu'un concile d'évêques l'eût jugé et justifié7. Tandis qu'Athanase occupait son siège, Eusèbe mourut et il eut pour successeur Acacius, son disciple, le même qui écri- vit [13o] la vie de son maître8. A cette époque mourut Jacques deNi- sibe9; il eut pour successeur Dabou, et après Babou, [vint] Vologèse10. A Rome, après Julius, qui exerça pen- dant 15ans,vintLiberius,pendant8ansu. A Antioche, il y eut desévêques ariens : Euphronius12, Placitus,3,pendant 4 ans; Stephanus, pendant 5 ans; Leontius, pendant 6 ans; Eudoxius, pendant 3 ans. Tous ceux-ci étaient ariens. Ensuite Me- letius fut évêque à Antioche14. et Paul revint pendant 2 ans; ensuite vint l'hérétique Macedonius, pendant 5 ans. A Jérusalem, après Maximus vint Cyrillus, pendant2 ans15,etil fut déposé. A Edesse, après Habsai et Barnai, vint Abraham, et ensuite Barsê16. 1. Cf. Socr., II. vnr ; Theod., Il, iy. — 2. Socr., II, rx ; cf. Theod., II, îv. — 3. Socr., II, x. — 4. Ev. de Constantinople. Cf. Socr., II, xy. — 5. Ms. : Pompolis ; èv «JtXîu'jtou iroXei (Socr., II, xx). — 6. Socr., II, vnr, s. in.; x, s. f. Cf. ci-dessus, 1. 8. 7. Socr., II, rv. — 8. Socr., II, îv. — 9. En 649 des Grecs, selon le Chron. edess., n° xxvit. Jac. Edess. ad ann. 14. — 10. Vologèse mourut en 672 des Grecs (360) selon le Chron. edess. (n°xxiu); Babou n'est pas mentionné dans le Chron. Néanmoins son existence est attestée par divers docu- ments. Cf. Bickell, Carmina Nisihena, 13, 2; 179; Hallier, p. 98. — 11. Socr.. II,xxxiv, s. f. Jac. Edess., ad ann. 25. — 12. Ms. : Euphrenus. — 13. BH. l'appelle usoaVi.olLâ : Flaccillus (Chr. eccl., I-, 83), qui est la bonne leçon, comme le montre Valesius, not. in Socr., II, vnr. Socrate donne : nxâxiToç, Théodoret : <&Xaxlvnoç, Sozomène : n/âxY]xo;. — 14. Lacune d'une dizaine de mots, où il était sans nul doute question des évêques de Constantinople. — 15. Cf. Socr., II, xxxvm; Theod., II, xvi. Ci- dessous (p. 275, 1. 9) : 42 ans. — 16. Cf. p. 203 et p. 277, n. 10. LIVRE VII. CHAP. IV 271 Jean d'Asie dit en parlant de ce trem- blement de terre qu'il détruisit beau- coup d'endroits. La ville de Salamine, qui est en Chypre, lut renversée. La ville de Césarée du Pont fut englou- tie, à l'exception de l'église qui s'y trouvait, et quelques hommes qui étaient à l'intérieur de celle-ci furent sauvés *. En l'an 9 du règne des fils de Cons- tantin, il y eut un autre tremblement de terre dans lequel Rome lut en grand danger pendant trois jours. Douze villes furent détruites en Campanie 2. Socrate dit : 3 [« Quand Grégoire entra] à Alexandrie, Athanase [s'enfuit] ; les Alexandrins dans leur fureur incen- dièrent l'église de Dionysius. Alexandre de Constantinople mourut, étant âgé de 98 ans. Paul fut établi à sa place ; mais l'empereur le chassa parce qu'il avait été institué sans sa permis- sion, et il établit Eusèbe de Nicomédie. Ensuite, le peuple chassa Eusèbe et réta- blitPaul. Alors, Paulfut de nouveau exilé, A cette époque florissaient des doc- teurs exacts : Athanase d'Alexandrie ; Ephrem de Nisibe, à Edesse4 ; et Eusèbe d'Emèse. [Alors] vivaient les bienheureux Ju- lien Saba et Abraham Qidounaya5. [Alors] florissait aussi le sage Bouzitès, aussi le sage persan6, qui était ortho- doxe et fit un livre de Démonstrations. Socrate dit7 que le grand Antoine, qui combattait ouvertement avec les démons, prolongea aussi sa vie jusqu'à cette époque. Le grand Athanase écrivit com- plètement ce qui le concerne8. Dieu révéla d'avance à Antoine9 la ruine que devaient causer à l'Église les partisans d'Arius et les Melétiens10. Saint [136] Antoine prédit que de grandes épreuves devaient arriver aux enfants de l'Église. Et comme ses disci- ples l'interrogeaient, il leur dit : « J'ai vu des mulets qui entouraient la table sainte et la foulaient11 de leurs pieds 18. » Après cela, les Ariens pressèrent de 1. H. ad ann. 2360, dans la continuation du Chron. d'Eusèbe : Néocésarée. — 2. Ibid., ad ann. 2361. Rest.: M-ûsox» (?)¦. _ 3. II, xi ; cf. Sozom., III, vtr. 4. Cf. Jac. Edess., ad ann. 27. — 5. Cf. ci-dessous, p. 277, 297, n. 15, et 298. Le Chron. edess., n° xxvni, rapporte la mort de Julien à l'an 678 (367) et mentionne Abraham (n° xxi) à l'an 667 (356). V. les sources indiquées par Hallier, p. 100, 97. La vie d'Abraham a été publiée par Lamy, Ana- lecta Bolland., t. X, et par Bedjan, Acta Martyr, et Sanct., VI, 465 ; celle de Julien Saba par Bedjan, op. cit., VI, 380. — 6. Par ces mots : a le sage persan » l'auteur entend désigner Aphraate. Le livre des Démonstrations a été publié en syriaque par Wright, The homilies ofAphraates, Londres, 1869, et reproduit dans le t. I de la Patrologia syriaca, avec une trad. lat. de D. Parisot. Il existe une trad. allemande de Bert (Texte und Untersuchungen, coll. Harnack, t. III). Pour une bibliographie plus complète, v. R. Duval, La littérature syr., p. 226 sqq. Wright pensait que le nom de Bouzitès désigne également Aphraate, et qu'il ne s'agit dans ce passage que d'un seul person- nage. La construction de la phrase laisse quelque doute sur ce point (Cf. BH. Chr. eccl., I, 923). — 7,1, xxi ; Jac. Edess. ad ann. 16. — 8. La Vie de S. Antoine, traduite en syriaque, a été impri- mée par Bedjan, Acta Martyr, et Sanct., t. V, p. 1 sqq. — 9. Ms. : à Antiochus. — 10. Lire : k-a» — 11. ^£va>o. — 12. Cf. le texte édité par Bedjan, op. cit., p. 106. 272 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN [136] et Macédonius, que les Ariens désiraient, entra. Trois mille personnes périrent à son entrée1. A cette époque, Photinus2, qui occu- pait le siège de Sirmium en Illyrie, donna naissance à une autre hérésie. Il était disciple de Marcellus qui avait été anathématisé. Or, il disait que le Christ est un homme ordinaire. L'empereur rassembla un synode à Sirmium, au su- jet de Photinus3. George leCappadocien, d'Alexandrie, qui avait été mis à la place de Grégoire*,s'y trouva. Ayant constaté que Photinus professait les mêmes doc- trines que Sabellius et que Paul de Sa- mosate, ils le déposèrent. Ils établirent ensuite des définitions de la foi qui ne sont pas exactes; ceux qui blâmaient leurs prédécesseurs sont ceux-là même qui firent trois symboles qui n'étaient pas d'accord entre eux! Le mot ouata en grec, en latin sub- stantiel5, se dit en syriaque itouta6. Les Ariens firent huit symboles de la foi, après celui de Nicée : deux à Antio- che, un en Gaule, puis celui qui fut en- voyé en Italie par Eu[do]xius, trois autres à Sirmium, enfin un autre à Séleucie. Peu de temps après ils en ajoutèrent d'autres, à Constantinople '. Ils firent ceux-ci pour détruire peu à peu la foi de Nicée. nouveau l'empereur et l'irritèrent contre saint Athanase8. Celui-ci abandonna son siège et monta à Rome. Constant, en apprenant ces choses, ordonna de réunir un synode à Sardique. Ils y confirmè- rent la foi de Nicée, et ils maintinrent le siège à Athanase. Les Ariens ne cessèrent point leurs violences et ne vinrent pas même au synode9. Constant, qui était contrarié de la défection de son frère, choisit deux des évêques qui s'étaient réunis à Sardique et les lui envoya. Il lui écrivit pour l'exhorter à adhérer à la vérité, à se détourner des Ariens, et à faire revenir Athanase à son siège, puisque la calom- nie dontil avaitétél'objet était dévoilée10. Quand les évêques parvinrent à An- tioche , Stephanus, qui occupait le siège, ayant appris la cause de leur venue, prépara des embûches aux évê- ques qui venaientu. On envoya un jeune homme impie appeler une courtisane : « Ces étrangers, dit-il, [te désirent. » Il prit avec lui quinze] soldats qu'il cacha [dans l'hôtellerie]. Il corrompit [par l'ar- gent] un de ses serviteurs qui, pendant la nuit, ouvrit la porte. Il fit entrer la courtisane , lui montra la chambre dans laquelle ces saints [évêques] étaient descendus, et sortit pour amener 12 les soldats. Euphratas13 dormait dans la 1. Socr , ii, vi, vu, xir, xvr. — 2. Socr., ii, xvm. — 3. Socr., ii, xxix, xxx. — 4. Socr., ii, xiv; cf. Jac. Edess., ad. ann. 19.— 5. Rest. : U§i£n\->aco. — 6. Ce terme abstrait, dérivé de &>.| « être », répond étymologiquement à ouata; néanmoins, pour exprimer le terme de consubstantiel, ôjxoouffio;, on trouve dans notre Chronique même, à côté de |Lo^| ^, l'expression : U*3 et quelquefois : \.tx>o\ — 7. Socr., ii, xli, s. f. 8. Theod., ii, iv. — 9. Ibid., ii, vi; Jac. Edess., ad ann. 16. —10. Theod., ii, vnr, s. f. ; cf. Socr., ii, xxii. — 11. Theod., ii, ix. — 12. >û3>. — 13. Évêque de Cologne. LIVRE VIL CHAP. IV 273 L'arien Leontius, qui blâmait Athanase d'avoir pris la fuite, fréquentait assidû- ment une femme [nommée] Astolina1; voulant faire disparaître la réputation qu'on lui faisait, il coupa lui-même ses testicules [137], et continua à fréquenter cette femme. Cet homme fut établi évêque d'Antioche par les Ariens, pendant le trouble qui régna dans l'Eglise. A Constantinople, Macedonius, qui occupait l'église par ordre de l'empe- reur, persécutait2 tous ceux qui admet- taient l'expression de « consubstan- tiel »; il pensait comme Arius au sujet du Fils, et il osa parler encore plus mal de l'Esprit-Saint3. A Alexandrie, l'arien Georges outra- geait les vierges, tuait les vieillards, n'épargnait paslesjeunes gens, était sans miséricorde pour les femmes, et chassait en exil les évêques et les prêtres parce qu'ils n'admettaient pas Arius*. A Antioche parut le diacre Aetius qui pensait comme Arius5. Il avait été élevé à Alexandrie; il revint à Antioche, dont il était originaire, et fut ordonné diacre par Leontius. Il forgeait des arguments tirés des Catégories d'Aristote et expo- sait des raisonnements diaboliques dans de nombreuses lettres; c'est pourquoi il fut appelé athée6. A cette époque, un édit de l'empereur réunit un synode à Milan7. Environ trois cents Occidentaux s'y rendirent : les chambre extérieure et Vincentius8 [137] dans la chambre intérieure. Quand la courtisane entra, Euphralas s'en aper- çut et demanda : « Qui es-tu? » Elle ré- pondit; et en entendant la voix d'une femme, il fut troublé, parce qu'il pen- sait que c'était un démon. Il appela les serviteurs qui se levèrent, vinrent saisir les soldats et la courtisane, et les en- fermèrent. Le jeune homme prit la fuite. Le matin, ayant été conduite devant l'empereur, la courtisane avoua et fit connaître le jeune homme qui l'avait appelée. Le jeune homme, qui s'appelait OnagreJ, ayant été pris, fut flagellé avec les soldats, et ils confessèrent que c'était Stephanus qui leur avait donné des instructions. — Stephanus fut chassé de l'Église10. Quand la perfidie des Ariens à l'égard d'Athanase eut été dévoilée devant l'em- pereur, celui-ci se rendit aux instances de son frère et fit revenir Athanase. L'empereur demanda à Athanase de concéder aux Ariens une église à Alexan- drie; car son esprit était perverti par l'hérésie d'Arius. Athanase répondit : « Je demande, de mon côté, qu'on donne, h Antioche, une église où puissent se réunir ceux de notre confession. » L'em- pereur voulut faire ainsi, mais les Ariens ne le lui permirent pas, disant qu'il ne convenait pas de donner une église à l'un ou l'autre des deux partisil. Atha- 1. Socr., II, xxvi; EùatoXîm ovopia ; Theod., II, xxiv : EOcrroXia. — 2. Lire : 3i»o (et non — 3. Socr., II, xxvn ; cf. Theod., II, vi. — 4. Socr., II, xxvin ; cf. Theod., II, xiv. — 5. Jac. Edess., ad ann. 30. — 6. Socr,, II, xxxv. — 7. Socr., II, xxxvi; Jac. Edess., ad ann. 25. 8. De Capoue. — 9. "Ovaypoç. Le texte est sans doute à lire : ^oîv^J; BH. a : -oa.;^o| : Evagrius. — 10. Theod., II, x. — 11. Theod., II,xn. Cf. Socr., II, xxin. I. 35 274 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Orientaux, à cause de I'éloignement, vin- rent en petit nombre. Les Orientaux ré- clamèrent qu'on déposât Athanase, mais les Occidentaux n'y consentirent pas. Certes, si Athanase était déposé, toute la foi périssait. Le synode fut dissous. — L'empereur ordonna de nouveau aux Oc- cidentaux de se réunir h Rimini [et aux Orientaux à Nicomédie]1 ; mais dans l'in- tervalle cette ville ayant été renversée par un tremblement de terre, ils s'as- semblèrent à Séleucie. [138] Les parti- sans d'Arius souscrivirent au symbole de Rimini; mais les évêques ne le reçu- rent pas. L'empereur ayant défendu aux évêques de s'éloigner, et ceux-ci étant partis chacun dans son pays sans permis- sion, il en fut vivement irrité et donna raison aux partisans d'Arius*. Ensuite Liberius de Rome quitta son siège et fut exilé*. Peu de temps après Leontius d'An- tioche mourut, etEudoxius de Germani- cia prit son siège par ordre de l'empe- reur *. L'empereur réunit de nouveau un sy- node de 150 [évêques] à Séleucie5. Eu- sebius, Eudoxius et Aetius montèrent trouver l'empereur et accusèrent le sy- node. Eudoxius donna à l'empereur un volume dans lequel il était écrit : « Ceux qui sont produits différemment sont aussi différents dans leur nature ; par con- séquent le Fils est différent du Père. » Quand on connut qu'Aetius l'avait écrit, nase revint donc à Alexandrie pour la deuxième fois, et y fut reçu avec grand honneur par tout le monde. Mais après la mort de l'empereur Constant, les Ariens irritèrent de nou- veau l'empereur Constance contre Atha- nase en disant : « C'est lui qui a été cause de la guerre entre toi et ton frère. «L'empereurordonnaqu'Athanase fût de nouveau chassé et lapidé ; il envoya Sebastianus avec des soldats pour le mettre h mort8. Athanase raconte [138] lui-même sa fuite. Il dit7 : « Les Ariens s'empressèrent d'aider les soldats pour les exciter contre moi, et me désigner au cas où ils ne me reconnaîtraient pas. Il faisait déjà nuit, et quelques gens du peuple étaient en veille, attendant l'au- rore8. Alors, les officiers9 arrivèrent, avec leurs soldats, au nombre déplus de cinq mille, et entourèrent l'église de manière que personne ne pût échapper. Pour moi, je pensai qu'il serait honteux d'abandonner l'église et le peuple10, au milieu de ce tumulte, pour ne pas m'ex- poser davantage au danger. Devant tout le monde, je m'assis sur mon trône ; j'ordonnai à un des diacres de chanter les psaumes, et au peuple de lui ré- pondre par cette sentence : Parce que ses miséricordes sont éternelles 11. Le gé- néral entra, et ses soldats entourèrent le sanctuaire, pour s'emparer de moi. Les clercs et le peuple nous sup- pliaient de fuir. Pour moi, j'étais ré- 1. Socr., II, xxxvir, xxxix. — 2. Socr., II, xxxix. — 3. Ibid. ; Jac. Edess., ad ann. 27. — 4> JAC- Edess. ad ann. 30; Socr., II, xxxvn. — 5. Socr., II, xxxix; Theod., II, xxvi. 6. Theod., II, xrn. — 7. Ibid. — 8. Ou plutôt :YOffice, 7tpodSoxcùjj.£vy]; «ruvâlew;. — 9. Le grec dit : o ffxpaTrjXaTriç. — 10. Lire : J.*s-\Xo. — 11. Ps. cxxxvi. LIVRE VIL CHAP. IV 275 il fut exilé en Phrygie ; et Eudoxius ana- thématisa quiconque disait que le Fils est différent du Père ou qu'il est une créature1. L'empereur demanda [aux évêques orthodoxes! d'anathématiser l'expression de « consubstantiel » ; mais, comme ils n'y consentirent point, il les chassa. — Cyrille de Jérusalem fut aussi déposé après douze ans [d'é- piscopat] et on lui substitua Herennius*. Macedonius de Constantinople fut dé- posé après avoir siégé cinq ans. Eu- doxius d''Antioche lui succéda3. Meletius, qui était évêque de Sébaste d'Arménie, et qui n'avait jamais auparavant rien dit à propos de la foi, fut accueilli par tout le monde*. Or, un jour qu'il interprétait [les Ecritures], il dit, [139] en montrant trois doigts : « Nous savons qu'ils sont un5. » Les Ariens reconnurent qu'il tenait la foi de Nicée : ils le déposèrent, au bout de trois ans, et établirent Euzoïus, tandis que le prêtre Paulinus* dirigeait une partie du peuple7. A cette époque surgit l'hérétique Apol- linarius8. Il avait été à Alexandrie et y avait étudié les sciences profanes. Il vint enseigner à Beyrout, et parvint jusqu'à Laodicée, où il prit une femme. Il eut un fds qu'il appela de son nom. Il fut fait prêtre,et son fds lecteur, par Theodotus, évêque de l'endroit. Comme ils vivaient dans la familiarité d'Epiphane, un so- phiste païen, ils se mirent à sa suite; solu à ne pas partir avant que tous les enfants de l'Eglise fussent sortis. Je me levai et je terminai la prière; je leur persuadai de partir en disant : « Il vaut « mieux que je sois seul exposé au danger « plutôt que quelqu'un d'entre vous ne « soit maltraité ». La plupart sortirent et le reste s'attacha à nous. Des moines et quelques clercs s'efforcèrent de nous faire descendre du trône ; et, j'en prends à témoin la vérité, tandis que de nom- breux soldats occupaient le sanctuaire et que les autres circulaient dans l'église, nous passâmes au milieu d'eux, et, grâce au Seigneur qui nous conduisait et nous protégeait, [139] nous échappâmes à leurs mains, en glorifiant Dieu de ce que nous n'avions pas abandonné le peuple. » Ce fut le troisième exil d'Athanase. L'empereur discuta beaucoup avec Liberius pour lui faire signer la déposi- tion d'Athanase qu'il appelait un impie et un perturbateur; mais comme Libe- rius ne céda pas, il le condamna à l'exil ; il lui envoya pour ses dépenses cinq cents dinars qu'il n'accepta pas. Il fut envoyé à Beroë de Thrace9. Deux ans après, l'empereur étant venu à Rome, les femmes persuadèrent à leurs maris de lui demander de faire revenir Liberius10.Mais comme ils craignaient, sa colère, les femmes résolurent de le sup- plier elles-mêmes, de sorte qu'il accepte ou qu'il ne se fâche pas. Les femmes no- 1. Theod., II, xxvrr. Lire : L;=>? (BH.). — 2. 'Appvjvioç, Socr., II, xlv, s. f. Notre ms. (suivi par BH.) porte: Adrianus ; Jac. Edess., ad ann. 30 : Arsenius. — 3. Socr., II, XLiri. — 4. Par tous les partis, comme év. d'Antioche. Socr,, II, xlivjTheod., II, xxxi.— 5. xpc'a xà vo\j[ieva* ivs 8è Sta/£yé[i£8a (Theod., I. cit.). — 6. Ms. : Flavianus) c'est aussi la leçon de BH. — 7. Jac. Edess., ad ann. 30. — 8. Socr., II, xlvi. — 9. Theod., II, xvr. — 10. Theod., II, xvn. 276 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN pour ce motif Theodotus leur interdit le ministère. Quand Theodotus fut mort, Georgius, son successeur, les engagea à s'éloigner d'Epiphane, mais ils ne se laissèrent pas convaincre ; alors il les chassa entièrement de l'Eglise. Apolli- narius le jeune alla trouver les évêques excommuniés qui l'ordonnèrent évêque pour une ville inconnue1. Lui et son père donnèrent naissance à cette hérésie des degrés et des mesures. Il dit, en effet, que l'Esprit est grand, que le Fils est plus grand et que le Père est beau- coup plus grand qu'eux deux ; que le Fils n'a pas pris une âme raisonnable mais seulement l'âme végétative ; l'in- telligence cependant, dit-il, fut prise 2. Et beaucoup de choses de ce genre. Il composa de lui-même des psaumes3. A cette époque,Eunomius futordonné4 par Eudoxius qui lui prescrivit de ne pas faire connaître son impiété. Mais le peu- ple [parvint] à le tromper et, quand il eut dévoilé dans un livre son esprit cor- rompu, on l'accusa près de l'empereur. Eudoxius fut contraint de le déposer. Il lui ordonna de prendre la fuite, le blâ- mant de ce qu'il avait laissé voir [140] son impiété.Eunomius, offensé par Eudoxius, bles allèrent le trouver en grande pompe et le supplièrent. L'empereur répondit que l'Eglise avait un pasteur dans Félix qui avait succédé à Liberius. Félix avait accepté la foi, mais il se tourna promp- tement vers les Ariens. L'empereur changea d'avis, vint et accueillit la de- mande des femmes; car il vit que per- sonne ne marchait à la suite de Félix. Il ordonna de faire revenir Liberius, pour qu'ils administrassent en semble l'Eglise. Mais le peuple s'écria : « Il n'y a qu'un Dieu, qu'un Christ : [nous n'aurons] qu'un évoque ! » Ceux qui furent exilés avec Liberius de Rome, étaient5 : Paulinus de Gaule, Dionysius d'Italie, Lucifer des Iles qui sont en Sardaigne, et Eusebius d'Ita- lie. Celui-ci est peut être celui que Ju- lien condamna9 et qui est appelé Eusèbe de Rome, parce que l'Italie comprend aussi Rome. On confia à Eusebius de Samosate le volume dans lequel était consigné le dé- cret commun7. [140] Quand il vit que les impies mentaient à leur promesse et qu'après avoir établi Meletius ils le dé- posaient, il regagna sa ville. Les Ariens, qui craignaient d'être blâmés, persuadè- 1. « Obscure », ou peut-être « innommée», c'est-à-dire indéterminée, ce qui était contraire aux ca- nons. Philostorge (VIII, 14) affirme qu'Apollinaire fut évêque, « quod quidem nescio unde hause- rit », ajoute Photius dans son Epitome. — 2. BH. Chr. eccl., I, 102, traduit littéralement Socrate : (iooi COoi Cùiso |Loov^o : aXk' elvai tov Oebv Xoyov àvxi voO et; xov àvaAï):p6!vTa avôpa)7iov. — 3. Je lis Uûboixj; peut-être faut-il corriger : U>o\xs « des traités ». Cf. ci-dessous, p. 288. — 4. Comme évêque de Cyzique ; Theod., Il, xxix. 5.nayXïvo; o tî}; y.r^poiiô'kzuiï tmv TaAXiwv, xoù Aiovuikoî ô tt); [ir^ponoltta^ ttjî 'ItxXîa;, xî\ Aouxîcpsp à •ni; iAY)TpoTCÔAew; twv xaxà SapSavîav vtjitwv, xoù Eùaégto; inb tïj; 'IraXta; (Theod., II, xv, a. m.). — 6. Sic ms. ; mais il faut lire : « que Julien rappela ». Cf. Theod., III, n. Il s'agit d'Eusèbe de Ver- ceil. — 7. L'acte d'élection de Meletius, auquel les Ariens et les orthodoxes avaient souscrit. Cf. Theod., II, xxxi. LIVRE VIL CHAP. IV 277 alla trouver Aetius, et tous les deux don- nèrent naissance à une hérésie et furent appelés E u no miens1. Les évêques réunis au nombre de 160 à Séleucie, se divisèrent2. Georgius3 et 32 autres formaient un parti; Georgius de Laodicée et le reste des autres [for- maient] un autre parti. Les premiers, au lieu de dire le Fils « consubstiintiel », le disaient « sem- blable* au Père ». Et quand on leur de- mandait en quoi il est semblable, ils répondaient : « Par la volonté, et non par l'essence. » Or. quelqu'un peut dire : « Comment appelez-vous vos Pères, ceux d'Antioche, puisque vous reniez leur doctrine? Ceux qui se réunirent à Nicée ont fixé ce terme de « consubstantiel »; et il convient absolument de les nom- mer Pères; car ils les précèdent par le temps; et ceux d'Antioche ont reçu d'eux le sacerdoce. Si ceux d'Antioche ont déshonoré leurs Pères, ceux qui suivent les parricides se trompent. Com- ment ont-ils reçu comme véritable l'ordination de ceux dont ils rejetaient la foi comme fausse. Car si ceux-là ne possédaient pas l'Esprit-Saint, qui est communiqué par l'ordination, ceux-ci n'ont pas non plus reçu le sacerdoce. » A cette époque florissait le jeune [cAôd]3 entraîner par la doctrine des Daiçanites. rent à l'empereur d'envoyer chercher le livre de leur définition. Le saint n'ayant pas voulu le donner, l'empereur s'irrita. Il envoya de nouveau en disant : « S'il ne donne pas le livre, qu'on lui coupe la main droite» ; mais il prescrivit en secret à l'envoyé, de ne pas faire cela. Quand Eusebius eut lu la lettre de l'empereur, il présenta sa main droite et sa gauche, en disant : « Je ne donnerai pas le livre qui est la condamnation de l'impiété des Ariens. » L'empereur en apprenant cela fut frappé d'admiration. Les persécu- teurs sont parfois contraints d'admirer leurs adversaires à cause de l'excellence leurs actions7. Le 35e évêque de Rome fut Damasus, pendant 19 ans8. Alors florissait en Mésopotamie, par sa sainte doctrine, le docteur Mar Ephrem ; et dans la vie religieuse : Abraham Qidounaya et le vieillard Julien 9. Abraham d'Edesse mourut; les Edes- séniens prirent de force Barsê, évêque de Harran, et ils le mirent à la tête de l'église de leur ville10. A cette époque mourut aussi Vologèse de Nisibe — Fin. à Édesse. 11 était archidiacre, et se laissa Ils6 admettaient des Apocalypses et des 1. Theod., II, xxix. — 2. Socr., II, xxxix. — 3. D'Alexandrie. — 4. S|ioio:. Socr., II, xi,. — 5. Le- nom est donné parBH,CA/\ eccl., I, 102. Il s'agit bien de Avôaïo; (Theod., IV, x ; Epifh. Hseres. LXX, n. 3). Théodore Bar-Khouni (Pognon, Coupes de Khouabir, p. 123) écrit: ^i-ix.— 6. Dans le ms. il y a : « qui acceptaient » et la phrase se rapporte aux Bardesanites , mais d'après le texte de Théo- dore [loc. cit.), il s'agit des disciples de 'Audai qui avait composé de nombreuses apocalypses. 7. Theod., II, xxxn. — 8. Jac Edess., ad ann. 29. — 9. Cf. p. 271, 297, 298. — 10. Cf. p. 203 et 270. Selon le Chron. edess. (n° xxn), Abraham mourut en 672 (361) et Barsê fut intronisé la même année (n° xxix). — 11. Cf. p. 270, n. 10. 278 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Actes. On trouve aussi dans leurs livres qu'il n'y a point de résurrection; que les anges1.....; que sept Directeurs ont fait le monde2. A cette époque Georgius, l'arien, infligeait beaucoup de maux aux Alexandrins. C'est pourquoi ils furent tous enflammés de zèle et le firent périr dans le feu. D'autres disent qu'ils le lièrent sur un chameau sauvage et qu'il fut mis en pièces ; d'autres enfin disent qu'il fut massacré par les partisans d'Athanase. C'est à son pro- pos que Julien, au commencement de son règne, écrivit des reproches aux Alexandrins et leur dit3: «Peut-être direz-vous que la colère vous a induits en erreur?» — Ce chapitre est aussi fini. CHAPITRE V DU LIVRE VII. — De l'époque du règne de Julien l'impie et de Sabhour. Julien TuapaSaTYjç, c'est-à-dire « apostat », fut institué César par l'empereur Constance et régna avec lui pendant 5 ans. Après la mort de l'empereur il régna [141] seul 2 ans. Il commença son règne le 3 de kanoun [Ier] (décembre), de l'an 679. Dans d'autres livres il est écrit que Julien était fils d'un frère de Constantin le Grand4. Constantin le Victorieux5, qui bâtit Constantinople, avait deux frères consanguins : DalmatiusGet Constantius. Dalmatius appela son fils de son nom. Constantius7 eut deux fils : Gallus8 et Julianus0. Gallus, s'étant révolté, fut tué par ordre de l'empereur. Julien, sur les instances de l'impératrice, fut envoyé10 à Athènes. Plus tard, l'empereur institua Julien César et lui donna pour femme sa pro- pre sœur. Il l'envoya combattre les Barbares. On dit qu'en une certaine ville, tandis qu'il passait dans le forum, une des couronnes suspendues dans ce. forum lui tomba sur la tête. Après avoir vaincu les Barbares, il lui vint dans 1. La phrase est mutilée et je ne vois rien dans le texte de Théodore qui me permette de la res- tituer. Celui-ci ne parle des anges que dans un seul passage ainsi conçu : « Ils demandèrent qui a contraint les anges de créer le monde ». — 2. Comp. ci-dessus, p. 184, où un passage semblable est attribué à Bardesane. Théodore attribue expressément cette doctrine à \Audai dans une phrase dont voici le texte (sans aucun doute altéré) qui mérite d'être rapproché du texte cité par Michel. • j.so>. L»-=i-^ *»Lû.i2Sboo 1*5^ ,avXX»oi<^o |.s»-ào Lpx |&»i.»ao (lire : l^œ) lî^aa uLa^uruo L*om L,a.x |ks»*A.yjo lî-ûaa UUûo 1^*-^ t-a-* <*Jo»l. Théodore ajoute (p. 133) que \A.udai avait emprunté cela aux Chaldéens. On voit que le nom de la partie du corps qui manque dans no- tre ms. (cf. ci-dessus, p. 184, n. 12) est à restituer « la peau ».— 3. La lettre est rapportée par Socrate, III, m; cf. III, ir, au sujet du meurtre de Georges. 4. Socrate, H.E., III, 1. — 5. Lire : Lai (plutôt que Ls,). — 6. Ms. : Lamatius. Rest. : ^a^x^, AaA(j.acto;. — 7. Ms. : Contantinus.— 8. Ms. : Gallius; mais plus bas : Gallus, correctement. — 9. Voir le tableau généalogique de la famille de Constantin à la fin du volume. ¦=— 10. Lire : LIVRE VII. CHAP. V 279 l'esprit, et il se dit, que l'empereur ne Pavait pas envoyé pour vaincre, mais bien pour le faire périr ainsi que ceux qui l'accompagnaient. Dès lors,il commença à tendre des embûches à l'empereur. Il avait peur de lui ; pour ce motif il se retira à Athènes, et coupa sa chevelure \ 11 apprenait en secret la magie sous prétexte [d'étudier] la dialectique. Quand il eut vaincu dans le combat, on lui répétait que la couronne qui était tombée sur sa tête était le symbole de l'empire. — Gomme il était d'un esprit orgueilleux, il consentit à être proclamé empereur par ses par- tisans. Il prit son collier et le plaça sur sa tête : c'est de cette manière qu'il commença à régner. Il tournait en dérision [142] Constance. Il destituait les juges2 établis par celui-ci, et changeait toutes les dispositions des empereurs chrétiens. De plus, il se mit à rouvrir les temples des idoles et à offrir des sacrifices, pour se conci- lier les païens. Il se prépara à faire la guerre à l'empereur. Par les secrets impénétrables de Dieu, l'empereur Constance mourut. Alors l'empire des Romains était réuni et ses différentes parties formaient une seule assemblée ; mais le tyran se révolta et mit sa confiance dans sa fortune. Il avait l'assurance que les démons l'avaient exalté, et il s'efforça astucieusement d'attirer tout le peuple à lui. Quiconque avait été maltraité par l'empereur fut très bien traité par lui. Il se conduisait selon l'apparence trompeuse des philosophes3. Chasser les cuisiniers et les barbiers est bien l'œuvre d'un philosophe et non d'un empereur; ridiculiser et insulter n'est ni d'un philosophe ni4 d'un empereur. Or, le tyran Julien fit un traité5 dans lequel il tourna en dérision les empereurs ses prédécesseurs. Les philosophes et les empereurs doivent être trop grands pour calomnier et jalouser6. Le tyran Julien souilla les sources par des sacrifices; sans doute afin que tout le monde en buvant fût contraint de participer à son impiété. Il faisait ré- pandre [de cette eau], par impiété, sur les mets des bazars dans chaque ville où il entrait7. Quand il entra à Constantinople, il fut proclamé autocrator*.— Quand il vint à Antioche, il diminua le prix de tout ce qu'on y vendait; mais les Antiochéniens ne le supportèrent point, [143] car ils s'agitent facilement. Ils répandirent le mépris sur l'empereur. Ils vociféraient, et tournaient en dérision sa barbe parce qu'elle était longue. Ils disaient : « Coupe ta barbe9, et tresses en des cordes. » — Il avait fait imprimer des taureaux sur ses statères et ses zouzê, et il sacrifiait 1. En signe de profession monacale. Ce fait est antérieur à l'envoi de Julien dans les Gaules d'après Socrate (III, r). — 2. xouç xocx' È7rap-/!av ap^ovxaç. — 3. Le sens pourrait être : « Il portait l'habit trompeur des philosophes ». C'est ainsi qu'a compris l'arménien (Langlois, p. 126), néan- moins notre traduction paraît mieux répondre au contexte. — 4. Lire : l-"^»* U9|o. — 5. Les Césars, — 6. Socr., III, r. — 7. Theod.. III, xv. — 8. Socr., III, r. — 9. Lire : foi. 280 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN des taureaux aux idoles. — Il était irrité contre Antioche; le sophiste Libanius présenta à l'empereur un libelle de supplique pour les Antiochéniens qui l'avaient appelé « ennemi de la barbe1 » et « perpétuel mépriseur» 2. L'empereur les maudit en paroles et calma sa colère3. Julien voulut prendre un oracle d'Apollon Pythien,qui est à Daphné; mais le démon redouta Babylas4 dont l'urne avait été déposée en ce lieu, et ne répondit point. L'empereur, ayant appris la chose, ordonna aux chrétiens de transporter le saint dans la ville, au chant des psaumes ; alors Apollon rendit l'oracle3. L'impie fit dresser deux tables : sur l'une, il plaça de l'or; sur l'autre, de l'en- cens et du feu. Quiconque voulait prendre de l'or, devait jeter de l'encens sur le feu, puis il prenait de l'or et mangeait ensuite des choses offertes aux idoles5. — Un des chrétiens jeta l'encens, prit de l'or et entra pour manger; il fit le signe de la croix sur la coupe ; son compagnon lui dit : « Voici que tu fais le con- traire. » Ayant appris qu'il avait apostasie, lui et d'autres se levèrent en criant : « Nous sommes chrétiens. » Il voulut les tuer, mais, craignant de leur procurer les honneurs du martyre7, il les envoya en exil8. [144] Il fit sortir du palais les eunuques; il congédia aussi les chameaux, les ânes et les mulets de son service, et ne conserva que les seuls chevaux8. Il changea le nom de Césarée et l'appela Mazaqâ'0, comme auparavant ; de même pour Byzantia et d'autres [villes]. Il porta une loi défendant aux chrétiens d'étudier les livres des païens et des philosophes. — Il fit des maisons pour l'entretien des orphelins, des veuves, des malheureux, et, par ces apparences, il séduisait les gens simples.— 11 ordonna de réciter les exploits de Zeus, de Mars, de Mercure et des autres dieux11; et quiconque faisait cesser leur culte subissait le châtiment. Quand il donnait la paie 12 aux soldats, il leur commandait d'offrir de l'encens aux idoles. Ayant été tourné en dérision à Antioche, il avait conçu de la haine contre elle, de môme que contre Césarée de Cappadoce'3; il jura par ses dieux d'en jeter les pierres à la mer11, parce qu'il avait été réprimandé par le grand Basile. Il manda aux Edessénien's de le recevoir, mais ils ne le reçurent point. Ses par- 1. Mtffonwywv. L'auteur semble avoir pris le titre du pamphlet de Julien, comme un terme de mépris de la part des Antiochéniens. — 2. Lire : Isa-»^. Ces mots paraissent traduire incorrecte- ment le texte de Socrate (III, xvn) : xôv yàp 7ts7u>vy)[j(ivwv aùtw 'Avutr/'xbv, r^oi MtcxoTtwyova Xôyov Ste|£>,8wv, <7T:yptaTa 6r/)v£x7) tîj 'Avnoxâwv nôlei xaTsXinsv ('IouXiavoç).—3. Le paragraphe est résumé de Sockate, III, xvn. — 4. Sur S. Babylas, cf. Acta Sanct., 24 janv. —5. Theod., III, x; Socr., III, xvin. — 6. Theod., III, xvr. Cf. Sozom., V, xvir. — 7. Litt. : « Il fut jaloux de leur martyre. » — 8. Theod., III, xvrr. — 9. Socr., III, r. — 10. Ms. : Bâzaqa ; Sozom. (V, îv) et Philost. (rx, 12) : MctÇaxa. — 11. Litt. : « démons ». — 12. o']/wvia. — 13. Cf. Sozom., V, îv. — 14. La menace ne s'ap- plique littéralement ni à Antioche ni à Césarée deCappadoce qui ne sont point sur le bord de la mer. LIVRE VII. CHAP. V 281 tisans lui conseillèrent de les laisser, et il passa à Harran. Il sacrifia aux idoles et traita les Juifs avec honneur. Les Juifs d'Edesse, ayant appris cela, s'insur- gèrent contre les chrétiens; les chrétiens furent enflammés de zèle et tuèrent tous les Juifs. Tandis que Julien adorait l'idole Sin1, à Harran, la couronne de sa tète tomba et son cheval s'embarrassa dans son harnachement et le déchira* : le cheval mourut. Les augures lui dirent : a Les chrétiens [145] qui sont avec toi sont cause de cela », et ils ajoutèrent d'autres paroles; il congédia 22.000 soldats chrétiens8. Il ne fit point supprimer* la croix [devant son armée], afin, s'il était vaincu en Perse, d'en attribuer la cause à la croix. — En tous lieux il consultait les au- gures et les magiciens. Un oracle fut rendu qui lui disait* : « Tous les dieux en- semble, nous sommes sortis pour que tu obtiennes la victoire sur le fleuve du Tigre. Et moi, Mars, je suis le conducteur. » Ce misérable prit confiance, et se dirigea vers la Perse, pensant vaincre comme Alexandre. Ayant entendu dire que les Perses étaient plus faibles en hiver, il entra dans leur pays ayant avec lui 395.000 combattants, sans compter les porteurs de charges, les ouvriers, les artisans et le reste. Il entoura Séleucie et Ctésiphon ; il s'en empara et les dé- truisit. Sabhour s'enfuit devant lui. Il envahit le trésor royal et y prit de grandes richesses. Sabhour lui envoya une supplique pour lui proposer de lui donner6 une petite partie de la région. Il n'y consentit point et ne prit point en considé- ration ce dicton : « Vaincre est beau; abuser de la victoire est odieux7. » Les Perses se réunirent avec Sabhour contre les Romains, sur les rives du Ti- gre. Ils envoyaient des ambassades. Un jour, Julien sortit à cheval, sans armes, se glorifiant de sa fortune et excitant au combat; tout à coup un trait vola et le frappa au côté, et il tomba8. Il remplit le creux de sa main [146] de son sang et le jeta contre le ciel en disant9 : « Tu m'as vaincu, Galiléen ! prends donc la royauté en héritage avec la divinité! » — Qui lança le trait? Les uns disent que ce fut 1. Lunus. — 2. L'arménien a compris autrement : « le cheval..... lançant une ruade, déchira les vêtements de l'empereur» (Langlois, p. 131) ; ce sens est à la rigueur possible, mais paraît moins bien répondre à la construction syriaque.— 3. Cf. Sozom., VI, i. — 4. >Q*i] a le double sens d'éle- ver et d'enlever. Les auteurs disent que Julien fit supprimer l'insigne de la croix sur les étendards des légions; mais notre texte paraît avoir compris dans le sens que je traduis. C'est aussi de cette façon que l'arménien a entendu le passage de Michel : « Il garda la croix que, selon l'ancien usage, on portait devant l'armée. Il dit : qui sait ! Peut-être les Perses nous vaincront et alors ce seront le Crucifié et sa croix qui subiront la défaite» (Langlois, p. 131). — 5. Theod., III, xxi.— 6. D'après Théodoret, le sens est : « Sapor proposa de donner à Julien une partie de son empire », mais d'après notre auteur il faut entendre : « Sapor demanda que Julien lui laissât une petite partie de son empire. » BH. ajoute :« et prît le reste.» — 7. Nixàv |j.èv, xaXôv ynepvixâv 8è, êm ôsu-rlpo) AÔyw irpoç "EX/rivaç. — 11. Otov xaxov r\ 'PwiAatwvt pecpst {ibid.). 12. Lire : U-H>. — 13. Theod., III, n. LIVRE VIL CHAP. V 283 pays de l'IIeHede', et appela un magicien à son serviceâ. Le magicien évoqua le démon, qui vint. Julien, pris de peur, se signa du signe de la croix adorable, et les démons s'enfuirent. Le magicien lui dit : « Les démons ont horreur de la croix. » Après cela,ayant triomphé à la guerre, il crut fermement que les démons lui avaient donné l'empire, et il commença à favoriser les païens. Il adora ouverte- ment les idoles, persécuta les chré- tiens, et permit aux Juifs de rebâtir leur Temple à Jérusalem. Lorsqu'ils ten- tèrent de le rebâtir, le feu du ciel des- cendit sur eux ; on vit des anges qui frap- paient et tuaient les Juifs. A cause de tels prodiges, ils ne purent rebâtir [le Temple]. A Gaza et à Ascalon, villes de Pales- tine, les païens osèrent ouvrir le ventre des prêtres et des femmes vierges : ils les remplissaient d'orge et les pla- çaient devant les porcs pour qu'ils les dévorassent3. A Sébaste de Palestine, ils ouvrirent aussi la châsse [142] de Jean-Baptiste et livrèrent ses ossements aux flammes*. Les païens s'emparèrent aussi" d'un diacre nommé Cyrille, qui avait brisé les idoles de Baalbek du temps de Con- stantin ; ils lui ouvrirent le ventre, et mangèrent son foie, Aussitôt, leurs dents tombèrent, leurs langues se pourrirent, et ils furent privés de la vue ; ils se trou- tyre, Athanase s'enfuit. Il parle lui- même de sa fuite, dans son Discours apologétique, en ces termes6 : « S'il est honteux de fuir, celui qui poursuit pour tuer est encore plus vil. Il est écrit de fuir : massacrer, c'est transgresser la loi. Quiconque était angoissé fuyait Saùl et se réfugiait près de David7. Que faire, quand on voit Jacob fuir devant Ésaù; Moïse s'éloigner de devant Pharaon, et David de devant Saùl ? Que ceux qui nous reprochent de fuir, considèrent Élie fuyant devant Achab et Jezabel, et les enfants des prophètes qui se cachèrent dans une caverne. Les Apôtres eux-mêmes s'éloignaient par crainte des Juifs, et Paul fut descendu dans un panier par le mur. Le Verbe du Père lui-même a dit : « Quand ils vous poursuivront dans une ville, fuyez dans une autre8 » ; et : « Que ceux qui seront en Judée s'enfuient dans les montagnes9 ». Le Christ lui-même a pris la fuite, de même qu'il souffrit la faim et la soif pour nous10, et quand on voulutle lapider, il s'éloigna ; mais quand l'heure de sa passion fut venue, il ne se cacha point. De même aussi les martyrs se sauvaient devant les persécuteurs, mais quand ils étaient pris, ils souffraient courageusementle martyre. » [142] Ainsi écrit saint Athanase dans son Discours apologétique. Il revint de nouveau de cette fuite et fut reçu avec joie à Alexandrie. Il chassa les Ariens de l'église. 1. Theod., III, m. — 2. Littér. : qui adstaret sibi. — 3. Theod., III, vu. — 4. Ibid. — 5. A Baal- bek; Theod., loc. cit. 6. Socr., III, vm. — 7. Corr. : »*o!,= o. — 8. Matth., x, 23. — 9. Matth., xxiv, 16. — 10. Ce passage traduit mal le grec : ît Aéyoç, ôV ^pi-àç yevôuEvo; av6pw7ioç, xaTYj^'woe Ç/)WJfj.£voç u>; T|(A£Îç xpvêvjvai. 284 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN vaient réunis dans les places publiques pour confesser involontairement , par leur affliction, la puissance divine. Un homme nommé Marcus qui avait aussi renversé des idoles du temps des empereurs chrétiens, s'enfuit quand les païens revinrent au pouvoir. Ayant ap- pris qu'on en avait saisi d'autres à sa place, il revint. Ils n'eurent point pitié de lui, comme d'un vieillard, mais ils le dépouillèrent, le frappèrent, lui brisè- rent les membres et le jetèrent dans une écurie2 infecte. Puis ils le firent remon- ter et le livrèrentà des enfantspour qu'ils le percent de leurs stylets. Ensuite, ils le jetèrent dans un filet, l'oignirent de miel et de garum 8 et l'exposèrent à la chaleur du soleil pour qu'il fût tourmenté par les guêpes. Ils lui disaient4 : ou de rebâtir le temple des idoles qu'il avait détruit, ou de fournir les dépenses pour sa reconstruction. Ils descendirent même jusqu'à lui demander de donner quelque petite chose ; mais il n'y consentit point ; il leur disait : « Vous êtes des gens ter- restres, recherchant les choses de la terre ; pour moi, je suis du ciel et je re- cherche les choses célestes5. » A la fin5ils le relâchèrent en admirant sa constance. Lucifer de Cagliari6 et Eusèbe de Ver- ceil7 revinrent de l'exil8. Lucifer vint à Antioche et établit Paulinus évêque pour les orthodoxes9. Eusebius se rendit à Alexandrie prèsd'Athanase 10;ilproclama que la Trinité est une seulenature u. Dans un synode tenu là, ils disputèrent sur la nature et la personne1*; ils dirent qu'il ne convenait pas de se servir de ces termes en parlant de Dieu ; obaix n'est pas même employédanslesLivressaints; l'Apôtre13 s'est servi du mot ÛTOircaatç, à cause des nécessités dogmatiques. Ils montrèrent que ces termes doivent être employés dans un sens différent, pour la réfutation de l'opinion de Sabellius, afin qu'on ne pense pas que la Trinité est une seule personne appelée de trois noms. Nous disons que les sages ont défini diversement la substance; mais si la substance est limitée14 par une défini- tion, comment peut-on employer ce terme en parlant de Dieu qui est infini? Evagrius dit15 : « Dieu est simple ; tandis que toute chose a un genre16, ou une espèce17, ou une différence18 ou un acci- dent19, ou quelque chose de composé de ceux-ci. Dans la Trinité on ne trouve rien de cela. Qu'on adore donc en silence 1. Évêque d'Aréthuse ; Theod., III, vu. — 2. Theod. : elç ûtcov6[i.ouç SucrwSeiç. — 3. Le syr. transcrit exactement le grec yâpoî; la saumure n'étant pas de nature à attirer les mouches, je pense qu'il faut entendre qu'on jeta d'abord de la saumure dans ses plaies pour raviver ses douleurs et qn'on l'oignit ensuite de miel. — 4. Lire : oow ^J-vsl. — 5. Le grec est imparfaitement rendu. Théodoret dit qu'ils l'avaient suspendu en l'air, mais qu'il se moquait de ceux qui le regardaient, xcù sXsyev aùxouj fxàv eïvat ^a!xoa^/ouî *at èir'.yeîo'j; " iautbv ôè v^yjXov xa\ (jLETlwpov. 6. Lire : sj^-wîû, Aouxiçsp [asv KapâXwv. — 7. Lire : BpExéXXwv. — 8. Socr., III, v. — 9. Socr., III, vi ; Theod., III, v. — 10. Socr., III, vu. — 11. Le sens n'est pas douteux d'après le grec. — 12. rapt oÙCTtaç xoù vTCOffTàffewç. — 13. Ms. : les Apôtres; le grec fait allusion à saint Paul (Hebr., i, 3). — 14. Lire : >»2-ûm. — 15. Cité par Socrate, toc. cit. — 16. yévoç. — 17. stSoç. — 18. Siacpopdc. — 19. au[j.êEêrjx6ç. LIVRE VIL CHAP. V 285 Par contraste, ils en vinrent à l'opposé1 ; car [143] ils apprirent la doctrine chré- tienne2 et furent convertis par la bouche de cet homme. En ce temps-là, la foudre incendia le temple et l'idole de Pythius, c'est-à- dire Apollon, et la réduisit en cendres 3. Elle était de bois recouvert d'or à l'exté- rieur. Julien, oncle de l'empereur4, étant accouru pour venir en aide à Apollon, se mit à frapper les gardiens5; car il pensait que le feu avait été mis par les chrétiens ; mais ils affirmèrent que le feu descendit du ciel, comme un éclair, et l'incendia. Cet oncle de l'empereur découvrit ses membres6 et répandit [son urinej sur la table [sainte. Euzoïus] s'étantavancépour l'en empêcher, [Julien frappa]7 l'évèque sur le visage. [Bientôt après, cet impie] fut saisi par- la maladie et la douleur, ses intestins [se putréfièrent] et il rejetait ses excréments par la bouche8. Sa femme, qui était chrétienne, le blâma de son sacrilège; il fut pris de remords et présenta une sup- plique à l'empereur pour qu'il accordât une église aux chrétiens. Mais l'empereur l'ineffable9.» - [143] *o [Chez Sophocle les embûches] sont appelées [vKcaxxmç]. Ménandre dit que c'est comme la lie qui se dépose au fond d'un tonneau. A cette époque, Meletius revint de l'exil. Il ordonna le grand Basile de Césarée de Cappadoce. Nombreux sont les éloges de ses vertus. Ses prodiges sont connus par les discours que lui consacrèrent Grégoire le Théologien11 et d'autres saints. Eusèbe12 tenait ses assemblées dans une petite église d'Antioche; et Meletius en dehors de la ville. L'arien13 Euzoïus occupait les églises. Maris de Chalcédoine, qui était fort âgé et avait perdu la lumière des yeux, se fit conduire14 près de Julien et le blâma sévèrement. L'empereur lui dit en se moquant : « O aveugle! le Gali- Iéen, ton Dieu, ne te guérit donc pas? » C'est ainsi que Julien appelait le Christ. Maris répondit : « Je loue Dieu de m'avoir fait aveugle, pour ne pas voir ta face impie et athée15. » Ecebolius16, le sophiste, qui s'était converti du temps de Constantin et avait apostasie du temps de Julien, revint au 1. Lit. : « Per ea quse sunt contraria conversi sunt ad hoc quod erat eis contrarium», traduction du grec : Sià twv èvavxvwv eîç xâvavxîa u.STax£6évxEç. — 2. Litt. : « la crainte de Dieu, » — 3. Theod., III, xi. — 4. Il était alors cornes Orientis.— 5. Lire au plur. : — 6. Ou bien : « écarta ses vê- tements ». Le premier sens paraît justifié par l'usage biblique. — 7. Nous suppléons les quelques mots qui manquent dans le texte d'après le grec. Theod., III, xn. — 8. Theod., III, xm. 9. xb appvjxov. — 10. Il manque ici quelques mots ; nous complétons d'après le grec. Cette phrase a sans doute été déplacée ; après ces mots : « les sages ont défini diversement la substance (oùaioc) », le grec ajoute : a mais ils n'ont fait aucune mention de la personne (koaTamç) », puis viennent les deux exemples cités. — 11. Voir en particulier l'oraison funèbre de saint Basile par saint Grégoire de Nazianze. Pair. Gr.,t. XXVI, col. 494 sqq. — 12. Au lieu de : Eusebius, Socrate dit, III, ix : Paulinus. —13. Lire : Uôl. — 14. Litt. : fulcitus accessit. — 15. Socr., III, xn. — 16. 'Exy]o6Xioç. Sock., III, xm. 286 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN n'y consentit aucunement. Julien mourut dans son supplice. Le comte Félix et Elpidius, h qui était confiée la direction du trésor de l'em- pereur, — les Romains ont coutume d'appeler ce fonctionnaire cornes pri- vatarum — [étaient entrés dans l'église avec Julien]1. Félix en voyant les vases précieux des églises dit : « Voilà dans quelle vaisselle on sert le Fils de Marie ! » A l'instant même il tomba et se mit à vomir et à rendre le sang par la bouche, jusqu'à ce que son sang fût épuisé; et il fut livré au feu éternel. Ce [144] tyran Julien prescrivit que tous les vases sacrés des églises entras- sent dans son trésor*. Un homme noble d'Alep avait un fils qu'il avait chassé pour avoir apostasie3. Celui-ci alla trouver l'empereur. Quand Julien entra à Alep, il dit au père de ce jeune homme : « Ne tourmente pas ton fils, pour ne pas vouloir demeurer dans ta religion, puisque moi-même je ne te presse pas d'adhérer à la mienne. » Cet homme, qui était un véritable chrétien, répondit à l'empereur, dans son zèle, et lui dit : « Tu me parles sans doute de ce blasphémateur et de ce scélérat, qui a abandonné la vérité, qui déteste Dieu et chérit le mensonge! » Quand l'impie reconnut que ce fidèle était prêt à subir le martyre, il lui porta envie4; il revêtit astucieusement le vêtement de l'amitié et lui dit : « Allons, homme, cesse de nous christianisme; il se prosternait aux portes des églises en criant et en disant : « Foulez-moi aux pieds, [comme] le sel affadi. » Les païens portèrent de nouveau des calomnies contre Athanase devant Julien, qui ordonna de s'emparer de lui. Il s'en- fuit en exil pour la quatrième fois en disant : « Détournons-nous un peu, mes frères; car ce nuage est petit, il passera et se dissipera. » — Les persécuteurs le rejoignirent tandis qu'il s'avançait dans une barque; [144] il dit prudemment à ceux qui étaient avec lui de retourner. Les autres leur demandèrent : « Où avez- vous rencontré Athanase? » Ils répon- dirent : « Il n'est pas loin de vous ; pour- suivez rapidement et vous l'atteindrez promptement. » Ayant ainsi échappé, il revint à Alexandrie et s'y tint caché chez une vierge pendant tout le règne de Julien5. Quand les chrétiens qui subissaient des afflictions se plaignaient à Julien, il leur disait : « Vous êtes vous-même la cause de ces maux; car vous dites que votre Dieu vous a commandé de souffrir patiemment les maux6. » En ce temps-là7, à Merum, ville de Phrygie, on nettoyait8 le temple [des idoles] : les chrétiens furent enflammés de zèle. [Macedonius], Theodulus et Ta- tianus entrèrent la nuit dans le forum 9 et brisèrent les statues. Le juge s'irrita, et leur commanda de sacrifier10, et comme 1. Il manque évidemment une ligne dans le texte. Cf. Theod., III, xir. — 2. Ibid. — 3. Theod., III, xxii. — 4. « Il fut jaloux », c'est-à-dire ne voulut point lui procurer la gloire du martyre. 5. Socr., III,xiv.— 6. Ibid. — 7. Socr., III, xv. — 8. Le ms. porte : <*îûj «oncreusait » ; mais il faut très probablement lire : «^»»', « on purifiait ». — 9. Le grec porte : sîç tôv vaôv. — 10. Lire &>*=>^. LIVRE VII. CHAP. V 287 injurier »; et, tournant son visage vers le fils, il lui dit : « Je prendrai moi- même soin de toi, puisque je n'ai pu persuader ton père de s'occuper de toi. » De même, le tribun1 Valentinus* en- trait avec l'empereur dans le temple. Le prêtre aspergeait de sang3 ceux qui en- traient, comme pour les purifier. Une goutte tomba sur lui; et, se retournant, il dit au prêtre : « Tu m'as souillé, au lieu de me purifier. » Le tyran l'envoya dans un poste* situé dans le désert. Ce con- fesseur, Valentinus, reçut l'empire un an après, en récompense de sa confession. Le tyran fit tuer Artemius5, qui com- mandait en Egypte, pour avoir brisé les idoles. Deux soldats6, Juventinus [14<5] et Maximus7, étant assis quelque part à un festin, s'affligeaient en disant : « Dieu nous a livrés a un gouvernement impie. » Un de leurs compagnons de table en in- forma l'empereur. Ils lui dirent libre- ment : « Nous sommes fort affligés de l'impiété des sacrifices, et de ce que la nourriture et la boisson sont souillées. » En entendant ces choses, il les fit frap- per et ensuite mettre à mort, en disant que c'était pour avoir tourné l'empereur en dérision. Il fit cela pour qu'ils ne fus- sent pas honorés comme des martyrs. Celui qui était revêtu d'un vêtement d'humilité laissa paraître le visage d'un impie. ils refusèrent, on les livra aux supplices. A la fin, il les fit placer sur un gril8. Ils dirent au juge : O Amachus9 ! si tu désires manger de la chair humaine rôtie, fais-nous retourner de l'autre côté, pour qu'il n'y ait point dans ton mets une partie rôtie et une autre qui ne le soit pas. » Ils expirèrent dans le martyre. Le prêtre de Daphné avait un fils,a; la mère de l'enfant avait pour amie une diaconesse, et quand l'enfant allait avec sa mère près de cette diaconesse, celle-ci l'instruisait. La mère de l'enfant mourut et celui-ci allait continuellement trouver la diaconesse dont il apprit la doctrine. Elle lui promit de le mener [143] rece- voir le baptême. Quand Julien vint a Daphné, cet enfant, avec son frère et leur père, versaient l'eau pour les sacri- fices et les repas de l'empereur. La fête durait sept jours. Le jeunehomme, ayant vu l'impureté des mystères des païens, s'enfuit près de la diaconesse et lui dit : « Prends soin de mon salut. » Elle le conduisit aussitôt à Meletius, qui lui or- donna d'attendre quelque temps. Son père le chercha et ne le trouva point. Il parcourait la ville, et l'ayant vu quiregar- dait [par la fenêtre]u, il monta, s'empara de lui et le frappa. Il fit même rougir des clous qu'il lui enfonça dans les mains et les pieds; il l'abandonna enchaîné en prison et remonta à la fête. Le jeune homme invoqua le Christ, fut fortifié, 1. Litt. : «chef de mille », xi~^'iaPX°i ^e *iv TÛV TeTayuivwv /oy-/ocp6pwv ; Theod., iii, xvr. — 2. Lire : Valentinianus.— 3. Le grec dit: « d'eau lustrale ». — 4. cppovpiov.— 5. 'ApTÉu.10;. Theod., iii, xvnr. — 6. Theod. iii, xv. — 7. Theod, : Ma£iu.tvo;. 8. r/ïyavov; chez Socr.: sù/âpatç ImOes'ç. — 9. Ms. : Zamôqâ. Corr. : |ûM, 'Ajjiâ/coç. — 10. Theod., iii, xiv, — 11. àîtb toû Spuopâxtou. 288 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN Quand Julien défendit aux chrétiens d'étudier les disciplines des Grecs, Apol- linarius et son fils furent très utiles1. L'un, [versé] dans l'art de la grammaire, mit en vers, appelés héroïques, les livres de Moïse; tout ce qui est écrit sous forme de narration, dans l'Ancien Tes- tament, fut mis par lui en vers appelés dactyles, et les autres choses2 sous forme de tragédie. Son fils rédigea l'Évangile et les [écrits des] Apôtres sous forme de questions et de réponses, à la manière de Platon parmi les Grecs. —¦ Les Livres saints n'enseignent point l'art de la dia- lectique; mais les ennemis sont vaincus quand nous nous servons contre eux de leurs propres armes, et le beau est pro- che de la vérité3. L'Apôtre se sert de l'éru- dition profane; cela est manifeste par le témoignage qu'il cite4: «Les habitants de Crète sont menteurs de touttemps. » Les docteurs [de l'Église] lisaient [146] les li- vres desprofanes, envuede la discussion. Le général Jovinianus, sur lequel s'ap- puyait Julien, au moment où ils entraient à Antioche, fut aspergé de sang par un prêtre : il s'irrita et frappa le prêtre qui tomba. Julien se mit en colère et l'en- voya en exil; ensuite, comme il avait be- soin de lui, à cause de son habileté, il le fit revenir et le mit à la tête d'une armée6. brisa ses liens et se leva. Arrivé à la porte, il continua de prier et d'invoquer le Christ, et aussitôt les verrous de fer furent brisés et la porte s'ouvrit. Il sortit et revint vers sa maîtresse qui le revêtit d'un habit de femme et le con- duisit à saint Meletius. Celui-ci le bap- tisa et le confia à Cyrille de Jérusalem. Après la mort du tyran Julien, ce jeune homme revint à Antioche et convertit son père à la foi. Un autre enfant6, nommé Théodore, qui était chrétien, fut livrépar Julien aux mains de Sallustius'qui, après l'avoir fait déchirer de coups, l'abandonna comme mort. Mais Dieu le secourut, et il revint à la vie. Rufinus 8, chroniqueur romain, lui demanda s'il [146] avait senti qu'on le torturait; il lui dit qu'il avait peu res- senti [la douleur] et qu'il avait vu un jeune homme qui essuyait sa sueur et qui le fortifiait. Les Juifs obtinrent la permission de rebâtir le Temple de Jérusalem et d'y faire des sacrifices9. Ils amenèrent envi- ron 3.000 modius de chaux. Un vent violent souffla dans l'air; la terre trem- bla; les pierres des anciens fondements surgirent; le feu descendit du ciel et dévora les leviers10, les haches et tous les instruments de travail. La nuit sui- 1. Socr., III, xvi. —2. Le grec dit plus clairement : « partie en vers, partie sous forme de tragé- dies ». — 3. to yâp xaXbv svÔa av y), toiov tyj; àArjOeiaç èart. — 4. Tit.,i, 12. — 5. Il semble que Michel ré- pète ici le récit de Théodoret (cf. ci-dessus, p. 287), en attribuant le fait à Jovien. La confusion vient peut-être de ce que Valentinien est appelé par Sozomène (VI, vi) tribun de la légion des Jo- viens. Cf. aussi Socr., III, xm, où le nom de Jovien est associé à celui de Valentinien. 6. Socr., III, xix; cf. Theod., III, xi. — 7. Lire : $coà±\.t>of qui était préfet du prétoire, selon Théodoret. — 8. Cité par Socrate, III, xix; ms. : Rufus. — 9. Socr., III, xx; Theod., III, xx. — 10. (J.0-/X0:. LIVRE VIL CHAP. VI 289 A Césarée de Philippe, une femme hémorroïsse avait érigé une image du Christ et l'adorait; et on en obtenait [la guérison de diverses] maladies. Le ty- ran fut jaloux ; il fit renverser [la sta- tue] et fit ériger la sienne à la place. Alors le feu du ciel la dévora1. A Nicopolis de Palestine, il y avait une source qui faisait des guérisons, et dans laquelle, disait-on, le Christ s'était lavé ; c'est pourquoi, je pense, le tyran la fit combler*. Lorsque Julien entra triomphalement à Antioche3, le philosophe Libanius dit à un maître d'école4 chrétien, avec mé- pris : « Où est votre fils de charpen- tier ? » Celui-ci répondit avec zèle : « 11 fabrique un cercueil à ton empereur. » Cela s'accomplit comme une prophétie. Julien fut ramené de Perse porté dans un cercueij. — Fin. fut séduit et sacrifia [aux idoles] ; aussitôt, gèrent la langue, et il mourut7. Les Ariens établirent comme 45e évêque à 46e : Hilarion9. vante, survint un troisième prodige. Des images rayonnantes de la croix parais- saient fixées sur tous leurs vêtements; au jour, ils essayèrent de les faire dis- paraître en lavant l'endroit, mais ils ne le purent. — A l'occasion de la reconstruc- tion du Temple, l'image de la croix parut sur tous les vêtements des Juifs, aussi bien que des païens et des chré- tiens, non seulement à Jérusalem, mais aussi à Antioche et dans leurs environs. — La croix, ornée d'une couronne de lumière, apparut depuis le Golgotha jus- qu'au mont des Oliviers. Elle était plus belle et plus brillante que celle qui ap- parut du temps de Constantin le Grand. A cette époque les païens mirent à mort, à l'âge de cent sept ans, Dorothée de Tyr, qui fit un livre d'histoire ecclé- siastique5, et qui avait supporté de grandes luttes du temps de Dioclétien et de Licinius*. — Le prêtre Theotecnus naquirent en lui des vers qui lui ron- Jérusalem : Heraclius8, et après lui, le CHAPITRE VI DU LIVRE VIL — Du temps du règne de Jovien ,9 et de Sabhour. [147] Quand Julien fut mort, les armées romaines, qui campaient dansle désert 1 . Cf. Sozom., V, xxi ; Euseb., H. E., VII, xvirr. L'auteur ne semble pas avoir compris qu'il s'agit de la femme de l'Evangile (Mattii., ix, 20; Marc, v, 25; Luc, vm, 43). —2. Sozom., V, ¦xxi. — 3. Theod., III, xxin. Cf. Libanius, Orat. X; t. II, p. 323. — 4. uatSaywyo;. 5. En face de cette mention on lit à la marge : ^.oi t-ls*. (sans doute abréviation pour ; «^.w \^*^**, cf. texte, p. 160), « ces choses sont exactes ». L'auteur fait allusion à l'histoire ecclésiastique du Pseudo-Dorothée. Cf. Patr. Gr., t. XCII, col. 1053. — 6. Cf. Theophan., Patr. Gr., CVIII, 159. — .7. Ibid., 161. — 8. Corr. : ^ûAû^I. — 9. Jac. Edess., ad ann. 30; Socr., II, xlv. 10. Le texte syriaque porte partout : Jobinianos. I. 37 290 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN et souffraient beaucoup de la faim, cherchèrent un empereur. Elles élirent Jovien le chiliarque1, qui était chrétien de confession. Toutes les armées romaines consentirent à son élection, et même le roi des Perses, qui, ayant com- pris que Julien avait été frappé par le Seigneur, était bien disposé en faveur de la paix avec les Romains et de Jovien. Celui-ci criait : « Je ne serai pas l'em- pereur des païens, car je suis chrétien ». — La multitude des soldats s'écria : « Nous sommes tous chrétiens ». Des larmes de joie coulèrent. Ils fixèrent une croix au milieu, et placèrent une couronne à son sommet. Après s'être prosternés et avoir adoré la croix, ils prirent la couronne et la posèrent sur la tête de Jovien*. Il commença à régner sur les Romains et, dans sa sagesse, il fit la paix avec Sabhour; celui-ci, du temps de Julien, s'était emparé des issues3 et les Romains souffraient de la faim. Sabhour disait que si les Romains donnaient aux Perses tout le territoire jusqu'aux rives de l'Euphrate, cela ne rachèterait pas la des- truction qu'il allait faire d'eux. Jovien alla humblement et promptement trouver Sabhour; il lui donna Nisibe, sans les habitants4, et fit une paix de trente ans. Aussitôt ce fut un heureux changement; les camps et les peuples s'entremê- lèrent pacifiquement. Jovien commença à régner au mois de 'ab (août). Son règne fut une joie pour tout le monde; mais surtout pour les chrétiens. Il fit sortir les armées romaines de la Perse et les fit échapper à la famine et à la mort. Il parvint à Antioche. et de là à Ancyre de Galatie, où il fit son fils, Varronianus5, consul, et l'exalta beaucoup, sans toutefois lui faire revêtir la pourpre. Ayant entrepris d'aller à Constantinople, il traversa la Cilicie et arriva au Bosphore6, dans un village appelé Dadastana1, sur les confins delà Bithynie et de la Galatie, où il tomba malade des reins8 pendant l'hiver; et il finit là sa vie. Il laissa tous ceux qui avaient goûté les fruits de la paix de son règne dans une grande affliction. —Je pense que quand le Dispensateur de toutes choses, pour punir notre malice, nous montre les bienfaits et nous en dépouille, [148] il nous enseigne qu'il lui est très facile de les donner quand il veut; il nous punit parce que nous ne sommes pas dignes de ses bienfaits; et il nous excite de toute façon aux œuvres de vertu0. Jovien mourut le 17 de sebat (février); il vécut 33 ans; il régna 7 mois. — 1. xùJa.pxoç, tribunus militum. — 2. Socr., III, xxir. — 3. Plus littér. : « des entrées », des passages par lesquels on pouvait faire passer les convois de vivres. — 4. Ils émigrèrent à Amid (Chron. du Pseudo-Denys, ad ann. 674); cf. Amm. Marcell., XXV, vu. — 5. Ms. : Aurianus. — 6. Sic ms. ; le grec porte : ÈVt xôv [36(j7topov wp^as. — 7. Ms. : Daslania. — 8. Un copiste aura con- fondu |û^û-3 « reins » avec « empêchement ». Le grec porte : tw xrtç êjjcppàlstoç vocr^axi,. « obstructionis morbo » (Socr., III, xxvr). — 9. Theod., IV, v. LIVRE VIL CHAP. VI 291 Jacques d'Edesse dit qu'il ne régna 1 an et 7 mois. —Fin de ce chapitre, par la prière de l'empereur Jovien ! pas une année complète1; d'autres disent — Que le bon Dieu nous accorde le pardon [147] En ce temps-là il y avait un écri- vain, en langue romaine*, [appelé] Rufi- nus. Gallistus écrivit aussi une histoire de Jovien ; et le philosophe Themistius récita3 un discours sur l'empereur fidèle Jovien, dans lequel il le loue et le glorifie surtout d'avoir permis à chacun de con- fesser 4 ce qu'il voulait. L'empereur di- sait en effet : « Je ne contrains personne à une manière de croire; je chéris vi- vement ceux qui furent les prémices de l'union de l'Eglise5. » Cet empereur prit soin de Julien, et ramena avec lui son cercueil. Julien fut enseveli à Tarse, d'après ce que dit So- crate6. D'autres disent que, plus tard, il fut transporté à Constantinople. Themistius le philosophe, a aussi écrit sur ce sujet; il dit7 : « Les agitateurs8 doivent être vivement blâmés de ne pas adorer Dieu comme il convient, mais d'honorer la pourpre; ne différant point d'Euripus qui tantôt va9 devant lui, et tantôt revient en arrière naturelle- ment. » [147] Quand Jovien commença à ré- gner, il écrivit que tous les évêques re- vinssent de l'exil à leurs sièges, que les temples des idoles fussent fermés et les églises rouvertes : ce fut la joie pour les chrétiens10. Saint Athanase revint à Alexandrie et occupa son siège six ans11. L'empereur Jovien écrivit à saint Atha- nase de lui rédiger un symbole de la foi. Il luirépondit que celui qui avait été établi à Nicée, dans l'Esprit-Saint, suffisait12. A Antioche, Meletius, évêque de la ville, Eusèbe de Samosate et Rusticus13, [évêque] des Arméniens, se réunirent avec les partisans de Macedonius, et ils confirmèrent la définition de foi du « con- subtantiel ». Eunomius14 fut chassé, et un schisme éclata entre les Eunomiens et les Ariens, qui formèrent deux partis. L'empereur Jovien prescrivit de gar- der fermement la foi de Constantin le Grand ; ceux qui confessaient l'expression « consubstantiel » reçurent de lui de nombreux présents, et il les exempta tous d'impôts 15. — Fin de ce chapitre. 1. Jacques d'Edesse lui attribue expressément 7 mois de règne (Brook, ad ann. 39). 2. C'est-à-dire : latine. —3. Lire : gr. : 8seX8wv. — 4. Lire : — 5. Le grec n'est pas très exactement rendu : •jmçnip.-rlGEw touç àpx^v xyj éveoust xr(ç 'ExxÀYiom; 7capé5ovTaç (Socr., III, xxv). — 6. III, xxvr. — 7. Socr., III, xxv. — 8. Gr. « les adulateurs » ; xwv xoXàxwv. — 9. Le grec dit : Eup:uou, vjv fjiv È7ii t<£oe, vOv Se tic, xovvavxiov xà p£v[/.axa. p.ExaêaXXovxo; (ibid.). — 10. Socr., III, xxrv. — 11. Jac. Edess., ad ann. 39; cf. Theod., IV, n. — 12. Cf. Theod., IV, ii, m. —13. Cf. Socr., III, xxv. Parmi les signataires du concile, je ne vois aucun nom semblable. L'évèque d'Arménie s'appelait 'Iaxxixcç. Il est probable que le nom transcrit ici répond à 'Apïo-xôvixoç de Seleucobèles.—14. Lems.. porte : Eusebius; mais il faut restituer: usoa^ooiol ; la phrase est empruntée à Jacques d'Edesse (ad ann. 39); cf. Socr., IV, xm; Theod., II, xxrx. — 15. Cf. Theod., IV, iv, 292 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN CHAPITRE VII DU LIVRE VII. — Du règne de Valentinien' et de son frère. Après la mort de Jovien, les Romains vinrent à la ville de Nicée 2 et firent régner ce Valentinien qui avait frappé le prêtre qui l'avait aspergé de souillure". Valentinien était du pays de Pannonie4, de la ville de Cibales. Il était fort coura- geux et prudent. Quand les armées voulurent lui donner un associé à l'empire, il leur dit : « 11 vous appartenait, alors que vous n'aviez pas d'empereur, de vous en choisir un; maintenant que vous m'avez institué votre chef, il m'appartient désormais de diriger5 les affaires de l'empire. » Et tous6 admirèrent sa sagesse, et adhérèrent à sa volonté7. Ensuite, il fit venir son frère Valens et l'associa à l'empire en le faisant empe- reur de la région orientale. Celui-ci ayant été baptisé par Eudoxius de Cons- tantinople, qui lui avait fait jurer de soutenir la doctrine d'Arius, favorisait les Ariens de toute façon et persécutait les Orthodoxes8. A Rome, Valentinien adhérait à la foi de Nicée; les troupes lui devinrent plus attachées : car c'étaient de véritables chrétiensJ. — Il fit proclamer Auguste son fils Gratien, [149] et le fît consul. L'arien Valens demeurait en Orient; il envoyait en exil les évêques orthodoxes et livrait aux Eudoxiens toutes les églises de la capitale; les Orthodoxes demeu- rèrent sans église ni pasteur10. A cette époque, Procopius se révolta contre Valens, à Constantinople même; il fut pris; l'empereur ordonna de le lier à deux arbres, et il fut déchiré en deux u. Valens se rendait en Egypte; tandis qu'il était à Marcianopolis, il y eut un tremblement de terre comme il n'y en avait pas eu de semblable depuis l'ori- gine du monde. La mer fut agitée et rejeta par dessus les murs de la ville des barques qui retombèrent au milieu des habitations. La mer abandonna sa place, et le continent apparut; les navires restèrent en détresse, et le peuple courut au pillage; mais la mer revint sur eux et les engloutit. Des matelots ont raconté que la même chose était arrivée dans l'Adriatique où la mer fut agitée et s'avança de plusieurs milles sur le continent, ensevelissant des villages et leurs habi- tants, tandis que tout son lit paraissait à sec. Les navires étaient renversés sur la terre, et les hommes qui étaient dedans remplis de frayeur. Tout à coup la mer retourna et revint doucement à sa place; les navires furent soulevés sur la mer et remis à flot, sans que les hommes eussent éprouvé le moindre mal1". 1 . Le ms. écrit toujours : Oualentinos. — 2. En Bithynie. — 3. Cf. ci-dessus, p. 287. La leçon du texte Uol^ ne me paraît pas présenter de sens et je restitue: |La>oLl,, immundities. — 4. Rest. : LjaiB. — 5. Lire : tû&»>9|. — 6. Lire : spoîV» (et non : — 7. Theod., IV, vr; cf. Socr., IV, r. — 8. Theod., IV, xirr ; Socr., IV, i, n. — 9. Ou bien : « parce qu'il était un véritable chrétien. » 10. Socr., IV, n; Theod., IV, xm. — 11. Socr., IV, rrr, v. — 12. Socr., IV, m. LIVRE VIL CHAP. VII 293 L'empereur Valentinien trangressa [ISO] la loi. [Outre] la mère de son fils Gratien, il prit une autre femme qui brillait par sa beauté corporelle ; elle se nom- mait Justina. A cause de cela il écrivit : que quiconque le voulait pouvait pos- séder deux femmes à la fois1. Il engendra [d'elle] Valentinien le Jeune. Après quatre ans, l'empereur Valentinien mourut, dans le pays de Gaule8 (?). Avant sa mort, il blâma son frère Valens, à cause de l'hétérodoxie d'Arius ; comme il ne se laissa point toucher, [l'empereur] s'irrita contre lui, de sorte qu'il ne lui envoya pas même de secours dans sa guerre contre les Goths. Il di- sait : « Il ne convient pas d'aider un homme qui combat contre Dieu3. » Valentinien marcha à la guerre contre les Sarmates. Ceux-ci eurent peur et vinrent demander la paix. Il vit ces [envoyés] misérables, et s'informa du reste du peuple. Il apprit que les plus nobles d'entre eux avaient été choisis et étaient venus [en ambassade]. Il cria violemment en disant : « L'empire des Romains est-il donc en si mauvaise situation, qu'un peuple vil et méprisable comme celui-ci ose lui faire la guerre4. » Comme il faisait des efforts en s'agi- tant et en vociférant, l'affluence du sang brisa les artères de son cou, et il mourut à l'âge de 54 ans, dont 13 de règne5. La seconde femme qu'il avait prise était fille de Justus6. Celui-ci avait eu, du temps de Constantius, un songe qu'il raconta à plusieurs. Il lui semblait qu'il enfantait la pourpre de son côté droit. L'empereur en ayant eu connaissance se dit : « Peut-être doit-il engendrer un empereur?», et il envoya le tuer. Sa jeune fille, Justina, demeura [151] orpheline; Severa, femme de Valentinien, la chérissait; elle la loua7 devant l'empereur qui la prit pour femme et eut d'elle Valentinien le Jeune et trois filles. Théodose l'Ancien en prit une, Galla, pour femme, et engendra d'elle Arcadius et Honorius ainsi que sa fille Placidia 8. Valens reçut des démons un oracle concernant la lettre têta, c'est-à-dire taw*, et disant que quelqu'un dont le nom commençait par Th régnerait après lui. Il ordonna de tuer quiconque s'appelait Théodote ou Théodore, etc. 10. Quand Valentinien mourut, son fils aîné, Gratien, n'était pas présent; mais Jus- 1. Socr., IV, xxxi; cf. x. Voir les notes de Valesius au sujet de cette prétendue loi. — 2. Litt. : « dans ce pays de Galaos. » Socrate (IV, xxi) auquel paraît emprunté ce passage dit que Valen- tinien mourut : èv çpoupito o> Ttpoawvjfxîa Bepytxtwv. La leçon est peut-être fournie par Sozom. (VI, xxxvn) : Êv çpouptw Ttvt tt); TaXAtaç. Cf. Amm. Marcell., XXXI, 13. — 3. Theod., IV, xxxr; Jac. Edess., ad ann. 53. _ 4. Le grec est mal rendu. — 5. Ms.: « 84 ans dont 11 de règne.» Nous réta- blissons le texte d'après Socrate, IV, xxxm, auquel est emprunté tout ce paragraphe. — 6. Ms. : Justinus. _ 7. Lire : ôik"»*>. — 8. Le paragraphe est tiré de Socrate, IV, xxxr; mais la fin est en désaccord avec le grec qui dit : « il engendra d'elle Placidia, ayant déjà eu Arcadius et Honorius de Flaccilla, sa première femme. » — 9. En effet, selon la règle habituelle, le 6 est rendu en syriaque par t. — 10. Socr., IV, xrx. 294 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN tina était présente ; les troupes se réunirent et firent régner Valentinien le Jeune, qui n'était âgé que de 4 ans1. Valens fit Gratien général* et l'envoya à la guerre contre les Goths. 11 fut vaincu, et comme l'empereur lui en faisait reproche, il lui répondit en disant : « Ce n'est pas moi qui ai été vaincu, ô empereur; s'il est un homme qui a causé la dé- faite, c'est toi, en combattant contre le Christ. » Valens ajouta folie sur folie. Il donna des jardins aux païens, pour y faire leurs sacrifices, à Antioche, et de même, aux Juifs, pour y accomplir leurs rites3. A cette époque, Ma'via, reine des Arabes, infligea beaucoup de maux aux Romains. Elle promettait la paix, si l'empereur faisait ordonner évêque, pour les Arabes chrétiens [132] qui étaient près d'elle, Moïse, un ascète du désert4. L'empereur y consentit ; mais Moïse ne voulut point être ordonné par les Ariens, mais seulement par les Orthodoxes qui étaient en exil. L'empereur prescrivit de faire selon sa volonté; il fut ordonné et partit. Beaucoup d'Arabes se firent chrétiens. Cette reine était d'origine romaine ; elle avait été emmenée en capti- vité, et le roi des Arabes l'avait prise pour sa beauté; elle ne changea point sa foi, et quand elle tint la royauté, grâce à elle, une nombreuse population se convertit au christianisme5. A cette époque, Valens bâtit, à Antioche, le demosion 6 et restaura le cirque \ A cette même époque, on vit dans les airs, au milieu des nuages, des hommes qui avaient l'apparence de gens armés; il naquit à Antioche un enfant qui n'avait qu'un œil au milieu du front, avec quatre mains, quatre pieds et de la barbe. A cette époque, les Goths envahirent le territoire des Romains et pillèrent de nombreuses provinces : la Scythie, la Mœsie, la Thrace, la Macédoine, l'Achaïe et toute l'Hellade. Valens étant à Constantinople, ne se pressait pas de faire la guerre. Tout le peuple criait en disant : « Donne-nous des armes, et nous combattrons nous- mêmes. » L'empereur fut enflammé de colère ; il sortit et menaça de tirer vengeance de cette insulte à son retour, en détruisant la ville et en y faisant passer la charrue8. Il partit et fut vaincu. [133] Il s'enfuit dans un village. Les 1. Socr., IV, xxxyi. — 2. Lire «^«^—^f^ual, oxpax^yo;, et au lieu de Gratianus, lire Trajanus. La leçon fautive est ancienne, car l'abrégé arménien porte aussi Gratianus. Le passage est tiré de Théodoret, IV, xxxur. — 3. Littéral. : « pour s'y conduire selon leurs usages ». Cf. Theod , IV, xxr/. — 4. Selon Tillemont, ce Moïse serait le même personnage que Daoulas, supérieur du couvent du Sinaï, qui portait en effet ces deux noms. Cf. Hist. du Bas-Empire, édit. de Saint- Martin, t. III, p. 452, n. 2. — 5. Cf. Theod., IV, xxm ; Sock., IV, xxxxv (Mayfo). — 6. L'arménien aj. : u qui était une prison destinée à enfermer les orthodoxes » (Langlois, p. 136). — 7. iywv. Peut- être : « institua » ou « rétablit les jeux ». — 8. Socr., IV, xxxvm. LIVRE VII. CHAP. VU 295 Barbares entourèrent [le village] ; mais il se cacha dans une cour, et se dissi- mula dans une grange'. Ne Payant point trouvé, les Barbares mirent le feu à tout le village, et cet impie fut brûlé et s'en alla encore dans le feu de l'enfer. Il vécut 50 ans et en régna 15, dont 13 avec son frère et 2 après lui*. — Fin de Vhistoire de ce maudit. A cette époque il y eut une grande et furieuse révolte à Alexandrie \ A cette époque, il y eut une grêle étonnamment grande à Constantinople4; il y eut un tremblement de terre violent et terrible, dans lequel la ville de Nicée5 fut renversée, le 11 detesrî Ier(octobre)6. A cette époque7, un évêque fut éta- bli8 par les Ariens à Samosate, sur Tor- dre de Valens. Les habitants de Samo- sate ayant appris qu'il était arien, personne ne le suivit ; ils n'allaient même plus à l'église. Il agissait avec beaucoup d'humilité9. Un jour qu'il était au bain et que ses serviteurs [gardaient] les portes, selon l'usage, il ordonna d'ouvrir les portes, afin que quiconque le désirait pût entrer. Il entra beaucoup de gens qui se tenaient debout. Il pensa qu'ils demeuraient éloignés par respect pour lui; il se lava promptement et sortit. Mais eux lâchèrent les eaux de la piscine comme étant souillées. Quand cet évêque, qui s'appelait Eunomius, Au commencement du règne de Va- lentinien, il y eut un synode d'évèques à Lampsaque i0. ALaodicée11, l'évêque était Pelagius. Dans sa jeunesse il avait été fiancé à une * femme. Dans le festin nuptial, il per- suada a sa fiancée d'honorer la virginité et il lui enseigna à acquérir l'affection [fraternelle]aulieude l'amour12conjugal. Et ainsi elle vécut dans la chasteté. Il possédait toute sorte de vertus qui le faisaient briller à l'instar du soleil : c'est pourquoi il reçut l'épiscopat par une commune décision. Valens, qui avait été baptisé par les Ariens, grâce à sa femme qui était elle- même arienne, et qui l'avait circonvenu et l'avait fait communiquer avec Eu- doxius, avait juré de chasser les Or- thodoxes : c'est pourquoi, quand il com- mença à régner, il chassa Pelagius en Arabie, Meletius en Arménie, et Euse- bius en Thrace 13. Quand l'envoyé [royal] arriva, au cou- 1. Litt. : « la maison de ia paille ». BH. dit simplement : U=g° j-^&o} « il se cacha sous la paille»(Chr. syr., p. 66). Mais la leçon de notre ms. est confirmée par l'abrégé arménien qui a tra- duit littéralement : doun yarti (éd. de Jérus., 1871, p. 151).— 2. Socr., IV, xxxvm. 3. Sans doute à l'occasion de l'expulsion de Pierre, successeur d'Athanase; cf. Socr., IV, xxi, xxir. — 4. Socr.,IV, xi; Jac. Edess., ad ann. 43. — 5. Lire : H«uj ova. — 6. En l'année 680 des Gr. ; Jac. Edess., ad ann. 41; Socr., IV, xi. —7. Theod., IV, xv. — 8. Peut-être mieux : « fut envoyé». — 9. Gr. : èniziv.e'.y. tcoaàyj. 10. Socr., IV, vi ; Jac. Edess., ad ann. 40. — 11. Lire : low Mo.—12. Kai cpiXouxopycav àoïXçHOjv àvxi yajxixîi; ^«3. — 5. Sic ms. Le passage est tiré de Theod., IV, xvi, où il est dit que Valens l'envoya d'abord à "ApaSov ty,v vîjo-ov ; mais comme il est question de l'Egypte deux lignes plus haut (chez Théodoret), l'auteur a mal résumé le texte qu'il avait sous les yeux. — 6. «InAoi («Êyjvw chez d'autres auteurs). 7. 7ipo(7X£cpa).a:ov. —8. Rom., xm, 1. — 9. Theod., IV, xiv. — 10. Theod., IV, xrn. LIVRE VIL CHAP. VII 297 les malades qui y ont recours sont guéris. Quand Barsê fut sorti d'Edesse, les loups y entrèrent pour la dévaster ; mais ils ne purent nuire en rien1. Ils saisirent quatre-vingts clercs qu'ils envoyèrent en Thrace, où ils furent bien traités. Quand l'empereur apprit cela, par le préfet, il prescrivit de les séparer deux par deux etdeles dispersers. [150] C'est pourquoi il envoya Eulogius et Protogénès, à An- tinoë de Thébaïde. Eulogius, renfermé dans sa cellule, persévérait constamment dans l'office. Protogénès ayant appris les signes3 et s'étant exercé à écrire facilement, se mita enseigner aux enfants les psaumes de David*. — Un jour, un des enfants tomba malade : il alla le visiter ; et l'ayant pris par la main, il le fit lever, guéri. Alors son nom devint célèbre et quicon- que avait un malade le lui amenait. Mais il refusait de les aider tant qu'ils étaient païens; et, quand ils se convertissaient, il les conduisait à Eulogius qui les si- gnait par la prière et la croix; ce qui lui était désagréable parce que sa prière en était interrompue. Néanmoins, il les bap- reur donna des ordres]5 : et Athanase revint pour la cinquième fois, et il di- rigea l'Eglise jusqu'à sa mort6. En ce temps-là, brillaient par la doc- trine Athanase et Mar Ephrem, avec ses disciples Zénobios7 et Abba8. Dans le désert [brillaient] : Macarius9, qui guérit une femme qui avait été chan- gée en cavale 10. Macarius d'Alexandrie, qui alla au jardin de Jannès et de Mambrès u, à qui une hyène apporta un vêtement de peau, et qui ne cracha jamais à terre depuis qu'il eut revêtu l'habit1*. Palladius, disciple d'Evagrius, qui parcourut le désert13 et recueillit les his- toires des moines ; puis il devint évêque d'HéliopoIis, pendant deux ans14. [loO] II dit que, tout d'abord, il alla trouver le moine Malchus, qui avait été emmené en captivité par les Arabes et qui habitait à côté d'Antioche. Puis, il se rendit en Egypte et habita dans la montagne de Nitrie. Il vit là deux mille moines. En l'an 4 de Valens, mourut Abraham Qidounaya, le 14 de kanoun Ier 15 (décem- bre). 1. Theod., IV, xvn. — 2. Theod., IV, xvtn. — 3. Theod. : Ta Eùvovfjuou ypàu.f/.aTa ueuatSeutxlvo; xai Ypaçetv el; Ta-/0? *)o^o ovi'ûs XiX |o§^» (BH., Chr. eccl., I, 101). — 2. Le contexte demande qu'on lise comme dans le grec a tout ce qu'il sait », tout ce qu'il a de science. — 3. Socr., IV, xvr. — 4. Socr., IV, rr. — 5. Socr. ajoute : « parce qu'il ne les avait pas exilés». 6. Socr., IV, xrv. — 7, Ibid., xv. — 8. Socr., IV, xvi; Jac. Edess., ad ann. 53. — 9. Socr., IV, xxvi, c. m. — 10. Le passage est tiré de Jac. Edess., ad ann. 51. Cf. Socr., IV, xxvi, s.f. ; Theod., IV, xxx. — 11. C'est-à-dire : « dans la vie monastique », cf. ci-dessous, p. 301, 1. 30. — 12. Socr., IV, xxvr. — 13. tôjv padtXixwv Ttpoa[ji.r|6oy[JL£voç o^wv (Theod., IV, xix, d'où est tiré l'épisode) ; tw èVi twv ô'|/wv TSTayixévw xai tùv (xayctpwv ap-/ovci (Greg. Nyss., Contra Eunotnium, I; Patr, gr., t. XLV, col. 293), Castrensis sacri palatii. (Vales.) 300 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN pour massacrer le peuple? » Elle répon- dit : « C'est pour cela que je cours avec empressement, afin que moi et mon fils que voici nous méritions le martyre. » — Aussitôt le préfet retourna faire savoir à l'empereur que ce peuple était disposé à mourir pour la foi de Nicée; par ses paroles et ses instances,vil apaisa la colère de l'empereur; et ce préfet, Modestus1, qui avait reçu de Valens l'ordre de tuer les Edesséniens, les sauva. On raconte de lui une foule de belles choses. A cette époque, on trouva en Phrygie* des Novatiens, des Sabbatiens et des Collyriens3 qui faisaient la Pâque avec les Juifs : alors, Damase de Rome et Pierre d'Alexandrie les excommunièrent et les anathématisèrent, de même que l'hérétique Eunomius, qui ajouta à la multitude de ses impiétés en disant que le baptême devait se faire par une seule immersion, et non pas au nom de la Tri- nité, mais bien par la mort de Notre-Sei- gneur Jésus-Christ. Ils anathématisèrent aussi les impurs Messaliens dont l'hérésie s'est prolon- gée jusqu'à nous. — Amphilochius d'I- conium s'éleva vigoureusement contre eux, ainsi que Letoius * de Mélitène. Quand Pierre fut chassé d'Alexandrie et que l'arien Lucius, qui avait été ex- pulsé de Samosate, y fut entré, Pierre se mit à accuser le saint. Ce faisant, il pécha par la parole et commit un barba- risme. Basile sourit et dit : « Voici que nous voyons Démosthène ignorant. » Et comme il se mit à le menacer, le saint ajouta : « Ton office est de prendre soin des condiments des sauces et non de ré- former la doctrine divine ; car ton en- tendement est fermé à la vérité. » Plus tard, quand Valens voulut exiler Basile, son calame se brisa trois fois dans sa main. — Quand l'empereur vint à Césarée, il voulut livrer les églises aux Ariens; mais il en fut empêché par les prodiges que Dieu opéra par le grand Basile. [io2] Il fut saisi d'admiration et d'affection par la grande sainteté et la charité de saint Basile. Et à cause de cela, il lui abandonna même des villas pour subvenir aux besoins des pauvres6. Basile et Grégoire furent maintenus à cette époque comme les fondements de la foi. A cause de leur grande vertu, seuls ils ne furent point jetés en exil pendant la persécution. Dès leur jeu- nesse ils furent envoyés à Athènes et y apprirent les sciences profanes; à Antioche, ils furent les auditeurs de Libanius. étudièrent la rhétorique et de- vinrent philosophes6 ; puis ils quittèrent le monde, et préférèrent la vie monas- tique ; ils apprirent l'interprétation de l'Ecriture dans les livres d'Origène. Me- 1. Corr. : Cf. Theod., IV, xvrr ; Soz., VI, xvrrr. — 2. Cf. Socr., IV, xxvtn ; V, xxi. — 3. Au sujet de cette secte nous lisons dans Théodore Bar-Khouni : « Chaque année, à un jour fixé, ils offrent une sorte de gâteau (xoMupa) au nom de Marie, et à cause de cela ils furent, appelés Col- lyriens » (Pognon, Les Coupes de Khouabir, p. 139). —4. Av\xôioç; ms. : Lêtînos. 5. Theod., IV, xix. —6. àÇiot toO ; Theod., IV, xxv. — 5. Theod., IV, xxvr. 6. Socr., IV, xxvr, s. f. Ci-dessous, p. 311. —7. Socr., IV, xxvn. —8. Ibid. —9. Ce passage est une répétition dé ce qui a été dit plus haut, p. 298. Lire : Ursinus au lieu de Arsenius que porte le ms. — 10. Socr,, IV, xxx ; cf. Theod., IV, vu. — 11. Nous complétons d'après le sens, les quel- ques mots qui manquent dans le texte. — 12. Littér. : « les irrités »; gr. : oc Stctrrâm?, livre vil. Chap. vil 303 dois prier dans ta cellule, selon la règle des moines. » Aphraate dit : « J'ai fait cela tant que l'Eglise fut en paix. Mais maintenant, si j'étais une jeune fille en- fermée dans le gynécée, et si je voyais le feu tomber sur la maison de mon père que devrais-je faire, ô empereur? Rester tranquille ou courir1 porter de l'eau pour éteindre* les flammes? Je sais que tu me diras que je devrais faire ceci. Et c'est ce que je fais maintenant. Puis- que tu as mis le feu à la maison de mon Père, je cours maintenant l'éteindre si c'est possible. » L'empereur lui fit des menaces*; un des grands adressa des paroles de reproches au moine, mais au moment même [155] où cet homme descendit pour préparer un bain à l'empereur, le Seigneur le frappa ; il perdit l'esprit, tomba dans un bassin d'eau chaude et mourut. L'empereur comprit que cela était arrivé par la prière d'Aphraate. Les partisans d'Arius répandirent le bruit que Julien Saba adhérait à leur doctrine. Flavianus, Aphraate et Dio- dore l'envoyèrent chercher. Etant venu, il les confondit et fit croître la foule des fidèles. De même, autrefois, Antoine était venu à Alexandrie et avait pro- clamé qu'Athanase était le héraut de la vraie foi4. Le docteur Mar Ephrem était riche de la doctrine divine ; il ne goûta jamais l'é- ces des païens. Il y a, dit-il, trois cents croyances, et chacun pense5 comme il lui plaît. Dieu aussi veut être glorifié diversement, afin que chacun redoute souverainement sa majesté, puisque sa connaissance n'est pas facilement acces- sible 6 ». A cette époque les Goths se firent chrétiens. On leur ordonna pour évê- que Aurophilas 7, qui inventa les lettres gothiques et traduisit les livres divins dans la langue des Goths R. Le pénitent' Mousa, ayant été ordonné évêque à la demande de Ma Via , reine des Arabes, convertit beaucoup d'Arabes au christianisme10. A cette époque Pierre revint à Alexan- drie, avec des lettres de Damasus de Rome, et chassa Lucius1'. Peu de temps après, Pierre mourut et Timothée lui succéda1". A cette époque parurent des hommes [154] vertueux ts. Ammôn, ayant été fiancé de force, lut pendant la noce ce que l'Apôtre écrivit aux Corinthiens à propos du mariage. Il ajouta beaucoup d'autres choses au sujet des maux et des douleurs de l'en- fantement. Il inspira à sa femme le dé- sir de garder la virginité, et ils s'en allè- rent tous les deux dans la montagne de Nitrie. Là, ils se séparèrent; ils vivaient de pain et d'eau, ne mangeant que tous les deux jours. Au moment de la mort 1. Lire : ^,ai»l. — 2. Lire ; — 3. Dans le gr. : « l'empereur se lut, mais un des grands adressa, etc. » — 4. Theod., IV, xxvll. 5. Litt. : « se sépare ». — 6. Socr., IV, xxxir. — 7. OùXçéXaç. — 8. Socr., IV, xxxnr.— 9. Litt. : a lugens », employé dans le sens d' « ascète ». — 10. Cf. ci-dessus, p. 294. — 11. Lire : ^a^oe^. — 12. Socr., IV, xxxvir. — 13. Tout ce qui suit, jusqu'à l'avant-dernier alinéa du chapitre, est tiré de Socrate, IV, xxnr. 304 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN ducation des Grecs1. Harmonius, fils de Bardesane, ayant composé des chants auxquels il avait mêlé son impiété, en- traînait beaucoup de gens vers la perdi- tion par l'agrément du langage de ces cantiques. Ce docteur emprunta son agencement et sa mesure* et fit des hymnes* remplis de piété. A cette époque, le soldat4 Terentius reprit l'impie Valens. Celui-ci menaça de les tuer à son retour; mais Dieu le livra à la ruine, et il ne revint pas. Betranionos5, évêque des Scythes, blâma aussi vigoureusement Valens, de pervertir la foi, et ne fut pas confondu6. Valens trompa aussi, par Eudoxius, les Goths qui s'étaient récemment con- vertis à la foi, et ils adhérèrent à la doc- trine perverse d'Arius. C'est pourquoi, jusqu'à ce jour, les Goths disent que le Père est plus grand que le Fils; mais ils n'ont jamais pu être amenés à dire que le Fils est une créature; car, bien qu'ils aient été induits en erreur, ils n'ont ce- pendant pas abandonné la foi de Nicée à laquelle ils s'étaient convertis7. — Fin. complir. » Plus tard il disait : « En l'esp; d'Ammôn, Antoine vit son âme qui s'é- levait au ciel portée par les saints anges. Plusieurs s'efforcèrent de l'imiter et entrèrent au désert. Ammôn ne voulut jamais regarder son corps ; c'est pour- quoi, parvenu à la rive d'un fleuve et étant dans l'anxiété 8, il se trouva [subi- tement transporté] sur l'autre côté. Didyme vécut quatre-vingt-dix ans, sans commerce avec les hommes. Arsenius [ne repoussait pas] les [jeu- nes moines qui péchaient, mais bien les anciens. Pior prenait sa nourriture en mar- chant]9. Isidore disait qu'il ressentait la con- cupiscence depuis quarante [ans], mais qu'il n'avait consenti ni à la sensualité, ni à la colère. Pambo10 alla pour apprendre un psaume. Etant arrivé à cette sentence qui dit11 : « Je garderai ma voie, et je ne pécherai point par ma langue », il ne continua plus. Celui qui l'instruisait l'ayant blâmé de ne pas continuer à ap- prendre, il répondit : « Cela me suffit jusqu'à ce que j'aie vu si je puis l'ac- de dix-neuf ans, j'ai à peine appris à l'ac- 1. Le sens est qu'il n'étudia jamais le grec. Cf. Theod., IV, xxrx. — 2. Il faut peut-être lire : |ea.i>\ |/Lû-va..\v), àpu.ovi'av tou uiXouç. — 3. Midrasê, « hymne » dans un sens très large; Theod, : ao-jxaTa. — 4. Il est question de Terentius au ch. xxxii, et de Trajanus au ch. xxxm de Theod. (livre V). Tous les deux sont qualifiés de généraux (crTpaTïjyoi). La menace s'applique à Trajan (cf. ci-dessus, p. 294, n. 2). L'expression de l'auteur : « de les tuer », donnerait à penser qu'il avait réuni deux noms et qu'il manque quelques mots dans le texte. Il rapportait probablement l'épisode du moine Isaac {ibid., xxxiv) consigné dans la Chronique de Jacques d'Edesse (ad ann. 53) et où il est question d'une semblable menace.—5. Bpstav'tov, Vetranio; Theod., IV, xxxv. — 6. Cf. Ps. cxix, 46. — 7. Theod., IV, xxxvir. 8. A cause de la nécessité d'enlever ses vêtements. — 9. Nous comblons ainsi, d'après le sens du grec, la lacune de deux ligues du ms. — 10. Lire : aa->a9, HaLpêûç.. — 11 Ps. xxxvm, 1. LIVRE VIL CHAP. VII 305 complir. » — Une autre [fois]1 des gens lui donnèrent de l'or et lui dirent: « Il y a tant »; il répondit : « On ne doit pas se préoccuper de la quantité, mais de l'inten- tion droite. » — Il vit une femme qui dansait dans le théâtre, et il pleura. On lui demanda pourquoi. Il répondit: « Premièrement, à cause de sa perte; et seconde- ment, à cause de moi-même, parce que je ne prends pas tant de soin de plaire à Dieu que celle-ci en prend de plaire aux hommes mauvais. » On dit à un autre : « Ton père est mort. » Il se fâcha en disant : « Mon père a été jugé digne de l'immortalité. » Un autre possédait seulement un Évangile; il le vendit, et en distribua le prix aux pauvres, en disant : « Lui-même m'a ordonné de le vendre2. » A cette époque, Evagrius fut ordonné diacre par Grégoire de Nazianze. Il écrivit et dit : « Il y a quatre vertus, et nous avons appris leur méditation du grand Grégoire, [ce sont] : la prudence, la force, la tempérance et la justice3. » Il disait que « l'œuvre de la prudence est la contemplation sans raisonnement des puissances spirituelles ; ces choses sont connues par la sagesse; l'œuvre de la force est la constance [pour persé- vérer] dans la vérité lorsqu'on est persécuté, et pour ne pas rechercher les choses du néant. A la tempérance appartient de recevoir la semence du premier ouvrier et de rejeter la semence de l'ivraie. La justice fait qu'on accommode le discours en toute chose comme il convient4. » On demandait à Macaire 5 : « Pourquoi affaiblissons-nous la vertu de la mémoire de l'âme quand nous conservons de la rancune contre les hommes, et restons-nous in- demnes quand nous gardons de la rancune contre les démons? » — Il répondit ; « Parce que la première passion est en dehors de la nature, [155] tandis que la se- conde est selon la nature de la colère. » Macaire l'Égyptien et Macaire d'Alexandrie furent exilés dans une île de païens. Le démon était entré dans la fille du prêtre de l'endroit qui criait : « Pourquoi êtes-vous venus ici nous chasser?» —Ces saints firent sortir le démon de cette vierge par leurs prières; le prêtre et toute cette île se convertirent; ils firent du temple une église G. Didyme était encore enfant et commençait à s'instruire, lorsqu'il tomba dans une maladie d'yeux et devint aveugle. Dieu lui donna des yeux spirituels. II apprit par cœur la grammaire, la rhétorique,la dialectique,l'arithmétique et la musique; il réci- tait de mémoire7 tous les Livres de l'Église et leurs commentaires. Antoine l'ayant vu lui dit : « Ne t'afflige pas, Didyme, d'être privé des yeux que les moustiques peu- vent blesser ; mais réjouis-toi de posséder des yeux tels que ceux par lesquels les anges eux-mêmes voient, et [par lesquels] Dieu est connu. » — Didyme combattait victorieu- sement les Arfens et tous les hérétiques, par ses réfutations8. —Fin de ce [chapitre] ; et 1. Le texte syriaque semble dire qu'il s'agit d'un autre moine; mais à tort, d'après le grec. «— 2. Cf. Luc, xvnr, 22. — 3. çpovY)criv xoù àvôpet'av, crtocppoo-vvY]v xoù Sixaioo-uvrjv. Le mot syriaque qui rend le premier nom signifie proprement : science. — 4. Cf. le texte grec ; Socr., IV, xxm, a. f.— 5. L'Egyptien. — 6. Socr., IV, xxvr. — 7. Litt. : « de langue. » — 8. Socr., IV, xxv. I. 39 306 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN gloire au Seigneur qui s'est fait oblation pour notre race et qui, dans sa philanthropie et sa charité, a racheté l'homme coupable. — Le pécheur qui a écrit ces choses supplie en gémissant ceux qui [les] liront [de prier pour lui]. CHAPITRE VIII DU LIVRE VIL — Du temps du règne de Gratien, de Théodose et de Valentinien1. Gratien, fils de Valentinien, avait été fait autocrator, à Rome, du vivant de son père ; ils'empara de l'empire après [la mort de] Valens; il mit fin aux folies de celui-ci et les fit cesser; il était juste, pieux et orthodoxe *. Il associa à l'empire le grand [136] Théodose d'Espagne, qui était Ibère d'origine*. Comme Théodose lui-même avait déjà pris soin de faire proclamer Gratien empereur avant la combustion de Valens, pour ce motif Gratien établit Théodose à Constantinople et dans tout l'Orient. Théodose était courageux, prudent, expérimenté à la guerre. Il avait promp- tement vaincu les Barbares qui étaient en Thrace. A cette époque4, Ardasîr, roi de Perse, mourut, et son fils Sabhour commença à régner. A cette époque, un homme, nommé Maximus, tua insidieusement Gratien, à Rome5, en la 3° année de Théodose, et Valentinien, frère de Gratien, commença à régner à Rome. — Maximus se révolta contre l'empereur. Alors, Théodose et Valentinien marchèrent de concert contre lui. Le tyran fut vaincu; il fut livré enchaîné par ceux qui l'accompagnaient et fut massacré. Les deux empereurs entrèrent triomphalement à Rome6. Quand l'empereur Théodose revint à Constantinople, il envoya en Orient le général Saporus7. Celui-ci, étant venu à Antioche et voyant les querelles, chassa tous ceux qui ambitionnaient le siège épiscopal. En ce temps-là, l'empereur Théodose étant venu à Thessalonique y tomba ma- lade. Voulant recevoir le baptême, il interrogea Akîlos8, évêque du lieu, sur sa croyance, et ayant appris que la doctrine des Ariens n'avait pas pénétré en Illy- rie, il reçut le baptême des mains d'Akîlos. Ensuite [157] il recouvra la santé, 1. A la suite du titre le ms. porte cette rubrique : Et encore ici, dans le canon des années des Grecs, nous avons compté 4 années de trop dans le comput. C'est pourquoi nous recommençons à Vannée 690. Que celui qui lit comprenne! Cette note est relative aux erreurs chronologiques qui se sont introduites dans la transcription des canons de Jacques d'Edesse. Comp. le tableau (Livre XI, dans le t. II) à l'an 695. — 2. Cf. Theod., V, r. — 3. Cf. Theod., V, v-vr; Socr., V, n. Ces deux auteurs disent que Théodose était né en Espagne. Le mot Ibère doit donc s'entendre ici en ce sens. — 4. En l'an 2 de Théodose, selon le Canon. — 5. Gratien fut tué en Gaule. Cf. ci-dessous, p. 310. •— 6. Cf. Theod., xit; Socr., V, xi, xrr, xiv. — 7. Saucopo; toO aTpaTYJYoO (Theod., V, m). — 8. 'Ao-xÔAtoç. Socr., V, vi, d'où est tiré le passage. LIVRE VII. CHAP. VIII 307 et revint à Constantinople, où il bâtit l'église de l'Anastasie, par les soins du grand Théologien1 qui était encore là. Alors un fils naquit à Théodose de sa femme Flaccilla2; ce fils est Honorius3. Flaccilla était riche en vertus. Elle enseignait à son mari les lois de la religion ; elle servait elle-même les malades et les pauvres; elle parcourait les hospices* des églises, et, de ses mains, elle soignait les infirmes et leur donnait à manger et à boire5. L'empereur Théodose, poussé par la guerre, imposa un tribut aux villes. Les habitants d'Antioche en furent fort irrités. Flaccilla, d'heureuse mémoire, étant morte à ce moment-là, les Antiochéniens renversèrent la statue qu'elle avait dans leur ville et latraînèrentpar les rues. Quand l'empereur l'apprit, il s'emporta, retira la principauté aux Antiochéniens et la donna aux Laodicéens. Les juges firent dans la ville de lamentables massacres. Le bienheureux Macedonius qui ne savait rien des choses du monde, et qui n'était point instruit des Écritures, descendit reprendre les juges et leur dit de dire à l'empereur : « Considère ta propre nature ; tu es homme et tu règnes sur des hommes; l'homme est fait à l'image de Dieu : n'ordonne donc pas de détruire son image. Tu es irrité pour une image de bronze! Combien l'image spirituelle n'est-elle pas supérieure à une statue inanimée. Il nous est facile de fondre de nombreuses images d'airain; mais tu ne peux [158] créer un poil de la chevelure de ceux qui ont été massa- crés. » Les juges ayant rapporté les paroles du vieillard à l'empereur, celui-ci fit pénitence et écrivit au peuple des excuses et des consolations6. A cette époque, à Thessalonique, qui était la capitale de l'Italie7, il y eut une sédition, et on lapida les gouverneurs8 ; l'empereur usa d'un cruel châtiment. Le tyran donna des ordres et, se délivrant du joug de la raison, il fit tuer indistinc- tement des innocents9 et des coupables au nombre de sept mille10. Quand l'empereur rint à Milan, l'évêque Ambroise, ayant vu ce massacre, alla au-devant de lui hors la porte de l'église et lui défendit d'entrer, en disant : « Ne comprends-tu donc pas le crime que tu as commis? La gloire de l'empire t'em- pêche-t-elle de te connaître toi-même? Avec quels yeux regarderas-tu le temple du Seigneur? Avec quels pieds fouleras-tu le seuil de ses portes? Comment étendras-tu tes mains pour prier, alors que le sang11 en découle encore ? Et com- ment approcheras-tu de ta bouche le sang de Dieu, après avoir répandu tant de sang innocent? Va; n'accrois pas ton péché sous prétexte d'une prière qui ne peut qu'irriter le Seigneur. Accepte les liens que le Seigneur confirme18 du ciel, afin 1. S. Grégoire de Nazianze. Cf. Socr., V, vu, — 2. Ms. ici et partout : Placida, conformément à la leçon de Socrate, IV, xxxi : Ix II).ax:Sï]ç. — 3. Cf. Socr., V, xn. — 4. IsvoSo/eïoc ; Theod. : 'Exx)y]o-cwv -roùç Çevwvocç. — 5. Theod., V, xrx. — 6. Theod., V, xx. — 7. Sic ms. — 8. riyE^wvsc. Theod. : twv àpxôvToiv tivéç. — 9. Lire : Ls'i. — 10. Theod., V, xvir. — 11. Lire : ,3. — 12. Lire : (et non gr. : yivsrat (ji^-q^oi. 308 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN qu'ils soient un remède pour ta guérison. » L'empereur accepta l'interdit sans contester et retourna au palais. Au bout de huit mois, quand arriva la fête de la Nativité, l'empereur était assis et pleurait. Rufinus, le maître [des offices]1, lui demanda la cause de ses pleurs. L'empereur lui répondit en suffoquant : « Quoi! tu ne comprends pas mon malheur? [139] Les esclaves et les vagabonds entrent à l'église ; et moi j'en suis empêché ! je suis lié sur la terre et au ciel ! » — Celui- ci reprit : « Je vais courir supplier l'évèque. » — L'empereur répondit : « Il ne se laissera pas persuader. Je connais la justice d'Ambroise; il ne craindra pas l'autorité royale au point de transgresser la loi divine. » — Rufinus ne se tint pas tranquille, il sortit pour y aller. L'empereur sortit à sa suite, rempli de crainte. Ambroise, en voyant Rufinus, lui dit : « Tu imites l'impudence des chiens, ô Rufin, qui fus le conseiller d'un tel massacre. Tu as effacé la pudeur de ton front. » — Rufinus2 multipliait les instances et disait en suppliant: « Voici l'empereur qui vient. » En entendant cela, Ambroise s'enflamma et s'écria : « S'il vient, je l'empêcherai d'entrer dans l'église; et s'il transforme son pouvoir en tyrannie, je recevrai de lui l'immolation avec joie3. » — Rufin ayant entendu de telles choses fît dire à l'empereur de ne pas venir. L'empereur qui était au milieu du forum dit : « J'irai, et je supporterai un juste affront. » —Il vint mais n'entra point à l'église, et resta debout en suppliant. L'évèque qualifia sa venue d'audace tyrannique, et lui dit : « Tu es enragé contre Dieu, dans ta folie ! » — L'empereur répondit : » Je ne transgresserai point la loi, et je n'entrerai point dans l'église sans permission. Je te demande seulement de ne pas faire fermer les portes. » — L'évèque reprit : [160] « Quelle pénitence as-tu offerte? » — L'empereur lui dit : « C'est à toi de me montrer les remèdes à ma blessure. » — Alors l'évèque lui imposa [une règle], en lui disant : » Puisque tu juges avec colère, et que tu prononces sans discernement la sentence de mort, porte une loi pour rendre nulles tes sentences et remettre à trois 4 jours l'examen des criminels, la sentence écrite attendant le jugement de la raison. Quand quelques jours seront écoulés, la colère étant alors apaisée, la raison jugera et examinera ce quia été écrit : elle reconnaîtra si les écrits sont justes, et alors elle les confirmera, ou s'ils sont iniques, et elle les déchirera. »— Aussitôt l'empereur ordonna d'écrire et d'établir pour lui cette règle. Après cela Ambroise leva l'in- terdit. Et quand l'empereur entra dans l'église, il ne se tint point debout, mais il priait prosterné, en disant : « Je me suis attaché à la poussière : vivifie-moi selon ta parole5. » Il pleurait, s'arrachait les cheveux et se frappait le front. Quand il eut présenté les offrandes à l'autel, il se tint en deçà de la balustrade6 1. Toucp'ivoç u.àyi<7Tpo;. —2. Lire : U^ov — 3. Lire : lû^W» Ua£sao ^jo; gr. : tl 8s sî; rupavvt'Sa rrçv PacnAEtav [j.e6c<7tï]o-i... — 4. Theod. : trente jours. Il faut corriger dans le texte : ^ (= 30), au lieu de : 3)._5. Ps. cxvin, 25. — 6. cancelli. C'est-à-dire : dans Je sanctuaire. LIVRE VII. CHAP. VIII 309 selon l'usage. L'évêque lui fit dire : « C'est la place des prêtres et non des rois, de même que le vêtement de pourpre appartient aux rois et non aux prêtres. » L'empereur reprit : « J'ai vu cette coutume à Constantinople. » — L'empereur, étant retourné à Constantinople, se tint hors de la balustrade pendant les mys- tères. Le directeur de l'église lui fit dire d'entrer, mais il répondit qu'Ambroise avait raison1. A cette époque fut bâtie la ville de Res- ayna, en Mésopotamie, sur l'ordre des empereurs Gratien et Théodose*. Après le meurtre de Valens, les Bar- bares* vinrent jusque sous les murs de Constantinople; Théodose sortit, les dispersa, [156] les poursuivit et les soumit'. Autant, en effet, les affaires de l'É- glise étaient troublées ; autant celles de l'Empire5. Meletius demeurait à Antioche etPau- linus6, qui y avait été institué, n'admet- tait pas que Meletius fût proclamé en même temps que lui, parce qu'il avait été établi par les Ariens. Ensuite, ils convin- rent que l'Évangile serait placé au mi- lieu et qu'ils se tiendraient l'un à droite et l'autre à gauche; ils statuèrent aussi Quand Gratien et Valentinien son frère commencèrent à régner, les évêques re- vinrent de l'exil, chacun à son église7. C'est pourquoi, Grégoire de Nazianze, qui gouvernait les Orthodoxes à Con- stantinople, eut une grande liberté, et, parla vigueur de son enseignement, par ses fidèles conseils, il dirigeait tout [156] le peuple et affirmait la vraie foi du « consubstantiel »8. Les Edesséniens revinrent et repri- rent leurs églises9. Comme Barsê, leur évêque, avait fini sa vie en exil, dans un véritable martyre, Eulogius fut institué 24e évêque d'Edesse10. A Jérusalem, le 47e évêque fut Cyrille qui avait été exilé u. A Rome, à l'orthodoxe Damase, suc- céda Siricius, pendant 16 ans1*. 1. Tout ce long paragraphe est traduit de Théodoret, V, xvm. 2. Jac Edess., ad ann. 57 ; en 692 (380-81), selon le Chron. edess., n° xxxv. ©eoSoatovrcoÀK; (Proc. Bell, pers., II, 19). — 3. Les Goths. — 4. Cf. Socr., V, i ; il attribue cette sortie aux habitants. Au sujet de Théodose, cf. V, n, et Theod., V, v. — 5. Socr., V, Prooemion. — 6. Ms. : Flavianus; sans doute par confusion, dans l'écriture, des deux noms : uoûi2^a9, Paulinus, et : u»ûi*à\9, Flavianus. Cf. ci-dessus, p. 275, n. 6. 7. Theod., V, n; Socr., V, rr. — 8. Theod., V, vnr; Socr., V, vr. — 9. Chr. edess., n° xxxr : « Au mois de 'iloul de cette année (684 = 373) le peuple abandonna l'Église d'Edesse, à cause de la persécution des Ariens » ; n° xxxiri : « Le 27 de kanoun Ier de cette année (déc. 378) les Orthodoxes entrèrent et s'emparèrent de l'Église d'Edesse. » Cf. p. 204. — 10. Cf. Theod,, V, iv; Chr. edess., n° xxxrr : « Au mois de 'adar de l'an 689 (mars 378) mourut Barsê ; n° xxxiv : « Mar Eulogius devint év. d'Edesse l'année même où Théodose le Grand commença à régner » (379). — 11. Cf. Theod., V, ix; Socr., V, vin. Cf. ci-dessus, p. 270 et p. 275. — 12. Cf. Socr., V, n; VII, rx. 310 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN que le siège de celui qui mourrait le premier vaquerait et que celui qui sur- vivrait l'occuperait1. Les Ariens occupèrent les églises d'Antioche pendant 40 ans, depuis l'an 5 de Constance jusqu'à la première an- née de Théodose2. La mort de Gratien survint de cette manière : Andragathius3, général de Maximus, se cachadans une litièreportée par des mulets et fit courir le bruit que la femme de Gratien arrivait. C'est pourquoi, l'empereur étant sorti sans se garder de l'embûche, ce tyran sauta sur lui et le tua4. Justina, mère de Valentinien, avait été baptisée par les Ariens; c'est pourquoi, quand elle vint à Milan, elle voulut chasser Ambroise; mais le peuple ne le permit pas, et il y eut du tumulte. Sur ces entrefaites, la nouvelle du meurtre de Gratien étant arrivée, elle calma sa colère 5. A cette époque, l'empereur Théodose ordonna de ramener à Constantinople le corps de l'évèque Paul que les Ariens avaient étranglé à Cucusum6. Tandis que l'empereur Théodose [157] marchait à la guerre contre le tyran Maximus, les Ariens répandirent le bruit que l'empereur avait été vaincu, et ils osèrent mettre le feu à la mai- son de Nectaire, l'évèque de Constan- tinople7. L'empereur Théodose s'empara du Synode des cent cinquante [évêques], qui se réunirent à Constantinople du temps de l'empereur Théodose, qui fut confirmé autocrator dans tout l'Orient, et qui confirmait la foi orthodoxe; qui approuvait la confession du « consub- stantiel », et qui rejeta l'erreur des Ariens, renversa leurs églises, chassa de la mi- lice les soldats qui n'avaient pas consenti à mépriser l'erreur des Ariens; qui, par l'opération du Saint-Esprit, appela et réunit autour de lui, des quatre par- ties du monde, les hérauts de la foi or- thodoxe. En effet, cent cinquante évêques se réunirent en la 4e année de son règne, qui est l'an 694 des Grecs8. La somme des années depuis le concile de Nicée jusqu'au temps de ce synode est de 57 ans. — Les chefs de ce second synode furent : Meletius d'Antioche, Timothée d'Alexandrie, le grand Cyrille de Jéru- salem, Grégoire le Théologien de Con- stantinople même, et Grégrfire de Nysse. Ils anathématisèrent la doctrine d'Arius et quiconque y adhère, ainsi que Mace- donius, qui avait succédé à Alexandre, à Constantinople, pour avoir osé dire que [157] l'Esprit-Saint est une créa- ture et qu'il n'était pas égal au Père et au Fils. Après avoir anathématisé ceux-ci, ils confirmèrent la définition de la foi éta- blie par le saint synode des 318 Pères, en y ajoutant quelque chose à propos du 1. Socr., V, v.— 2. La phrase paraît empruntée à Socrate (V, vu; s. f.); mais celui-ci parle de Constantinople et non d'Antioche. — 3. 'Av8paya6(o; ; ms., partout : Androgothias. — 4. Socr., V, xi. — 5. Ibid. — 6. Èv Kouxo'jo-o-w. Socr., V, ix. — 7. Socr., V, xm. 8. Jac. Edess., ad ann. 58; Theod , V, vm ; Socr., V, vm. LIVRE VII. CHAP. VIII 311 tyran et le tua; et Andragathius se jeta dans un fleuve et se noya1. Symmachus, qui avait fait un discours dans lequel il louait le tyran, voyant que Maximus avait été tué, s'enfuit à l'é- glise; l'empereur le laissa [tranquille]2. En ce temps-là, l'empereur trouva à Rome deux choses3 honteuses qu'il abolit*. [Voici] la première. Il y avait des édi- fices dans lesquels se trouvaient des boulangeries4 et, à côté, des logements de prostituées. Quiconque entrait, soit pour acheter du pain, soit pour se livrer à la débauche, était saisi pour tourner la meule jusqu'à sa vieillesse. Un des [soldats] de Théodose, ayant été pris, trouva la force de tuer ceux qui s'étaient emparés de lui; il fit savoir la chose à l'empereur qui ordonna de détruire ces édifices. Ils enfermaient aussi la femme sur- prise en adultèredansunemaison étroite, et ils la contraignaient de se prostituer; ils lui attachaient une sonnette, de ma- nière à faire connaître la chose aux pas- sants et à dévoiler sa honte. — L'empe- reur, ayant appris cette chose, la fît aussi cesser, et il ordonna que les prostituées et les adultères fussent jugées selon la loi. Saint-Esprit6; parce qu'en ce temps-là aucune discussion ne s'était encore éle- vée au sujet du Saint-Esprit. Le synode des évêques attribua le siège de Constantinople à saint Grégoire, comme récompense honorifique de ses labeurs 7. — Ayant vu que les évêques d'Egypte étaient jaloux et murmuraient, il abdiqua volontairement et l'abandonna après l'avoir occupé 10 ans8. Il fit un discours d'adieu 9. Il fit con- naître la vérité, et ensuite il ajouta : « Rendez-moi à la vie rustique, à la soli- tude et à Dieu » — Après son départ, ils ordonnèrent le vertueux Nectaire comme évêque de Constantinople11. Théodose en voyant Meletius d'An- tioche dit : « J'ai vu en songe cet homme o qui me faisait empereur". » — Meletius d'Antioche mourut pendant le concile, et Grégoire de Nysse fit son oraison fu- nèbre. Son corps fut rapporté à Antio- che et enseveli près de saint Babylas13. Damase et Ambroise ne vinrent point à ce concile, parce que chacun d'eux au- rait voulu qu il se réunît près de lui. Dans ce concile, ils assignèrent à Constantinople l'honneur [du premier rang] après Rome ; et ils partagèrent les provinces14. [Ils définirent aussi] que les 1. Socr., V, xiv. — 2. Ibid. — 3. Lire : b^âlao, — 4. Socr*, V, xvm. — 5. Littér. : des mou- lins', gr. : {jiu>.C>v£ç, pistrina. 6. EH., Chr. eccles., I, 109 ; « Ils ajoutèrent au sujet du Saint-Esprit; • Jju*.1»o L;^o uoio^h \3;±o • *»»akjùoo t>^smio xii.ç> \s\ xxvo <ûâi |^| 001, qui est dominus vivificans omnia, qui ex Pâtre procedit et cum Pâtre et cum Filio adoratur et glorificatur, etc. ». — 7. Cf. Socr., V, vi ; Theod., V, vin. — 8* BH., Chr, eccl., I, 113 : 20 ans. — 9. (TyvTaxxripioç, Patr. Gr., t. XXXVI, col. 457 sqq. — 10. Un peu différemment dans le grec : l[io\ §£ oôiz xr|v Ip-q^ioLv, xol\ rrçv àypoixîav %a\ tov ®zôv(Patr. Gr., XXXVI, 487), — 11. Socr., V, vrij viir; Theod., V, vrn. — 12. Theod., V, vn; — 13. Socr., V, ix; Theod., V, vnr. — 14. Socr., V, ix, c. m. 312 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN A cette époque fut supprimé le prêtre qui recevait la confession pénitentielle dans les églises1. Jusqu'alors, [158] l'office de la péni- tence était confié à un prêtre de l'église, et s'il arrivait que quelqu'un tombât dans le péché après le baptême, il allait trouver ce prêtre, confessait sa faute, et en recevait une pénitence. — Du temps de Nectaire, un diacre pécha avec une femme noble*. S'étant confes- sée au prêtre, la femme fit connaître le diacre qui fut destitué de son ordre. Il y eut une grande agitation parmi tout le peuple. Alors, le prêtre Eudaemon3 donna à Nectaire le conseil d'abolir le prêtre chargé de la pénitence et de laisser chacun s'approcher des saints mystères selon sa conscience. Le chroniqueur Socrate, s'adressant au prêtre Eudaemon, dit4 : « Ton con- seil a-t-il été avantageux pour l'Eglise ou non? Toujours est-il qu'il fut l'occa- sion de ne plus se reprocher mutuel- lement les fautes, et de ne pas observer la parole de l'Apôtre qui a dit5 : « Ne « participez point aux œuvres de té- « nèbres, mais blâmez-les plutôt. » L'évèque6 devrait plutôt poser la main évêques ne pourraient changer de siège, ni exercer leurs fonctions dans les égli- ses qui sont hors de leur diocèse, ce qui se faisait auparavant simplement à cause de la persécution. Ainsi, [158] Nectaire reçut l'administration de la Thrace ; Helladius, qui avait succédé à Basile : du Pont et de Césarée ; Grégoire de Nysse : de la Cappadoce ; Otreius de Mélitène : de toute la Petite-Arménie; AmphilochiusdTconiumreçut l'adminis- tration de l'Asie, et Timothée de l'E- gypte. L'administration de tout l'Orient fut confiée à celui qui siégerait à An- tioche. [Enfin on statua] que chaque pro- vince réglerait ses affaires 7. On remarquait comme docteurs dans ce concile : Grégoire de Nazianze, Gré- goire de Nysse, Pelagius de Laodicée, Eulogius d'Edesse, Amphilochius8 d'I- conium. Le concile rejeta et anathématisa avec Arius, Eusebius de Nicomédie, Euzoius, Acacius, Theognis, Euphronius, Euno- mius, Macedonius, Eudoxius, Aetius, et les autres hérétiques9. Dans ce concile se trouvaient Dio- dore 10 et Théodore11 qui parurent en- suite comme hérétiques. 1. Socr., V, xix. — 2. xiç twv sùyevwv. — 3. Ev8ac'n.wv. — 4. Socr., V, xix, s. f. — 5. Eph., v, 11. — 6. Cette phrase détachée de son contexte est inintelligible. Il faut sans doute restituer; 1; H ^ Ho « sur ceux qui n'ont pas été éprouvés et qui ne sont pas instruits ». C'est un aphorisme tiré des paroles que Socrate (V, xxj) met dans la bouche de l'évèque Marcien, à propos de Sabbatius qu'il avait ordonné prêtre; il lui fait dire : (3éXxcov yiv IV àxàvOai; xeQetxévo» ta; "/sïpaç xà; èxuxoO, ïj oxe xoùç 7tept EaêSomov si; xà upsffëuxrîp'.ov upoîêaXXsxo. Le texte est certainement altéré, car l'abrégé arménien a bien compris : « C'est encore Melitos qui dit ceci : Il vaut mieux imposer la main sur un buisson ou sur quelque chose de venimeux que sur les ignorants et les indignes. » Langlois, p. 139. 7. Socr., V, rx. Le texte grec est légèrement modifié dans la traduction. — 8. Ms. : « avec Phi- lochius » ! — 9. Cf. Theod., V, îx, s. f. — 10. de Tarse. — 11. de Mopsueste. LIVRE VIL CHAP. VIII 313 sur lesépines que sur les choses quin'ont pas été expérimentées et examinées. Aucune secte religieuse n'observe exactement les mêmes coutumes1, bien que ses membres soient d'accord dans une même confession; et souvent, ceux qui ont une même foi, diffèrent dans leurs pratiques2. Ainsi, à Rome, on jeûne seulement avant Pâques trois semaines qu'ils ap- pellent [néanmoins] : Teaaapay,ccTY;ç3. D'autres commencent le jeûne sept semaines* avant Pâques. Ils ne diffèrent pas seulement par le nombre des jours de jeûne, mais aussi par le genre de nourriture. Il y a des chrétiens qui pendant le jeûne s'abstiennent [159] de tout ce qui a vécu5; il y en a qui mangent seulement des poissons; d'autres mangent, avec les poissons, les oiseaux qu'ils considèrent comme provenant des eaux, comme c les noms des saints peres7 : 1. Nectarius de Constantinople. [2 d'Egypte;;]•. 2. Timotheus d'Alexandrie9. 3. Dorotheusd'Oxyrynchus10. [9 de Palestine : ]11. 4. Cyrillus de Jérusalem, 5. Gelasius de Césarée. 6. Macer de Jéricho. 7. Dionysius de Diospolis. 8. Priscianus de Nicopolis. 9. Saturninus de Sébaste. 10. Rufus de Baisan 12. 11. Auxentius d'Ascalon. 12. yElianus de Yamnia13. [9 de Phénicie : ]14. 13. Zenon de Tyr. 14. Paulus de Sidon. [159] 15. Nestabus15 de 'Akko. 16. Philippus de Damas. 17. Bracchus16 de Panéas. 18. Timotheus de Berouth. 1. Ta aùxà e'ôvr). — 2. Socr., V, xxn, a. m. — 3. D'après Socrate (Zoc. cit.), il faut compléter : « A Rome... trois semaines; mais en Illyrie, par toute l'Achaïe et à Alexandrie, ils jeûnent pendant six semaines et appellent ce jeune quadragésimal. » Toutefois, il ajoute un peu plus loin « et ceux-ci» bien que différant par le nombre des jours du jeûne, l'appellent cependant quadragésime ». — 4. Lire : — 5. Litt. : « de tout ce qui a en soi une âme. » — 6. Il manque quelques mots dans le texte, qu'on peut restituer ainsi, d'après BH., Chr. eccl., I, 117 : <*so ^3 \y\~\ y»| ,.,.Ua«A ,*s ^> b£| . UX.|» |;l_9 ^oo Lx—a. Au lieu de : ba-j y*|, « comme les poissons », le texte primitif devait porter : bkûvs y*l, xaxà tov Mwjo-la (Socr., loc. cit.; cf. Gen , r,.20). 7. La liste des Pères qui ont souscrit au Concile n'existe plus en grec. Nous possédons une double version latine ; la première, attribuée à Denys le Petit, est connue sous le nom de vers. Vulgata. Une autre a été éditée dans le recueil connu sous le nom de Prisca coll. Canonum (cf. Patr. Lat., t. LVI, col. 810 sqq.). Toutes les deux sont reproduites dans les différentes collections des Conciles. Une traduction syriaque existe aussi dans le ms. K, vi, 4 du Musée Borgia (p. 147-150). Nous donnons les principales variantes de ces documents. Pour faciliter les renvois, nous ajoutons des numéros d'ordre, comme nous l'avons fait plus haut pour la liste des Pères de Nicée. — 8. Nous ajoutons ce titre qui est dans les versions latines et dans le ms. du Musée Borgia. —- 9. Notre ms. ajoute ici le nom de Meletius d'Antioche qui se trouve répété plus bas (n°22). — 10. Ms. Borgia : vnoaa.u»M. — 14. Titre omis. — 15. Ms. B. : lûoaab^ao).1. — 16. Ms. B. : «^ailUa, Barakos. I. 40 314 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN poissons. Quelques-uns s'abstiennent] 19. des œufs et des fruits. [D'autres] vivent 20. seulement de pain sec. 21. D'autres jeûnent jusqu'à la neuvième heure. Et comme personne ne peut 22. donner de règle [écrite, il est clair que] les Apôtres ont laissé à chacun de faire 23. pénitence librement et non pas par 24. crainte ou par nécessité1. 25. Les Egyptiens et ceux qui sont dans 26. la Thébaïde participent aux mystères 27. après avoir mangé le pain. 28. A Alexandrie, le mercredi et le ven- 29. dredi, on lit les Ecritures et on les in- 30. terprète. 31. En Thessalie, celui qui est devenu clerc, étant marié, ne peut plus s'appro- 32. cher de sa femme sans être destitué. 33. Dans les contrées d'Orient, on laisse 34. chacun libre, même les évêques, de garder la continence s'ils le veulent; 35. mais ils ne font point cela par l'obliga- 36. tion d'une loi; beaucoup, en effet, ont 37. engendré des enfants, de leurs femmes 38. légitimes, pendant le temps de leur épi- 39. scopat. En Thessalie, on baptise seulement 40. pendant les jours de jeûne2; le reste du 41. temps, ils meurent sans baptême. 42. Basilides de Biblos. Moqîmos d'Aradus. Alexandros de 'Arqa. 13 de la Cœlè-Syriez : Ignatius4, qui est Meletius d'An- tioche. Pelagius de Laodicée. Acacius de Beroë, qui est Alep. Yohannan d'Apamée. Bizus de Séleucie. Eusebius de Hémat. Marcianus de Séleucobèle5. Patrophilos de Saizar6. Severus de Paltos7. Flavianus8 et Elpidianus9, prêtres d'Antioche. Eusebius de Qennesrin10 Domnus" de Gabala. Basilius de Raphana1'. 5 d'Arabie : Agapius13 etBarganus14 de Bosra15, Elpidianus16 de Dionysias. Uranios d'Adra17. Kilos18 de Constantina19. Severus de Neapolisî0. 3 d'Osrhoène : Eulogius d'Edesse. Abraham de Batnan. Bitus de Harran. 1. C'est le sens donné par Socr. (V, xxn). — 2. Socr. (V, xxn), d'où sont tirées toutes ces remar- ques, dit : ev toûç r)[x£pa(; tou ITao-^â u.6vov (3ari.trouai. 3. Ms. Borgia dit : 14 de la Cœlé-Syrie, peut-être parce qu'il compte pour deux signatures le n° 31. — 4. Le nom : Tgnatius ne se trouve ni dans le ms. B., ni dans les versions. — 5. Lire, d'après ms. B. et verss. : acà^l^o. — 6. Verss. : Larissensis, — 7. Ms. : Plastos; ms. B. : Ptâltos. — 8. Sic ms. B , d'accord avec les versions ; notre ms. porte : Phydios. — 9. Ms. B. : Elpid ; versions : Elpidius.— 10. Versions : Chalcis. ~- 11. Sic ms. et versions; ms. B. : Dominus.— 12. Ms., par transposition : Arphania; ms. B. : ^4^, Raphanôn. — 13. Sic verss. ;ms. : Agapianus; ms. B. : laoûiaL^L : Tegapnos. — 14. Omis dans B. ; versions : Balapus, et Bagadius, qui est la le- çon correcte. — 15. Ms. : Baloustra. Ms. B., correct. : i^03' — 16- Vers, et ms. B. : Elpidius. — 17. Ms. : Adrios; ms. B. : Adaradas.— 18. Ms. B : Vers. : Chilon, Cilum. — 19. Verss. : Constantines, Constantiensis, Constantiniensis. — 20. Sic vers.; ms. : Neôphilos; ms. B. : Aspôléôs. LIVRE VIL CHAP. VIII 315 Dans l'église d'Antioche, la position de l'autel diffère; beaucoup sont fixés vers l'occident. A Césarée de Cappadoce et à Chypre, le samedi et le dimanche, les prêtres et les évêques interprètent les Ecritures, à la lueur des lampes l. A Alexandrie, jamais un prêtre ne prêche dans l'église ; [160] et cela a com- mencé du moment où [Arius] a troublé l'Eglise2. A Rome, on jeûne le samedi3. En Cappadoce, on éloigne de la com- munion* quiconque a péché après le baptême. Dans la lettre des Apôtresqui se trouve dans les Actes, il est écrit5 : « Il a plu au Saint-Esprit et à nous de ne pas vous imposer de fardeau en dehors de ce dont vous devez nécessairement vous abste- nir, c'est-à-dire : de ce qui a été sacrifié [aux idoles], du sang, des animaux étouffés et de la fornication. » A cette époque, Marcellus, évêque d'Apamée, renversa pour la première fois les temples des idoles8 ; car les em- 3 de Mésopotamie : 43. Mara d'Amid. 44. Battis de Tell-Mauzelat7. 45. Jobianus8 de Himérion9. 5 d'Augusta*" [Euphratesia] : 46. Theodotus de Mabboug. 47. Antiochus de Samosate. 48. Isidorus11 de Cyrrhus. 49. Jobianus de Perrhé12. 50. Mârîs de Doliché. 8 de Cilicie : 51. Diodorus de Tarse. 52. Cyriacus d'Adana. 53. Hesychius d'Epiphania. 54. Germanus15 de Corycus. 55. Aerius de Zephyrion. 56. Philomusus'4 de Pompeiopolis. 57. Olympius de Mopsueste15. [160] 58. Theophilus d'AIexandrette. 6 de Cappadoce : 59. Helladius de Césarée. 60. Gregorius de Nysse. 61. Aetherius'8 de Tyane. 62. Bosphorius de Colonia. 63. Olympius de Parnassus". 64. Gregorius de Naziance. 1. A l'office du Lucernaire ; ¦ne.pX èo-Ttâpocv, xa-à Tr)ç Xuxv*4''aÇ (Socr., V, xxn). — 2. Rest. : U=l i*oao|». BH., Chr. eccl., 1,122, dit plus explicitement « depuis qu'Arius, qui était prêtre, troubla l'Eglise », mais la lacune n'est que d'un mot dans notre ms. — 3. Sic, d'après Socrate (loc. cit.). —4. On excommunie : ê?w9oû, Bât de Telia; verss. : Batenus Constantines¦ Bathes Constantinianensis. — 8. Ms. : Euïochianus (pour Jobianus). Ms. B. : l-usaj; restituer: \i^cu — Jobianus ou Jobinus, qui se lisent dans les versions. — 9. Ms. : Amarîn (ou Amarion); ms. B. : <*ooL»»l. — 10. Rest. : V^eoa^ol. — 11. Ms. B.,correctement : ia>0>o,^*l. — 12. Verss.: Perriensis; Pennensis; Pellensis. —13. Rest.: iaoa*i-boj|.^. — 14. Lire ainsi d'après le ms. B., d'accord avec les versions : ^aaacaae^â; notre ms. porte Philomédos. —15. Notre ms. porte : Olympius d'AIexandrette et Theophilus d'Arna ; vers. Vulg. : Olympius Mopsuestiensis, Philomusus Alexandrinus per Alypium presbyterum ; Prisca : Olympius Monsiestas, Theophilus Alexandriae per Alipium presb. Le ms. B. porte égale- ment Olympius de Mopsueste, et il omet le nom suivant, bien qu'il indiquât aussi 8 év. pour la Ci- licie.— 16. Sic verss. et ms. B. : ¦^>a*i|i.!. —17. Verss. : Pkarnasiensis, Parnasi; ms. B. : ix»aaob|il3. 316 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN pereurs chrétiens, bien qu'ils eussent aboli le culte des faux dieux, n'avaient point renversé leurs temples. Il voulut renverser le temple de Zeus, mais il vit que la construction1 était solide, et il pensa qu'il était impossible de détruire sa masse dont les pierres étaient fort grandes et reliées avec du plomb. Il de- manda à Dieu de lui faire connaître un moyen. Un homme qui n'était pas ouvrier*, mais qui avait l'habitude de porter les pierres et le bois, vint de lui-même trouver l'évèque et lui promit de le renverser. L'évèque lui donna le salaire de deux ouvriers. Il y avait des quatre côtés un portique supporté par de grandes colonnes, qui égalaient3 le temple en hauteur; le tour de chacune d'elles était de seize coudées, et la nature de la pierre était très dure : elle ne cédait pas sous le fer. Cet homme creusa [161] autour de chacune d'elles, et plaça dessous des bois oléagineux4. Dès qu'il y mit le feu, un démon apparut sous la forme d'un homme noir qui éteignait le feu. Ayant fait connaître la chose à l'évèque, celui-ci prit de l'eau, la plaça 3 de la Petite-Arménie* : 65. Otreius de Mélitène. 66. Otreius d'Arabissus. 67. Janus de Zebnos (?)6. 11 d'Isa u rie : 68. Symposius de Séleucie. 69. Montanus de Claudiopolis, par Paulus, prêtre. 70. Philotheus d'Irénopolis7. 71. Hipistius8 de Philadelphie9. 72. Musonius10 de Célendéris11. 73. Marinus de Dalissande1*. 74. Theodorus13 d'Antioche. 75. Artemius14 de Titi[opolis]. 76. Léon15 de Sélinonte14. 77. Montanus de Néocésarée. 78. Eusebius d'Olbé17. 4 de Chypre11 : 79. Julius de Paphos. 80. Theopropus19 de Trémithonte *°. 81. [Tichon de Tamasus. 82. Mnemius de Cition]51. 10 de Pamphylie : 83. Troilus de agivn**. 84. Longinus** de Colybrassus*4. 85. Th eodulus de Coracesion. 86. Hesychius de Cotenna *". 1. «i*^. — 2. Ux>o', litt. : artisan; spécialement : architecte. Theod. dit : xi;... oy'xe oîxoSôfioçi otfxe Xi8ox6|ao;, o-jte aXXviv xeva £Ttco-xâ[j.svoç tI-/vy]v. — 3. Litt. : « filles de la mesure du temple ». _ 4. Litt. : « du bois d'huile » ou « d'olivier », traduction de : ÇûXot; èXaeîvoiç. 5". Vulg. et ms. B : 2; la prisca omet cette province. — 6. Ce nom ne se lit pas ailleurs (Zela ?). 7. Sic mss. et Vulgata Concil. ; Prisca : Hierapolitanus. — 8. Sic Vulg.; Prisca : Pislus; ms. B. : mool£«w>*9o\ — 9. Rest. : — 10. Rest. : ^oa^oaso. — 11. Ms. : Cenderis; ms. B :'^>*ipUx5. — 12. Ms. : Dalisantos, ms. B. : im0j*oà^»l. — 13. Sic mss., versions : Theodosius. — 14. Ms. B. : .«oa^o^l, d'accord avec les vers.; ms. : Artemis. — 15. Ms. B: ^U, leon ;Vulg. : Neon; Prisca : Neu. — 16. Ms. B : ma^ax^l**. — 17. Ms. : Laqahî; ms. B. : ra-adV — 18. Notre ms. ne donne que les deux premiers. — 19. Sic ms. ; Vulg. : Theopompus. — 20. Ms. B. : ^od^ato^i^u^ • ms< . Tremias. — 21. Sic versions et ms. B. : 'eadat^j (-^U,) et : ^a*£uo* uxwoIjUo. — 22. Vulg. : Geonensis; Prisca : Aegeon; ms. B. : •*»û)k%ÎJl (Laginal cf. Or. Christ., I, 1032). — 23. Sic verss. et cod. B. : ^cu.^û\. — 24. Ms. B. : «aoox>|>a\co. Vulg. ; Collobracensis ; Prisca : Coli- barsu. — 25. Ms. B. ; so4£,o ; Vulg. ; Commacensis ; Prisca : Cotenu, Contenensis. LIVRE VIL CHAP. VIII 317 sous l'autel et pria, demandant à Notre- Seigneur de dissiper et d'anéantir la force des démons pour que les fidèles n'en éprouvassent point de dommage. Puis, ayant fait le signe de la croix sur l'eau, [il envoya]1 un diacre nommé Aqoustios* pour asperger d'eau le bois, lorsque le feu y serait mis. Le démon s'enfuit en poussant des cris, et le feu dévora l'eau comme de l'huile. Les colonnes tombèrent contre le temple et l'écrasèrent. Le bruit de sa chute fit trembler toute la ville et tout le pays. — Il détruisit ensuite les autres temples. A cette époque, tandis que Théophile d'Alexandrie démolissait les temples des idoles3, on reconnut que les païens faisaient des idoles d'airain et de bois, qui étaient creuses a l'intérieur et qu'ils dressaient contre les parois; les prêtres entraient et se plaçaient* dedans, par- laient, prescrivaient tout ce qu'ils vou- laient et trompaient ainsi beaucoup de gens. Quand il monta au temple de Sérapis, 87. Gaïus de Lyrbé. 88. Tucsianus5 de Cassœ6. 89. Midus depifurs1. 90. Héraclides de Tichus (?)8. 91. Theodulus de Syllion9. 92. Pammenius d'Ariassus10. 13 de [Lycaonie] : 93. Amphilochius d'Iconium. 94. Cyrillus de Homanade11. 95. Aristophanius12 de Sopatra13. 96. Paulus de Lystra. 97. Inzus de Corna14. 98. [Darius de Misthia (?)]15. 99. Leontius de Perta16. 100. [Theodosius de Hyde]17. 101. Eustratius18 de Canna19. 102. Daphnus de Derbé. 103. Eugenius de pfsla20. 104. Illyrius21 d'Isaura. [161] 105. Severus d'Amblades22. 15 de Pisidie : 106. Optimus23 d'Antioche. 107. Themistius24 d'Adrianopolis 2S. 108. Attalus de Prostama26. 109. Ananius d'Adada27. 110. Paustus28 de Limenae29. 1. Suppl.: j»».— 2. 'Exvuoç, Equitius, — 3. Theod., V, xxn. — 4. Lire : ^=^*;litt. :« siégeaient ». 5. Sic verss.; ms. B. : »aoa)Loo|a^,. — 6. Ms. B. : vQm.o. Verss. : Casso. — 7. Ms. B. : u»ob$a9; rest. : Pednelissus (?). Verss. : Panentu, Pentenessensis. — 8. Ms. B. : vaa^,. Verss. : Thi- cusitanus, Tituensis. — 9. Verss. : Sialu, Silviensis. — J0. Ms. B. : vooam^,^ Verss. : Ariasto, Ariassensis. — 11. Ms. B. : xo*Uoo. — 12. Verss. : Aristophanes ; ms. B. : ioooIjSû&^jI. — 13. Ms. B. : ^p^iSaco; verss. : Supatru; Sobarensis, (SôaTpa?). — 14. Ms. B. : ^eu^aû; verss. : Corinum ; Cotnensis. — 15. Omis; ms, B. : s!^ûoax>» .aoa.»|». Vulg. : Mystiensis; Prisca : Mistise, lnistiœ. — 16. Ms. : Parata; ms. B. : ; verss. : Pertun; Pergensis. — 17. Omis ; ms. B : ieoûoa^o.^.9o| ; verss. : Optimus, Optimius. — 24. Ms. B. : Uogsmoo|L; verss. : Temistius ; Theu- mistius. — 25. Rest. : usaà.û9aL.»>|. — 26. Ms. B. : ^L^ûoc^ ; verss. : Prostamensis; Prostadum. — 27. Ms. : Alada ; ms. B. : ^1»! ; verss. : Adadun; Adadensis. — 28. Sic verss.; ms. : Prostos ; ms. B. : •oo.'jX^.bùclS, — 29. M. B. : ,oj'se»}\. Vulg. : Lirinensis ; Prisca : Limenum. 318 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN qui est le plus grand de tous leurs dieux, les païens répandirent le bruit que si quelqu'un s'en approchait la terre tremblerait et tout l'univers périrait. Mais, ayant méprisé leurs fables, il ordonna [à quelqu'un qui avait une hache1] de frapper la tête de [Sérapis]. Aussitôt, il sortit de l'intérieur une multitude de rats*. L'idole fut brisée • on la jeta au feu et on promena sa tète par les rues. A cette époque3, Telemachus, moine d'Orient, alla à Rome. Il entra dans le stade*, et voulait faire cesser le combat et l'effusion du sang. Les spectateurs qui étaient dans le théâtre se mirent en colère et lapidèrent le chaste moine. — A cause de cela, l'empereur abolit ce spec- tacle détestable et fit ranger le chaste moine Telemachus au nombre des mar- tyrs. A cette époque, le Nil ne déborda pas 111. Iwanis5 de Sagalassus6. 112. Callinicus ' de pmndrvs*. 113. Eustathius de Metropolis. 114. Patricius de priqi9. 115. Lucius de Neapolis. 116. Lollianus10 de Sozopolîs11, [par Simplicius, prêtre]. 117. Tyranus12, d'Amorium 13. 118. Auxenon14, prêtre d'Apamée. 119. Eulalius15, prêtre de Qônâna (?)16. 120. Theosebius17 de Philomelion18, par la main19 du prêtre Bassus20. 9 de Lycie : (Pontos de Polemoniakos)21. 121. Tatianus22 de Myra. 122. Ponios de Chôma23. 123. Eudimus24 de Patara. 124. Patricius [de Œnoanda25. 125. Lupicinus] de Limyra26. 126. Macedon de Xanthus27. 127. Romanus de Phaselis28. 128. Hermeus de Bubona29. 1. Suppléer ainsi d'après Theod. : èxéXevffE Tivt ¦rcÉXsxuv ë^ovxt 7taÏ3-at npoOvaw; tov 2âpx7uv. — 2. Suppl. : IjJLoa:^ U^aas. — 3. Theod., V, xxvi. Au commencement du règne d'Honorius. — 4. to ffxâôiov. 5. Prisca : Johannes ; peut-être : «coa-io.; Vulg. ; Jonius, Joninus ; ms. B. : «oa-wa..— 6. Ms. B. : ^a/sn^lHao. —7. Rest. : laoacui^o • ms. B : moai^^ verss. : Calenius, Calenicus. — 8. Prisca : Thy- madum, Thymandum; Vulg. : Podaliensis ; ms. B. : ^p^MaB. — 9. Verss. ; Parlaliensis ; Par- laxit; ms. B. : .^1^ (Parlais 1). — 10. Ms. B. : Julius; Verss. : Longianus. — 11. Sic verss. et ms. B. : iûaà.a9oiaa>. Ce dernier ajoute : t*-*o ieoa.uxii>a*iûo H=>, « par Siniplicianus (verss. : Symplicius), prêtre ». — 12. Verss. et ms. B. ajoutent : « prêtre ». — 13. Ms. : Myrinos; ms. B. : s^u^oot; verss. : Amurinus; Amorii. — 14. Verss. : Auxanon, Auxanius. — 15. Sic mss.; verss. : Ilelladius, Ellalius, Eulalius. — 16. Ms. B. : ^sUoû; verss. : Comanensis; Cunamen. — 17. Sic ms.B. et verss. ; ms. : Eusebius. — 18. Ms. B. : xdYtx>a^3. — 19. Rest. : |,.| r=(?). —20. Lire : taoama ; ms. B. : ^a. — 21. C'est le nom de la province qui doit être placé d'après les versions et le ms. B., avant le n» 147. — 22. Ms. B. : Titus. — 23. Versions : Pionius Comasensis, Comatis; ms. B. : *ma.£,l.*saa* vt»aua9. — 24. Ms. : Eurimus. Rest. : ua>ûsa.»ol, d'après les verss. et le ms. B. — 25. Notre ms. a passé ici une ligne; ms. B. : ^p^l-'ol ; Prisca: Inomandum, Tromardum ; Vulg. : OEnoandensis.— 26. Ms. : Dîmoura ;ms. B. : ^laxio, ^auû^SoX Verss. : Limerum, Limyrensis. — 27. Mss. : Ksandon; Vulg. : Xanthensis; Prisca : Scindun, var. : Sindon. — 28. Ms. : Pisilis; ms. B. : iûoaMao).3; Prisca : Pasilidun; Vulg., par erreur : Bibonensis, — 29. Ms. : Bybaya ; ms. B. : vOijjaaaa; Prisca : Bubuteun; Vulg. : Bibonensis. LIVRE VII. CHAP. VIII 319 selon sa coutume. Les païens s'en réjoui- rent, disant que le cours du fleuve avait été empêchéparce que [162] les sacrifices [en l'honneur] des dieux avaient cessé* Mais l'empereur se moqua d'eux *. A cette époque, on découvrit les os- sements des deux prophètes Habacuc et Michée. Ils étaient à côté d'Eleuthero- polis de Palestine. Ils furent découverts par suite d'une révélation faite à l'évêque de cette ville8. A Jérusalem , du temps de l'évêque Jean , on trouva le corps de saint Etienne. A cette époque, une grêle violente tomba à Constantinople pendant deux jours, et on vit une comète pendant vingt jours3. A cette époque brillait en Egypte le moine Jean *. —L'empereur, ayant appris la mort de Valentinien et la révolte d'Eugenius, envoya consulter Jean le Voyant, qui fit répondre ce qui lui avait été révélé au sujet des choses qui de- vaient arriver a l'empereur, en disant : 129. [Theantimus d'Araxa]5. 2 de Phrygie8 : 130. Bitos'de Primnessus8. (Paphi de Pacatini)9. 131. Euxanianus10d'Eucarpia. 2 de la Phrygie"IP: 132. Nectarius d'Apia12. 133. Theodorus d'Eumenia 13. 2 de Carie : 134. Theodosius14 d'Aphrodisias. 135. Leontius de Cibyra. 5 de Bithynie : 136. Euphrasius de Nicomédie. 137. Dorotheus de Nicée. 138. Olympius de Néocésarée. 139. Theodulus de Chalcédoine. 140. Eustathius15 de Pruse16. 1 du Pont d'Amasia : 141. Pansophius17 d'Iborœa18. 1 de Mœsie : 142. Martyrius [de Marcianopolis] 3 de Scythie : 143. Terentius20 de Tomé21. 144. zEtherius de Chersonesus22. 145. Sebastianus23 d'Anchialus24. 1. Cf. Sozom., VII, xx. — 2. Appelé Zebennus ; cf. Sozom., VII, xxix. — 3. Probablement tiré de la partie mutilée de Jacques d'Edesse. — 4. Cf. Jac. Edess., ad ann. 69. 5. Ce nom est omis dans le ms. ; ms. b. : «aooi»3|$|» icoai^goo'Z. ; Prisca : Thantianus; Vulg. : Theantimus Araxensis. — 6. Ms. : 4 ; ms. b. et verss. : Phrygise Salutaris. — 7. Vitus. — 8. Ms. : Pirminisus. — 9. C'est le titre : Phrygia Pacatiana qui a été déplacé et pris pour un nom d'évêque ; cf. ci-après, n. 11. — 10. Vulg. : Euxamamus ; Prisca: Eusanius, d'accord avec ms. b. : u»oLj-ûooI. — 11. Ms. b. et versions : Phrygise Pacatianse. — 12. Ms. b. : >*oU3| ; Prisca ; Appias; Vulg. : Apirensis. — 13. Les versions ajoutent ; per Profuturum presbyterum; ms. b. ; [a*ao >no»û^û9o;3 . — 14. Ms. b. : Eudochius; Vulg. : Eudoxius; Prisca : Hecdicius, Edicius. — 15. 5icms, b. et Prisca; Vulg. : Eustasius. — 16. Ms. b. : ^o3'. — 17. Vulg. : Pansophius, var. : Pantophilus, Pasiphilus. — 18. Ms. : Ikouda; rest. : !»aa»l ; ms. b. : ^pja:^.©*. Vers. Vulg. : Iberorum; Prisca : Ilibero, var. Hiberonus. — 19. Le nom du siège est omis dans notre ms. ; sic d'après ms. b. et versions. — 20. Sic etiam Prisca; Vulg. : Gerontius, var. : Tarentius; ms. b. : u»a^|j»|.^. — 21. Ms. b : so»a>Uoa^,; Vulg. : Tomensis; Prisca : Tomeun. — 22. Prisca : Cer- sonissi ; vulg. : Tersonitanus. — 23. Sic ms. b. et Vulg.; Prisca : Sebastenus, var. : Sebastinus. — 24. Ms. : Nechilos; rest. : usoàvaii. 320 CHRONIQUE DE MICHEL LE SYRIEN « La première bataille aura lieu sans 2 cTEspagne* : effusion de sang. » Il prophétisa qu'il 146. Agrius 4 de Himimontion3. remporterait la victoire dans la seconde *. [1 du Pont Polémoniaque]6 : 11 lui fit aussi connaître [l'époque de] sa 147. Atarbius7, par Aqyllos8, lecteur, mort2, Ces cent cinquante évêques réunis dans l'Esprit-Saint confirmèrent la confession orthodoxe9. Lespartisans de Macedonius, ayantété requis par les Pères de recevoir la foi de Nicée,. firent frauduleusement et hypocri- tement un libelle10; c'est pourquoi ils furent tournés en dérision par tout le monde. Nectaire, qui fut archevêque de Constantinople, était originaire de Tarse ll, et excellent par ses œuvres ; il exerçait la charge de préteur. Après le synode, Flavianus fut ordonné pour Antioche, à la place de Meletius, alors que Paulinus était encore vivant. A cause de cela, il y eut de nouveau du trouble à Antioche ; car, les uns voulaient Paulinus 12, tels autres Flavianus. Timothée d'Alexandrie mourut et Théophile lui succéda, pendant 28 ans13. Celui-ci demanda à l'empereur de détruire le temple des idoles d'Alexandrie. Il détruisit le [162] [temple de Sérapis, et fit promener par la ville] les honteux sym- boles14 [des païens]. Théophile ayant dévoilé leurs infâmes mystères, les païens s'irritèrent et massa- crèrent une multitude de chrétiens. L'empereur ordonna alors de mettre à mort les assassins et de détruire tous les temples des idoles dans toute l'Egypte. — On y trouva des lettres en forme de croix15. Alors beaucoup de païens crurent et reçurent le bap- tême. 1. Theod., V, xxr. — 2. Cf. Sozom., VII, xxn, s. f. 3. Ms. B. et verss. ; 1 d'Espagne. — 4. Sic versions; ms. B. : moooL^I, Agarius, — 5. Sic d'après ms. B. : vau^avi.sow ; ms. : Dimitos ; vers. Vulg. : Immontinensis, var. : Lamitinensis, Ymimontis ; Prisca : Ymimontu, Yminontu, lmmoenuntu. — 6. Les vers, et le ms. B. s'accordent pour mettre ici ce titre que nous avons rencontré plus haut. (cf. p. 318, note 21). — 7, Les deux versions portent ce nom sans indication de siège. Ms. B. : maais*;^', Antribanos, aussi sans indication de siège. Dans notre ms. il y a : Agrispania d'Atarbios ; mais le premier nom est la répétition fautive du titre : Hispania, de la ligne supérieure. — 8. Ce nom fourni par notre ms. répondrait au latin : Aquila, 'AxjXocî; mais vu le redoublement de l, la leçon paraît fautive; ms. B. : uaaai^oo^, Elicianus ; vers. Prisca : per Cyrillum; Vulg. : per Cylum. — 9. V. la lettre synodale dans Theod., V, ix. — 10. Restituer : Cf. Socr., V, x. Ms. : Libanon. — 11. Cf. Sozom., VII, vm; Socrate (V, vrn) dit seulement : « il était de race sénatoriale », o-yyxXrjTcxoy y.sv ysvovç. — 12. Ms. Paulus. Cf. Socr., V, ix. — 13. Jac. Edess., ad ann. 59 : a pendant 27 ans.» — 14. Il manque ici quelques mots. Tout le paragraphe est traduit de Socrate, V, xvi. Voici le passage dont la traduction est mutilée : àvaxaQaîpst [asv xb MiQps/ïov • xaxxarlyEt 8è xb Sapanetov ¦ xa\ xà fièv xoO Mi- 6peto-j çovixà [luaxvîpix SïjpLociia im\Litz\iz • xà ôs xoO Saparaooç xa\ xwv aXXwv, yéXwxo; eSecxvu (J.sc).ni7tov tbv 'Atiocttoaûv ; mais notre auteur paraît l'entendre de Philippe l'un des soixante-dix disciples. — 4. Cf. les deux récits de Socr., V, xxv et de Theod., V, xxiv. — 5. Le traducteur syriaque semble n'avoir pas compris le texte de Socrate qu'il résume ici en le combinant avec celui de Théodoret; il a confondu les rebelles avec les Barbares qui combattaient pour l'empereur comme auxiliaires. — 6. Le verbe employé ici signifie proprement « suffoquer » par strangulation ou immersion. Socrate (loc. cit.) dit qu'il se tua par le glaive. —- 7. Socr., V, xxv, s. f. — 8. Sock., V, xxvr. — 9. Jac Edess., ad ann. 59. 10. Jac. Edess., ad ann. 58. — 11. Allusion aux homélies dites des statues (Patr. Gr., XLIX, 15-122), adressées au peuple d'Antioche, en l'an 387, à la suite de la sédition dans laquelle les statues de Théodose et de Flaccilla avaient été renversées et outragées. Cf. Theod., V, xx; Sozom., VII, xxnr. LIVRE VIL CHAP. IX 323 Amphilochius vint trouver l'empereur et lui demanda de chasser les hérétiques1; mais il n'y consentit point, et dit : « Cela n'est pas charitable. » —Un jour, Amphi- lochius entra chez l'empereur et présenta ses salutations2 à l'empereur seul, sans saluer son fils qui avait été proclamé empereur. L'empereur pensa que l'évêque oubliait et il lui dit : « Approche et baise-le. » L'évêque répondit : « Il suffit de te rendre honneur. » Alors l'empereur fut très irrité. Mais Amphilochius fit connaître le but de ce qui avait eu lieu. Il dit a l'empereur : « Si toi, qui es un homme, tu te trouves offensé de ce que ton fils est méprisé, à combien plus forte raison Dieu a-t-il horreur de ceux qui blasphèment contre son Fils. » En entendant cela, l'empereur accueillit les paroles d'Amphilochius et ordonna aussitôt de faire cesser les assem- blées des hérétiques. Fin du septième Livre quiembrasseVespace de 84 ans, depuis le commencement du règne de Constantin le Victorieux, jusqu'à la dernière année de la vie de Vem- pereur Théodose, qui est Van 5901 depuis Adam. 1. Theod., V, xvi. — 2. Litt. : « adora ». Famille d'Hérode (a) (voir page 140, n. 1). (1) ANTIPATER (Antipas), gouverneur d'Idumée. I (2) ANTIPATER, épouse Cypros (une Arabe). I (3) PHASAËL. (4) HERODES LE GRAND qui épouse : (5) JOSEPH I (23) Joseph ép. : Olympias (1" I (32) Mariamne (6) PHERORAS. (7) SALOME ép. : 1° Joseph ; 2° Costabarus; 3° Alexas ! (24) Bérénice I 1° Doris ; 2° Mariamne, 3° Mariamne, 4° Malthace, 5° Cléopatra 6° Pallas; 1° Phaedra; 8° Elpis; 9°N...; 10° N. petite-fille fille de Simon, samaritaine ; de Jérusalem ; d'Hyrcan ; grand-prêtre ; (20) Phasaël (21) Roxana (22) Salome (9) Antipater. (8) Phasaël ép. : Salampsio (12) Antipater Herodes Alexander Alexandra (33) Cypros. (18) Herodes (19) Philippus ép. Salome (31) (14) Herodes (Philippus) (15) Antipas ép. : Herodias (28) ép. : 1° fille d'Arétas | 2° Herodias (23) (31) Salome (16) Archelaiis ép. : Glaphyra, veuve d'Alexander (11) (17) Olympias I I I (10) Aristobulus (11) Alexander (12) Salampsio ép. : Bérénice (24) ép. : Glaphyra, fille ép. : Phasaël (8) d'Archelaiis, r. de Cappadoce (13) Cypros ép. : Antipater (25) Herodes ép. : Mariamne (32) I et Bérénice (38) I (26) Aristobulus ép. : lstapa (47) (35) Jotape (27) Agrippa ép. : Cypros (33) I (28) Herodias I (29) Alexander (34) Aristobule ép. Salome (21) (30) Tigranes, roi d'Arménie. (42) Herodes Berenicianus Hyrcanus (36) Agrippa (37) Drusus (38) Bérénice (39) Mariamne (40) Drusilla (41) Tigranes ép. ; 1° Herodes (25) ép. : l°Azi7.,roi roi d'Arménie. 2° Polémon, d'Edesse ; j " - roi du Pont. 2° Félix; I I I (43) Agrippa (44) Aristobule (45) Agrippa (46) Alexander, roi de Cilicie. a. D'après W. Smith, Dictionary of greek and roman Diography and Mithology, et Die t. of the Bible, ?. v. Herodes. Cf. Fl. Joseph, Ant. Jud., XVIII, C, 4 ; XVII, 1, 3 ; Bell. Jud., 1, 28, 4. — d. Jos., Ant.. XIV, 1, 3. — 2. Jos., Ant., XIV, T, 3 ; mort : 33 a. C. — 3. Mort en captivité : 40 a. C. — 4. H. roi : Matth., ii, 1; Luc, v; mort : 4 a. C. — 6. Mort : 5 a. C. — 9. Mort : 4 a. C. — 10. Mort : 6 a. C. — 15. H. tètrarque : Matth., xiv, i ; Luc, m, 1, 19 ; ix, 7 ; H. roi, Marc, vi, 14 ; mort en exil à Lyon. — 16. Roi de Judée :4 a. C. ; mort en exil. — 17. Epouse Joseph, son cousin. — 19. Tètrarque d'Iturée. — 25. Poi de Chalcis ; mort : 48 p. C. — 27. H. roi : Act., xir, 1 ; mort : 44 p. C. — 36. Agrippa II, roi de Chalcis; A. roi : Act., xxv, 13 ; mort : 90 p. C. — 45. Mort : 79 p. C. — 47. Princesse d'Emèse. O i—i rO a a E3 O ce *< 2 Famille de Constantin (a) (voir page 205, n. 4 et page 278, n. 9). (1) Crispus, fr. de CLAUDIUS II (et Quintilius). Eutropius, ép. : (2) Claudia. I I (3) CONSTANTIUS I CHLORUS épouse : Eutropia, épouse : I 1° N... 2° MAXIMIANUS HERCULIUS I 1° Helena (6) CONSTANTINUS I MAGNUS épouse : 2» Theodora (4) MAXENTIUS (5) Fausta Fl. Maximiana 1° Minervina 2" Fausta (5) (13) Crispus (14) CONSTANTINUS U (15) CONSTANTIUS II (16) CONSTANS (17) Constantia (18) Constantia (19) Helena Fl. ép. Helena ép. N... et N... ép. : 1° N...: ép. Olympia épouse : ou Constantina Maximiana ~ " 1° Hannibalianus (21) 2" Const. Gallus, | imp. Fl. Maxima Constantia ép. : Gratianus, imp. 2° FL Aur. Eusebia ; 3° Maxima Faustina ép. Julianus, imp. (25) ép. Cons- tantinus (6) ("7) Constantinus (S) Dalmatius Fl. Hannibalianus (9) Constantius épouse : 1° Galla; 2° Basilina I (10) Constantia ou Constantina Fl. Yaleria ép. : Val. Licinianus Licinius (26) I (27) Fl. Licinianus _ Licinius. (20) Dalmatius (21) Hannibalianus (22) Fils Flavius Julius Flavius Claudius ép. : Constantia (17) (23) Gallus Fl. J. ép. Constantia. (21) ie de Hannibalianus (17) (24) Fille, ép. : Constantinus II (14) I (25) JUL1A1NUS (Apostata) ép. ; Helena (19) (11) Anastosia épouse : 1° Bassianus Cs. ; 2" Lucius Ramius Aconitus Oplatus Cs. (12) Eutropia ép. : Popilius Nepotianus Cs. (28) Fl. Popilius NEPOTIANUS a. D'après W. Smith, Dicticnary of greek and r J> p- 52 3. — Il existe aussi une version arabe dans un ms. de ta Biblio- ioquc Valicane que je n'ai pas encore examiné; il porte le n" 929, et fait j>arli« des nouvelles acquisitions. fi ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES. [47 9 f par les fragmente de la version arabe. Une lacune plus consi- dérable a fait disparaître la fin du livre XVIII et le commen- cement du livre XIX. Il manque également quelques pages à la fin ; le dernier chapitre s'arrête à la mort de Saladin ( 11 o, 3 ) ; comme la Chronique a été écrite, ainsi que je l'ai dit y en 11 o,6y la lacune finale est peu considérable. Le premier feuillet du manuscrit syriaque a également dis- paru, et avec lut le titre général de l'ouvrage. Un titre syriaque a été ajouté en téte de la traduction arabe de Londres. En voici la teneur : JLsJ^-o JL») !;.*.*> ^ . JLj| j^JJ ^J^J JLaj ^>..»JL.n.» ?o »m,/v^oo ja*co» JLLsl loi^J^rLiô) JL-3a.,û..m,,s) ^.l^a^o . jsa^ioio)io -ca*^^jOax3o . JL»£>«3 «£OoJ£s._\a_*_.^o o-~a.*.Joi*. j|o . j.J^^oo jL;.ofo . jLa>|? « JL—» >_**__Na.js. L . JLj*ifia.2^o JL2a.Q.cei3j ,m >.a-ia^)o (sic) %cq)o . ^aà^j+^o . JLcx jo) oajQà**© JLiâk^o jic*^h JLo*jk.o •;• >^03 «ilJL^o ovi.^JL2> J00O j0*-*3 C est-à-dire : J'appelle le Seigneur à mon aide en commençant à écrire le livre de la ChroniqueT composé et disposé par Mar Michel le Grand, patriarche des Syriens. Il l'a compilé et recueilli des livres de Mariabas le Chal- déen, de Socrate, de Théodoret, de Jean, évêque d'Asie, de Zacharie le Rhéteur, d'Andronicus, de Timothée, évêque d'Alexandrie, de Denys de Tell-Mahré, de Jacques d'Edesse, de Bar Çalibi, d'Epiphane, de Jean et d'autres Pères et Docteurs éprouvés; chacun d'eux ayant écrit ce qui se passa de son temps dans son pays et en dehors. J'ai acquis la conviction que ce titre est apocryphe. Il esi [480] SÉANCE DU 28 JUILLET 1899. . 7 d'ailleurs d'une autre main que la partie arabe. Aussi l'énu- mération des sources n est-elle pas complète; Michel cite, en effet, encore d'autres auteurs mentionnés au début de l'abrégé arménien qui paraît avoir traduit avec assez d'exactitude la première partie de la Chronique. De plus l'auteur a puisé lar- gement, semble-t-il, aux archives patriarcales, et c'est de ces archives qu'il a dû tirer un bon nombre de documents conci- liaires, insérés in extenso dans sa Chronique, de même que les précieuses listes épiscopales qui font suite à son ouvrage. Mariabas ou Maribas le Chaldéen, premier auteur men- tionné dans le titre syriaque, nous est totalement inconnu'1-. Des indices sérieux me permettent de conjecturer qu'il s'agit de Jacques d'Edesse, bien que celui-ci soit expressément nommé plus loin. Jean d'Asie, né à Amid, au commencement du vi° siècle, «est l'historien le plus autorisé pour les temps agités de son époque -2)». Son Histoire ecclésiastique, allant de Jules-César à l'an 585, était partagée en trois parties. Des deux premiers livres nous n'avons que quelques courts fragments, et le troi- sième ne nous est parvenu qu'avec de nombreuses et impor- tantes lacunes. L'ouvrage cité sous le nom de Zacharie le Rhéteur est une compilation syriaque rédigée après le milieu du vi° siècle, et dans laquelle l'auteur fit entrer une traduction de l'histoire que Zacharie, évêque de Mitylène, avait composée peu de temps au- paravant. Nous possédons cette traduction presque intégrale. Andronicus est un chronographe byzantin de l'époque de Justinien, qui, d'après le témoignage d'Élie de Nisibe, avait composé des tables chronologiques. Michel cite fréquemment son ouvrage aujourd'hui perdu. (I) M. Carrière a émis l'hypothèse que ce pourrait être le même que M or Abas Katina cilé par Moïse de Khorèno. a' R- Dcval, llisl. de la litt. syriaque, p. 364. 8 -ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES. [481J Timothée, évêque d'Alexandrie, n'est autre que le patriarche monophysile (Aelurus) substitué à Protérius (657), et qui fut exilé à Gangres, peu de temps après, par l'empereur Léon le Thracc. Michel nous a aussi conservé des fragments fort étendus de la chronique authentique de Dcnys de Tell-Mahré, qui comprenait, dit-il, seize chapitres, répartis en deux livres, et embrassait l'espace de 260 ans (583-843). Cet ouvrage est perdu, à l'exception d'un seul chapitre publié par Assc- mani(1l H en est de même de la célèbre Chronique de Jacques d'Edesse, écrite en 602, pour faire suite à celle d'Eusèbe. Tous les auteurs syriens postérieurs l'avaient en haute estime. Michel y fait de larges emprunts qui permettront de juger si réellement cet ouvrage avait la valeur qu'on lui attribue. Denys Bar Çalihi, mort en 1171, était contemporain de notre auteur, qui rapporte, d'après ses ouvrages, quelques tra- ditions orientales relatives à la propagation du christianisme après la dispersion des Apôtres, et lui fait de nombreux em- prunts à partir de l'an 11/10. L'écrivain cité sous le nom d'Epiphane n'est autre que l'au- teur anonyme de la Vie des Prophètes, dont Michel a inséré une version syriaque dans la partie de son histoire qui traite du peuple juif. Le dernier nom est celui de Jean de Kaisoum, qui mourut en 1171. Nous ne connaissons sa chronique que par les cita- tions de Michel. A ces auteurs désignés dans le titre apocryphe de l'ou- vrage nous pouvons encore ajouter, parmi les Grecs : Eusèbe, dont la Chronique est reproduite à peu près intégralement (l> Bibl. or., t. II, p. 72-77. [482] SÉANCE DU 28 JUILLET 189'.). 9 dans les six premiers livres de Michel; Julius Africanus et Annianus(l), dont les chronographies sont souvent citées; et parmi les Syriens : un certain Qoura (Cyrus), prêtre de Saroug, qui avait écrit une chronique totalement inconnue, allant de Justin II à Tibère (565-588); Ignace de Mélitène, mort en 109/i. Ce dernier avait écrit, dit Michel, une histoire très abrégée, qui commençait à Constantin. Notre auteur le suit à partir de l'endroit où s'arrête Denys de Tcli-Mahré, mais en le complétant à l'aide de documents empruntés aux historiens arabes et arméniens. Après la chronique proprement dite vient (fol. 3jt r°- 3^4 r") une suite de tableaux récapitulatifs contenant la série des rois des différents empires, celle des grands prêtres d'Israël selon la double chronologie d'Andronicus et de Jacques d'Edesse, la série des évêques de Rome, d'Alexandrie, d'Ephèse, d'Antioche, de Constantinople, celle des empereurs romains, des rois de Perse, des califes et des sultans. Après ces listes nous trouvons (fol. 'dyh v°-376 r°) une cita- lion relative aux anciens rois du pays araméen. Nous avons en- suite (fol. 376 r°-38/i v°) une courte notice sur chacun des patriarches jacobites depuis Sévère d'Antioche (012) jusqu'à l'auteur (11 66). A partir du patriarche Cyriacus (793) on donne, pour chaque patriarche, la liste des évêques qu'il a ordonnés, avec l'indication de leurs sièges. Ces listes ne com- prennent pas moins de 9/10 évêques (du vin0 au xn° siècle) dont beaucoup nous étaient auparavant inconnus(2). On trouve encore (fol. 08/1 v°-3 8 5 r°) : la liste des patriarches de Jérusalem et celle des évêques d'Edesse, d'Amid, de Tagrit; (l) Moine d'Alexandrie, postérieur d'un siècle à Eusèbe, et dont l'ouvrage aujourd'hui perdu est cité par Georges le Syncellc (Fabricius, Bibl. gr., éd. Harles, X, hhh). {i) Nous avons commencé do publier une traduction de ces listes dans la Rivue de l'Orient chrétien (1899). 10 ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES. [48,'Jj un chapitre consacré aux rois et aux patriarches d'Arménie, d'après les auteurs arméniens (fol. 385 v"-388 r°); enfin une courte notice des patriarches nestoriens depuis Acace ( 48/i) jusqu'à Jean V (1000). La plupart des chapitres de la Chronique sont partagés en trois colonnes: celle du milieu donne l'histoire civile; une autre contient l'histoire ecclésiastique, c'est-à-dire la série des grands prêtres juifs, puis celle des patriarches d'Antioche; la troisième rapporte, sous forme de synchronismes, divers ré- cits que l'auteur n'a pas su rattacher à la trame générale de son histoire. — Il nous a paru fort utile, pour ne pas dire in- dispensable, de garder cette disposition du texte dans notre édition. Cela paraît tellement nécessaire que la version arabe l'a elle-même en partie conservée, malgré la difficulté de l'exécution. Celle difficulté, déjà grande dans un manuscrit, serait devenue extrême et fort dispendieuse en typographie. Heureusement, la belle exécution calligraphique de notre copie nous a permis de recourir à un autre moyen et de donner du texte une édition photolilhographique qui assure tout à la fois et la rapidité et la fidélité de la reproduction. Les avantages que présente ce procédé compenseront am- plement, croyons-nous, celui d'avoir les variantes de l'arabe au bas des pages. Nous les donnons dans les noies de la tra- duction française, de même que les corrections ou restitutions qui ont para nécessaires. En résumé, la Chronique de Michel le Syrien peut se par- tager en deux sections : une partie parle des faits contempo- rains de l'auteur; elle abonde en détails sur l'état politique et religieux de la Syrie au xnc siècle. Elle fournit une importante contribution à l'histoire des croisades, principalement pour ce qui concerne le comté d'Edesse. Une autre partie, contenant l'histoire antérieure à l'écrivain, n'est à la vérité qu'une vaslc compilation, mais une compilalion extrêmement précieuse, [&8à] SÉANCE DU 28 JUILLET 1890. il car elle est formée de citations d'ouvrages qui paraissent avoir totalement péri, ou qui ne nous sont parvenus qu'à l'état frag- mentaire. La publication du texte de Michel compensera dans une assez large mesure la disparition des sources originales auxquelles il a puisé. [Ou il nous soit permis d'ajouter ici l'expression de nos remerciements a l'Académie des inscriptions et belles-lettres qui a bien voulu encourager cette publication et la prendre sous son patronage. | J.-B. C. Imprimerie nationale. — i 899.